La galerie ardital présente du 9 février au 12 mars 2011 une sélection d’oeuvres récentes d’Alix Paj. Née en 1963 et diplômée de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de la ville de Lyon en 1987 (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique), l’artiste qui a séjourné à New-York de 1987 à 1989 s’intéresse alors particulièrement à la photographie et explore les possibilités de la chambre noire. Par la suite, sa recherche plastique tournée vers l’humain va explorer la création à l’encre de chine sur ce qu’il est convenu d’appeler « les nouveaux supports » que sont l’acétate, le PVC et le dibon dont les qualités matérielles de luminance, leur absolue blancheur et l’absence d’aspérité nécessitent la mise au point d’une approche technique particulière. En partenariat avec l’entreprise Pébéo, Alix Paj met alors au point un ensemble d’encres dont les propriétés de trans-opalescence, de saturation et de fluidité permettent une modification du geste pictural qui renouvelle la technique de l’encre de Chine en devenant créateur de texture. A travers ses dernières oeuvres transparait aussi en filigrane la question des modifications opérées dans le continuum de l’histoire de l’art par l’apparition de techniques et de matériaux nouveaux. L’exposition comprend un ensemble d’oeuvres marquantes – jalons de son parcours créatif – ainsi que ses derniers travaux, qui présentent l’aboutissement des recherches esthétiques les plus récentes de l’artiste. Dans ce voyage pictural et initiatique une constante ressort comme un fil conducteur. C’est la figure humaine. Elle est toujours présente, drôle, un peu dérisoire, parfois perdue mais à laquelle l’artiste voue une tendresse indéfectible ; et on ne peut que partager au fil de l’exposition sa vision généreuse.
Alix Paj et le renouvellement du portrait
Les recherches d’Alix Paj l’ont conduite à un renouvellement du portrait contemporain qui s’est effectué en plusieurs étapes. Que les conditions de sa production picturale se soient trouvées transformées par d’inévitables et incontournables facteurs biographiques,que des ruptures aient affecté l’environnement artistique au cours de ces premières années du XXIème siècle ne suffit pas à rendre compte des innovations introduites par Alix Paj dans ses processus créatifs.
Les généralités sociologiques ne peuvent rendre compte de l’effort individuel accompli quand il porte autant sur le matériau et les supports que sur les thèmes traités. Alix Paj abandonne l’acrylique, l’huile et la toile pour l’encre de chine et l’acétate. Le dépouillement, la transparence, la légèreté semblent requises pour parvenir à l’œuvre nouvelle. Et pour cela, Alix Paj essaie différents supports avant de choisir le P.V.C.
L’encre de chine de couleur apporte un rendu où paradoxalement s’allient une finesse extrême de la surface peinte avec la profondeur et la diversité des tons et des nuances. Les thèmes traités vont surgir d’eux-mêmes des nuages d’encre noire flottant sur le PVC. Comme des fantômes, surgissent de l’ombre des silhouettes rivées par des regards qui nous fixent intensément.Puis les masses informes se contractent, se fluidifient en corps tendus ou arqués, pesants ou aériens, grotesques ou tragiques. Des personnages aux physionomies complexes peuplent ces fresques pariétales.
Les êtres se reproduisent par scissiparité ; issus d’une même cellule primitive, ils conservent par delà leur individualité conquise une familiarité étrange et primitive. L’apparition des encres de couleur les fait baigner dans un magma primordial aux tonalités bleues ou turquoise. Désormais, qu’ils s’ignorent ou qu’ils s’allient, qu’ils affichent leur complicité ou leur solitude, tous s’agitent dans cet univers où les figures de Cartoons côtoient les vertiges dantesques. De Jérôme Bosch à Gustave Doré, des facéties de l’enfer moyenâgeux à la caricature prosaïque, la destinée individuelle s’est ratatinée pour aboutir aux modernes illustrations des Magazines à vedettes. C’est pourquoi l’avènement des personnages drolatiques d’Alix Paj nous semble tonique et stimulante.
Yvon Birster, 2009 © Copyright
- Le site : http://alix.paj.free.fr
Galerie artdital
- 10 aveneue Philippe Solari
- 13090 Aix en Provence
- http://www.galerie-ardital.com/
- Léo Delafontaine et Vladimir Vasilev lauréats SFR au festival ImageSingulières
- Yves Marchand & Romain Meffre, Theaters, à la Polka Galerie
- Waii, l’œuvre gravé de Dennis Nona, Îles du Détroit de Torres, Australie
- COLDFOREST by Tim White Sobieski at the Vejle Kunstmuseum
- Chaises mentales, de Philippe Soussan à la galerie Intuiti














