SIMON WERNER A DISPARU. Jusque-là, on comprend. Suit la disparition de Laëtitia, la gothique, puis celle de Rabier, le fils de prof. Autour d’eux, toute une bande d’adolescents sinistres du début des années 90, le tout sponsorisé par les jeans Levi’s. Ensuite, suivez le fil blanc. Les deux jolies filles du lycée. Evidemment, l’une est blonde, c’est la plus populaire ; L’autre est brune et toute en discrétion. L’intrigue est lancée et les questions posées.
Mais voilà, SIMON WERNER A DISPARU et laisse place à une impétueuse vague de clichés aussi pompeux que la mise en scène. On est surtout crispé par les signes extérieurs de ringardise et de prétention de ce premier film. Disons que le seul talent de Fabrice Gobert est d’avoir rencontré et accroché les producteurs du génial PERSEPOLIS. Car sur le papier, les histoires d’ados sont intrigantes, exaltantes et souvent terriblement passionnelles. Mais n’est pas Gus Van Sant qui veut. Au contraire, celle-là multiplie les lieux communs, comme ces plans grotesques sur les vinyles ou autres appareils du Moyen Age que sont les baladeurs ! Les salles de classes et les chambres des gamins sont tristes à mourir, comprenez donc : Internet et les MP3 n’existaient pas ! Même avec quelques « nouvelles stars », comme le charmant Jules Pélissier (Jérémie) et la fille d’Hippolyte Girardot (la belle Alice), le film avance laborieusement.
Le chapitrage du film par prénom pour marquer les différents points de vue spécule sur un montage inefficace et charge le film d’une lourdeur insupportable. Fabrice Gobert a eu la bonne idée d’user du thriller pour explorer le désarroi psychologique des jeunes dans son film. Mais la noirceur qui s’en dégage, sûrement autobiographique, se révèle plus cafardeuse que cinématographique.
SIMON WERNER A DISPARU, tant mieux pour nous. Il avait qu’à avoir un portable.
Alexandra Leduc pour ArtéMédia
Résumé du Film : Mars 1992 dans une petite ville de la région parisienne. Lors d’une soirée bien arrosée, des adolescents découvrent dans la forêt un corps apparemment sans vie, enfoui dans les broussailles.
Quinze jours plus tôt. Au lycée Léon Blum, un élève de Terminale C, Simon Werner manque à l’appel. Des traces de son sang sont retrouvées dans une salle de classe. Fugue, enlèvement, suicide, meurtre ? Toutes les hypothèses sont envisagées par ses camarades.
Quelques jours plus tard, une élève de la même classe est notée absente sans que ses parents sachent où elle est. Une jeune fille apparemment sans histoire et sans lien direct avec Simon. Le lendemain, un troisième élève, toujours de la même classe, disparaît à son tour…
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