À mon père
conception Ilka Schönbein
avec Ilka Schönbein et Alexandra Lupidi musicienne et Simone Decloedt régie générale
Il était une fois, mille fois à la Commune que l’on ne s’en lasserait pas, Ilka Schönbein, et son théâtre des métamorphoses «hors du commun». Avec ses masques du corps en papier mâché, véritables prolongements d’elle-même, évocations puissantes de notre pluralité, elle traque en nous l’enfant intérieur, joue avec ses rêves, ses démons, brode des contes pour adultes, sur un air de Grimm et autres frères pas si sages, parfois terribles. Sur une estrade, dans un décor de paille et de pommes, elle est à tour de rôle jeune ballerine et vieille femme agonisante, petit âne en mal d’amour et tout le bestiaire. Semeuse de facéties, elle tente de distraire la mort. Au bout du conte, c’est le public qui en sort renversé… d’émerveillement.
Pour La vieille et la bête, tout est parti d’une rencontre invraisemblable, celle d’Ilka Schönbein et d’un petit âne qu’elle sauva des eaux. Sa mère, la reine, l’y avait jeté ; il n’était pas digne d’elle. L’artiste s’interroge. «Que faire de cette pauvre bête orpheline ? D’un équidé, un compagnon de scène ? Et de mon camion, une écurie ?» La réponse – comme cette folle histoire – lui vient des contes qu’elle s’approprie, en tête celui de L’âne qui savait jouer du luth. Du luth donc, Ilka apprend à son âne, pendant un an. Vient le temps de la route, d’une nouvelle création, L’âne qui joue du luth. Les répétitions sont vite interrompues par la visite de la Faucheuse en personne : le père d’Ilka se prépare au grand départ, il faut aller le saluer. Trois semaines d’adieux, de souvenirs, de rires et de fl eurs. La mort a fini son travail, Ilka recommence le sien, avec au coeur des histoires ajoutées, celles que son père lui racontait enfant. La Mort la suit pour, dit-elle, «se changer un peu les idées avec le théâtre». Elle est bien aise de voir que se mijote un solo pour âne, «ainsi, la date de la première passée, Ilka sera libre de partir pour un petit voyage… avec moi», dit la Mort. Ilka enfile aussitôt son costume de scène, engage une musicienne et fait danser ses vieux os – c’est Ilka qui l’écrit. Pour le bonheur des vivants et… de la Mort aussi.
d’après un texte d’Ilka Schönbein
lumières Sébastien Choriol • assistants à la mise en scène Britta Arste, Romuald Collinet et Nathalie Pagnac • musique Alexandra Lupidi
Centre Dramatique National d’Aubervillier 2 rue Edouard Poisson BP 157 F 93304 Aubervilliers cédex tel +33 (0)1.48.33.16.16 /
16 novembre – 18 décembre 2010
Après l’Incubateur #1 et le succès remporté par cette première exposition consacrée aux tout jeunes créateurs d’aujourd’hui – le collectif Frigo Mobile -, la galerie 1161 et French ArTouch poursuivent leur collaboration et font découvrir deux autres jeunes talents: Raphaël Fabre et Arthur Hent.
Du 16 novembre au 18 décembre, Raphaël Fabre et Arthur Hent invitent à redécouvrir l’ « Autographie », ce procédé d’impression et de transposition mis au point au XIXe siècle, à travers leur propre écriture du monde. Ainsi, tandis que Raphaël Fabre s’imprègne des nombreux clichés et références communes qui habitent l’imaginaire du plus grand nombre – s’inspirant aussi bien de l’art Renaissance avec ses Madones et putti que des images de pin-up ou de footballeur -, pour mieux se les réapproprier et les charger d’un sens nouveau, Arthur Hent rend compte de son monde intérieur et le retranscrit dans un vocabulaire de formes et couleurs, semblables à des êtres vivants qui ne cesseraient de se démultiplier : « Nous comparons nos oeuvres à des scanners du cerveau et de la personnalité. Les oeuvres de Raphaël montrent une mémoire collective et aliénante, composée d’une superposition de plans, de modes d’emploi et de stéréotypes qui nous sont imposés, qui nous perdent dans un dédale d’indications et de faux repères. Mes oeuvres révèlent une mémoire émotionnelle et géométrique qui ne retient que les formes et les couleurs, indescriptible avec des mots. Dans nos deux cas, ces images sont obsessionnelles et arrivent comme des visions. » Arthur Hent
A l’occasion du vernissage, le vendredi 19 novembre, les spectateurs seront invités à participer à une « autographie collective ». Biographies : Raphaël Fabre est né en 1989. Il étudie actuellement à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris. Arthur Hent est né en 1973. Autodidacte, il vit et travaille à Paris. Exposition du 16 novembre au 18 décembre Ouverture du mardi au samedi de 11h à 19h et sur RDV.
Du 18 au 21 novembre 2010, le Salon Paris Photo dédié à la photographie XIXe, moderne et contemporaine, rassemble 106 exposants (91 galeries et 15 éditeurs) au Carrousel du Louvre. Avec 77 % de participation étrangère, 25 pays représentés, 32 nouveaux participants, la 14e édition accorde une place de choix à la découverte. On note cette année le retour des américains (16 galeries) et le renforcement du contemporain avec l’arrivée des galeries Beaumont Public (Luxembourg), Ernst Hilger (Vienne), i8 (Reykjavik), Anne de Villepoix (Paris), Hervé Loevenbruck (Paris), Yossi Milo (New York). Les nouvelles participations de Stephen Bulger (Toronto), SAGE Paris, Stephen Daiter (Chicago), Barry Friedman (New York) viennent étoffer la photographie vintage.
La photographie est l’un des modes d’expression les plus féconds de la création artistique en Europe centrale. Dès le début du XXe siècle, Bratislava, Budapest, Prague, Ljubljana, Varsovie ont été les foyers intellectuels novateurs et promoteurs d’une nouvelle vision en photographie. D’André Kertész à Moholy-Nagy, de František Drtikol à Josef Sudek, de Brassaï à Robert Capa, nombreux sont ceux qui ont contribué à l’histoire de la photographie.
A l’orée du XXIe siècle, la photographie s’inscrit chez les artistes d’Europe centrale au croisement de diverses pratiques: art visuel et performance, expression subjective et veine documentaire. Elle demeure le médium de prédilection pour traduire une nouvelle réalité politique et sociale.
Avec plus de 90 artistes hongrois, polonais, slovaques, slovènes et tchèques représentés par un tiers des galeries participantes, Paris Photo 2010 met en avant un exceptionnel panorama des scènes d’Europe centrale, couvrant aussi bien les avantgardes historiques des années 1920 et 1930 que les pratiques contemporaines de l’image.
La plateforme dédiée à l’Europe centrale se décline en quatre temps : une évocation des figures historiques et contemporaines majeures dans le Secteur Général, un aperçu de la scène émergente dans le Statement confié à la commissaire d’expositions invitée Nataša Petrešin-Bachelez, une programmation vidéo “Transition Times : Art vidéo d’Europe centrale” conçue par l’ACAX*/ Ludwig Museum de Budapest, et enfin une série de conférences sur les scènes photographiques des pays invités. La mise à l’honneur de l’Europe centrale bénéficie du soutien des Instituts hongrois, polonais, slovaque, du Centre culturel tchèque, de l’Ambassade de Slovénie à Paris, la ville de Prague, l’Institut Adam Mickiewicz, le Fonds National culturel Hongrois *le Ministère de la culture et du tourisme de slovaquie, et le Ministère de la culture de la République de Slovénie.
