La Bourse du Talent 2010
vernissage le 16 décembre de 19h à 21h00
17 décembre 2010 – 20 février 2011
L’édition 2010 de la Bourse du Talent a vu se croiser les regards et s’ouvrir à de nouvelles formes photographiques. Fidèle à sa tradition depuis 1996, Photographie.com offre aux jeunes photographes la possibilité d’entrouvrir les portes de ce métier. Après une sélection par un jury de professionnels, les lauréats se voient exposés à la BnF. Cette année 2010 a marqué un tournant dans la Bourse du Talent, celui d’une ouverture des frontières. Ainsi, trois photographes chinois intègrent cette édition apportant une vision nouvelle, riche d’une culture que 8000 km séparent de la notre. Entre lauréats, coups de coeur et mention spéciales, les images présentées apportent chacune une dimension particulière, une touche personnelle,… un regard neuf sur le reportage, la mode, le portrait, l’espace. A la rencontre des photographes de demain…
élisabeth SCHNEIDER
LAURÉATE BOURSE DU TALENT #41 – REPORTAGE
M’AIME PAS PEUR «Acceptation» est le témoignage d’une personne qui lutte quotidiennement pour apprendre à vivre avec sa maladie, la sclérose en plaques. “Etre seule, c’est aussi ne saouler personne avec son handicap”. C’est en tendant l’oreille sur des phrases telles que cellesci, que j’ai appris à connaître Brigitte. Il y a plusieurs années, sa mobilité se réduit toujours plus. C’est une nouvelle réalité à laquelle, elle se doit de faire face. Une autre place dans la société aussi.
Malgré la souffrance rencontrée, Brigitte m’a confirmé se sentir mieux aujourd’hui. Quand je lui ai montré mon travail, j’ai eu la surprise d’entendre : «Enfin j’existe». La série “Acceptation” est liée à la POM (Petite Oeuvre Multimédia) réalisée par Elisabeth Schneider sur le même sujet intitulée “M’aime pas peur”.
Photographe indépendante, Elisabeth Schneider a déjà reçu plusieurs prix comme le Prix Mark Grosset des Ecoles Internationales du Journalisme en 2008 et un des prix du Festival International du Scoop et du Journalisme d’Angers. Son travail a fait l’objet de diverses publications magazine (Marianne, Viva, Pélerin magazine, …). Il évolue désormais avec la création de POMs.
dorothy SHOES
LAURÉATE BOURSE DU TALENT #42 – PORTRAIT
ET DEMAIN…? PORTRAITS D’AVENIR Les photographies de cette série sont des portraits d’autoportraits. Ceux de détenus mineurs et majeurs à qui Dorothy Shoes a demandé de se projeter le jour de leur sortie de prison et d’essayer d’identifier les émotions générées par cette perspective, en dessinant leurs autoportraits sous forme de masques. La sortie est double. Elle représente l’issue que l’on est obligé d’avoir pour souhait. Mais pour beaucoup de détenus, les uniques repères se trouvent au centre pénitentiaire. En prison il n’y a plus de notion de temps, chaque jour devient l’attente du jour suivant.
Depuis 2008, Dorothy Shoes fait des ateliers photographiques en prison auprès de détenus. Ils ont pour but de mettre le détenu face à son avenir sous un angle inhabituel et créatif, de faire s’exprimer les émotions liées à leur sortie par plusieurs biais artistiques. «Je poursuis ces moments d’échange, où la vie reprend ses raisons et où les douleurs de l’homme osent se faire visibles. Il n’y a pas que de la violence à l’ombre, il y a aussi beaucoup… beaucoup d’amour…»
Dorothy Shoes dit fabriquer de toutes pièces des histoires vraies. L’ensemble de son travail tourne autour de l’être humain. Les couleurs et le grain donnés à ses photos jouent avec un léger surréalisme. Et cet effet est bel et bien dû à son implication dans l’univers du théâtre, car elle est également comédienne.
nathalie HUBERT
LAURÉATE BOURSE DU TALENT #43 – MODE
ISOLATO « Isolato, séparé de toute chose comme une île l’est de la terre ». Cette série de diptyques évoque l’idée d’enfermement et de solitude. Chaque corps est voilé, dissimulé, on le devine plus qu’on ne le voit. Les visages sont toujours absents. Dans un dernier mouvement suggéré, certains corps tentent encore de résister, d’exister. Mais en vain.
