des nouvelles règles du jeu pour accueillir les tournages dans les lieux publics0 Commentaires

Par rédaction
Posté le 24 jan 2011 à 3:52

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l’APIE : des nouvelles règles du jeu pour accueillir les tournages dans les lieux publics !

Création d’un guichet unique (BAT*) au sein des administrations pour valoriser le patrimoine de l’état**, mais aussi d’épargner aux productions télévisuelles et cinématographiques, la recherche de multiples autorisations de tournage comme c’était le cas jusqu’à présent.

* bureau d’autorisation de tournage
** Commissariat, hôpitaux, palais de justice, école ministères, etc..
 
 
  • L’ÉCONOMIE DE L’IMMATÉRIEL

La montée en puissance du capital immatériel par rapport au capital physique est ancienne et remonte aux années 1920. Mais cette tendance a véritablement pris une nouvelle dimension depuis les années 80, lorsque les pays de l’OCDE ont atteint un point de basculement. Désormais, la dynamique de croissance et de la création de valeur repose avant tout sur des éléments immatériels : savoirs, connaissances, nouvelles idées, contacts, modalités d’organisation…

L’innovation est aujourd’hui un phénomène beaucoup plus large qu’au temps de l’âge d’or de l’économie industrielle, durant lequel l’innovation découlait essentiellement du travail des laboratoires de recherche. Innover, ce n’est plus seulement lancer un produit technologiquement plus élaboré, c’est également créer un service, découvrir un concept commercial, développer une image de marque, trouver une forme d’organisation du travail plus appropriée, concevoir une chaîne de travail plus valorisante, imaginer un design révolutionnaire, ou encore appliquer de façon originale des solutions traditionnelles au monde du Net.

Les entreprises ont déjà largement basculé vers ce nouveau modèle. Lorsque l’on décompose les coûts de fabrication de nombreux produits, on s’aperçoit que la part des éléments matériels (matières premières, amortissement des équipements industriels…) ne cesse de se réduire au profit de charges immatérielles (marketing, services…). Dans ce contexte, les entreprises investissent massivement – publicité, recherche et développement, formation – pour être à même d’innover et de se constituer des actifs immatériels (marques, brevets, savoir-faire…). Ceux-ci occupent une place croissante dans l’économie, même si leur importance réelle n’est pas convenablement appréhendée par les outils de mesure et de comptabilité traditionnels.

Que l’économie se fonde de plus en plus sur l’immatériel et de moins en moins sur des facteurs physiques ou financiers, s’explique par trois mouvements de fond que connaissent les sociétés développées depuis 20 ans : l’importance cruciale de l’innovation, l’explosion des technologies de l’information et de la communication ainsi que la tertiarisation des économies.

L’intérêt des entreprises pour ce type d’actions n’est pas une nouveauté en soi : la recherche ou les marques étaient déjà largement présentes dans l’économie industrielle. Ce qui est nouveau en revanche, c’est le renforcement de l’importance qu’elles représentent désormais dans la compétitivité et la création de valeur.

Les entités publiques prennent conscience à leur tour de la profondeur de ce changement et commencent à s’organiser en conséquence.

  • LA COMMISSION LEVY-JOUYET SUR L’IMMATÉRIEL

Réfléchir sur l’économie de l’immatériel.

La commission composée d’une vingtaine de membres de la société civile et de l’administration des Finances, a remis son rapport le 30 novembre 2006.

Le constat global de cette commission est que l’économie a changé. Auparavant, pendant les Trente Glorieuses, le succès économique reposait sur la richesse en matières premières et les industries manufacturées. C’est désormais la capacité à innover, à créer des concepts et à produire des idées qui est devenu l’avantage compétitif essentiel. La véritable richesse n’est plus matérielle, elle est immatérielle. Un exemple : il y a trente ans, être un leader de l’industrie automobile c’était surtout s’imposer par des critères techniques comme les caractéristiques de la cylindrée par exemple. De nos jours, c’est la marque, le service après-vente qui font la réussite industrielle.

La première recommandation de ce rapport, traduite concrètement dans les faits, sera la création de l’Agence du patrimoine immatériel de l’État (APIE).