LE PRIX BMW – PARIS PHOTO 2010 : Destiné à soutenir la création contemporaine, le Prix BMW – Paris Photo couronne le travail d’un artiste sur un thème en relation avec la communication de BMW France. Pour sa septième édition, ce Prix, réservé aux artistes présentés par les galeries participantes, dévoile le meilleur de la photographie contemporaine sur le thème : “Vision électrique”. L’artiste lauréat, désigné parmi une sélection de finalistes exposés pendant Paris Photo, recevra le mercredi 17 novembre le Prix doté de 12 000 euros. Jury 2010 : Sous la présidence de Philippe Dehennin, Président de BMW France. F.C. Gundlach, collectionneur, Michel Frizot, historien de la photographie, Jean-Luc Monterosso, directeur de la Maison européenne de la Photographie, Joanna Mytkowska, commissaire d’expositions et directrice du MOMA Varsovie Anders Petersen, photographe.
EXPOSITION LEICA CAMERA : “A juste titre” A travers une sélection de 12 images de 12 photographes contemporains utilisateurs de l’emblématique appareil, Leica Camera évoque quelques unes de ses rencontres photographiques et humaines tissées au fil des festivals et du Prix Oskar Barnack, décerné chaque année, depuis 1979, à un jeune talent du reportage. Photographes exposés : Antoine Agoudjian, Jane Evelyn Atwood, Philippe Bordas, Jacques Borgetto, Stéphane Duroy, JH Engström, Stanley Greene, Dolorès Marat, Gilles Ouaki, Jeffrey Silverthorne, Klavdij Sluban et Alain Willaume.
LE CONCOURS SFR JEUNES TALENTS PARIS PHOTO 2010 : Le concours SFR Jeunes Talents permet à cinq talents émergents d’être exposés à Paris Photo. Pour cette 4ème édition, les candidats, sélectionnés par un jury professionnel, présentent une série sur le thème du Mouvement.²
La 14e édition de Paris Photo coïncide avec les 30 ans du Mois de la Photo qui fait de Paris l’épicentre de la création photographique internationale, générant de nombreuses expositions à travers la ville. Les collectionneurs et professionnels invités à Paris Photo pourront découvrir entre autres : “Harry Callahan : Variations” à la Fondation Henri Cartier Bresson, “André Kertész” au Jeu de Paume, “Larry Clark. Kiss the Past Hello” au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, “Steidl : quand la photographie devient livre ; de Robert Frank à Karl Lagerfeld” à la Monnaie de Paris, “Autour de l’extrême” à la Maison Européenne de la Photographie, “Primitifs de la photographie. Le calotype en France (1843-1860)” à la Bibliothèque nationale de France, “Heinrich Kühn” au Musée de l’Orangerie…
Jeudi 18 novembre
14H-15H30 : Portrait de collectionneurs : Michel et Michèle Auer. Par Judith Benhamou, journaliste et commissaires d’expositions. Project Room, Paris Photo.
19H30-21H : Discontinuité ou continuité ? La photographie hongroise entre hier et aujourd’hui. Modérée par Tijana Stepanović, responsable du département de l’ACAX (Agency for Contemporary Art Exchange) pour le musée Ludwig de Budapest. Institut Hongrois, 92 rue Bonaparte, 75006 Paris, métro : Saint-Sulpice. Conférence en anglais.
Vendredi 19 novembre
14H-15H30 : La photographie polonaise : une histoire en construction. Modérée par Patrick Komorowski, critique d’art et commissaire d’expositions franco-polonais. Project Room, Paris Photo. Conférence en français.
17H-18H30 : Les orientations de la photographie slovaque. Modérée par Vaclav Macek, directeur de la maison de la photographie d’Europe Centrale à Bratislava. Project Room, Paris Photo. Conférence en anglais.
Samedi 20 novembre
14H-15H30 : La photographie comme “pratique artistique située”. Modérée par Nataša Petrešin-Bachelez, commissaire invitée de Paris Photo 2010. Project Room, Paris Photo. Conférence en anglais.
18H30-20H : L’Esprit tchèque. Modérée par Markéa Theinhardt, historienne de l’art. Centre Tchèque, Salle Janacek, 18 rue Bonaparte, 75006 Paris, métro : Saint Germain-des-Près.Conférence en anglais.
Dimanche 21 novembre 16H00 – 17H30 : Hommage à Bahman Jalali (1944-2010). Organisé par la Galerie Silk Road de Téhéran. Project Room, Paris Photo.
Dates Du jeudi 18 au dimanche 21 novembre 2010
Lieu : Carrousel du Louvre, 99 rue de Rivoli, 75001 Paris
Horaires d’ouverture :
Jeudi 18 novembre, vendredi 19 novembre et samedi 20 novembre de 11h30 à 20h Dimanche 21 novembre de 11h30 à 19h
Prix d’entrée :
18 € / 9 € pour les étudiants Préachat entrée Paris Photo les visiteurs peuvent préacheter leurs billets d’entrée coupe-file sur la boutique en ligne du site www.parisphoto.fr
Catalogue Paris Photo 2010 : 20 € disponible sur le Salon au point Info Accueil à partir du 18 novembre. Forfait catalogue + 1 entrée Paris Photo : 35 €
Le parc de la Villette présente « Une terre, une famille », installation de photographies de Reza spécialement conçue avec le photographe comme une installation monumentale sur les 55 hectares du parc.
Déployées sur les folies, petits bâtiments rouges créés par l’architecte Bernard Tschumi, vingt-deux photos grand format invitent le promeneur à un face-à-face avec des histoires de vies remarquables, prises dans le maelstrom de l’histoire, de notre destinée commune.
Du Rwanda à l’Afghanistan, du Cambodge à la Chine, la Mongolie et le Pakistan, du Caire à Jérusalem, c’est une invitation à un questionnement sur notre appartenance commune, à rencontrer, à travers les conflits, les douleurs, les rêves qui les animent, les divisent, les rassemblent, des femmes, des hommes des enfants, d’en approcher les singuliers récits, de réfléchir à un monde possible, plus juste. Le parti-pris de Reza dans cette installation est de recomposer, à partir d’une multitude de portraits, une fresque proche du tableau d’histoire. Gigantesque machine dont nous sommes certes les spectateurs mais aussi, selon le point de vue, la distance aux images adoptée, l’un des personnages; où le jeu des regards est propre à nous interroger sur notre devenir.
Photoreporter de renommée internationale, basé à Paris, Reza parcourt le monde depuis plus de trente ans. Aujourd’hui, après « Mémoires d’exil » au Carrousel du Louvre en 1998, « Destins croisés » sur les grilles du jardin du Luxembourg en 2003, et « Entre guerres et paix » au Mémorial de Caen, Reza nous propose « Une terre, une famille » dans une présentation inédite pour le parc de la Villette, accessible à tous.
Le site web de son agence : www.webistan.com
Débat « Photojournalisme : témoignages et transmission» Animé par Reza, avec Atiq Rahimi, Leili Anvar (écrivains) Jeudi 2 déc. à 20h30 - Entrée libre - Grande halle, salle Boris Vian
Les samedis de la folie N6 :
Du 6 novembre au 20 novembre 2010
Le 6B est un nouveau lieu de création et de diffusion. Recyclant un ancien immeuble de bureaux, le projet accompagne la transformation du quartier «gare-confluence» à Saint-Denis.
Développer, fédérer les initiatives d’un territoire en pleine mutation et les enjeux qui la traverse, voici les axes que se propose de développer ce nouveau lieu. En organisant des projets artistiques et des évenements culturels, l’ambition du 6B est de mettre en réseau des événements et des individus autant au plan local, qu’international. Le 6B souhaite offrir une tribune de réflexion, un espace public où seront conviés les habitants, les personnalités de la vie associative, culturelle et politique, à partager leurs expériences et leurs espérances.