Le dyptique est un exercice qui nécessite une grande cohérence entre les deux images. Ici, les formes, les textures et les couleurs dirigent le ton que cherche à donner nathalie Hubert. «J‘ai choisi de lier les images entre elles, pas de façon à ne faire qu’une photo mais de façon ambigue, équivoque, pour mettre en avant cette comparaison, cette continuité entre un corps féminin qui devient parfois objet». Nathalie Hubert met en avant, grâce à ce format, l’existence humaine, et plus particulièrement celle de la femme.
Nathalie Hubbert est une photographe autodidacte qui a suivi des cours en arts plastiques et en photographie. Elle effectue ses prises de vue en s’aidant parfois de modèles choisis parmi ses amis. Son travail dénote une touche pictorialiste.
jessie MAUCOR
LAURÉATE BOURSE DU TALENT #44 – ESPACE
LES ESCONOIS Escou est un village de 400 habitants dans les Pyrénées Atlantiques. Les sujets photographiés sont les habitants du village et leur environnement. La confrontation du registre documentaire à celui de la mise en scène et de l’artifice invite le spectateur à une remise en cause de la réalité. Ces images posent un regard inattendu sur un lieu ordinaire et ouvrent le travail sur la possibilité d’une fiction. Elles jouent avec la capacité du spectateur à s’y projeter en évitant la dénomination didactique des images. Par la scénarisation du quotidien de son village, le photographe nous propose un voyage attachant dans cette terre a priori trop proche et trop banale pour être montrée, mettant ainsi en résonance sa dimension spectaculaire.
Jessie Maucor est diplomée en sciences politiques et de l’Ecole nationale Supérieure de la Photographie d’Arles où elle reçu les félicitations du Jury. Elle cherche à faire le lien entre ces deux champs en questionnant le monde grâce à la participation d’autres acteurs. Elle effectue tout aussi bien des tirages argentiques que numériques.
nicolas DHERVILLERS
SELÉCTIONNÉ BOURSE DU TALENT #44 – ESPACE
TOURISTES Nicolas Dhervillers use d’un procédé judicieux consistant à intégrer par couper-copier-coller, des figurines dans un décor surnaturel. L’image finale comprend un cadrage photographique et une retouche infographique qui rendent l’image inquiétante et confèrent à ces sousbois, à ces forêts, à ces sentiers escarpés, étrangeté et intemporalité. Masses, textures, couleurs sont révélées par effacements successifs et méticuleux de l’image plongée dans l’obscurité.
Il y a, dans ces images, une certaine réappropriation du procédé argentique de révélation. Les personnages semblent venir de nulle part, comme des apparitions «extraterrestres». Entre théatralité, mise en scène et pictorialisme, Nicolas Dhervillers dévoile une dimension peut connue des «touristes». Une certaine errance face à un monde où la nature reprend ses droits, prolifère et cache une menace invisible.
Nicolas Dhervillers concentre dans chacune de ses images les conditions propres à l’illusion cinématographique. Sa photographie sublime l’ordinaire, le banal et l’anonyme et s’assimile pour certaines à de la peinture. Ses portfolios ont été publiés dans Architecture Magazine, Géo Hors-Série Magazine, Le Monde Hors-Série et exposés dans différentes galeries en France et lors d’expositions collectives en Allemagne.
faustine FERHMIN
SÉLECTIONNÉE BOURSE DU TALENT #44 – ESPACE
PACHACUTI «Formes qui se font, qui se défont, qui s’éteignent. Pierres qui surgissent de la terre, – et architectures qui se laissent recouvrir par la terre, jusqu’à se confondre avec le paysage : ruines». Mais Faustine Ferhmin n’entend pas dévoiler des ruines élégantes, esthétiques ou poussant à la mélancolie le voyageur. Le but de son travail est justement de donner à voir de la matière brute, des vestiges non travaillés, déjà hors de l’histoire. Des souvenir archaïques.
