Festival Mondial des Arts Nègres0 Commentaires

Par rédaction
Posté le 06 déc 2010 à 8:05

3ème édition du Festival Mondial des Arts Nègres

Du 10 au 31 décembre à Dakar (Sénégal)

Trente-trois ans après sa dernière édition, le Festival Mondial des Arts Nègres est de nouveau présent à Dakar. L’objectif de cette année :  célébrer la diversité des cultures noires. Pluridisciplinaire, cette troisième édition célébrera, à travers la fête et  de nombreuses manifestations, la vie artistiques des artistes noirs, dans des domaines comme la danse, l’artisanat, le cinéma, la musique, le sport, la gastronomie ou la littérature, mais aussi dans des formes de création contemporaines comme le design, les cultures urbaines, la mode ou les arts visuels. L’invité d’honneur cette année sera le Brésil.

L’Art Nègre

L’Art Nègre sera mis à l’honneur dans un musée entièrement renouvelé. Les oeuvres d’art africain, qui seront présentées au Festival Mondial des Arts Nègres, proviennent de musées et de collections privées, d’Afrique et du reste du monde. Elles témoigneront du génie créatif des humbles forgerons sculpteurs qui ont produit tant de chefs d’oeuvres, en même temps qu’elles permettront d’appréhender la diversité et la richesse des cultures traditionnelles du Continent Noir.

Masques ou statues, objets de cérémonie ou objets du quotidien, parures ou insignes de pouvoir, ce sont les témoins d’un long passé, riche d’histoire et de traditions, que vous pourrez découvrir au musée Théodore Monod à Dakar. En Afrique, où tout ce qui doit être efficace a besoin d’être beau, le souci de ressemblance a laissé place à la recherche de l’émotion. Absence d’alphabet ne signifie pas absence d’écriture : à travers des codes esthétiques où toute forme est message, la sculpture africaine est à la fois écriture et verbe. Elle n’a pas besoin d’avoir un sens, c’est de l’émotion qui s’adresse directement à l’esprit.

Situé au confluent du génie et de la sagesse, ce langage esthétique partagé par tout un continent depuis la nuit des temps est devenu aujourd’hui un langage universel. Un langage qui a fécondé la création plastique de l’Occident depuis le début du XXe siècle, et qui ne cesse encore aujourd’hui de nous émerveiller.

Les Arts Visuels

Modernités & Résistances / Aux Souffles du Monde Traversés et fécondés par l’Histoire, les artistes plasticiens d’ascendance africaine: peintres, sculpteurs, photographes, graphistes ou designers puisent aux gisements esthétiques du continent et nous adressent des propositions artistiques déployées sur plus d’un demi-siècle et trois continents, fruits de leurs expériences d’hommes et de femmes ancrés ou déplacés.

Toutes, tous portent en eux/elles cette matrice africaine: berceau et vécu, héritage reconquis ou déconstruit, privation ou profusion résistante, tradition et novation refondues, modernité inédite, chemin secret, voyage rêvé, combat têtu ou continent déchirant.

Des morceaux d’Afrique épars, sitôt recombinés ici et ailleurs, dans les ferments d’une mondialisation avant l’heure? En effet, car l’Afrique est partout depuis le XVIe siècle, sans l’avoir choisie: au-dedans comme au-dehors du continent, en Europe comme en Amérique. Et depuis la traite, depuis la conquête coloniale, elle essaime dans nos têtes et nos jambes, nos musiques, nos étoffes, nos mets, coiffes ou bijoux, les masques et l’art moderne, nos parlers, nos images et nos danses. L’Afrique loge aussi dans les coeurs de ceux qui durent la quitter, de gré ou de force, pour trimer, survivre ou guerroyer, et dans l’âme de leurs enfants encore, ici ou là-bas.

L’exposition internationale “Modernités & Résistances / Aux Souffles du Monde” s’inscrit au coeur de cette matrice africaine -influente et inspirée- et dans un espace culturel qui transcende une géographie simplement continentale: près de quatre générations de créateurs défrichent et ensemencent leur époque et la nôtre. Comme leur production artistique, leurs vocabulaires polychromes, leurs gestes et leur labeur, cette sélection est grande ouverte ‘aux souffles du monde’, frontières et stéréotypes abolis, dans son tempo historique (des précurseurs aux jeunes créateurs), ses errances syncopées, ses métissages, ses courants, ses emprunts ou ses cadeaux.