Le 6b est une association regroupant 80 membres résidents, venus de Saint-Denis, Paris ou sa région. Occupant 3000 m2 d’un immeuble de bureau, au 6B quai de Seine à Saint-Denis, le 6B est un nouvel espace de création et de diffusion pluridisciplinaire. Ce collectif réunit des professionnels, des associations et des individus passionnés : artistes, architectes, musiciens, cinéastes, graphistes, artisans, travailleurs sociaux… Chacun d’eux exercent leur métier, leur art au sein de 80 ateliers et bureaux et participent à la vie des 1000m2 d’espace communs de création, de convivialité et de diffusion. (espace d’exposition, salle de projection, salle de danse, restaurant associatif,…)
Le blog des rencontres : http://www.rencontres6b.blogspot.com/
Exposition au 6B, 6-10 quai de Seine 93200 Saint-Denis tél. +33 (0)6 27 25 74 59
ACCÈS : RER D / TRAIN DE BANLIEUE DE LA GARE DU NORD / ARRÊT SAINT-DENIS GARE Arrêt : Saint-Denis Gare Sortie : Charles Michels Marcher pendant 70 m Tourner à droite : Rue Charles Michels / Marcher pendant 150 m Tourner à gauche : Rue du Port / Marcher pendant 70 m Tourner à droite : Quai de Seine / Marcher pendant 250 m Arrivée 6B
Depuis longtemps, des techniques ont été créées afin d’imprimer et de reproduire des images. Les utilisations et les fins qui résultent de ce procédé sont variées. Dans son livre intitulé L’OEuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, le philosophe Walter Benjamin parle surtout de la photographie, du cinéma et de la reproduction faite à partir d’une oeuvre d’art originale. Dans cet ouvrage, il n’est cependant pas du tout question d’aborder les oeuvres d’art conçues dès le départ pour être multipliées.
Que se passe-t-il lorsque des oeuvres d’art sont réalisées dans cette perspective? Y aurait-il une différence de perception entre une oeuvre d’art «unique» et celle «multipliée»? Quelles sont les notions qui interviennent lorsque nous nous confrontons à cette pratique «qui revendique un accès à l’art, une contemplation et une économie particulières, souvent écartée par l’élaboration d’une histoire de l’art écrite au regard d’une conception de l’oeuvre comme objet rare et unique» (Sylvie Boulanger, dans dépliant du Centre National de l’Estampe et de l’Art Imprimé, Cneai, Chatou).
Afin de réfléchir sur ces questions et d’en proposer d’autres, nous avons réuni dans cette exposition des oeuvres provenant de trois ateliers consacrés à l’art imprimé. Actifs dans ce domaine, ces ateliers explorent singulièrement ce terrain très vaste pour la création. L’ensemble des oeuvres permettra ainsi non seulement de constater le foisonnement qui découle de ce type de production, mais aussi de retrouver, ou de découvrir, les univers propres à chaque artiste présenté.
15, rue de Thorigny
75003 Paris 3e Tél :33 1 40 29 44 28
Aucun photomontage ni subterfuge dans les photographies de Nicolas Henry. Pourtant, « Les cabanes de nos grands-parents » étonnent par leur esthétique et leur « plastique » : on y entre comme dans un théâtre où les personnages semblent porter des costumes, la poésie se glisser dans chaque élément du décor, tandis que les éclairages de la scène accompagnent cette lumière à la fois douce et colorée des paysages qui évoque ce moment de transition entre la fin du jour et la nuit complète, et de façon métaphorique, celui où les grands-parents peuvent encore éclairer les jeunes générations.
En effet, les cabanes de ce théâtre itinérant, Nicolas Henry les a réalisées au fur et à mesure de ses rencontres avec les anciens dans plus d’une trentaine de pays – de l’Irlande au Vanuatu en passant par l’Inde, le Brésil, le Maroc, ou encore la Nouvelle Zélande et la Suède. Son intention première ? S’interroger sur la place des « papis et des mamies » aujourd’hui lorsque la jeunesse s’affiche partout, les considérations économiques font voir d’un mauvais oeil les vieux jours, sonder ce qu’il reste du respect pour la parole de l’ancien qui transmet un savoir, une histoire et des racines. Mais loin d’adopter un regard dénonciateur, cynique, ou désabusé, « les cabanes de nos grands parents » expriment les changements d’un monde à l’autre à travers les outils du rire et de la poésie.
Nicolas Henry adopte en effet une approche humaniste de la photographie, mais joyeuse et colorée, où celle-ci ne peut se construire sans l’autre. Car il s’agit avant tout d’une rencontre, d’un lien qui se noue entre deux histoires, où l’imaginaire de chacun vient à se délier et les petits riens – un bout de bois, un morceau de tissu, une feuille de bananier – se transformer en objets symboliques et redonnent accès à l’univers magique de chacun, celui de l’enfance. ( …) Ainsi, la rivière qui mène aux jardins, l’arbre du centre du village, le toit d’un immeuble, sont devenus des terrains formidables pour raconter les histoires. Sont ainsi sortis de terre un poisson-hélicoptère lors d’une pêche à l’arc miraculeuse au Vanuatu, une skyline refaite avec des bouts de rien dans un campement ouvrier à Shanghai ou encore une voiture imaginaire pilotée par un croyant éclairé au Maroc.
Lorsque j’étais petit, mon grand-père m’a appris à manier le bois, ma grand-mère l’art de coudre. Un jour, presque naturellement, j’ai voulu retrouver avec eux ces jeux d’autrefois, riches de cette transmission, de ces savoir-faire, et une cabane est née. Une parole aussi, entière et spontanée. Alors m’est venue l’idée des « cabanes de nos grands-parents », pour ne pas laisser perdre cette parole, et pour saisir cette forme de liberté que les anciens acquièrent en perdant le sens des vanités. À travers le monde, devant mon objectif, des papis et des mamies renouent avec les cabanes de leur enfance. Ils transforment un tapis en océan, avec le balancement du rocking chair pour roulis, sous les cris des goélands… Tous sont photographiés chez eux, dans leur univers.
Ensemble nous avons bâti une cabane, reflet de leur imaginaire. Ils sont les artistes de leurs propres installations. Avec le temps qui passe, l’homme retrouve la sagesse de l’enfant qui croit en la magie de la création. La place de la cabane et des objets dans notre vie révèle une part du sens poétique ou politique que chacun choisit de transmettre à travers son image. La parole accompagne chaque photographie comme un conte, une ritournelle, un poème, selon la nature de notre rencontre, et révèle une part de l’univers de nos grands-parents. » (…)
L’intention première du projet est un constat : notre monde est aujourd’hui dominé par l’image de la jeunesse, et celle d’une réussite sociale formatée. Aujourd’hui, se pose la question de l’image et de la place des personnes âgées dans notre société. Le vieillissement de la génération du baby boom se traduit davantage en considérations économiques et préoccupations sociales, et laisse peu de champ à un débat moral et humaniste. Le dossier sur l’avenir de nos retraites, leur poids sur la sécurité sociale, la solitude et la détresse que les campagnes de sensibilisations n’arrivent pas à endiguer sont les images habituelles présentes dans nos médias. Le projet des cabanes de nos grands-parents peut être l’acteur d’une revalorisation de leur image et de la reconstruction d’un lien positif avec les anciens. (…)
La série a démarré sur l’idée d’un répertoire d’objets agencés de manière décalée ou narrative, comme l’état des lieux d’un monde aux objets multipliés. L’enjeu du projet s’est rapproché au fil du temps de celui d’un théâtre itinérant. Les installations sont de plus grands formats et souvent réalisées en extérieur avec l’aide d’une partie du village ou du quartier. Elles deviennent alors des événements symboliques reflétant l’imaginaire collectif qui détermine le vocabulaire d’une représentation qui va se jouer le soir même.
