Exposition
du jeudi 25 novembre 2010
au lundi 10 janvier 2011
Vernissage
jeudi 25 novembre (19h/22h) à la W
Etonnant, insolite, surréaliste… Michel Fraile, photographe, insatiable collectionneur, a toujours su saisir une face singulière de la vie. Avec la série photographique « Paris Sauvage », il créé encore une autre dimension. L’animal prend possession de Paris, donnant corps à une oeuvre fantastique, qui, audelà de s’apprécier pour elle-même, laisse entrevoir la portée poétique et philosophique du travail de l’artiste.
Michel Fraile aime : le Concorde, les jukes-boxes, les objets chinés ici et là. Des choses très différentes qui ont toutes en commun de captiver son regard à la fois tendre et plein d’humour et d’emporter son coeur avide d’inattendu.
Après avoir encapsulé les scènes de la vie quotidienne du bout du monde dans ce qu’elles peuvent avoir de plus extraordinaire, révélant alors une nature humaine sensible, fragile, parfois déroutante, Michel Fraile franchit avec « Paris Sauvage » une nouvelle étape dans son parcours de photographe. Si c’est bien toujours le goût de l’inattendu qui anime son travail, il ne capte désormais plus des scènes préexistantes mais des scènes qu’il met en scène au coeur de Paris. Et quelles scènes ! Un zèbre parmi les colonnes de Buren, un ours polaire déambulant devant le Moulin Rouge, un tigre guettant devant la Tour Eiffel…
Chaque cliché, échappée surréaliste dans un Paris devenu savane, emporte le spectateur dans un jeu de piste onirique plus vrai que nature. Dans ce conte urbain fascinant par son univers aussi bien fantastique qu’esthétique, l’invitation au voyage est multiple : celui des yeux, celui de la pensée, d’une pensée plurielle qui nous conduit sur le chemin de l’imagination et de la réflexion. Tout d’abord, l’esprit vagabonde librement dans cet ailleurs, dans ce nouvel espace ainsi créé. Et puis, au-delà, naissent les questions. L’animal qui a supplanté l’homme évoque les débats sur la liberté, la place de l’homme, celle des animaux… Tandis que l’intrusion de la brousse à Paris renvoie à l’avenir de la planète, au réchauffement climatique. Pas de vision chaotique pour autant, simplement un « scénario futuriste » comme le nomme son auteur qui appelle à l’imagination de tous et où l’homme occupe alors un rôle primordial.
Dans la préface de son livre « Paris Sauvage », Michel Fraile s’exprime ainsi : « Ces animaux sont-ils moins à leur place que les humains ? L’homme est le dernier singe arrivé, et il sera certainement l’un des premiers à repartir… On peut, en effet, se poser la question de la légitimité de notre territoire. Rien d’apocalyptique dans tout cela. Nous savons que, si l’homme est sans doute l’animal le plus dangereux de la planète, le plus dangereux pour la planète, il est aussi, paradoxalement, le seul à pouvoir alimenter le rêve, projeter et faire évoluer l’errance urbaine tout au long de ce roman-photo d’un genre nouveau. » *
* Michel Fraile, Préface Paris Sauvage
Le point de départ de cette belle aventure animalière : un lion fièrement captif exposé dans une vitrine : un intrus… pourtant tellement à sa place. L’idée a fait son chemin. L’ours polaire, le zèbre, le tigre, le crocodile, le guépard et bien d’autres encore ont pris Paris pour territoire et investi les hauts lieux de la capitale. Grâce à eux, Paris est devenu le théâtre d’une balade surréaliste, fable urbaine et invitation au rêve. Michel Fraile a réalisé toutes ces photographies sans photomontage. Son travail a été instinctif, rapide, les poses photographiques longues, mais les instants sur les lieux brefs, pas plus de quelques minutes à chaque endroit. L’utilisation quasiment exclusive des seules lumières ambiantes, même de nuit, a rendu la prise de vue parfois difficile, mais elle confère aux images un naturel très… animal. Textes rédigés en français et en anglais.
PARIS SAUVAGE
Commentaires de Willy Ronis, Yann Arthus Bertrand, David Lynch, Mireille Darc…
Bio :
Michel Fraile est un passionné. Son éclectique parcours fait de lui un personnage aux multiples facettes. Difficile de cerner tout à fait ce baroudeur de la vie car il faut se lever tôt et se coucher tard pour le suivre : insatiable, il voyage aussi bien dans l’espace que dans le temps. Danseur contemporain, il enseigne l’éducation physique. Chineur invétéré, il ouvre une boutique à Paris, où ses étonnantes collections prennent vie : juke-boxes, objets insolites, art publicitaire, tout ce qui accroche son oeil et retient son attention…
De ses passions il fera aussi des livres : « Jukebox – Sons et lumières » sortira aux Editions Ouest France ainsi que « Air France – Objets du ciel ». Son objectif se fixera ensuite sur l’univers aéronautique, et les trois livres qui paraîtront aux Editions du Chêne le consacreront ainsi « photographe aéro » : « Concorde », puis « A380 » et enfin, récemment, « Boeing 747 ».
Car, dans le parcours de Michel Fraile, la photographie a toujours été en trame… Son regard partout se pose, parfois avec humour, toujours avec tendresse. Son doigt déclenche là ou son coeur le guide. Au fil de ses humeurs, il élabore ainsi l’image d’une nature humaine qui parfois bouscule nos schémas… Avec « Paris Sauvage », son travail photographique prend aujourd’hui une autre dimension. La capitale devient son théâtre, il y met en scène ces drôles d’intrus… Un surréalisme urbain où il joue la carte du décalage, du fantastique, de l’écologique.
Ce travail a été instinctif, rapide, les poses photographiques longues, mais les instants sur les lieux brefs, pas plus de quelques minutes à chaque endroit. L’utilisation des seules lumières naturelles, même de nuit, a rendu le shooting parfois difficile, mais elle confère aux images un naturel… animal, en pleine culture des hommes.
Galerie W Eric Landau
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