La Maison Européenne de la Photographie0 commentaires

par rédaction
Posté sur le texte 08 mar 2010 A partir du texte 3:32

Du 14 avril au 13 juin 2010, la Maison Européenne de la Photographie présente

  • Mimmo Jodice “Rétrospective, 1960-2010”

A partir de 150 tirages d’époque, le parcours de l’exposition dévoile cinquante ans de travail et s’organise autour des thématiques suivantes: Expérimentations et recherches (1964-1978), Social (1969-1977), Naples (1978-1980), Relecture (1980-2009), Méditerranée (1986-2009), Eden (1994-2009), Nature (1995-2009) et enfin Mer (1998-2009). Sans doute, pour l’Italien Mimmo Jodice, fallait-il en passer par l’expérimentation conceptuelle et le témoignage social pour parvenir enfin, dans la pleine maturité de son oeuvre, à requérir le silence et le vide. Les éléments primordiaux. La mer enfin, lorsque paysage intérieur et paysage extérieur se rencontrent, se dialectisent, ne font plus qu’un. Un paysage rêvé, originel.

Mimmo Jodice Né en 1934 à Naples. Vit et travaille à Naples.

Jodice

Photographe d’avant-garde, Mimmo Jodice est l’un des acteurs de la naissance et du succès de la photographie italienne sur le plan international. Sa première exposition personnelle importante a lieu au Palais Ducal d’Urbino en 1968. Au cours des années 70, il se consacre à des thèmes sociaux et questionne la dégradation du monde urbain. En 1980, avec son livre Vedute di Napoli (Vues de Naples), il se lance dans une nouvelle série, travaillant sur l’espace urbain vide et angoissant, de façon quasi métaphysique. Dès lors, ses photos sont de plus en plus marquées par une approche visionnaire et silencieuse. En 2003, l’Accademia dei Lincei de Rome lui décerne le prestigieux « Prix Feltrinelli ».

  • Philippe Perrin, “Haut et Court, Who has the fun? Is it always the guy with the gun? 1986-2010”

Du 14 avril au 13 juin, la Maison Européenne de la Photographie présente une rétrospective du travail de Philippe Perrin de 1986 à 2010, entre photographies et installations, un parcours dans l’oeuvre d’un artiste atypique.

« Que les premiers travaux de Philippe Perrin se soient déployés autour de la figure d’Arthur Cravan, poète et boxeur, esthète du scandale au raffinement brutal, incarnation vivante de la volonté rimbaldienne («Il faut être absolument moderne»), neveu d’Oscar Wilde, imposent de façon flagrante la filiation de l’artiste avec le dandysme, cette étrange et éclectique phalange métissant les anachorètes aux ultra-mondains, les désespérés chroniques aux insouciants noceurs. Philippe Perrin, dandy postmoderne à l’humour corrosif et au lyrisme explicite, démiurge mystico-trash au sourire de faussaire façonnant un univers pétri à la sueur du ring, au sang des idoles du grand banditisme, à la légende noire et dorée du Rock’n’roll, aux relents nauséabonds d’un monde qui n’en finit plus de se saccager lui-même. Philippe Perrin, alchimiste sulfureux des tautologies exténuées où s’épuise notre société.
Philippe Perrin, manipulateur hors pair du cynisme ambiant, contrefacteur irrévérencieux d’images cultes, potache hédoniste et décomplexé se mettant en scène façon délinquant de l’art contemporain, hybride improbable mi-Scarface, mi-James Dean, mis aux arrêts par Nicolas Bourriaud et un collectionneur.

Philippe Perrin, contrebandier de la pulsation sociale, trafiquant «d’hyper-objets» pour la liturgie de notre désormais hyper réalité, nourrie à la confusion du réel et du virtuel. Ses flingues, lames de rasoirs, menottes et couteaux géants, ses mises en scènes, ses photographies, ses autoportraits, corroborent en toute désinvolture les hypothèses chères à Baudrillard sur la perte du signe dans un monde qui n’est même plus en crise mais juste en proie à un irréversible processus catastrophique et à un gigantesque dérèglement de toutes les valeurs. Dans un monde où vérité, travail, culture, information, sexe, langage, mémoire, événement historique, oeuvre d’art, autrui…, sont autant de notions frappées par le principe d’incertitude engendré par la dérive exponentielle du signe et la perte du sens, dans une société où le moindre concept se délaie jusqu’à l’absurde, noyé sous le prodigieux vertige des analogies, la facticité et les simulacres, à grand renfort de super, d’hyper, de cyber, et de toute une artillerie sophistiquée de prothèses sémantiques… Si l’imposture et l’illusion deviennent plus vraies que nature, si le réel est phagocyté par le fictif, si les événements dépassent la vitesse du sens, que reste-t-il à vivre ? Déambuler dans la galaxie Perrin et accepter son invitation à ne pas prendre des messies pour des lanternes peut être une voie possible…»

Fanny Gayon, septembre 2008

  • Michael von Graffenried, “Outing”

Astrid et Pierre 1kl

Voir la réalité en face !

