« SOUL CATCHER » photographie de Jacques BENEICH
Du 9 février au 19 mars 2011, la Galerie 1161 s’ouvre aux images trop peu souvent rassemblées du photographe Jacques Beneich. Nombre d’entre elles sont inscrites dans nos mémoires : photos de mode, de charme ou de beauté, photos de célébrités : elles ont toutes la même signature : un talent qui force le naturel à se rendre. On se souvient des ces étranges marquises poudrées comme statufiées par le gel d’une première neige, des jazzmen épinglés dans la sueur et le souffle brûlant de la transe blues. On reverra ces portraits de grands artistes semblant être si proches : Aznavour avec ses vingt ans dans les yeux, Moustaki pieds nus comme un prophète, Darry Cowl si fragile dans sa gaité, Jamal hiératique tel un portrait du Fayoum. On découvrira sans les connaître ces portraits de gens ordinaires qui cessent immédiatement de l’être pour toucher à l’universel : lorsque le propos même de la photo est oublié et que l’image frappante devient celle d’un être surpris dans toute son humanité, parfaitement, véritablement lue et révélée.
Jacques Beneich photographie d’instinct, poussé par l’urgence de rencontrer. Sans a priori, sans procédé, sans artifice : comme un enfant impatient il ne cherche rien, il découvre. Pas de cérémonial durant ses séances de shooting : la Vie n’est pas tenue à distance parce que c’est elle qu’il invite. Il y a du bruit, des allées et venues, de la musique autour d’un modèle parfois un peu déconcerté : Jacques lui-même joue, raconte, éclate de rire : jusqu’à l’instant même où l’objectif est oublié et c’est l’instant sublime où quelque chose de très fort suspend la marche du temps : un masque est tombé et un visage se découvre , fixé à jamais dans son rayonnement le plus vrai par la grâce d’un regard incroyablement intelligent.
Jacques Beneich le plus souvent se passe des décors, des effets spéciaux et de tout exotisme ou maniérisme : il va à l’essentiel en plan serré. Il est le photographe de la peau, géographe du visage, topographe du corps en repos. Son modèle est son voyage, sa joyeuse exploration et son seul viatique est la lumière. Les jeux de l’ombre et de la lumière servent à la fois de décors, de vêtements, de maquillage : il en maîtrise tous les pigments, toutes les densités et orchestre leur inlassable pavane laissant sa part au hasard pour les surprises aléatoires du jeu d’un kaléidoscope.
Jacques Beneich ou l’Epiphanie d’un regard : celle d’un très grand portraitiste. Porté par sa propre joie, son amour de l’autre surpasse toute technicité par une improvisation très savante : la photo trouve son plan parfait en quelques minutes, et d’un seul coup, en un subtil et frappant renversement, c’est le portrait achevé qui vous regarde jusqu’aux tréfonds de vous-même.
Regardez attentivement les photos si éclectiques de Jacques Beneich : ECCE HOMO…
Galerie 1161
- 53 Quai des Grands Augustins
- 75006 Paris
- Léo Delafontaine et Vladimir Vasilev lauréats SFR au festival ImageSingulières
- Yves Marchand & Romain Meffre, Theaters, à la Polka Galerie
- Waii, l’œuvre gravé de Dennis Nona, Îles du Détroit de Torres, Australie
- COLDFOREST by Tim White Sobieski at the Vejle Kunstmuseum
- Chaises mentales, de Philippe Soussan à la galerie Intuiti















