LAURA COVACI
ORPHELINAT, une histoire de la solitude collective.
13 JANVIER – 28 FEVRIER 2011
Pendant des années en Roumanie des enfants ont manqué de jouets. Pendant des années en Roumanie des jouets ont manqué d’enfants avec qui jouer. C’est ce que nous raconte dans ses créations Laura COVACI artiste roumaine née en 1964 à Bucarest. Laura Covaci qui à vécu enfant l’intolérance du parti communiste roumain et le despotisme de la famille Ceauşescu et qui institue en sa faveur le culte de la personnalité, nous invite à un voyage dans le passé mais aussi dans le futur au travers de ses oeuvres, dans la découverte de ce que représente le jouet chez l’enfant et la poupée chez une petite fille.
Ce projet ambitieux, Laura Covaci y travaille depuis longtemps. Il a commencé par la recherche de vestiges que sont les poupées (personnages centrales de ce travail). Ce sont des poupées typiques de la période 1970-80 que l’on pouvait trouver dans les boutiques socialistes de jouets. Ce qui intéresse Laura Covaci dans ces objets se sont les traces laissées à travers le temps, par les enfants, comme un transfert d’âme.
Pour sa troisième exposition à la galerie 208, Laura Covaci nous propose son travail réalisé à partir de ces poupées d’enfants chinées au hasard de ses ballades dans une série de peintures, de photographies numériques et une installation.
- L’INSTALLATION
Les poupées sont insérées, « mises en bière » dans des cubes en plexiglas avec toutes leurs lésions, leurs morsures, leurs traumas, leurs bleus. Elles sont, par effet de contraste, entourées par les éléments d’un paysage idyllique, mais largement artificiel, illustrant le goût de l’époque et les slogans de la propagande – des fleurs en plastique, des papillons, des poissons en verre etc.

Laura Covaci Orphelinat : 2010 poupée plastique et porcelaine sur plateau et bouquet floral 35x33x33cm
- LES PHOTOGRAPHIES DIGITALES
Les photos présentées sous caissons lumineux proposent de voir les poupées en tant que document d’un devenir: la photographie souligne les étapes de la métamorphose – poupée/ transferts subis par le pantin/ état de mutant.
- LES PEINTURES
Les peintures de Laura Covaci mettent en exergue des marques, des engrammes, des tatouages affectifs à fleur de peau, qui rendent compte de ce que les enfants ont vu, senti et souffert durant la soi-disante « Epoque d’or ». Il s’agit d’un déplacement du vécu enfantin sur le plastique, d’une humanisation des fantoches, qui, en quelque sorte, contrebalancent la déshumanisation provoquée par le régime communiste. Laura Covaci par le geste pictural retrace ces marques, afin de libérer leur trajectoire initiale, de les rendre sensible, de mettre en évidence le destin des poupées mutantes. C’est, si l’on veut, une démarche d’archéologie subjective, une fouille dans les tréfonds de l’innocence bafouée des enfants. Et, en même temps, un essai projectif, de visualisation de leur existence future, en tant que mutants, en tant qu’êtres possibles.
GALERIE 208
- 208 BOULEVARD SAINT GERMAIN
- 75007 PARIS
- T/F : +33 1 42 50 30 24
- http://www.galerie208.fr/
- Léo Delafontaine et Vladimir Vasilev lauréats SFR au festival ImageSingulières
- Yves Marchand & Romain Meffre, Theaters, à la Polka Galerie
- Waii, l’œuvre gravé de Dennis Nona, Îles du Détroit de Torres, Australie
- COLDFOREST by Tim White Sobieski at the Vejle Kunstmuseum
- Chaises mentales, de Philippe Soussan à la galerie Intuiti
















