Autour de l’Extrême, un choix dans les collections de la MEP0 Commentaires

Par rédaction
Posté le 26 oct 2010 à 5:10

Marc Riboud, Washington, 1967 © Marc Riboud / Collection Maison Européenne de la Photographie, Paris

Du 10 novembre 2010 au 30 janvier 2011, la Maison Européenne de la Photographie présente, dans le cadre du Mois de la Photo à Paris, novembre 2010

  • - Autour de l’Extrême, un choix dans les collections de la MEP

Faire dialoguer des collections, tant publiques que privées, et à cette occasion, montrer des oeuvres inédites ou rarement vues, susciter au sein d’expositions confrontations et échanges, opérer des rapprochements inattendus, tel est le formidable pari engagé par ce Mois de la Photo qui, une fois encore, mobilise à Paris musées, centres culturels et galeries.

La collection de la Maison Européenne de la Photographie, riche de plus de 20 000 oeuvres contemporaines, est, le temps d’un festival, mise à la disposition de tous. Présentée hors les murs, en regard d’autres oeuvres, elle s’offre ainsi au public dans sa diversité et sa singularité. Chacun, conservateur, directeur d’institution ou galeriste est venu emprunter, là un rare « vintage », ici un ensemble cohérent encore jamais exposé (comme la donation Harry Callahan faite par l’auteur à la MEP et présentée à la Fondation Henri Cartier-Bresson), ou encore, à l’Institut culturel italien, quarante tirages de Mario Giacomelli.

Cette diffusion momentanée et inhabituelle d’une collection publique dans plus de cinquante lieux a donné naissance à de nouveaux désirs : révéler des fonds d’archives, confronter le tirage original à sa reproduction, et montrer, comme le fait le célèbre éditeur Gerhardt Steidl à la Monnaie de Paris, toutes les étapes qui conduisent à la page imprimée et au livre d’artiste, ou encore, comme à la galerie Agathe Gaillard, à partir de la magnifique – mais accidentelle – photographie de Jean-Philippe Charbonnier, l’enfant flou, conservée à la MEP, choisir son équivalent dans l’oeuvre d’autres photographes, pour constituer, à partir de ces « cadeaux du ciel et de l’inconscient », une stimulante exposition. Ainsi, au-delà d’un anniversaire, celui des trente ans du Mois, c’est à un véritable déploiement d’énergie, d’intelligence et de recherche que nous convie cette nouvelle édition. Mais le Mois de la Photo 2010 marque aussi une nouvelle étape. Alors que la photographie connaît avec l’irruption du numérique, un des plus grands bouleversements de son histoire, ce festival de l’argentique offre avec splendeur un panorama de tout ce qui a nourri à ce jour l’éternelle jeunesse d’un art accessible à tous et profondément ancré dans son époque. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un regard sur cette France d’aujourd’hui photographiée par les quatorze jeunes photographes choisis par Raymond Depardon et qui partagent avec lui la même éthique et la même rigueur. À travers l’oeuvre de Mohamed Camara, de Didier Ben Loulou ou encore des nouvelles générations de photographes suédois, finlandais, hongrois ou roumains, ce parcours de la mémoire passée se mêle à celui de la mémoire future.

Cette programmation serait cependant incomplète sans les tables rondes, débats et colloques, comme à la Maison de l’Amérique latine qui réunira autour de son exposition les éditeurs latino-américains, à l’Institut culturel italien, ou encore la conférence accompagnant l’exposition Heinrich Kühn du Musée d’Orsay. Avec ses 57 expositions et ses animations, cette seizième édition présentera ainsi au grand public des événements exceptionnels, dont l’objectif reste toujours de partager, dans cette Ville Lumière, berceau de la photographie, émotions, plaisirs et découvertes.

Jean-Luc Monterosso Directeur artistique du Mois de la Photo

Rodrigo Braga, Communion I, 2006 © Rodrigo Braga / Collection Maison Européenne de la Photographie, Paris

A l’occasion du Mois de la Photo 2010, la Maison européenne de la photographie présente une exposition consacrée à l’extrême, qui réunit une sélection de 200 oeuvres marquantes de sa collection. « Le pouvoir symbolique et allégorique de la photographie, aussi bien que son caractère documentaire, nous confrontent à la dimension extrême de la vie qui oscille entre le sublime et l’horreur. Pratique accessible à tous, la photographie nous aide à comprendre que les plus dures épreuves de douleur et de violence peuvent paradoxalement nous conduire vers une expérience existentielle ouvrant, telle une épiphanie, à la perception du sublime. «Autour de l’Extrême» renvoie à une des constantes de la création contemporaine qui tend à repousser inexorablement les limites, qu’elles soient sociales, politiques, esthétiques ou scientifiques.

A travers l’oeuvre de photographes internationalement reconnus comme Pierre Molinier, Mapplethorpe, Andres Serrano ou Joel-Peter Witkin, mais aussi à travers le regard de jeunes talents comme le brésilien Rodrigo Braga, ou Raphaël Dallaporta, l’exposition explore tous les territoires du visible, de la conquête de la lune aux conflits les plus récents, en passant par la recherche médicale ou les expérimentations autour du corps et de ses représentations.

