Depuis 6 ans maintenant, le festival BBMIX réveille la ville de Boulogne-Billancourt. Durant trois jours, ce festival aux sonorités éclectiques se déroule dans la salle à taille humaine du Carré Bellefeuille. Lors de ces trois soirées, ArtéMédia s’est régalé.
Premier Jour :
Too Young To Die
Le festival débute avec, les jeunes fous enjoués de Too Young To Die. Les lauréats du tremplin Go West doivent certainement prendre de la dynamite au petit-déjeuner.
Les boulonnais qui ont à peu près le même âge que le festival BBMIX, déclame une musique fraiche et entrainante. Un Ska Punk bien rodé, agrémenté d’une section cuivre qui ajoute agréablement sa pierre à cet édifice sautillant.
Bobby Conn
Le déjanté sympathiquement halluciné, Bobby Conn, accompagné de ses acolytes arrive sur scène en treillis. Le registre est nettement Punk Rock, du moins au début, mais les choses évoluent tellement avec ce personnage et son groupe, qu’il devient vraiment impossible de le figer dans une catégorie musicale.
Bonaparte
L’attraction visuelle de la soirée, notamment par la débauche de déguisements sera Bonaparte. Un show enlevé et bien pesé d’une troupe musicale mêlant danseurs et musiciens se croisent sur scène. Un mélange de Punk roboratif et de cirque provocateur.
Ça surprend, ça interpelle, c’est drôle, parfois légèrement osé. Le public émoustillé se met devant la scène pour ne rien rater du spectacle délirant.
La musique passe malheureusement au second plan devant cette décadence visuelle. C’est peut-être un peu trop chargé visuellement, cela mériterait certainement un show plus long. Mais cela ne peut laisser indifférent.
The Warlocks
Fin de spectacle intimiste sur un tempo lancinant et inquiétant.
Bobby Hecksher, l’homme au cheveux noir de jais et la voix d’outre-tombe, accompagné de ses comparses, nous envoie ses rythmiques intensément psycho-dramatiques pour la fin de soirée, une bonne cold wave légèrement décalée dans la programmation de la soirée.
Deuxième Jour :
The BERNIZ
Une jeune pousse parisienne qui ne semble pas encore totalement rodée, bien que leurs mélodies soient sympas.
Leur musique est un tel mélange de style qu’il devient difficile de les classer (mais faut-il absolument classer un groupe ?).
L’ambiance est franchement à la bonne humeur, et cela se ressent dans le public.
A la fin du set, devant l’engouement général, une distribution gratuite à la volée du CD est faite dans le public. Sympa non ?
The Notes
Un guitariste, une chanteuse statique, un bassiste planqué dans le noir. Je me demande si le public a été emballé par la prestation de ce groupe et notamment de la chanteuse qui semblait être pétrifiée.
Young Michelin
Plus motivé que les précédents, Young Michelin, les gagnants du CQFD 2010 nous sortent de la torpeur dans laquelle nous avaient plongés leurs prédécesseurs.
Pas de fioritures, c’est emballé, pesé, énergique et percutant. Ça claque juste comme il faut, et en français s’il vous plait.
Radio Dept
Une pop synthétique très mélodieuse. C’est planant à souhait le tout dans une atmosphère lumineuse intimiste et minimaliste. Les suédois savent y faire, et mériteraient un set plus long.
The Raincoats
Les mamies punk sont normalement trois sur scènes. Malheureusement Ana la guitariste s’étant blessée aux répétitions, le groupe se limitera donc à jouer en duo.
Des bouilles rigolotes, un combo réduit, ces dames du post-punk anglais, feront ce qu’elles peuvent et réussissent à assurer ce sympathique set légèrement décalé.
Troisième Jour :
Edgar Pilot
Bonnes sonorités, bon tempo, ça bouge bien, ça c’est du rock !
Le début de soirée est prometteur et mérite le déplacement. Il semble évident qu’il faudra compter avec Edgar Pilot dans les années à venir.
James Blackshaw
Assis sur une chaise avec une guitare à douze cordes, James Blackshaw, nous emporte dans son intimité folk mélodique. C’est propre et techniquement parfait mais juste après Edgar Pilot et juste avant les Swans. C’est juste …décalé.
Swans
« Wow » pourrait-on dire. Et à juste titre d’ailleurs ! Les Swans, arrivent les uns après les autres sur scène et déclenchent un long larsen « musical » en attendant l’arrivée de leur leader. L’intensité sonore est excessivement puissante.
Michaël Gira arrive sur scène, jauge le public, empoigne sa guitare et tel un chef d’orchestre dirige ses musiciens avant de commencer à chanter.
Un set fort et habité sur fond de musique rock noisy.
Le BBMIX 2010 est terminé, trois jours de musique avec quelques pépites et quelques raretés. Un grand Merci à la sympathique Virginie Pargny d’avoir invité ArtéMédia.
Texte et Photos : Pierre-Yves CHEGUILLAUME
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