CINQ ÉTRANGES ALBUMS DE FAMILLE0 Commentaires

Par rédaction
Posté le 17 déc 2010 à 4:49

ÉTRANGES ALBUMS DE FAMILLE

Time flies, 2005 From the series The Life that Came : Chromogenic Print © Alessandra Sanguinetti, Courtesy Yossi Milo Gallery, New York

Du 14 janvier au 17 avril 2011

L’exposition « Cinq étranges albums de famille » présente le travail de 5 photographes et vidéastes : Alessandra Sanguinetti, Emmet Gowin, Erik Kessels, Ralph Eugene Meatyard et Sadie Benning. De différentes générations, ces artistes ont révélés l’étrangeté des rapports familiaux : par leur mise en scène, leur utilisation du medium ou encore la narration réaliste ou symbolique qu’ils emploient.

Alessandra Sanguinetti

Alessandra Sanguinetti a commencé en 1999 un travail photographique retraçant l’histoire de deux jeunes cousines, Guille et Belinda, alors âgées de neuf et dix ans, dans leur ferme familiale, en Argentine.

Pendant cinq ans, elle a tissé des liens étroits avec les deux petites filles avec lesquelles elle a fait un travail de construction d’images nourries par les rêves, les fantasmes et les peurs qui accompagnent les transformations physiques et psychologiques du passage de l’enfance à l’âge adulte.

Dans cette série intitulée The Adventures of Guille and Belinda and the Enigmatic Meaning of their Dreams, l’imaginaire de l’enfance est tour à tour mis en scène ou recréé spontanément. Avec pour décor la campagne argentine, non loin de Buenos Aires, Guille et Belinda utilisent des costumes, des accessoires et imaginent des tableaux imprégnés de références artistiques et littéraires explorant la frontière trouble entre imaginaire et réalité.

Initiée en 2009, The Life that Came fait suite à la précédente série. Alessandra Sanguinetti nous fait entrer dans une nouvelle période de la vie de Guille et Belinda, au seuil de cet âge adulte qu’elles avaient imaginé. Les tableaux fantasmatiques mettant en scène les rêves intimes et l’imagination débordante des premières photographies cèdent la place à une atmosphère plus contemplative dans cette période qui voit les deux cousines bâtir leur propre réalité, découvrir la fragilité des relations et faire l’expérience de la maternité.

Camila, 1999 From the series The Adventures of Guille and Belinda and the Enigmatic Meaning of their Dreams : Cibachrome Print © Alessandra Sanguinetti, Courtesy Yossi Milo Gallery, New York

Alessandra Sanguinetti est née à New York en 1968. Elle partage aujourd’hui sa vie et son travail entre Buenos Aires et San Francisco. Son travail a été fréquemment présenté à l’étranger, en particulier lors d’une exposition qui lui était entièrement consacrée au Musée d’Art Moderne de Buenos Aires.

Ses oeuvres sont présentes dans les collections de plusieurs musées dont celles du Musée d’Art Moderne de New York, du Musée des Beaux Arts de Boston et du Centre International de la Photographie à New York. Elle a été récompensée par de nombreux prix et bourses, dont la Guggenheim Foundation Fellowship, la Hasselblad Foundation Grant et le prix Découverte des Rencontres d’Arles en 2006.

La série The Adventures of Guille and Belinda and the Enigmatic Meaning of their Dreams a été publiée en 2010 aux éditions Nazraeli Press.

EMMET GOWIN

The Clearest Pictures were at First Strange (1965-1973)

Nancy, Danville, Virginia, 1967 © Emmet Gowin, Courtesy Pace/MacGill Gallery

« Le mystère d’une photographie se révèle pleinement dans sa limpidité, quand rien ne vient l’obscurcir. Quand tout paraît nous être donné dans l’image, il nous revient alors d’en compléter le sens. » Emmet Gowin

Né en 1941, Emmet Gowin porte le nom et le prénom de son père, révérend de la Fairview Methodist Church, grande figure de son enfance austère et dépouillée en Virginie du Sud.

Elève d’Harry Callahan à la célèbre Rhode Island School of Design, ami de Frederik Sommer et de R.E Meatyard (il posera pour la série Lucybelle Crater), grand admirateur de « La Nuit du Chasseur » de Charles Laughton, il trouvera sa première source d’inspiration à l’occasion de son mariage avec Edith en 1964. Il photographie alors sa femme et quatre générations de parents dans leurs cinq maisons de Danville (Virginie) où « elles formaient une sorte de cul de sac, une enclave isolée hors du temps ».

Marquées à la fois par une complicité un peu solennelle et par une inquiétante étrangeté, ses photographies semblent capter un moment de possible basculement : celui où l’univers clos de la famille peut devenir le lieu de sa propre folie. Ce travail sera exposé au Musée d’Art Moderne de New York en 1971 avec celui de Robert Adams.

ERIK KESSELS

My sister, 9 min (2003)

My sister semble, à première vue, un banal film amateur : un frère et une soeur jouent au ping-pong dans le jardin ; la mère fait une apparition de temps en temps. Tournée en super 8 dans les tonalités chaudes des années 70, la scène est idyllique et rien ne semble pouvoir la troubler. Seule la musique composée par Ryuchi Sakamoto suggère une menace grandissante, jusqu’à l’annonce abrupte de la mort accidentelle de la soeur d‘ Erik Kessels, vingt-cinq ans plus tôt …

My sister © Erik Kessels

Le film My sister fait partie du projet « Loud & Clear », collaboration entre Marlene Dumas, Ryuchi Sakamoto et Erik Kessels.