Certains travaux sont présentés en série, comme par exemple celui réalisé par Valérie Belin sur les sosies de Michael Jackson, ou le reportage de 25/34 Photographes sur les punks et les skins des grandes villes européennes. D’autres ont été spécialement produits à cette occasion par Alain Volut, Claudia Jaguaribe, Pierre Notte… Tous cependant se répondent ou se confrontent.

Mais rendre visible la transgression, le dépassement, ou l’interdit, c’est paradoxalement les neutraliser et, au bout du compte, les rendre acceptables. Face à l’extra-ordinaire, la photographie a le pouvoir de banaliser le réel. Ainsi, ce qui est donné à voir dans ces images n’est le plus souvent que l’approche de l’extrême, cet «autour» qui le met à distance. Quand, en 1964, Jean-François Bauret réalise le premier nu masculin pour la publicité, l’image fait sensation. Aujourd’hui reléguée au rang d’icône, elle a perdu – de même que le portrait d’Yves Saint-Laurent réalisé par Jeanloup Sieff – son parfum de scandale.

Notre époque qui aime les excès en tout genre, la démesure, le moralement inadmissible, l’horreur, semble avoir épuisé toutes les ressources de l’émotion et du désir de voir. Rares sont les images, en effet, qui peuvent encore choquer. Dès lors, à travers la collection de la Maison Européenne de la Photographie qui illustre l’histoire de l’image fixe de la deuxième moitié du XXème siècle, défile non un spectacle du pire, mais une anthologie de l’extrême, une esthétique que seul le balancier de l’histoire pourrait, à un moment ou un autre, refigurer.»

Commissaires : Milton Guran et Jean-Luc Monterosso

“ En anglais, “extrême limite” se dit “point break”, ce qu’on pourrait traduire littéralement par “point de rupture”. Point au-delà duquel ça casse. Point audelà duquel tout basculerait dans son contraire : l’humain dans l’inhumain, le monde organisé dans le chaos. Comme si le diable nous attendait à l’extrémité de l’extrême. Et s’il en allait tout autrement ? Si nous n’étions hommes que de reculer sans cesse les limites de notre conception de l’humain ; que d’étendre en permanence le territoire qui circonscrit pour nous l’humanité ; que de conquérir des espaces physiques et symboliques encore inconcevables ?

La présente exposition nous invite à en faire l’hypothèse. (…) Mais pour reconfigurer les limites, il faut prendre le risque de la radicalité. Et c’est ce que font les photographies ici exposées. Cela ne signifie pas qu’elles recherchent la provocation gratuite, mais qu’elles luttent contre l’insignifiance consensuelle en proposant des ouvertures et des perspectives nouvelles sur l’altérité des êtres et sur l’ailleurs du monde.

Elles nous montrent des corps détruits par la drogue et le sida (Nan Goldin, Larry Clark), décharnés par les mortifications (David Nebreda), martyrisés par une quête mystique (Andres Serrano), mutilés par les accidents de la vie (George Dureau), fétichisés par un érotisme pervers (Claude Alexandre). Mais elles nous montrent aussi des corps glorieux, des corps musculeux construits par une pratique gymnaste poussée jusqu’à l’ascèse (Martial Cherrier, Robert Mapplethorpe, Helmut Newton), des corps mutants qui annoncent le corps augmenté de demain (ORLAN), des corps si parfaits que leur perfection marmoréenne les soustrait au temps et à la mort (Bill Brandt). Et la mort n’est-elle pas l’ultime limite ?”

Françoise Gaillard Extrait du catalogue de l’exposition

Helmut Newton, Sie kommen, Naked & Dressed, Paris, 1981 © Helmut Newton Estate / Collection Maison Européenne de la Photographie, Paris

Liste des photographes de l’exposition :

  • 25/34 Photographes
  • Ansel Adams
  • Claude Alexandre
  • Manuel Alvarez Bravo
  • Claudia Andujar
  • Diane Arbus
  • Neil Amstrong
  • Richard Avedon
  • Roger Ballen
  • Martine Barrat
  • Gabriele Basilico
  • Jean-François Bauret
  • Valérie Belin
  • Rosella Bellusci
  • Philip Blenkinsop
  • Rodrigo Braga
  • Bill Brandt
  • George Robert Caron
  • Henri Cartier-Bresson
  • Jean-Philippe Charbonnier
  • Martial Cherrier
  • Larry Clark
  • Raphaël Dallaporta
  • Bruce Davidson
  • Jean Depara
  • Raymond Depardon
  • Philip-Lorca diCorcia
  • Doctor T
  • George Dureau
  • Harold Edgerton
  • Gilles Ehrmann
  • Fouad Elkoury
  • Touhami Ennadre
  • Elliott Erwitt
  • Bernard Faucon
  • Alberto Ferreira
  • Giorgia Fiorio
  • Robert Frank
  • Mario Giacomelli
  • Ralph Gibson
  • Nan Goldin
  • Gotscho
  • Emmet Gowin
  • Seymour Jacobs
  • Claudia Jaguaribe
  • Michel Journiac
  • Jürgen Klauke
  • Les Krims
  • Oumar Ly
  • Robert Mapplethorpe
  • Don McCullin
  • Duane Michals
  • Pierre Molinier
  • Vik Muniz
  • Ikko Narahara
  • David Nebreda
  • Helmut Newton
  • Pierre Notte
  • ORLAN
  • Martin Parr
  • Irving Penn
  • Pierre & Gilles
  • Tony Ray-Jones
  • Rogerio Reis
  • Bettina Rheims
  • Marc Riboud
  • Miguel Rio Branco
  • Sebastiao Salgado
  • Andres Serrano
  • Cindy Sherman
  • Jeanloup Sieff
  • Christine Spengler
  • Hiroshi Sugimoto
  • Shomei Tomatsu
  • Pierre Verger
  • Alain Volut
  • Weegee
  • William Wegman
  • Edward Weston
  • Joel-Peter Witkin
  • Bernard-Pierre Wolff

