Le spectacle Maelström excrémentiel est programmé au Théâtre Les Déchargeurs jusqu’au 26 mai 2010, les mardis et mercredis à 21h45. Il s’agit d’une « poésie érotique surréaliste » dont le texte et la mise en scène sont de Catherine Gil Alcala, avec Catherine Gil Alcala.
Catherine Gil Alcala :
J’ai voulu écrire un récit érotique onirique.
Et cela a pris la forme d’un long poème comme une bouffée délirante, un poème éternel tragicomique, avec des images sonores comme un tableau de Jérôme Bosch mis en mots.
On croit s’éveiller sans cesse, mais le rêve ouvre sur un autre rêve, c’est un rêve de réveil.
La réalité glisse inexorablement,… paysages hallucinés de la jouissance dans ses débordements, ses accumulations de formes, ses intrications fantasmatiques de perversion et d’amour, de grossièreté et d’illumination, » joailleries d’insanités », » obscénités absconses « …
La brume des allitérations flotte au dessus de l’abject, l’objet «a» du désir dans sa régression la plus lointaine, excrémentielle…
On m’a fait remarquer que lorsqu’on entend «maelström», qui signifie tourbillon, on entend presque «maestro» qui signifie chef d’orchestre, je ne l’ai pas fait exprès…
Peut-être parce que ça parle du corps en rêve (et du corps du rêve) et que ça parle au corps par la musicalité du poème, des mots tourbillonnants comme une transe, comme une danse des signifiants.
Cette musicalité serait alors le ciment du récit qui ne semble se construire que pour mieux se disloquer, digresser à l’infini dans un pullulement orgiaque hallucinatoire.
le spectacle
Un quidam damné se trouve entrainé dans un maelström hallucinatoire où s’accouplent des muses lubriques et des ratiocinations poétiques. Il rencontre la patronne d’un petit restaurant, Ornella, mutique, et son doberman, amant protéiforme, qui inversent les rôles pour un rite sacrificiel zoophile. Tous trois accueillent avec une élégance pseudo-sadienne et une jouissance du langage perverse polymorphe les clients pour une orgie scatophile. Puis, dans la débauche, comme une aberration nait l’amour entre Ornella et le quidam régressant rebaptisé OEdipe. A l’atmosphère crépusculaire d’un musée Grévin nécrophile succède l’Apocalypse où triomphe Ornella, déessemère putanesque chevauchant le doberman à sept têtes.
extraits
« Si ç’avait été ma maman… », divaguait-il à part lui. Il se projetait en imagination dans ses bras, bébé ; dans une impression flottante elle le soulevait dans l’air ; elle était devenue une immensité, un glacier avec des circonférences mammaires desquelles giclaient des liqueurs de lait. Et soudain, elle sortait de derrière ses imbrications charnues une gigantesque casserole où elle les jetait, lui et le doberman, dans un élan carnassier… Redéfaisant un sort comme dans les légendes que lui disait sa mère, elle arrachait la peau du chien qui ressortait transmué blanc et nu, « homme », de la casserole ; il était son amant. Echange et contamination du maléfice, elle se dénudait elle-même, s’harnachait de la fourrure, devenait lycanthrope, femme louve âme-soeur de l’homme canidé. Infante écartelée, lèvres vermeilles, se fit éventrer du zob de l’animal.
catherine gil alcala, auteur, metteur en scène et interprète
Catherine Gil Alcala navigue entre plusieurs disciplines qui rejoignent toutes l’art de la scène, la poésie, le théâtre, l’improvisation, la performance, la musique… Expérimenter en toute liberté une forme théâtrale pour traduire le langage de l’inconscient, des rêves, de la folie… qui sont ses obsessions, ses thèmes de prédilection. Elle monte en 1998 La Vision Lenz, création autour de Lenz de Georg Büchner au Chat Soleil à Montreuil avant de se consacrer à des créations sur des trames oniriques dans un théâtre essentiellement d’images avec des intrusions de poésies : Coquillage, en écoutant son sang couler dans son corps à la galerie parisienne Les Filles du Calvaire et au Lavoir Moderne Parisien, Zoartoïste à la galerie parisienne Eof, une pièce courte, Le Bestiaire alchimique au Regard du Cygne à Paris, mais aussi Cynocéphale Edelweiss, court-métrage tourné à l’Espace Renaudie d’Aubervilliers. En 2003, ses expériences mêlent improvisations, musiques traditionnelles et créations de théâtre musical : Je soussigné, doute… avec des textes de l’artiste d’art brut Adolf Wolflï et De l’éternité et du temps sur des textes de Plotin en grec ancien et des glossolalies, des transes du langage, présentés au site de création contemporaine (CAES) à Ris-Orangis, à La Guillotine à Montreuil, au Théâtre public d’Argenteuil et à une soirée de l’association A travers chants. En 2009, elle rencontre Ly Thanh Tiên et David Bausseron pour Glossophanie, concert-performance pluri-indisciplinaire à la galerie Mana-Art à Bruxelles, à l’Atelier de Lutherie à Lille et monte son texte poétiquement incorrect Maelström excrémentiel à Paris, au Théâtre de l’Orme, au Chat Noir, à l’atelier d’artistes Le Carrosse, ainsi qu’à La Gare expérimentale à Montrouge.
Co-réalisation Les Déchargeurs / cie Vicky Messica en accord avec la Maison Brûlée
Théâtre Les Déchargeurs – salle La Bohème
02 mars au 26 mai 2010
les mardis et mercredis à 21h45
Durée : 1h15
3, rue des Déchargeurs
75001 Paris métro Châtelet
Tarif plein : 16 € / Tarifs réduits : 10 € – 13 €
Tél. réservations : (0,34 €/mn)
Poésie érotique surréaliste
Textes et Mise en scène : Catherine Gil Alcala
Lumières : David Baudenon
Avec : Catherine Gil Alcala
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