HENRI BARANDE
Nice To Be Dead
Beaux-arts de Paris l’école nationale supérieure
Du 25 mars au 7 mai 2011 Du 25 mars au 7 mai 2011, les Beaux-arts de Paris accueilleront, dans les galeries d’exposition du quai Malaquais, la première exposition en France d’Henri Barande, artiste français né à Casablanca et vivant à Lausanne.Cette institution, lieu de transmission, deviendra, pendant quelques semaines, l’écrin d’une œuvre à part qui s’est construite hors du système. Longtemps dans le silence, celle-ci sera enfin révélée au public français. L’artiste proposera une vingtaine de peintures, toutes de même hauteur (2,15 m), assemblées de façon éphémère en diptyques ou triptyques dans une présentation qu’il définit comme installation in situ.
Parmi ces milliers d’images, certaines sont choisies pour être agrandies. L’oeuvre originale est projetée sur la toile et ses couleurs reconstituées en peinture acrylique sont posées manuellement. La facture lisse (aucune trace de pinceau n’est perceptible) crée un effet inattendu de tissus sérigraphiés. Les figures, exemptes de matérialité, s’apparentent à des empreintes. La technique picturale aboutit à une mise à distance du réel.
Chaque fragment devient sujet unique. Les tableaux étant juxtaposés bord à bord dans une seule ligne qu’il imagine sans fin, des éléments figuratifs à la limite de l’abstraction jouxtent des éléments abstraits à la limite d’une figuration : corps, crânes, figures animales, vanités, icônes, textes, traces, motifs de toutes sortes, hyperréalistes ou pixelisés, monochromes purs… offrent ainsi au regard l’horizontalité d’un ensemble créatif très vaste, livré comme autant de vestiges d’un temps perdu élevé à la lumière d’un temps retrouvé.
Dans l’espace in situ, ouvert hors du temps, les notions de noms, de titres, de dates et de signature n’ont évidemment plus cours, tandis que l’impermanence résultant du nombre infini de combinaisons issues de la juxtaposition des tableaux implique, a contrario, une dimension éphémère. La tension ainsi créée entre intemporel et éphémère est une caractéristique de l’oeuvre.
Si celle-ci demeure inclassable, elle s’inscrit très clairement dans son environnement contemporain, tout en brisant certaines lignes et en déplaçant certains repères. L’exposition d’Henri Barande aux Beaux-arts de Paris s’annonce donc, d’ores et déjà, comme un évènement exceptionnel.
A cette occasion, une soirée de performances ainsi qu’une soirée de lectures seront organisées. Le journal de l’exposition sera réalisé par le graphiste-designer suisse Werner Jeker. Un ouvrage paraîtra chez Manuella Editions.
En 2009, trois diptyques d’Henri Barande étaient présentés dans l’exposition « Un siècle d’art en France », dont le commissaire était Eric Corne, au MASP de São Paulo et au MAGRS de Porto Alegre. L’artiste a par ailleurs eu une exposition personnelle en 2008 au MAMCO à Genève, et en 2000 chez Sotheby’s à Zürich. En 2002, invité par Philippe Parreno et Pierre Huygue, il a participé à l’exposition « Ann Lee : No Ghost Just a Shell » à la Kunsthalle de Zürich.
Henri Barande :
« …Mes créations viennent au monde avec le projet métaphysique de nier leur propre histoire, pour se perdre dans le temps et le chaos d’une juxtaposition. Le hasard est à ce point maître de l’ordre de cette procession qu’il la fait tendre vers l’abstraction, irradiant de ce seul fait l’absence de sens, de tout sens irrémédiablement. Ce qui d’ordinaire est reconnu comme peinture est ici reçu, dès le premier instant, comme un univers de signes. Pour peu qu’ils se présentent en grand nombre et dans une trame non accessible à la compréhension, les signes s’offrent à nous à la façon d’un fruit défendu : celui, délicieux, de l’effondrement du symbolique… »
Henri Barande est né en 1945 à Casablanca, il vit à Chexbres.
- Site : http://henribarande.com
- Galeries d’exposition
- 13, quai Malaquais
- 75006 Paris
Regarder :
- Léo Delafontaine et Vladimir Vasilev lauréats SFR au festival ImageSingulières
- Yves Marchand & Romain Meffre, Theaters, à la Polka Galerie
- Waii, l’œuvre gravé de Dennis Nona, Îles du Détroit de Torres, Australie
- COLDFOREST by Tim White Sobieski at the Vejle Kunstmuseum
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