Pachacuti offre une suite d’images de ruines et de formations rocheuses témoignant d’un espace temps échappant à l’Occident. Ces images ont été faites au Pérou lors de deux voyages. «A travers les ruines, à travers les formations géologiques, c’est l’espace que j’ai voulu photographier : cette immensité abrupte et sans accueil que l’on trouve surtout dans les régions andines – cette démesure qui n’écrase pas, mais soulage, parce qu’elle «fait don» du sol et du ciel». Le terme «quechua Pachacuti» renvoit à un temps plus vaste que celui de l’histoire humaine : il signifie littéralement «bouleversement de l’espace temps» ou de la «terre».
Diplômée en 2008 de l’Ecole nationale supérieure de la photographie, Faustine Ferhmin présente son travail lors de différentes expositions, notamment pendant les festivals Voies off de Arles et Mirafoto à Lima. Elle se focalise sur l’écho que peuvent avoir les choses neutres, les vestiges abrupts dessinés par le temps.
nadja GROUX
SÉLECTIONNÉE BOURSE DU TALENT #44 – ESPACE
127th@ST NICK Nadja Groux a traité ce quartier de New-York car c’est une zone où règnent ségrégation sociale et spatiale, distribution inégale des ressources et des service de la ville, déterioration des immeubles et des trottoirs… Le travail de nadja Groux exploite l’idée de la caméra de vidéosurveillance trônant sur ce quartier régulièrement contrôlé d’en haut par hélicoptères et caméras.
On décèle, grâce à des images volées, toute l’importance du travail non declaré, la prédominance de l’économie de la drogue et l’immigration clandestine. On perçoit la rupture dans l’évolution sociale de ces 20 dernières années qui a vu l’écart se creuser entre la richesse des noirs et celle des blancs. Ce quartier est à la limite des zones de controle des patrouille de police de deux commissariats, ce qui stratégiquement, en fait une zone favorable pour les vendeurs de drogue. GROUX Nadja est une photographe plasticienne. Elle cherche à explorer l’identité de l’individu en proie à de multiples expériences telles que la maladie et la mort, la géographie des origines, le désir et l’ambition… Parallèlement, elle a développé l’outil photographique comme mode d’intervention dans le social et a créé des ateliers photographiques citoyens au Moyen-Orient et au Kenya.
Elle a suivi des cours à l’école nationale supérieure des Beaux-Arts. Elle a exposé au Pérou, aux Etats- Unis, en Suisse, en Angleterre, en Colombie et en France.
po’sim SAMBATH
MENTION SPÉCIALE BOURSE DU TALENT #42 – PORTRAIT
LOIN, CHEZ NOUS Tout le monde connaît l’existence de Paris Plage. En revanche, la présence d’une manifestation identique à La Courneuve, département de la Seine-Saint-Denis, est moins familière. Début juillet, les « vacanciers » de la cité allaient bientôt apparaître et transformer, le temps d’un été, cet espace oublié en une « station balnéaire ». Po’Sim Sambath s’est demandé comment du jour au lendemain, les gens qui empruntaient les trottoirs du quartier allaient se retrouver en maillots, s’allonger sur des transats, nager dans cet espace transfiguré. «Quelles postures allaient adopter leurs corps dans cette enclave de sable bordée par les tours des cités ?»