Et du 10 novembre au 5 décembre 2010

  • - Rodolphe von Gombergh, “Trans-apparence” Voir et Ecouter l’interview cliquez ici
  • - Miguel Angel Rios, “Mécha”
  • - 16e Grand Prix Paris Match du reportage photographique

Le prix Paris Match du reportage photographique, créé en 1980 par Roger Thérond et Jean-Luc Monterosso, s’adresse à tous les professionnels français. Il est décerné tous les deux ans par un jury international, en présence d’Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match. Le lauréat reçoit le trophée du Grand Prix accompagné de 8 000 euros. Un prix pour saluer les grands reporters qui vivent l’actualité au plus près des événements, et rapportent des images essentielles de l’Histoire qui s’écrit au présent.

Les derniers lauréats :

  • 1980, Arnaud de Wildenberg : « Ouganda, la famine »
  • 1982, Gilles Ouaki : « France, l’attentat de la Rue des Rosiers »
  • 1984, François Lochon : « Iran / Irak, la guerre »
  • 1986, Alain Keller : « Ethiopie, déportation des Éthiopiens du nord
    vers le sud »
  • 1988, Chip Hires : « Bangladesh, inondation en septembre 1988 »
  • 1990, Jane Evelyn Atwood : « Perm, Urss 90, prisons de femmes »
  • 1992, Luc Delahaye : « Sarajevo, la guerre »
  • 1994, Luc Delahaye : « Rwanda, l’exode »
  • 1996, Laurent Van der Stockt : « Grozny »
  • 1998, Alexandra Boulat : « Kosovo »
  • 2000, Eric Bouvet : « Vie quotidienne à Grozny »
  • 2002, Pascal Rostain : « Les coulisses du G8 au Canada »
  • 2004, Olivier Jobard : « Le passage des clandestins »
  • 2006, Olivier Laban-Mattei : « La prise de la Sorbonne et manifs
    des étudiants à Paris, mai 2006 »
  • 2008, Frédéric Sautereau : « République Centrafricaine, conflit oublié »

Par ailleurs, le prix « Warwick Evasion » récompense le reportage photo synonyme d’évasion et de plaisir. Ce coup de coeur du jury met en avant les qualités créatives, artistiques et émotionnelles d’un nouveau talent. En 2008, Philippe Petit a été récompensé pour son reportage « Tuvalu et ses réfugiés climatiques ».

Découvrez le programme complet du mois de la Photographie en cliquant ici

la Maison Européenne de la Photographie

5/7 rue de Fourcy
75004 Paris
Tél. : 01 44 78 75 00
Le site de la Mep :www.mep-fr.org
Pont-Marie ou Saint-Paul

Lire aussi
Publicité

Laissez un commentaire

 
Les Univers ArtéMédia

ArtéMédia Accueil

A propos À propos

Team ArtéMédia : l'équipe

Photographie Besoin d’un Photographe ?

ArtéMédia ! La radio !

ArtéMédia Télévision

ArtéMédia production ArtéMédia Production

Akamusic ArtéMédia- Akamusic

ArteMédia-my-major-company

Les interviews sonores

Les Petites Annonces

L'Agenda ArtéMédia

artémédia/motion

La Radio

Les Ballades de L'Imaginaire

Les BA des Nouveaux Films

CGU


Fils Rss

Fils RSSRSS_FEED

Télécharger :

Télécharger sur ITunes


Sortir :

Invitations ArtéMédia

Sortir – cher avec lastminute

Billetterie


Contact :

Contact Information-Communiqué

  • Inscription

  •  

    Les Services ArtéMédia  artemedia motion Ouvrez votre compte artémédia/motion agenda artemedia Déposez ou lisez ici les Evèmements petites annonces artemedia Déposez ou lisez ici les Petites Annonces

    La Radio des Artistes

     

     

    Arquid
    Partenaires

    Facebook Twitter Soundcloud linkedin

     

    eXTReMe Tracker
    Soyons partenaire Vancouver Wedding Photography Preparedness lunettes de vue robot de piscine