La sélection internationale, nécessairement resserrée, aimerait tendre à une ample exhaustivité et au bilan impossible. Plus modestement, elle tentera de viser à la cohérence et à la pertinence de propositions artistiques d’excellence, la fine fleur des générations successives, un frêle équilibre des genres (hommes/femmes), le feu d’artifice et la diversité des techniques (peinture, sculpture, installation, dessins, nouvelles images…) Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Afrique de l’Est, Afrique australe, Afrique du Nord, Diasporas Africaines, Océan Indien, sept aires culturelles y sont incarnées par les artistes les plus représentatifs, les plus puissants et les plus productifs, offrant ainsi l’éventail le plus large.

Une mémoire sensible, d’âpres lucidités, des idiomes imaginaires et des solutions plastiques toutes neuves: une approche simple, exigeante, attentive, un dialogue perpétuel qui éveille et constate ses propres métamorphoses, au coeur du monde.

“Mais ils s’abandonnent, saisis, à l’essence
de toute chose, ignorants des surfaces… /
poreux à tous les souffles du monde, aire
fraternelle de tous les souffles du monde /
lit sans drain de toutes les eaux du monde/
étincelle du feu sacré du monde/ chair de
la chair du monde palpitant du mouvement
même du monde”.

Aimé Césaire dans Cahier d’un Retour au
Pays natal.

L’Artisanat d’Art

L’artisanat d’art, un domaine culturel englobant s’il en est, ne peut échapper à la dimension internationale du Festival Mondial des Arts Nègres 2010. La manifestation tient là une occasion d’articuler l’économique au culturel.

L’objectif est de rendre visible et donc de valoriser les métiers d’artisanat, pour l’essentiel inspirés de sociétés traditionnelles et de pratiques millénaires dans certains cas. Comme partie de la culture, l’artisanat d’art tient d’abord d’un exotisme qui fait que le continent africain continue d’être présenté comme une terre de découvertes, de mystères et de rencontres fondamentales. Il y a ensuite qu’il relève du tourisme et de la culture tout à la fois, et prolonge l’activité culturelle en informant l’économie, y compris dans les prétentions hégémoniques de cette dernière, caractéristiques des temps modernes.

L’artisanat d’art impose comme cela des styles dans l’air du temps, décide de ce qui est ‘’in’’, ‘’fun’’ ou simplement démodé. Il participe ce faisant à la marche du monde, en renouvelant les habitudes de vivre, l’architecture, les décorations d’intérieur, les codes vestimentaires, et donne même à la mode ses tendances et l’originalité qui peut lui faire défaut parfois.

De la vannerie aux perles et coquillages, en passant par la céramique, le mobilier, le textile, la broderie, les bijoux, etc : autant d’objets fétichisés par la modernité de la mode qui témoignent d’un savoir-faire d’artisans, de castes et corps de métiers des peuples noirs.

Impénétrable par endroits aux progrès, le continent alimente paradoxalement la modernité des choses par le biais d’un artisanat d’art au service de la création, au besoin en donnant un second souffle à des objets et figures d’art réinterprétés, réadaptés à l’usage et à la mode.

L’éternité de l’Afrique, la prégnance de sa culture, la viabilité de ses traditions s’expriment, plus qu’ailleurs dans ces productions de l’artisanat d’art – en pièces uniques ou production limitée – qui suscitent un engouement de plus en plus prononcé des étrangers, d’hommes de culture et de connaisseurs. Sous ce rapport, le Festival ambitionne de rendre compte de cette tendance lourde pérennisée de l’est à l’ouest, du nord au sud du continent, à travers le raffinement d’objets de prestige venus d’officines dont la patience des tenanciers n’a d’égale que la qualité de l’exécution.