Grâce à son approche des sujets, libre et sans contraintes, Po’Sim Sambath est parvenue à obtenir la confiance des habitants et à faire partie de leur quotidien. Chacune des images contient à chaque fois l’environnement quotidien des tours, très présentes, comme pour signifier leur lourdeur. Détachés un moment de cet environnement, les sujets respirent mais ne sont jamais totalement liberés.
Cet aspect, Po’Sim le remarque aussi dans cette «retenue des corps» qui s’exposent devant son objectif. La station balnéaire n’est qu’un artifice. Po’Sim Sambath a exposé pour Footographie à La Courneuve et participé à une exposition collective à la galerie Art Scene China de Shanghai. Son travail montre des adolescents ou de jeunes adultes confrontés à un environnement difficile et en mutation. Elle a notamment effectué des portraits de jeunes issus de l’immigration chinoise habitant les zones péri-urbaines, Po’Sim Sambath montre le fantasme d’un ailleurs, l’adaptation au réel parfois difficile.
joan BARDELETTI
SÉLECTIONNÉ BOURSE DU TALENT #41 – REPORTAGE
LES CLASSES MOYENNES EN AFRIQUE Joan Bardeletti a travaillé dans cinq pays dont la Côte d’Ivoire, le Kenya et le Mozambique (les images présentées en sont issues). Les classes moyennes sont l’objet de son travail, il va à la rencontre de personnes dans ses différentes facettes et s’immisce dans leur quotidien. Travail, famille, loisirs… les images chocs sont laissées de côté pour ne dévoiler que la «normalité» du rapport de ces individus à leur propre vie.
Ce projet est innovant sur la forme car Joan bardeletti travaille avec des chercheurs provenant de différents domaines (sociologie, politiques, économie…) et experts de cette population. Cela lui permet d’aborder ses sujets avec préparation, pertinence et équilibre. Il y a dans ce travail un accord entre approche iconographique et scientifique qui permet une réception plus efficace du grand public.
Entre reportage et documentaire, le travail de Joan Bardeletti, donne une importance toute particulière à la cohérence de la forme photographique et du propos journalistique sous-jacent. S’intéressant au lien entre les personnes et des événements ou structures qui les dépassent (révolution, guerre, administration, entreprise…), il privilégie les travaux de longue durée, liés mais distanciés de l’actualité immédiate. Il a remporté le prix World Press Photo en 2010 et le 3ème prix AIDDA de la photographie documentaire et sociale en 2006.
Boris SVARTZMAN
SÉLECTIONNÉ BOURSE DU TALENT #41 – REPORTAGE
GAO – NORD MALI Gao se trouve au nord du Mali, à la frontière de la région de Kidal, sujette à de fortes tensions politiques du fait de l’opposition indépendantiste. Un cimetière aux allures particulières se trouve à côté de la ville. Les tombes sont reconnaissables par des objets divers de la vie à Gao, surtout par des épaves de voitures. « Nous savons où sont enterrés nos proches, pourquoi voudrais-tu écrire leur nom ? » répond un habitant à Boris Svartzman.
La sécheresse retarde tout. Les habitants attendant patiemment, mais non sans craintes, la venue de la pluie. Le riz est déjà semé depuis deux semaines. S’il ne pleut pas, la récolte n’aura pas lieu. Boris Svartzman était venu pour assister à un mariage, son hôte lui assure : « Le mariage aura lieu demain, les Marabouts ont prié aujourd’hui pour qu’il pleuve». Le lendemain, le cycle de la vie reprend.
Boris Svartzman montre à travers ses images la sagesse d’une population dont la survie dépend directement des cycles climatiques.