En France, Michael von Graffenried est connu pour ses images du conflit civil en Algérie, mais son travail n’est pas limité à un seul pays. Les différentes séries présentées dans l’exposition montrent qu’il suit une ligne directrice cohérente qui structure son travail. L’idée de l’ « outing » sous-tend l’ensemble de son oeuvre: donner à voir ce que l’on ne voit pas. Parce que la situation est difficile d’accès, que l’on oublie de la voir ou que, tout simplement, on refuse de la regarder. Michael von Graffenried ouvre des sociétés fermées et pose sur les gens et les lieux un regard à la fois brut et provocateur. Il a ainsi suivi un couple de toxicomanes pendant deux ans et placardé ensuite ces photographies sur les panneaux publicitaires des grandes villes suisses. Ce geste été perçu comme un manifeste pour le renouvellement de la photographie de reportage. Son approche tient autant du cinéma que de l’ethnologie, il établit en effet avec ses sujets une relation de confiance propre au reportage classique. Pendant presque dix ans, il s’est rendu dans un camp naturiste discret aux bords du lac de Neuchâtel. En Caroline du Nord, il a dressé le portrait d’une ville de l’Amerique profonde qui a déclenché une polémique dans le journal local. Au Soudan, il a rencontré des secrétaires se transformant en guerrières armées une fois la journée de bureau terminée. Au Caire également, il a montré ses oeuvres censurées sur le toit d’immeubles où vivent les populations les plus pauvres. Une grande partie de son travail se présente en format panoramique, méthode qu’il pratique depuis 1991 avec un vieil appareil japonais. Ces grands tirages, au format de presque 3 mètres de longueur, visent à objectiver le monde, sans aucune recherche de dramatisation. Ils plongent le spectateur, comme le disait le commissaire d’exposition Harald Szeemann, « au coeur de l’événement ».

  • Antoine Poupel, “Zingaro”

C’est par le biais d’une série de portraits de personnalités qu’Antoine Poupel rencontre Bartabas en 1990. Bartabas, directeur et fondateur de Zingaro, lui demande alors de réaliser un livre sur son spectacle et sur la vie quotidienne de la troupe. Antoine Poupel a depuis souvent accompagné Bartabas dans ses tournées à l’étranger, cette collaboration de plus de vingt ans a donné lieu à neuf ouvrages monographiques ou collectifs et plusieurs expositions présentées dans le monde entier. Antoine Poupel a également été le photographe de plateau du film Chamane, tourné par Bartabas pendant deux mois en Sibérie. Les photographies d’Antoine Poupel dévoilent l’immense complicité entre un homme et son cheval, mêlant folie et poésie, elles révèlent toute la beauté du théâtre équestre.

poupel« Triptyk »

  • Sérvulo Esmeraldo, “Les Excitables”. Dans le cadre du Festival @rt Outsiders

Les Excitables sont des tableaux-dispositifs d’une nature bien particulière. Ce sont des peintures abstraites, mais aussi des machines, c’est-à-dire des tableaux sensibles à l’énergie électrostatique qui émane du spectateur et des conditions atmosphériques, conduisant à la production d’effets cinétiques visuels et sensoriels. Les Excitables sont composés de deux éléments de base : une boîte en carton ou en bois, avec un couvercle en plastique transparent (en général du plexiglas), et un ensemble de petits éléments mobiles et légers, disposés à l’intérieur de cette boîte. Confettis, bouts de ficelle ou petits cylindres en balsa coloré, ces éléments s’animent grâce aux effets que produit l’électricité statique lorsque le spectateur frotte la surface du couvercle. L’énergie générée par nos nos mouvements et nos frottements sur certaines surfaces se transmet dans notre corps, puis circule de nos mains vers les objets que nous touchons. Extrêmement sensibles aux conditions environnementales, au niveau d’humidité de l’air, à la température et aux matériaux utilisés, ces éléments extérieurs ont une influence déterminante

Né à Crato Ceará Brésil en 1929 Il débute sa carrière dans les années quarante à la Sociedade Cearense de Artes Plásticas (SCAP) à Fortaleza – Ceará. S’affirmant en tant que graveur sur bois, il s’installe à São Paulo en 1951, où il participe au montage de la 1ère Biennale Internationale de São Paulo et se lie avec le milieu artistique effervescent de l’époque.

sevulo

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Après une exposition individuelle au Musée d’Art Moderne de São Paulo (MAM/SP), en 1957, il arrive à Paris avec une bourse du gouvernement français ; il y restera jusqu’en 1980. Son intense production dans les domaines de la gravure, de l’objet, de
la sculpture et de l’art cinétique lui a valu d’être présent dans de très nombreuses expositions individuelles et collectives : Réalité Nouvelle, Salon de Mai, Biennale de Paris, Jeune Gravure Contemporaine, Triennale de Milan, Biennale de São Paulo. Ses oeuvres ont été éditées par Claude Givaudan, Editions de la Tortue, Editions « V », Editions Jacqueline de Champvallins, Robert Morel, Art & Research, Administration des Médailles et Monnaies, Christofle, Gioelleria Plona di Ricci, L’OEuvre Gravée, Guy Schraenen, Arte Galeria. De retour au Brésil (1980), il s’installe à Fortaleza où il sera notamment le concepteur et le commissaire de la 1ère et 2ème Exposition Internationale de Sculptures Ephémères, en 1986 et 1991. Son oeuvre est présente dans de nombreuses collections publiques et privées notamment en France et au Brésil.sur l’interaction entre « ces étranges aimants » et le spectateur. Pendant plus de 10 ans, Sérvulo Esmeraldo a réalisé près de 250 Excitables de formes et de formats très différents dont une dizaine a été spécialement restaurée à l’occasion de cette édition spéciale d’@rt Outsiders.

Vernissage le mardi 13 avril 2010

Maison europénne de la Photographie
5-7, rue de Fourcy
75004 Paris
Tél : + 33 (0)1 44 78 75 01
Fax : + 33 (0)1 44 78 75 16
www.mep-fr.org
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