Le Cinéma

L’Afrique du cinéma et les films de sa diaspora ne sont pas en marge du cinéma mondial. Ils contribuent à la diversité des approches, au renouvellement du langage, des thèmes et proposent une esthétique différente. Ils ont fortement modifié le regard porté sur le continent par les premiers faiseurs d’images, plus préoccupés par l’exotisme que par la réalité des choses.

En fêtant le centenaire du cinéma en 1995, la Fédération Panafricaine des cinéastes (Fepaci), dans un livre intitulé « L’Afrique et le centenaire du cinéma » édité par Présence Africaine, avait évalué le chemin parcouru : de l’émancipation aux perspectives nouvelles.

Quinze ans après, voici que se présente à nous le Festival Mondial des Arts Nègres 2010, qui offrira au monde les richesses que recèlent L’Afrique du cinéma et les films de sa diaspora. La palette des films qui figureront dans la programmation donnera une claire idée des esthétiques mises en jeu, des préoccupations de nos cinéastes et des intelligences narratives qui ouvrent la porte à un autre cinéma, puisqu’après tout, il s’agit pour l’Afrique et sa diaspora d’affirmer la place qui leur revient. Le programme cinéma du Festival Mondial des Arts Nègres se veut éclectique dans ses choix sans dénier aux films qui ne seront pas retenus la richesse qu’ils portent en eux.

Génération Urbaine

Le Festival Mondial des Arts Nègres en 2010 s’ouvre à la génération urbaine en lui offrant une extraordinaire plateforme d’expression. C’est une jeunesse consciente qui s’approprie ce festival et les enjeux liés à la Renaissance africaine. La jeunesse d’Afrique et de la diaspora africaine évolue au rythme du monde : elle est autant sensible aux percussions de Doudou Ndiaye Rose qu’aux réseaux sociaux tels Facebook. Elle est consciente qu’elle n’est pas atteinte d’une quelconque malédiction mais qu’elle doit offrir au monde son plus beau visage.

Ce visage sera celui de l’Afrique qui chante, qui danse, qui rit, et qui dit : « je suis riche, je suis belle, je suis forte… Je suis talent, émotion et science… ». La génération urbaine s’exprime selon ses propres codes qu’il faut apprendre à décrypter : hip-hop, rap, break dance, tags, Dj-ing, zouglou, reggae, kwaito, raï, etc

Le Festival Mondial des Arts Nègres offre à la génération urbaine quelques réponses essentielles, lui redonne des repères et magnifie ses héros. Il nous donne des références afin de mieux nous projeter dans le millenium de l‘Afrique Unifiée. L’Afrique nouvelle crée, entreprend, voyage, s’inspire; elle s’abreuve à la source de la mondialisation et tropicalise toutes ses trouvailles. Le rappeur sénégalais ne se définit plus par rapport à ses homologues américains mais exhibe fièrement sa déclinaison sénégalaise de cette musique désormais universelle.

La génération urbaine, d’où qu’elle provienne, a ce même désir ardent d’unité, elle le clame dans ses chansons. Les réalisations sont nombreuses qui attestent de ce dynamisme culturel, les projets d’intégration fusent de partout. Le Festival Mondial des Arts Nègres 2010 sera donc la plate-forme idéale pour l’éclosion des plus belles collaborations entre artistes de l’Afrique et de la diaspora. Le Festival célèbrera la plus belle oeuvre collective réalisée lors de ce moment historique.

La Danse

Afrique sont riches, foisonnantes, complexes, dynamiques. Cette diversité des danses africaines, qu’elle soit rituelle, festive, religieuse, ou contemporaine, qu’elle vienne de différentes régions de l’Afrique ou de la Diaspora, sera reflétée dans la programmation du Festival. Celle-ci fera la part belle aux différents courants et esthétiques de la chorégraphie noire, qui ne cessent de démontrer leur capacité à s’inventer et à se réinventer.