Le travail de Boris Svartzman a fait l’objet de plusieurs expositions en Chine, en France, au Bengladesh, en Espagne et en Suède. Il a exposé aux 18ème, 20ème et 21ème Festival International de Photojournalisme à Visa pour l’image. Ce photographe a étudié l’économie, les langues et la sociologie et a travaillé de manière ponctuelle en tant qu’iconographe pour l’AFP,. Il s’est penché sur la traduction documentaire pour un film de Patrick Zachmann et a publié dans de nombreux magazines et journaux comme Newsweek, La Croix ou Chine plus. Il s’est intéressé à la destruction des quartiers traditionnels ou encore à la disparition effective des petits villages en Chine.
lucile CHOMBART de LAUWE
SÉLECTIONNÉE BOURSE DU TALENT #41 – REPORTAGE
DE NUIT La série «De Nuit» s’intéresse aux travailleurs de nuit, un travail en continu et plus difficile que la normale. Des moments où la solitude prend une grande place et où le temps s’allonge. Ce sujet concerne bien plus d’individus qu’on ne le pense : 20 % de la population active française travaille la nuit, non forcément par choix mais par nécessité, prend le relais d’un métier habituellement effectué en journée. Les chiffres témoignent : l’espérance de vie de ces travailleurs de la nuit est de 5 ans inférieure à celle d’un travailleur de jour à poste équivalent. «4:00 c’est l’heure où le corps est le plus froid. Le temps d’une lutte avec un corps qui ne demande qu’à s’endormir, et un esprit qui doit cependant rester éveillé et alerte». Lucile Chambart de Lauwe fixe son regard sur ces hommes soumis à une tension somnolente, qui dure en silence…
Lucile Chambart de Lauwe a étudié à l’ENSP d’Arles et intégré le collectif de photographe «le bar Floréal». Elle participe à des événements tels que les Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles ou les Boutographies à Montpellier en mai 2010 où elle remporte le prix du jury pour sa série «De Nuit». Les revues «Inframince» et «Work in Progress» ont publié des portfolios de cette série. Lucile Chombart de Lauwe s’attache à montrer l’homme dans son environnement, dans son quotidien parfois difficile, mais surtout à faire ressortir les traces qu’on ne voit pas. A faire s’interroger sur ce qui nous est devenu si habituel qu’on ne s’en soucie plus. Contrer un certain endormissement général, en quelque sorte, c’est sur cette route que Lucile Chombart de Lauwe nous emmène.
ZHANG xiao 张晓
MENTION SPÉCIALE BOURSE DU TALENT CHINE #01 – REPORTAGE
BORD DE MER 海岸线 Zhang Xiao s’est intéressé aux profondes mutations de la chine, particulièrement visibles sur les zones côtières qui couvrent un littoral de 18 000 kilomètres. On assiste à une migration des populations des zones rurales qui cherchent du travail en direction des cotes. Ces zones sont des fenêtres ouvertes sur le reste du monde qui offrent des chances infinies à la Chine et à ses habitants. «Mais la région côtière est à la fois belle et douloureuse». Ces populations y sont venues pleines de rêves, ont quitté leurs terres natales pour un idéal… puis sont happées par la foule, par cette population venue en masse.. emportée par la vague… Enfant, Zhang Xiao voulait découvrir la mer, pensant qu’il ne pourrait jamais l’atteindre. «La mer ouvre la porte aux rêves, à la vie, mais parallèlement, la recherche de racines est très forte». Durant les fêtes du Printemps, des centaines de millions de personnes retournent dans leurs régions afin de tenter de maintenir ce lien qui s’évanouit, d’estomper ce sentiment de déracinement qui ne les quitte pas.
Zhang Xiao est photographe indépendant originaire de la région de Shandon en Chine. Il est diplomé en architecture à l’université de Yantai. Il a travaillé pour le journal Morning Post à Chongqing et a exposé lors de différents festivals de photographie internationaux comme LianZhou ou le festival internationnal de la photographie documentaire de GuangZhou. Il a reçu, entre autres, le prix de la photographie documentaire du sud et le Three Shadows Photography Award en Chine.
