Au commencement était le noir… Comme une arrogance au soleil.
Du 09 décembre 2010 au 15 janvier 2011
Ainsi commence la biographie artistique de Pierre Fava, un cas unique en matière d’art contemporain… Né à Toulon, il ne se destinait pas à la peinture. Pourtant cet art couvait en cet esthète meurtri de la vie comme la pâte noire sous la brosse dure. C’est à 23 ans que ce créateur en latence découvre ses premiers tubes avec une gourmandise de couleurs. Comme ça… Pour voir ! « C’est une expo au Frac d’Ivry qui me fait entrer dans le noir ! » lance-t-il avec bonheur. Alors s’imposent impulsivement le noir et le rouge à sang pour sang. Il est d’usage quand on est en face de cet artiste atypique de le comparer à Soulages. Facilité réductrice du regard hâtif car Fava se libère des codes et des rigidités. Le voilà aujourd’hui projeté dans le gotha des collectionneurs, des amateurs… et des courtisans. Extraordinaire parcours balisé par des expositions dans les galeries les plus prestigieuses de New-York, Marseille, Alger, Sofia, Belgrade.
Pierre FAVA
Né à Toulon de famille corse en 1979, son enfance est particulièrement difficile. Il ne verra qu’épisodiquement son père et sa garde sera retirée à sa mère pour maltraitance. Ses études sont inexistantes et très rapidement il fuit un milieu familial et social insuffisamment structurant. Doué de capacité d’intégration étonnante c’est au hasard de rencontres qu’il développera ses facultés intellectuelles, construira sa personnalité et s’initiera à la peinture. Très vite il constate qu’il éprouve de réelles difficultés à dessiner, à maîtriser l’expression d’une forme et se sent beaucoup plus à son aise quand il s’agit de traiter directement avec la matière. Son autodidaxie a pour conséquence inattendue d’en faire un tenant spontané d’artistes majeurs, alors qu’il n’en prend conscience que plus tard, généralement à la faveur d’une analogie évoquée par un tiers. C’est ainsi qu’on pourra lui découvrir une filiation avec Pierre Soulages ou les expressionnistes abstraits américains. Dans un premier temps Pierre Fava n’a travaillé que le noir. Par fascination pour cette couleur et probablement aussi pour la symbolique qu’elle induit, proche se son état d’esprit d’alors. Et si ses œuvres récentes font meilleure part à la couleur, le noir n’en est pas pour autant totalement absent. Leurs luminosités et leurs éclats si particuliers tiennent paradoxalement au fait que sous la couche colorée réside une première impression noire. Pierre Fava travaille la couleur en épaisseur. On peut y suivre l’empreinte de la brosse, de la spatule ou du peigne, la trace de l’énergie qu’il a fallu déployer pour faire naître l’oeuvre, l’enregistrement du combat entre l’homme et la matière. Par un autre aspect, plus apaisé, de son travail l’artiste peut être rapproché de Barnett Newman et de ses « zip ». Il réserve en effet des fractions du support à l’aide de bandes de papier adhésif avant d’y appliquer ses couleurs. La brosse est alors passée de manière à repousser plus ou moins profondément ces masques pour inscrire des formes aux bords incertains. Des bords qui ménagent ainsi des ouvertures à la toile et permettent à l’œil de s’y enfoncer, de pénétrer dans son paysage. Qu’il présente la face apaisée de sa personnalité ou bien des dispositions plus agressives, Pierre Fava fait toujours montre d’un véritable tempérament et d’une force convaincante.
Pierre Fava « Le phénomène du noir » Reportage LCI
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Galerie Franck Picon
13 rue de thorigny
75003 PARIS
Tél : 06 50 24 68 34
http://www.galeriefrankpicon.fr/
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