En se répandant sur tous les continents, les danses d’Afrique, se sont fusionnées, mélangées à d’autres cultures, à d’autres danses. Ces formes hybrides ou syncrétiques ne sont pas uniquement dues à l’esclavage (le passé) ou à l’immigration (le présent) mais aussi à l’intérêt que ces danses ont suscité chez les artistes de tous horizons. Des nouvelles formes ont émergé ailleurs, des danses des Caraïbes, en passant par les Amériques avec les danses noires d’Alvin Ailey, de Katherine Dunham, de Pearl Primus, jusqu’aux formes urbaines actuelles telles que la danse hip hop, – breakdance et danse debout. Sur le continent africain, ces danses influencées en partie par les danses africaines, Afrique sont riches, foisonnantes, complexes, dynamiques. Cette diversité des danses africaines, qu’elle soit rituelle, festive, religieuse, ou contemporaine, qu’elle vienne de différentes régions de l’Afrique ou de la Diaspora, sera reflétée dans la programmation du Festival. Celle-ci fera la part belle aux différents courants et esthétiques de la chorégraphie noire, qui ne cessent de démontrer leur capacité à s’inventer et à se réinventer.

En se répandant sur tous les continents, les danses d’Afrique, se sont fusionnées, mélangées à d’autres cultures, à d’autres danses. Ces formes hybrides ou syncrétiques ne sont pas uniquement dues à l’esclavage (le passé) ou à l’immigration (le présent) mais aussi à l’intérêt que ces danses ont suscité chez les artistes de tous horizons. Des nouvelles formes ont émergé ailleurs, des danses des Caraïbes, en passant par les Amériques avec les danses noires d’Alvin Ailey, de Katherine Dunham, de Pearl Primus, jusqu’aux formes urbaines actuelles telles que la danse hip hop, – breakdance et danse debout. Sur le continent africain, ces danses influencées en partie par les danses africaines,reviennent modifiées pour être réadaptées par la jeune génération de danseurs et chorégraphes africains. Contribuant ainsi à un aller/retour inédit et inattendu. De nouvelles danses urbaines et sociales naissent régulièrement sous la houlette d’artistes musiciens locaux (mbalax, coupé décalé, dombolo, etc.). Sur les cinq continents, amateurs comme professionnels se sont pris de passion pour ces formes chorégraphiques africaines.

La danse africaine contemporaine bouleverse le paysage mondial de la danse, dépassant le regard parfois dévalorisant et condescendant du passé, pour trouver sa place au sein du monde et dessiner un avenir plus radieux et plus optimiste.

La Danse, langage sans mots, dépasse les frontières de la sémantique pour toucher le coeur des hommes et atteindre cette dimension universelle de l’émotion que tous les êtres humains ont en commun. Les danses traditionnelles ou contemporaines d’Afrique et des diasporas, au-delà des discours, portent le génie de la créativité noire : elles touchent, émeuvent, transportent les peuples du monde et participent à la civilisation de l’universel si chère à Léopold Sédar Senghor. Le Festival Mondial des Arts Nègres verra des danses singulières, mais aussi des chorégraphes et des danseurs talentueux qui se rencontreront, échangeront, partageront savoirs et connaissance. Il suscitera des envies, des désirs de collaboration, de croisement entre artistes de divers horizons et disciplines. Avec des conférences, ateliers, discussions publiques, il ira à la rencontre du public, expliquera, démontrera et partagera l’intimité de la création. Il se veut être cet espace où l’improbable se passera, où l’émerveillement sera quotidien, et où public et artistes communieront ensemble dans cette grande messe de la Danse, des Arts et de l’Union des Hommes, pour affirmer tout simplement leur Humanité.

Le Design

La programmation a pour ambition de mettre en avant le design d’Afrique et de la diaspora à travers une sélection (non exhaustive) de designers créatifs, qu’ils soient reconnus, en devenir, ou même anonymes.

Designers ayant une démarche juste, de nouveauté, quelles que soient les techniques et les matériaux employés, de la conception assistée par ordinateur au travail de la main sur des matériaux dits pauvres. Le principal est la justesse de l’objet, qu’elle soit dans sa fonction, sa légèreté ou même sa joie. Un fauteuil de designer aux lignes et matériaux très contemporains peut répondre à un fauteuil d’artisan-soudeur aux lignes élégantes et matériaux bruts. Un meuble de designer en tôle aux lignes parfaitement maîtrisées peut répondre à un portail d’artisan-soudeur aux lignes fragiles et au charme certain.

