Les chatrooms sont les salles de forums de discussion virtuels où se rencontrent pour la plupart les jeunes adeptes d’une vie cybernétique, les curieux, les timides, les complexés, etc. Jusqu’ici tout va bien…
Eva, Emily, Mo, Jim et William font alors connaissance et se retrouvent régulièrement dans une chatroom. Rapidement, les discussions privées deviennent intimes, les pseudos deviennent des confidents et la confiance opère. Les âmes les plus fragiles tombent alors dans le piège de William, le plus déséquilibré d’entres eux qui se révèle être surtout le plus dangereux.
Hideo Nakata est un spécialiste des films qui font quand même un peu peur (Ring, Dark Water…). Le réalisateur japonais revient ici avec un thème d’actualité – dépressifs s’abstenir – mais presque aussi fantasmagorique. La réussite de ce film tient principalement en sa mise en scène qui est d’une originalité et d’une efficacité redoutable. Chatroom nous offre une plongée vertigineuse dans les mondes virtuels des forums de discussion ; Les salles, parallèles de la vie rêvée des adolescents ? sont transposées sur la toile avec vivacité et intelligence, jusqu’aux mots de passe… C’est facile, attirant et extrêmement ludique.
A l’image de la toile mondiale, le film va vite, la tension est palpable et grandissante. Le passage du virtuel à la réalité est très fluide. Brillamment interprété par Aaron Johnson, l’un des supers héros du récent Kick-Ass (et futur jeune John Lennon en décembre dans Nowhere Boy !), le protagoniste le plus sombre de Chatroom est aussi l’un des plus convaincants.
Reste que le fond n’est peut-être pas suffisamment exploité pour que l’on s’accorde un vrai temps de réflexion sur le sujet. Les personnages sont à voir certainement comme des miroirs grossissants ; Ils reflètent néanmoins une réalité sinistre sur l’état psychique de nos chères têtes blondes et leurs tendances suicidaires. Mais en tombant dans certains clichés et sans vraiment approfondir son thème principal, Nakata nous livre une intrigue qui manque de nœuds intéressants et un dénouement à l’emporte-pièce nettement moins à la hauteur que la mise en scène, jubilatoire.
Alexandra Leduc pour ArtéMédia
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