Nicolas Henry
Biographie : Nicolas Henry est né en 1978 dans les Yvelines. Il est diplômé des Beaux-Arts de Paris et de l’Ecole nationale supérieure d’art de Cergy, et s’est formé au cinéma à l’Emily Carr Institute of Art and Design de Vancouver. Aujourd’hui, il vit et travaille entre Paris et Marseille. site de l’artiste : www.nicolashenry.com
Ouverture du mardi au dimanche de 11h à 19h et sur RDV
Entrée libre
Depuis plusieurs années, le travail photographique de Marion Poussier s’articule autour de la question des liens familiaux. Après avoir photographié différents âges de la vie au sein de différentes « micro-sociétés »: l’enfance à l’école (Récréation), l’adolescence en colonie de vacances (Un été, série exposée en 2006 aux Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles), la jeunesse dans ses lieux de rassemblement (La libre circulation des désirs) et la vieillesse en maison de retraite (Corps invisibles), elle souhaite à travers ce nouveau projet à la fois sensible et ambitieux « croiser les générations » afin de dresser un portrait de la société française actuelle, en rendant compte de la diversité et de la complexité des modèles familiaux contemporains.
Née en 1980, Marion Poussier vit et travaille à Paris. Elle est représentée par la Galerie du Jour Agnès b.
« Les sentiments du quotidien », extraits du projet présenté « Je souhaite porter mon regard sur les liens familiaux. En prenant pour sujet différentes familles en France, j’aimerais pouvoir observer et documenter les rapports qu’entretiennent entre eux frères et soeurs, parents et enfants, grands-parents et petits enfants… À travers ces images, il s’agit également de dresser un portrait de la société actuelle. (…) L’intérêt de cette démarche réside dans le choix des modèles familiaux photographiés. En effet, ceux-ci sont aujourd’hui de plus en plus variés et complexes, et ce, quel que soit le milieu social. Familles recomposées, familles monoparentales, familles homoparentales… Autant de changements qui induisent une redistribution des rôles au sein de la famille. (…)
Concrètement, j’aimerais partager le quotidien de ces familles et ainsi enregistrer les moments les plus ordinaires des rapports familiaux, mais aussi les évènements qui viennent ponctuer ce quotidien : mariages, baptêmes, repas de famille. Autant de rituels sociaux qui sont souvent l’occasion de réaliser des portraits de groupe posés. À ces « photos de famille » – mise en scène des apparences – s’oppose un tissage plus complexe de relations sociales établies entre les uns et les autres.
Participer à ces moments de vie comme à ces moments de regroupements familiaux serait pour moi un moyen de poursuivre mon travail d’enregistrement des « sentiments du quotidien ». Sentiments guidés par celui que l’on est, celui que l’on voudrait être et celui que l’on donne à voir… ».
L’Académie des Beaux-Arts est l’une des cinq Académies composant l’Institut de France. Forte de 57 membres répartis au sein de 8 sections artistiques, elle s’attache à promouvoir et encourager la création artistique dans toutes ses expressions et veille à la défense du patrimoine culturel français. Elle poursuit ses missions de soutien à la création par les nombreux prix qu’elle décerne chaque année, une politique active de partenariats avec des institutions culturelles ainsi que ses activités de conseil dans le domaine de la création artistique.
Créé en mars 2007, le Prix de Photographie de l’Académie des Beaux-Arts – Marc Ladreit de Lacharrière a pour vocation d’aider des photographes professionnels à réaliser un projet significatif dont le sujet, le mode de traitement et le support sont libres. Pour la première année, le Prix et l’exposition s’inscrivent dans le cadre du Mois de la Photo à Paris (novembre 2010).
Le Prix, d’un montant de 15.000 euros, récompense un photographe confirmé, français ou étranger résidant en France, sans limite d’âge, auteur d’un projet photographique qui doit être réalisé et exposé à l’Institut de France dans l’année suivant l’attribution du prix.
Académie des Beaux-Arts Hermine Videau-Sorbier 23, quai de Conti – 75006 Paris Tél. 01 44 41 43 20 www.academie-des-beaux-arts.fr
du 1er au 8 novembre de 15h à 20h chez Au Tour Du Feu – 24 rue Durantin 75018 Paris.
« Couleurs d’alizés » est publié chez Critères Editions et en en librairies à partir du 28 octobre:
Photographe – plasticienne, Cathy Bion a sillonné les ports du monde, du Maroc à la Bretagne, du Portugal jusqu’à l’Australie, loin des chemins balisés. Dans les docks inondés de lumière, son œil de peintre traque les couleurs et les matières, les traces du travail de l’homme en interférence avec celui du temps. Elle s’immerge dans une nuance, une éraflure, une écaille de rouille, pour tenter d’en saisir l’essence et accéder à l’alchimie secrète des éléments.
Les photographies sans retouches de Cathy Bion recréent des paysages imaginaires, des petits fragments de vie colorés qu’elle nous invite à partager pour larguer les amarres vers un libre voyage. Dans cet ouvrage, elles sont accompagnées de textes de critiques d’art et par une préface graphique du dessinateur Loustal.
Contact auteur Cathy Bion : www.cathybion.com Contact éditeur Critères Editions : editions@criteres.org
Fiche technique
80 pages quadri 19,5 x 26 cm, broché, 18 € ISBN : 978-2-917829-35-6 Diffusion : le Comptoir des indépendants Distribution : BLDD
La matière transfigurée
Rien n’arrive par hasard… Et ce travail n’y fait pas exception. Un jour, en carrière, alors que du schiste ardoisier passait sous la scie à eau en vue d’obtenir des blocs pour une de mes réalisations, mon regard s’attarda sur cette eau chargée de matière, qui giclait sur le mur avant d’être emportée vers les bacs de décantation. J’étais touchée devant la beauté de cette eau charriant le sédiment de l’ardoise. J’en fis part au contremaître qui lui n’y voyait que de la boue. Oui, ce n’était peut- être que de la boue, mais quelle belle boue. Aussi, le lendemain, c’est armée de papiers aquarelles que j’arrivais à la carrière. Ceux-ci furent plongés dans l’eau chargée de matière, puis séchés. Le jour suivant, au calme dans l’atelier, je contemplais ce que la nature avait bien voulu m’offrir. L’étonnement fit très vite place à l’émerveillement. Je n’avais plus devant moi de la poussière d’ardoise fixée sur le papier, mais des paysages de brumes, de montagnes, de mers agitées. De plus, parcourant des yeux les plans de clivage de l’ardoise j’y retrouvais cette même narration. J’étais là, pensive : la nature avait- elle de la mémoire? De considérations en réflexions il me semblait retrouver dans l’ardoise et son sédiment cette part d’ancêtre que chaque être humain porte en lui, ce souffle indistinct, réminiscence ancestrale. C’était aussi le sens de la matière dans ses origines et la notion de temps dans son infini qui m’interpellaient dans ce dévoilement, cette alchimie de l’eau et du sédiment. Toute la question de la transfiguration de la matière se posait alors à moi et m’ouvrait un autre chemin. A Jones
Vernissage de « Anne Jones: souffles d’ardoise ». Rendez-vous le 4 novembre 2010 à partir de 18H
48 rue de Verneuil
75007 Paris
Site de la galerie : www.contemporaryart-gallery.com
Frictions entend promouvoir la diversité de productions relative aux arts plastiques et arts appliqués à l’Université : en ce sens, les réalisations susceptibles d’êtres exposées concernent le dessin, la peinture, la sculpture, la photographie, la gravure, l’art vidéo, la performance, l’infographie et le graphisme, la création graphique (fanzines, revues, journaux) et typographique, la création design d’objet ou textile… Sont encouragés à participer les étudiants en arts plastiques et arts appliqués depuis la Licence 1 jusqu’au niveau Doctorat ainsi que les étudiants ayant quitté l’Université à la terminaison de l’année 2009-2010.