YAN ming 严明
LAURÉAT BOURSE DU TALENT CHINE #01 – REPORTAGE
MA JETÉE 我的码头 Yan Ming ne recherche pas à retranscrire une réalité brute et conventionnelle, ni à proposer des images d’art. Ses photographies en noir et blanc apparaissent plutôt comme des présentations de ces populations chinoises integrées dans un pays en pleine mutation… un portrait singulier de la Chine d’aujourd’hui.
Conscient de vivre au coeur d’une société oscillant entre non dits et contradictions, Yan Ming a choisi un point de vue radical. Refusant le regard neutre du journaliste, ce photographe veut être au plus près de ses sujets, ressentir leurs émotions. Il choisit ainsi de photographier uniquement en argentique. Une manière de laisser transparaître tout le sens et l’authenticité de cette réalité qu’il perçoit. «Je photographie les sentiments profonds des personnes ordinaires dans leur vie quotidienne et j’approche les changements de notre société avec ma propre perspective». La Chine est un pays éblouissant où de nombreuses choses émergent et se développent, à la fois fantastiques mais où les individus expérimentent en permanence les sensations d’incertitude et de frustration.
Originaire de Bengbu près de Shanghai, Yan Ming obtient un diplôme en littérature chinoise avant de rejoindre la rédaction du Nafang Daily, un quotidien de la province de Canton. Son travail a été présenté en Chine dans le cadre du Festival International de Lianzhou, de Pingyao ainsi que celui de Singapour.
DI jinjun 邸晋军
LAURÉAT BOURSE DU TALENT CHINE #02 – PORTRAIT
JEUNESSE 青年 Di Jinjun utilise la technique de prise de vue au collodion humide qui lui permet de montrer la jeunesse chinoise comme elle aurait pu être perçue il y a cent ans et à la fois de la projeter dans l’avenir. La technique du collodion humide date du 19ème siècle et consiste à recouvrir un mélange sirupeux sur une plaque de verre puis à plonger la plaque dans une solution de nitrate d’argent pour la sensibiliser. L’ensemble s’effectue en chambre noire.
«Tous mes sujets ont entre 15 et 34 ans et représentent la Chine actuelle et celle du futur». Di Jinjun travaille sur la génération 70, devenue le moteur principal du développement social d’aujourd’hui, la génération 1980 qui a désormais une famille et une carrière et la génération 90 qui devient adulte et cherche à changer le monde. «Il y a beaucoup d’élites dans cette nouvelle génération. Dans la littérature, l’art, la politique…» Ils écrivent leur jeunesse à leur manière. «Quelles sont alors les ressemblances et les différences dans leur monde intérieur?»
La révolution industrielle a fait de l’appareil photographique un élément de plus en plus transportable et petit. Les comportements face à l’appareil changent de la même manière. Il est intéressant de voir comment réagit une personne face à l’objectif en seulement quelques secondes, comparé à il y a une centaine d’années… Di Jinjun est né dans la province du Shanxi en Chine. Il obtient un diplôme à la Beijing Film Academy en 2003 puis travaille jusqu’en 2010 pour différents médias en tant que photographe. Il participe en 2010 au festival International de la photographie de Pingyao.
Bibliothèque nationale de France (BnF) – allée Julien Cain
Quai François-Mauriac 75013 Paris
Du mardi au samedi 9h – 20h, dimanche 13h – 19h, lundi 14h – 20h. Entrée libre
Commissariat : Photographie.com avec la collaboration du département des Estampes
et de la photographie de la BnF
- Léo Delafontaine et Vladimir Vasilev lauréats SFR au festival ImageSingulières
- Le monde de l’Autographe, du 30 mai au 9 juin, au cœur de Saint-Germain des Prés
- Yves Marchand & Romain Meffre, Theaters, à la Polka Galerie
- Waii, l’œuvre gravé de Dennis Nona, Îles du Détroit de Torres, Australie
- COLDFOREST by Tim White Sobieski at the Vejle Kunstmuseum

