La sélection a pris le parti de présenter aussi bien des oeuvres signées que celles d’anonymes : bien que n’étant pas signées, les oeuvres d’anonymes sont empreintes d’une réelle créativité et répondent aux critères principaux du design: le bon, l’utile, le beau, dans un contexte socio-économique et culturel. Quiconque a déambulé dans une capitale africaine connaît l’inventivité et l’effervescence créative de la rue africaine. Le Festival sera l’occasion de montrer la création d’aujourd’hui, un « art nègre » vivant et foisonnant.

La Littérature

Le Festival Mondial des Arts Nègres comprend un volet consacré au Livre. Le thème de la Renaissance africaine qui gouverne cette troisième édition trouve une actualité et une pertinence dans beaucoup d’ouvrages embrassant divers horizons de la pensée.

Dans le domaine scientifique, ce thème peut être trouvé dans les travaux des chercheurs en Histoire, en Anthropologie, en Linguistique, voire en Mathématiques ou en Droit. Une abondante moisson de ces textes gît dans les bibliothèques, les maisons d’édition, les centres de recherches et les manuscrits non édités.

Ce thème connaît également un fort développement dans les courants littéraires et en Philosophie. A la question centrale de l’existence d’une véritable Philosophie africaine, répond dans le champ littéraire l’exploration de formes de dires qui côtoient de très près la pensée, le rythme et la sensibilité des Africains et des diasporas africaines. Dans des contextes marqués par une forte oralité, l’écrit a su trouver sa place et les conditions de son expansion. C’est à ce prix que nous restons audibles dans le monde d’aujourd’hui. Il nous faut aujourd’hui penser l’écrit africain face et dans les nouvelles technologies qui s’offrent comme opportunité et comme menaces.

La programmation Littérature du Festival a l’ambition de rassembler un maximum d’ouvrages sur ces questions liées à l’identité, mais aussi à l’évolution de l’homme africain et de la diaspora. Il ne s’agit ni de démontrer ni de faire le point sur ce qu’est l’homme noir. Cette question appartient désormais au passé. Il s’agit bien plutôt d’évaluer l’évolution de notre vision du monde. Il s’agit moins de repère que de mesure. La question qui nous hantera a trait au remembrement d’un réseau scientifique et subjectif sur la place de l’Afrique dans le monde d’aujourd’hui. Le projet est prospectif parce que le rassemblement devra aboutir à des stratégies essentielles de défense et de promotion de notre patrimoine imaginaire et de notre aptitude à créer les conditions de notre propre épanouissement.

La Mode

Le Festival Mondial des Arts Nègres se présente comme une tribune d’expression inespérée pour une mode d’Afrique et de la Diaspora de plus en plus dynamique ces dernières années, tirant parti de l’inspiration que le continent a suscitée à travers le monde et les podiums qui ont donné âme, sinon vie, aux nombreuses collections de maîtres de ce domaine.

La présentation de la diversité de la création de l’Afrique noire et de la diaspora à l’occasion de cette manifestation d’envergure se présente donc comme un juste retour des choses pour un continent qui a toujours servi la mode d’une façon ou d’une autre, à travers ses fils et filles.

Créateurs et mannequins, ils sont quelques-uns parmi les représentants d’une mode africaine tout à la fois imposée et offerte au monde, en hommage à la beauté africaine, au génie créateur d’un continent source éternelle de créativité et d’inspiration.

Il y a Yves Saint Laurent qui n’a jamais songé à la moindre collection sans la présence d’une de ses égéries noires, top models talismans qui ont fait sa notoriété ainsi que sa formidable réussite dans un monde de vanités.

Il n’est pour cela que d’évoquer les nombreux festivals, la diversité des styles et des acteurs pour dessiner la réalité d’un continent qui se présente de plus en plus comme solution à une mode qui ne change que pour chercher l’originalité, la divinité dans l’inspiration. La mode, ses changements d’orientation, ses podiums illuminés à faire perdre avec la tête la raison, trouve sens et raison d’être dans la diversité des créations et inspirations d’un continent devenu refuge de la création, sinon place forte.