Frictions travaille avec l’espoir que cette initiative étudiante soit découverte, aperçue, suivie par la région, ses habitants, et ses alentours. L’École des Beaux-Arts semble pour le grand public le principal référent en matière de production d’artistes ; les écoles privées disposent pour leur part de bons supports de communication et des moyens adéquats pour témoigner de la création effective au sein de leurs murs. Il n’a pas été rare, tout au long de notre cursus, de constater que l’université suscitait la méfiance, voire que le domaine des arts plastiques n’était pas pris en compte comme possiblement formateur de personnalités créatives (ce qui s’avère absurde, si l’on constate la part égale d’étudiants créatifs et d’étudiants théoriciens qui la peuple). À notre sens, chaque étudiant est acteur de l’Université dans laquelle il évolue et se meut ; l’Université n’est finalement que ce que l’on en fait, et ce, grâce aux initiatives et à la curiosité de ses occupants. Sans être idéalistes, nous sommes persuadés que c’est l’émulation de groupe, de rencontres de pratiques et de bouillonnements créatifs qui fera se développer l’aura de l’Université, pour l’amener à s’ouvrir vers l’extérieur, à tisser des ponts, entretenir un va-et-vient qui insufflera motivation et implication aux étudiants et nouveaux arrivants.
Exposition d’étudiants en arts plastiques et arts appliqués de Bordeaux 3 Premier volet du 22 au 26 novembre 2010
Vernissage le 22 novembre à 19h
MAISON DES ARTS Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3 www.expositionfrictions.com Pour tout renseignement complémentaire : expositionfrictions@gmail.com
arts en fac se veut une plateforme de communication et d’échanges à laquelle étudiants et professeurs en arts plastiques et arts appliqués de l’Université de Bordeaux 3 peuvent contribuer librement. Il s’agit de créer, d’entretenir ou de renforcer les liens qui se tissent entre les différents acteurs de l’Université au sein de ce cursus. Ce blog espère, à sa modeste mesure, contribuer à développer le dynamisme synergique de travail, de pratique, et de passion pour ce domaine d’études, en permettant aux étudiants, professeurs, mais également aux visiteurs, de partager informations, expériences, données utiles et ouvertures culturelles diverses.
Peuvent y contribuer : étudiants, anciens étudiants, étudiants vadrouilleurs Erasmus ou professeurs ; l’essentiel étant que les participants aient tous eu à un moment donné un rapport avec l’Université de Bordeaux 3 et le cursus arts plastiques / arts appliqués. Le site accueille annonces, expositions, photographies, flyers, liens ou adresses utiles, travaux estudiantins ou personnels, documents et textes ayant attrait aux cours, aux activités de Bordeaux 3 ou à la vie artistique environnante en général.
En ligne depuis plus d’un an à présent, arts en fac est régulièrement tenu à jour par la petite équipe d’étudiants ayant contribué à son élancement vital : Anne-Perrine Couët, Sophie Briand et David Mauzat. Cette année 2010 a notamment vu la naissance d’un partenariat entre le site et le festival « Multiples Bordeaux » (du 3 mai au 6 juin), emporté par Yogan Muller. Un appui sincère dans la communication autour de arts en fac a également été effectué par l’Université même, via l’envoi d’affiches créées pour le site à de nombreux lycées de la région Aquitaine.
Impulsée par l’équipe de arts en fac, l’exposition FRICTIONS s’inscrit directement dans son prolongement et une optique d’ouverture sur l’extérieur, d’échange et de partage entre l’Université et ce qui l’entoure.
http://artsenfacbdx.free.fr
L’homme a, de tous les temps, démontré sa connerie, sa stupidité, son ignorance, son avidité, son mépris, son racisme, bien avant même de prouver qu’il peut être aussi (rarement) autre chose. Avec Saartjie Baartman de son vrai nom Sawtche, il n’y a plus de mots pour décrire, ce qu’est capable de faire un être humain à un autre être humain. Avec Sawtche toutes les limites sont explosées, fondues, carbonisées. L’histoire de cette jeune femme est grave, très grave, vraie, très vraie. Servante, Sawtche est emmenée à Londres en 1810 où on la transforme en bête de foire. Puis on l’exhibe en Angleterre, en Hollande et en France, et quelques temps avant sa mort on l’oblige à être objet sexuel, dans des soirées privées. Trois francs pour voir le monstre disait on à l’époque. Sawtche qui sert aussi d’alibi pour montrer » la supériorité de l’Homme blanc , homme blanc qui ne démontre en fait que l’avilissement de l’homme dans ce qu’il a de plus sale, de plus insupportable, dans un monde nauséabond. Mais là ne s’arrête pas le calvaire de cette femme, car à sa mort à l’âge de 26 ans après avoir été humilié par les hommes et la sciences des hommes, ceux-là la condamnent une nouvelle fois pour l’éternité. Ses organes génitaux et son cerveau sont placés dans des bocaux de formol, son squelette et son moulage en plâtre sont exposés comme une curiosité « exotique » jusqu’en 1974, au Musée de l’Homme ! Il faudra attendre deux siècles après sa mort, pour qu’elle soit enterrée chez elle ! Abdellatif Kechiche avec son film « Vénus noire » rend hommage à cette jeune femme ! Rendons lui nous aussi hommage ! Jean Marc Lebeaupin
Date de sortie cinéma : 27 octobre 2010
Réalisé par Abdellatif Kechiche Avec Yahima Torres, André Jacobs, Olivier Gourmet,
Résumé du film : Paris, 1817, enceinte de l’Académie Royale de Médecine. « Je n’ai jamais vu de tête humaine plus semblable à celle des singes ». Face au moulage du corps de Saartjie Baartman, l’anatomiste Georges Cuvier est catégorique. Un parterre de distingués collègues applaudit la démonstration. Sept ans plus tôt, Saartjie, quittait l’Afrique du Sud avec son maître, Caezar, et livrait son corps en pâture au public londonien des foires aux monstres. Femme libre et entravée, elle était l’icône des bas-fonds, la « Vénus Hottentote » promise au mirage d’une ascension dorée…
Bande Annonce :
Né en 1960, Abdellatif Kechiche fait l’apprentissage du théâtre et du cinéma en tant qu’acteur, avant de devenir réalisateur.
Sur scène, il joue notamment García Lorca, Eduardo Manet et monte une pièce de Fernando Arrabal à Avignon. Au cinéma, il décroche en 1984 le rôle principal du premier long-métrage d’Abdelkrim Bahloul, Le thé à la menthe, puis traverse les univers de Nouri Bouzid (Bezness) et d’André Téchiné (Les innocents).
En 2000, Abdellatif Kechiche passe derrière la caméra avec La faute à Voltaire, dont il signe également le scénario, cheminant sur les traces d’un immigré idéaliste dans le Paris des exclus.
Trois ans plus tard, le réalisateur confronte dans L’esquive la langue de Marivaux aux maux d’adolescents amoureux, puis s’attelle à La Graine et le Mulet, produit par Claude Berri. Tout en dressant le portrait d’un père en bout de course, le film déroule le fil d’une chronique familiale dans le cadre lumineux de Sète.
