Sistebane, fasciné, propose un travail conceptuel sur le monde actuel, l’immonde de toujours, le rêve et le cauchemar, la solitude dans la foultitude, la frustration dans l’exhibition. Sistebane a ainsi «capturé» des milliers d’images d’internautes jouant leur vie, leurs rires ou leurs délires sur la grande «Chatroulette» de l’existence virtuelle. Son oeuvre s’est édifiée comme un mur de pixels ; un peep show arty qui n’est que le miroir de nous-même. A nous de regarder cet étonnant travail en face.

Sistebane
Vit et travaille à Paris
A l’inverse du Saint dont son nom d’artiste est l’anagramme, Sistebane, lui, fait flèche de tout bois… Graphiste et dessinateur publicitaire de formation, cet enfant des seventies vise la modernité droit au cœur avec de multiples armes. Peinture, illustration, graphisme, photographie, textile : tout lui est bon pour raconter le monde, y compris et surtout celui de son enfance. Sistebane, se joue de la fiction et de l’affliction. Adulescent, il s’amuse et joue ; son œuvre tient de la récup’, du détournement de l’accumulation. Epicurien, curieux et boulimique d’images, il dévore cinéma, télé et internet, utilisant l’appareil photo comme premier pinceau.
L’esthétique du Pop Art, est présente mais revisitée. Sistebane joue à fond la carte des comics, du cartoon, de l’imagerie populaire, icônes oldies des années 50 à 80. Il tire et brosse le portrait jusqu’à l’ironie des supers héros, masqués et costumés, mais également, des figures modernes, de ses héros contemporains. C’est foisonnant, ça bouge, ça crie, même sans phylactère, c’est survitaminé… L’artiste s’inspire beaucoup de son quotidien, de ce qui est urbain. Son œuvre est un grand mixage de la société, du commerce des corps et des rêves, du métissage culturel.
Sistebane développe aussi une réflexion plastique, en volume. Son propos est toujours la modernité et la communication. Son oeuvre « Freak Connection » directement liée au site chatroulette ne pouvait donc que retenir son attention. Un medium déjà culte qui, à partir d’un concept simple – se connecter via une webcam pour voir et se faire voir, entendre et lire aussi, face à un autre internaute inconnu de la planête.
Surfer, souffrir, s’offrir, au hasard, jeu de roulette russe (nationalité de son jeune inventeur), zapper et être zappé à tout moment – offre toutes sortes d’expériences entre flash et perf’, de voyeurisme, exhibitionnisme, jeu, folie et, pourquoi pas, espoirs de rencontres, de dialogues. Extrême communication et communication de l’extrême.
Patrick Le Fur
P r o l o n g a t i o n
KUBE ARTY BRUNCH – 11h30 à 16h
Dimanches 4, 11, 18 & 25 juillet – brunch 34€
« Sistebane » – « Freak connection » en présence de l’artiste – série limitée
KUBE HOTEL 1 – 5 , p a s s a g e r u e l l e / F – 7 5 0 1 8 P a r i s / t . + 3 3 1 4 2 0 5 2 0 0 0 /
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