Pour sauver la mode et la relancer tout à la fois. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, le continent peut faire valoir styles et créations d’une variété telle qu’ils répondent également de son histoire, de ses cultures, des mystères supposés ou réels ainsi que de fantasmes d’un continent qui interpelle et étonne simplement parce qu’il est plus méconnu que réellement connu, plus visité que pratiqué, plus utilisé et plus délaissé qu’un autre.

De la création nord-africaine, inspirée d’un Orient envié dans son raffinement et son savoir-faire, aux styles d’une Afrique subsaharienne dont la diversité de traditions et de coutumes autorise toutes les promesses, le Festival aura à coeur de présenter un tableau complet.

S’y ajoute que la diaspora africaine, dont la création s’inspire en partie du rêve d’Afrique et de la traduction de désirs suscités par le continent, pourra aisément y retrouver sa place. A côté par exemple du bogolan malien, qui a fait recette, charmé et conquis, et du pagne tissé, qui n’en finit pas de séduire au point de laisser penser qu’il est indémodable.

La Musique

Le programme Musique du Festival a pour double ambition de témoigner du riche legs des musiques noires et de rendre compte de leur vigoureuse vitalité.

Parmi l’inévitable diversité des textures musicales que les pays africains invités vont présenter, figureront en bonne place les forts courants du continent qui ont enrichi de manière indéniable les esthétiques musicales contemporaines : les choeurs sud-africains, les musiques noires de la vallée du Nil et du Maghreb, la rumba congolaise, l’Afro Beat, les Musiques Mandingues, la Pop sénégalaise, le Makossa, la musique Capverdienne, le Coupé Décalé.

Les musiques d’Afrique ont noué à travers la diaspora des mariages d’amour avec d’autres idiomes. De ces rencontres sur fond de souffrances inouïes sont pourtant nées, en réponse à un irrésistible appel à la vie, des musiques extraordinaires : le blues, le jazz et leurs lointains dérivés, la salsa, le reggae, le zouk, la samba, la bossa, pour n’en citer que certaines. Des figures représentatives de tous ces triomphes de la vie contre les turpitudes de l’histoire seront présentes.

L’inventivité des musiques noires a conquis le coeur de tous les grands musiciens du monde. Aussi, des figures artistiques d’Europe et d’Asie atteintes par cette grâce seront accueillies dans la plus grande hospitalité. Leurs musiques diront, mieux que tout discours, en quoi la capacité universelle de tous les peuples à l’art est indifférente au pigment, à la géographie et à l’infinie bigarrure des moeurs. La dimension muséographique de ce rassemblement extraordinaire sera assumée par le Centre des Musiques Noires. Des conférences viendront en relais pour dénouer le fil pas toujours visible des liens qui organisent l’interpénétration de toutes les musiques et mettront en exergue la contribution des musiques noires.

Des croisements artistiques seront encouragés et suscités. Les manifestations adresseront un message d’humanité à tous, dans la solide conviction que tout public moderne est hétérogène et non communautaire.

Et puis… qui sait ? Le Festival sera aussi une opportunité pour de nouvelles révélations, pour de nouvelles collaborations d’où résulteront certainement des alchimies insoupçonnées. Autant de raisons d’aspirer à l’insigne privilège de pouvoir dire un jour : « J’y étais !!! ».

La Photographie

Dans les cultures visuelles africaines, la photographie est depuis plus d’un siècle une composante artistique importante, d’un dynamisme remarquable et d’une créativité sophistiquée. Durant les deux dernières décennies, ce support est devenu un outil vital et une source d’imagerie pour beaucoup d’artistes d’Afrique et de la Diaspora. Alors que la génération des photographes des années 50 ou 60 privilégiait la photographie de portrait ou l’image documentaire, les années 90 voient émerger une nouvelle photographie à la fois analytique et post-documentaire.

L’exposition de photographie du 3ème Festival Mondial des Arts Nègres se propose d’examiner ce potentiel d’analyse, cet effort de concept et ces propositions d’archivistique qu’offre la photographie d’aujourd’hui. Le projet s’articule autour des grands thèmes qui ont marqué la photographie d’Afrique et de sa Diaspora, tout au long de ses histoires, au travers d’une large sélection d’oeuvres, des années 1950 à nos jours.