Avec sa Vénus Noire, inspiré du destin réel et hors-norme de Saartjie Baartman connue au début du XIX e siècle comme la « Vénus Hottentote », le cinéaste continue de questionner le spectateur sur son rapport à la différence et à l’humain.
Duende Studio et François Bauchet vous propose de participer à l’Appel au feu par un appel aux dons. Ci-dessous le texte de présentation de l’appel que nous a adressé Duende Studio et François Bauchet que nous vous retransmettons dans son intégrité.
Est-il possible d’éprouver sereinement la fascination primale et la chaleur d’un feu à Paris en 2010 ? Est il possible que ce symbole du premier pas de l’homme vers la civilisation soit autorisé à revenir dans nos villes ? Au moment où s’approchent les inévitables JT se lamentant comme chaque année devant la mort de SDF saisis par les nuits d’hiver, Duende Studio et François Bauchet s’associent pour proposer une cheminée urbaine conçue pour offrir du feu aux parisiens avec un maximum de sécurité. Un nouveau mobilier pour la ville dont le financement du prototype est ouvert dès maintenant à la coproduction : nous appelons toute personne intéressée par ce projet à participer via une promesse de don afin de réunir les 10 000 euros nécessaires à la fabrication du prototype.
Pensée comme une nouvelle colonne Morris par sa taille, son format et son implantation dans la ville, la cheminée urbaine est littéralement une cage à feu. Une colonne de tôle ajourée qui permet la propagation de la chaleur et le confort visuel sans possibilité d’approcher du foyer au point de se brûler. Alimentée en bois par la ville comme elle le fait déjà pour l’eau des fontaines, cette cheminée publique est une proposition hommage au projet d’ Yves Klein d’équiper Paris en fontaines de feu, soulignant que notre climat justifiait de telles fontaines de chaleur en hiver au moins autant que de points d’eau pour se rafraîchir l’été. Réponse fonctionnelle du design à l’apôtre de l’architecture climatique, cette cheminée publique est pour nous un bien d’équipement général de confort et de nécessité. L’enjeu est maintenant de financer un premier exemplaire afin de le proposer à la ville de Paris en test. Nous avons pleinement conscience du caractère incongrue de cette proposition au moment où tout regroupement de SDF, toute peur de « l’accident » mettent à jour une époque frileuse, sécuritaire à outrance et peu confiante en ses citoyens, d’où justement son caractère normal, utile et parfaitement primordiale.
Comment faire un promesse de don ?
2/ Chaque promesse sera publiée, permettant ainsi à tous de vérifier l’état du financement au jour le jour.
3/ Une fois le montant nécessaire atteint, Duende Studio prendra contact avec vous afin finaliser la promesse par un don effectif.
4/ Une fois le projet abouti, un ouvrage retraçant l’histoire du projet et l’ensemble de ses contributeurs sera publié.
François Bauchet est l’un de nos grands designer français dédié à la forme dans son expression la plus pure et littérale. Né en 1948 à Montluçon (France), il a fait ses études à l’École des beaux-arts de Bourges. Depuis 1982, il enseigne à l’École des beaux-arts de Saint-Étienne. En 1983, son premier projet, réalisé avec le soutien du VIA et baptisé « C’est aussi une chaise », est présenté au Salon des artistes décorateurs (SAD). De 1984 à 1998, il collabore avec la galerie Neotu. En 1987, il aménage les bureaux de la Fondation Cartier, à Jouy-en-Josas (78) et participe à la Documenta 8 de Kassel. S’enchaînent ensuite divers projets : vitrines et mobilier d’accueil du Centre d’art de Vassivière-en-Limousin, accueil du musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne, mobilier d’exposition et café de la galerie du Jeu de Paume, à Paris, mobilier, passerelle et folie pour le parc du château d’Azay-le-Rideau… En 2000, le musée des Arts décoratifs de Paris organise une exposition personnelle autour de son travail. En 2001 puis en 2003, la Galerie kreo lui consacre deux expositions personnelles. En 2002, il est désigné « Créateur de l’année » au Salon du meuble de Paris. Ses meubles et objets sont actuellement édités par la Galerie kreo, Cinna, Ligne Roset, Ercuis, Haviland, GHM…, certains appartiennent notamment aux collections permanentes du FNAC, Paris, du musée des Arts décoratifs, Paris, du musée du Design, Lisbonne.
Duende Studio est un studio de conception animé par Anthony van den Bossche depuis 2007 dédié à la mise en évidence des complicités entre archaïsme et technologie. Le studio propose des expositions comme « La part des Anges » (La Cusine) et des projets réalisés en tandem avec des designers comme Mathieu Lehanneur, Benjamin Graindorge, Eric Jourdan, François Bauchet ou Elium Studio. Anthony van den Bossche se consacre au design depuis 2001 après une carrière de journaliste, concepteur et producteur de télévision. Il a été commissaire d’ expositions comme « Design@home.se », « Norway says » ou « Eden ADN, design génétique » (Biennale de St Etienne 2006) consacrée à l’amélioration fonctionnelle et décorative des matières vivantes par l’homme. Membre du comité d’acquisition du Fond National d’Art Contemporain, département arts décoratifs (2002 à 2004), il a créé le site d’actualité internationale www.resetdesign.com (2002 à 2007) avant de fonder Duende Studio et Duende PR, une agence de relations presse spécialisé en design, architecture et art en tandem avec Elsa Sarfati.
(Portraits of American Bikers and their Bikes) dans le cadre du MOIS DE LA PHOTO 2010
Vernissage jeudi 4 novembre 15h00/22h00
La Galerie W participe une nouvelle fois au Mois de la Photo. Novembre 2010 allant marquer les trente ans de l’évènement, la galerie a choisi de mettre à l’honneur, le travail réalisé par le photographe français Philippe Vermès (collectionné par la MEP) sur le monde des bikers. TRENTE ANS. Cette année, la MEP innove et présente sa collection hors-les-murs, dans plus de 50 lieux parisiens : à la Galerie W, deux photographies – “Les belles de Loudon” (1987), “Les Sharks” (1988), tirages gélatino argentique – de… Philippe Vermès.
THE LAST OF POLAROIDS. Philippe Vermès plante son studio à la Galerie W pour tirer le portrait des collectionneurs. Muni de sa chambre 4×5 et de ses ultimes sept paquets de polaroids – ils ne sont plus fabriqués – il demandera aux candidats de poser sur une Harley, la V-Rod. Tirages uniques – couleur ou noir & blanc – signés par l’artiste. Sur réservation le jour du vernissage. Ces portraits ont été pris à la fin des années 1980, lors de deux rassemblements mythiques de « Bikers » aux U.S.A : l’un à Loudon, New Hampshire ; l’autre à Sturgis, South Dakota. Situé près du Mount Rushmore où sont gravées dans la roche les têtes de quatre présidents américains, Sturgis est un village à côté des « Badlands ». Là où sont tournés les westerns. On se souvient du « The Battle of Wounded Knee. ».
Les « motards » se rassemblent rituellement par milliers tous les mois d’août en rallyes. Ce sont d’immenses foires/spectacles en plein air. Ils jouent des rôles, assument des figures ésotériques. Certains sont plus lisibles que d’autres et renvoient aux mythes fondateurs de la conquête de l’Ouest : la frontière, le voyage, l’errance, les Indiens.
Philippe Vermès a voulu en savoir davantage, approcher le mythe « de l’intérieur » en quelque sorte. Il a donc monté un studio de fortune au bord de la route, près d’une station à essence avec fond de tissu noir. Il y a installé une chambre en bois (4 x 5 inches), un flash électronique et une boite à lumière. Attirés par l’appareil et la magie du Polaroïd négatif/ positif, les bikers sont venus poser avec leur moto, leur compagne, leur compagnie, leur famille, leur chien. Le résultat est en effet bien loin des images sulfureuses qui font partie de leur légende. Au contraire, ces portraits, âges, sexes et professions mêlés, réunissent des êtres humains sensibles, naturels, malicieux.