  • L’APIE : Une agence interministérielle pour valoriser le patrimoine immatériel de l’État

Le cœur de métier de l’APIE est en premier lieu de sensibiliser les institutions publiques à la culture et l’importance de l’immatériel, puis de les aider à identifier et répertorier leurs propres gisements d’actifs immatériels, et enfin de les conseiller dans la protection et la valorisation optimales de ce patrimoine immatériel.

Selon la nature des projets pour lesquels l’APIE est sollicitée, une équipe pluridisciplinaire de 2 à 4 spécialistes en général va intervenir (juristes, marketeurs…). Pour certains projets importants, relatifs par exemple à la modernisation de l’image et de l’identité d’opérateurs de l’État, l’assistance de l’équipe projet dédiée peut s’échelonner sur 18 mois.

Dès sa mise en œuvre opérationnelle (septembre 2007) l’APIE s’est attelée à développer quatre chantiers prioritaires qui s’inscrivent dans le cadre de la modernisation de l’État : valoriser les sites publics par des locations, mieux protéger et gérer les marques et savoir-faire, faciliter l’accès et la réutilisation des données publiques, mesurer et comptabiliser les actifs immatériels.

La politique d’accueil des tournages :

Le patrimoine immobilier de l’État est riche d’une diversité exceptionnelle : des sites prestigieux, singuliers, historiques qui, à leur qualité architecturale, à leur situation ou à leur décoration, ajoutent un élément supplémentaire qui est leur image intrinsèque.

Ces lieux publics, pratiquement pas ou peu mis à disposition des professionnels du cinéma et de la télévision, représentent un intérêt essentiel pour des tournages audiovisuels. Ils constituent en effet des décors souvent incontournables pour bien des productions : palais de justice, hôpitaux, casernes, etc. sont des sites privilégiés dans bon nombre de scénarios, qui souvent nécessitent la reconstitution en studio.

L’APIE a, dès sa création, incité les ministères à s’ouvrir aux tournages car il était important que les services de l’État puissent accueillir favorablement les demandes des réalisateurs et sachent les gérer et les valoriser. Il s’agit surtout de démontrer la volonté de l’administration de s’ouvrir et de mieux mettre en exergue ce qu’elle est et ce qu’elle fait.

Le fait que ces lieux n’aient jamais été utilisés auparavant pour servir de décors à des films, leur confère une valeur élevée inestimable et justifie naturellement une contrepartie financière que les cinéastes jugent normale dès lors qu’elle est à la hauteur des prix pratiqués sur leur marché, et qu’elle leur soit annoncée. L’APIE a développé une méthodologie de tarification cohérente et homogène afin que les emprises publiques soient proposées au juste prix. La tarification étudiée par l’APIE et confrontée aux données professionnelles des instances officielles du cinéma (CNC, Commission du Film, associations professionnelles) prend notamment en compte le type de production (cinéma, TV, publicité…) la nature et le prestige du site, sa rareté, son accessibilité et son potentiel de représentation cinématographique.

En outre, l’APIE conseille aux ministères de dédier un interlocuteur privilégié pour être le point de contact unique des professionnels de l’audiovisuel, leur épargnant ainsi la recherche de multiples autorisations administratives dans un labyrinthe de services divers.

En parallèle l’APIE a élaboré une convention-cadre assortie d’un cahier de prescriptions techniques, apportant aux administrations comme aux productions, des garanties quant aux droits et obligations de chacun. Ce contrat-type permet en outre une parfaite cohérence entre toutes les mises à disposition de sites publics.

La mise à disposition, pour des tournages audiovisuels, de ces nombreux lieux publics permet de valoriser l’actif immatériel qui leur est attaché et l’image de l’institution.

STATISTIQUES DE L’industrie cinématographique

  • Évolution de la production cinématographique
2007 2008 2009
Film d’initiative Française :
185 196 182
Film de coproduction à majorité étrangère :
43 44 48
Total :
228 240 230
 

Un niveau d’activité total revenu à celui de 2007, 2008 apparaissant comme une année record, notamment grâce aux films de coproduction à majorité étrangère, qui, malgré la baisse d’activité, ont augmenté (crédit d’impôt).


  • Investissement dans la production française
2007 2008 2009
Investissement français (M€) : 951,7 1223,8 891,9
Investissement étrangers (M€) : 249,3 266,7 206,8
Total (M€) : 1 201,1 1 490,5 1 098,7
 

Si l’activité de 2009 et comparable à celle de 2007, les investissements, en particuliers étrangers, marquent un certain recul.

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