Né en 1966, Erik Kessels est fondateur et directeur de création de KesselsKramer, une agence de communication indépendante à Amsterdam. Il a également contribué à la création de KK Outlet à Londres, associant un lieu d’expo sition, une galerie et une agence. Collectionneur de photographies vernaculaires, il a publié plusieurs livres dont la série In almost every picture.

Depuis 2000, il est l’un des rédacteurs du magazine de photographie alternative Useful Photography.

RALPH EUGENE MEATYARD

The family album of Lucybelle Crater (1970-1972)

« La photographie est plus proche de la poésie écrite que de n’importe quel art, y compris les arts visuels. » R.E. Meatyard.

Né à Normal dans l’Illinois en 1925, R.E. Meatyard a vécu à Lexington, dans le Kentucky, où il était opticien. Le week-end, il photographiait ses enfants et sa femme dans des mises en scènes symboliques, souvent dans des lieux abandonnés. Son oeuvre inclassable, construite peu à peu à l’écart des grands courants artistiques, est dominée par l’idée de révélation . Dans une réalité à la fois donnée et construite, perçue et rêvée, notre relation au monde repose entièrement sur notre imagination.

From the series The family Album of Lucybelle Crater © Ralph Eugene Meatyard, Courtesy Fraenkel Gallery

Réalisée durant les deux dernières années de sa vie, The Family Album of Lucybelle Crater est la dernière oeuvre de R.E. Meatyard, (il mourra d’un cancer à 47 ans). La série se compose de 64 portraits de « Lucybelle Crater », un nom emprunté à un personnage d’une nouvelle de Flannery O’Connor A Good Man is Hard to Find. Dans chaque photographie, le personnage de Lucybelle, incarné par l’épouse de R.E. Meatyard, Madelyn, se cache derrière un masque de vielle femme. A ses côtés, d’autres membres de la famille ou amis du couple sont reconnaissables derrière un masque semi-transparent qui vieillit leurs traits. La séquence et la structure de la série ressemblent à un album de famille classique mais présentant une anomalie : tous les protagonistes portent le même nom, « Lucybelle Crater ». Sur la dernière photographie, prise quelques semaines avant sa mort, R.E. Meatyard pose avec Madelyn au milieu des vignes : ils ont échangé leurs vêtements et leur masque.

Le livre Lucybelle Crater a eu une influence considérable et a atteint une réputation presque légendaire depuis sa publication en 1974.

SADIE BENNING

Flat is beautiful (1998), 50 min

Sadie Benning © Sadie Benning, Courtesy of Video Data Bank

« Je me demandais constamment comment survivre, comment m’échapper et où aller ? En imagination, j’arpentais le monde. Aussi puissante qu’une balle de revolver. J’ai vécu en créant mes propres héros. Personne n’avait besoin de savoir que j’étais quelqu’un puisque c’était mon secret. » Sadie Benning

Flat is beautiful a été tourné en Pixelvision (pour les intérieurs) et en Super 8 (pour les extérieurs). Clairement d’inspiration autobiographique, le film retrace la vie de Taylor, une fillette de 12 ans qui vit avec sa mère et une colocataire homosexuelle. Tout au long du film, Sadie Benning fait porter à ses acteurs des masques en papier mâché grossièrement dessinés. Loin de nous distraire de l’histoire, cet artifice donne au film toute sa puissance, les personnages tentant d’échapper à une identité construite de toutes pièces et imposée par les conventions.

Née en 1973, Sadie Benning a commencé à tourner des vidéos à l’âge de 16 ans avec une caméra Pixelvision, cadeau de Noël de son père, le cinéaste expérimental James Benning. Commercialisé par Fisher Price dans les années 1980 pour 100 $, ce petit appareil permettait aux enfants de réaliser de manière très rudimentaire des vidéos en noir et blanc. Il ne rencontra pas le succès populaire attendu mais fascina les auteurs de films expérimentaux, séduits par le gros grain des images, l’originalité du son métallique et l’enregistrement brut d’une ‘boîte à images’.

Le BAL

Lire aussi
Publicité

Laissez un commentaire

 
Les Univers ArtéMédia

ArtéMédia Accueil

A propos À propos

Team ArtéMédia : l'équipe

Photographie Besoin d’un Photographe ?

ArtéMédia ! La radio !

ArtéMédia Télévision

ArtéMédia production ArtéMédia Production

Akamusic ArtéMédia- Akamusic

ArteMédia-my-major-company

Les interviews sonores

Les Petites Annonces

L'Agenda ArtéMédia

artémédia/motion

La Radio

Les Ballades de L'Imaginaire

Les BA des Nouveaux Films

CGU


Fils Rss

Fils RSSRSS_FEED

Télécharger :

Télécharger sur ITunes


Sortir :

Invitations ArtéMédia

Sortir – cher avec lastminute

Billetterie


Contact :

Contact Information-Communiqué

  • Inscription

  •  

    Les Services ArtéMédia  artemedia motion Ouvrez votre compte artémédia/motion agenda artemedia Déposez ou lisez ici les Evèmements petites annonces artemedia Déposez ou lisez ici les Petites Annonces

    La Radio des Artistes

     

     

    Arquid
    Partenaires

    Facebook Twitter Soundcloud linkedin

     

    eXTReMe Tracker
    Soyons partenaire Vancouver Wedding Photography Preparedness lunettes de vue robot de piscine