Dans l’introduction du livre de Philippe Vermès « Straightening out the Corners : Portraits of American Bikers and Their Bikes » (édité en 1990 aux éditions Iris publications), A.D. Coleman écrit « Celui qui cherche à savoir ce que sont devenus les motards noirs de Robert Frank ou les jeunes cyclistes blancs, prolétaires de Danny Lyon, ce disciple de Frank qui photographia plus tard ces héros marginaux – peut se tourner vers l’oeuvre de Philippe Vermès. Peut-être les y retrouvera-t-il.
Ainsi que le portraitiste itinérant des petites villes d’autrefois, Philippe Vermès leur accorde le droit d’être vus sans jugement de valeur, car il les accepte tels qu’ils sont. Il en sort des portraits remplis d’informations, fourmillant des détails riches d’observation qui surgissent de deux traditions, celle de la photographie et celle de la peinture. Peintre de formation classique devenu photographe, Philippe Vermès est le dépositaire logique de ces deux démarches voisines ».
GALERIE W 44 rue Lepic Paris 18 10h30 / 20h00 | 7/7 jours info@galeriew.com | 01 42 54 80 24 www.galeriew.com | www.facebook.com/galeriew
Soklak Elgato, Graffeur, Mc et chat de gouttière à ses heures perdues, vient se balader dans les rues parisiennes pour nous livrer sa première expo perso : « S**K ME, I’M UNDERGROUND ! » Calligraphies, graffitis, accumulations et autres acrobaties picturales sont au programme, le tout dans un lieu alternatif et classe.
Le site : http://www.soklakelgato.com
Le Salon de la Photo veut contribuer à mettre à l’honneur le métier de photographe, à le mettre en valeur aux yeux du plus large public, au moment où cette profession mérite d’être soutenue.
Les ZOOMS seront désormais attribués tous les ans par le Salon de la Photo.
12 rédacteurs en chef ou directeurs de rédaction de la presse Photo ont désigné chacun un photographe professionnel « émergent » (français ou installé en France), un vrai coup de cœur pour un talent encore peu connu ou pas assez reconnu, que son parrain ou sa marraine voudra révéler au grand public.
LE ZOOM DÉCERNÉ PAR LE PUBLIC
Vous pouvez dès maintenant découvrir les 12 photographes « nominés » et voter pour votre préféré! Cliquez-ici !
LE ZOOM DÉCERNÉ PAR LA PRESSE PHOTO
Les 12 rédacteurs en chef ou directeurs de rédaction : Dimitri Beck (Polka magazine), Sophie Bernard (Images magazine), Guy Boyer (Connaissances des Arts), Stéphane Brasca (De l’air), Guy-Michel Cogné (Nat’Images), Didier de Faÿs (Photographie.com), Agnès Grégoire (Photo), Sylvie Hugues (Réponses Photo),Ronan Loaëc (Chasseur d’Images), Nicolas Mériau (Image & Nature), Vincent Trujillo (Le Monde de la Photo), Bruno Waraschitz (Déclic Photo) se réuniront le 7 octobre en un jury présidé par Jean-Luc Monterosso, Directeur de la Maison Européenne de la Photographie, pour désigner le lauréat de la presse Photo.
PROCLAMATION DES RESULTATS AU SALON DE LA PHOTO
Le 4 novembre 2010 à 11 heures, au Salon de la Photo, seront proclamés, les noms des lauréats des ZOOMS 2010, 2 photographes élus par la presse Photo et par le public.
Au même moment, sera dévoilée l’exposition que le Salon de la Photo 2010 consacrera à ces deux photographes.
Le salon sera accessible du Jeudi 4 au Lundi 8 novembre 2010. Il se tiendra dans le pavillon 4 du parc des expositions de la Porte de Versailles. Ouverture de 10h à 19h tous les jours. Sauf le lundi : 10h-18h
ArtéMédia en partenariat avec le Salon de la Photo vous font économiser 11 €, en vous offrant votre entrée au prochain salon 2010 qui se tiendra du 4 au 8 novembre 2010 à la porte de Versailles. Pour recevoir votre invitation et la télécharger directement en ligne cliquez ici et taper le code : ARME dans le formulaire. Nous vous souhaitons à tous un très bon Salon de la Photo 2010 !
« Toute ma vie j’ai été fasciné par l’histoire des vieilles choses. Par les souvenirs cachés derrière la rouille et l’usure. Par ce que racontent, à voix basse, les coulures du temps. Et j’ai envie de croire que c’est dans les trous à ordures que ça m’est venu. J’en suis sûr. Tout cet amoncellement de choses délaissées, abandonnées, que des familles avaient aimées, que des maisons avaient choyées. La vie dans les choses mortes. »
D’où vient le goût des vieilles choses ? Le goût pour l’usure, pour la rouille, pour les objets cassés, abîmés… C’est cette question intime qu’Alain Rémond choisit d’explorer dans ce texte à l’accent quelque peu nostalgique. Enfant dans les années 1950, quand les déchetteries bien ordonnées n’existaient pas, le narrateur aimait déjà réparer les objets trouvés dans les « trous à ordures ».
Adulte, il traque encore les morceaux cassés, les machines rouillées, les lambeaux de peinture, les épaves, toutes ces traces de vie qui s’efface… Rêver à la vie qui a entouré des objets cassés, qui a animé une maison en ruines, et pourquoi pas leur offrir une seconde vie… Se pencher sur tous ces objets qui pèsent leur « poids d’histoires »… Telle est la passion singulière qu’Alain Rémond décrit avec beaucoup de délicatesse, et le texte se clôt sur les épaves de bateaux, carcasses ô combien poétiques…
Les photographies de Luc Maréchaux, qui accompagnent subtilement le texte, captent la beauté cachée dans l’usure des matériaux.
Le livre est au format (10cm x15 cm), de 46 pages. Il contient 10 photographies pleine pages et est vendu prix de 8 euros.
Tél : +33 (0)6 83 09 01 39 Site :
www.luc-marechaux.comFaire dialoguer des collections, tant publiques que privées, et à cette occasion, montrer des oeuvres inédites ou rarement vues, susciter au sein d’expositions confrontations et échanges, opérer des rapprochements inattendus, tel est le formidable pari engagé par ce Mois de la Photo qui, une fois encore, mobilise à Paris musées, centres culturels et galeries.
La collection de la Maison Européenne de la Photographie, riche de plus de 20 000 oeuvres contemporaines, est, le temps d’un festival, mise à la disposition de tous. Présentée hors les murs, en regard d’autres oeuvres, elle s’offre ainsi au public dans sa diversité et sa singularité. Chacun, conservateur, directeur d’institution ou galeriste est venu emprunter, là un rare « vintage », ici un ensemble cohérent encore jamais exposé (comme la donation Harry Callahan faite par l’auteur à la MEP et présentée à la Fondation Henri Cartier-Bresson), ou encore, à l’Institut culturel italien, quarante tirages de Mario Giacomelli.