Pour faciliter l’exploration des caractères distinctifs de cette photographie, l’exposition se divise en trois volets, qui, tout en respectant la chronologie et les moments clefs, guideront le visiteur en traçant la place prioritaire qu’occupe la photographie moderne et contemporaine dans les archives visuelles africaines existantes. Le volet historique, axé sur les photographes des années 50 et 60, ouvrira une composante centrale qui met en évidence les productions des années 1980 à nos jours. Un espace de consultation et de découverte documentaire offrira de replacer les oeuvres dans leurs contextes, en resituant la place de la photographie africaine dans l’Histoire mondiale de la photographie. En valorisant le rôle central de la photographie dans les cultures visuelles africaines et leur contribution à l’Histoire de la photographie, l’exposition internationale de photographie du 3ème Festival Mondial des Arts Nègres porte un nouveau regard sur ce riche corpus. Elle crée ainsi de « nouvelles relations ». Comme, en 1925, le disait László Moholy-Nagy : « Un siècle de photographie et deux décennies de cinéma nous ont, de ce point de vue, énormément enrichis. Nous pouvons dire que nous voyons le monde avec un regard entièrement différent. Néanmoins, le résultat global à ce jour se ramène à peu de chose près à une grande encyclopédie visuelle. Ce n’est pas suffisant. Nous souhaitons produire de façon systématique, car il est important pour la vie que nous créions de nouvelles relations. »

Le Théâtre

Notre pratique du théâtre dit moderne est bien jeune, en Afrique. Partie de l’Ecole William Ponty du Sénégal, pour une grande partie des pays d’Afrique, elle a connu des fortunes diverses. L’héritage des premiers textes forgés dans le combat de l’identité et de la libération se fossilise peu à peu. Une nouvelle dramaturgie est en train de venir au monde depuis quelques années déjà. Sur la scène, le jeu a ouvert les corps des acteurs aux apports d’autres sensibilités pour se conformer aux normes – si elles existent – des plus vieux pays de théâtre.

Nous arrivons historiquement à ces heures du regard inéluctable à poser sur soi après tant d’odyssées et de mutations. Le Festival Mondial des Arts Nègres permettra d’abord de faire une halte, de tendre les questions, et elles seront à la fois essentielles et esthétiques. Nous scruterons les écritures contemporaines pour savoir si notre souffle poétique est toujours de l’ordre du râle. Nous trouverons des tranches d’autodérision et de chahut de nos réalités. Mais, en définitive, il faudra déterminer la part de l’Afrique qui vaut la peine de vivre.

Des compagnies et des troupes, des chercheurs et des producteurs seront invités à inventorier et à faire voir les lignes à la fois du courage et de la tendresse du continent noir qui tient debout. Les choix de pièces seront ceux que les pays proposeront de leurs propres réalisations. Leur seront adjointes des créations invitées spécialement par la Délégation générale du festival.

Le thème de la Renaissance africaine sera célébré en plusieurs langues mais en un langage unique : celui du beau, du neuf, de la trouvaille esthétique, du mot bien sonnant et du geste juste.

Un forum sur la Renaissance Africaine :

Associant des intellectuels et des scientifiques de renom, un forum permettra de débattre et d’approfondir le thème de la Renaissance et de l’apport du peuple noir à la civilisation universelle. Il sera structuré autour de 6 conférences sur les thèmes suivants :

  • la permanence de la Résistance des peuples noirs : l’Afrique ne s’est jamais soumise pendant les siècles d’esclavage et de colonisation;
  • les diasporas noires : géographie, peuplements, dimensions, défis ;
  • l’apport des peuples noirs à la science et à la technologie ;
  • la participation des peuples noirs aux guerres qui ont fait le monde libre ;  la Renaissance politique et économique d’une Afrique oeuvrant pour son unité ;
  • la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.

photo: © Réginald Groux

Pour en savoir plus :

http://www.festivalartsnegres.com

http://www.blackworldfestival.com

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