Cette diffusion momentanée et inhabituelle d’une collection publique dans plus de cinquante lieux a donné naissance à de nouveaux désirs : révéler des fonds d’archives, confronter le tirage original à sa reproduction, et montrer, comme le fait le célèbre éditeur Gerhardt Steidl à la Monnaie de Paris, toutes les étapes qui conduisent à la page imprimée et au livre d’artiste, ou encore, comme à la galerie Agathe Gaillard, à partir de la magnifique – mais accidentelle – photographie de Jean-Philippe Charbonnier, l’enfant flou, conservée à la MEP, choisir son équivalent dans l’oeuvre d’autres photographes, pour constituer, à partir de ces « cadeaux du ciel et de l’inconscient », une stimulante exposition. Ainsi, au-delà d’un anniversaire, celui des trente ans du Mois, c’est à un véritable déploiement d’énergie, d’intelligence et de recherche que nous convie cette nouvelle édition. Mais le Mois de la Photo 2010 marque aussi une nouvelle étape. Alors que la photographie connaît avec l’irruption du numérique, un des plus grands bouleversements de son histoire, ce festival de l’argentique offre avec splendeur un panorama de tout ce qui a nourri à ce jour l’éternelle jeunesse d’un art accessible à tous et profondément ancré dans son époque. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un regard sur cette France d’aujourd’hui photographiée par les quatorze jeunes photographes choisis par Raymond Depardon et qui partagent avec lui la même éthique et la même rigueur. À travers l’oeuvre de Mohamed Camara, de Didier Ben Loulou ou encore des nouvelles générations de photographes suédois, finlandais, hongrois ou roumains, ce parcours de la mémoire passée se mêle à celui de la mémoire future.
Cette programmation serait cependant incomplète sans les tables rondes, débats et colloques, comme à la Maison de l’Amérique latine qui réunira autour de son exposition les éditeurs latino-américains, à l’Institut culturel italien, ou encore la conférence accompagnant l’exposition Heinrich Kühn du Musée d’Orsay. Avec ses 57 expositions et ses animations, cette seizième édition présentera ainsi au grand public des événements exceptionnels, dont l’objectif reste toujours de partager, dans cette Ville Lumière, berceau de la photographie, émotions, plaisirs et découvertes.
Jean-Luc Monterosso Directeur artistique du Mois de la Photo
A l’occasion du Mois de la Photo 2010, la Maison européenne de la photographie présente une exposition consacrée à l’extrême, qui réunit une sélection de 200 oeuvres marquantes de sa collection. « Le pouvoir symbolique et allégorique de la photographie, aussi bien que son caractère documentaire, nous confrontent à la dimension extrême de la vie qui oscille entre le sublime et l’horreur. Pratique accessible à tous, la photographie nous aide à comprendre que les plus dures épreuves de douleur et de violence peuvent paradoxalement nous conduire vers une expérience existentielle ouvrant, telle une épiphanie, à la perception du sublime. «Autour de l’Extrême» renvoie à une des constantes de la création contemporaine qui tend à repousser inexorablement les limites, qu’elles soient sociales, politiques, esthétiques ou scientifiques.
A travers l’oeuvre de photographes internationalement reconnus comme Pierre Molinier, Mapplethorpe, Andres Serrano ou Joel-Peter Witkin, mais aussi à travers le regard de jeunes talents comme le brésilien Rodrigo Braga, ou Raphaël Dallaporta, l’exposition explore tous les territoires du visible, de la conquête de la lune aux conflits les plus récents, en passant par la recherche médicale ou les expérimentations autour du corps et de ses représentations.
Certains travaux sont présentés en série, comme par exemple celui réalisé par Valérie Belin sur les sosies de Michael Jackson, ou le reportage de 25/34 Photographes sur les punks et les skins des grandes villes européennes. D’autres ont été spécialement produits à cette occasion par Alain Volut, Claudia Jaguaribe, Pierre Notte… Tous cependant se répondent ou se confrontent.
Mais rendre visible la transgression, le dépassement, ou l’interdit, c’est paradoxalement les neutraliser et, au bout du compte, les rendre acceptables. Face à l’extra-ordinaire, la photographie a le pouvoir de banaliser le réel. Ainsi, ce qui est donné à voir dans ces images n’est le plus souvent que l’approche de l’extrême, cet «autour» qui le met à distance. Quand, en 1964, Jean-François Bauret réalise le premier nu masculin pour la publicité, l’image fait sensation. Aujourd’hui reléguée au rang d’icône, elle a perdu – de même que le portrait d’Yves Saint-Laurent réalisé par Jeanloup Sieff – son parfum de scandale.
Notre époque qui aime les excès en tout genre, la démesure, le moralement inadmissible, l’horreur, semble avoir épuisé toutes les ressources de l’émotion et du désir de voir. Rares sont les images, en effet, qui peuvent encore choquer. Dès lors, à travers la collection de la Maison Européenne de la Photographie qui illustre l’histoire de l’image fixe de la deuxième moitié du XXème siècle, défile non un spectacle du pire, mais une anthologie de l’extrême, une esthétique que seul le balancier de l’histoire pourrait, à un moment ou un autre, refigurer.»
Commissaires : Milton Guran et Jean-Luc Monterosso
“ En anglais, “extrême limite” se dit “point break”, ce qu’on pourrait traduire littéralement par “point de rupture”. Point au-delà duquel ça casse. Point audelà duquel tout basculerait dans son contraire : l’humain dans l’inhumain, le monde organisé dans le chaos. Comme si le diable nous attendait à l’extrémité de l’extrême. Et s’il en allait tout autrement ? Si nous n’étions hommes que de reculer sans cesse les limites de notre conception de l’humain ; que d’étendre en permanence le territoire qui circonscrit pour nous l’humanité ; que de conquérir des espaces physiques et symboliques encore inconcevables ?
La présente exposition nous invite à en faire l’hypothèse. (…) Mais pour reconfigurer les limites, il faut prendre le risque de la radicalité. Et c’est ce que font les photographies ici exposées. Cela ne signifie pas qu’elles recherchent la provocation gratuite, mais qu’elles luttent contre l’insignifiance consensuelle en proposant des ouvertures et des perspectives nouvelles sur l’altérité des êtres et sur l’ailleurs du monde.
Elles nous montrent des corps détruits par la drogue et le sida (Nan Goldin, Larry Clark), décharnés par les mortifications (David Nebreda), martyrisés par une quête mystique (Andres Serrano), mutilés par les accidents de la vie (George Dureau), fétichisés par un érotisme pervers (Claude Alexandre). Mais elles nous montrent aussi des corps glorieux, des corps musculeux construits par une pratique gymnaste poussée jusqu’à l’ascèse (Martial Cherrier, Robert Mapplethorpe, Helmut Newton), des corps mutants qui annoncent le corps augmenté de demain (ORLAN), des corps si parfaits que leur perfection marmoréenne les soustrait au temps et à la mort (Bill Brandt). Et la mort n’est-elle pas l’ultime limite ?”
Françoise Gaillard Extrait du catalogue de l’exposition
Le prix Paris Match du reportage photographique, créé en 1980 par Roger Thérond et Jean-Luc Monterosso, s’adresse à tous les professionnels français. Il est décerné tous les deux ans par un jury international, en présence d’Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match. Le lauréat reçoit le trophée du Grand Prix accompagné de 8 000 euros. Un prix pour saluer les grands reporters qui vivent l’actualité au plus près des événements, et rapportent des images essentielles de l’Histoire qui s’écrit au présent.
Les derniers lauréats :
Par ailleurs, le prix « Warwick Evasion » récompense le reportage photo synonyme d’évasion et de plaisir. Ce coup de coeur du jury met en avant les qualités créatives, artistiques et émotionnelles d’un nouveau talent. En 2008, Philippe Petit a été récompensé pour son reportage « Tuvalu et ses réfugiés climatiques ».
la Maison Européenne de la Photographie
5/7 rue de Fourcy 75004 Paris Tél. : 01 44 78 75 00 Le site de la Mep :www.mep-fr.org Pont-Marie ou Saint-Paul
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