EXPOSITION « L’INTERVALLE LUMINEUX – D.DASKALOPOULOS COLLECTION »
AU GUGGENHEIM MUSEUM DE BILBAO
L’exposition L’Intervalle lumineux : The D.Daskalopoulos Collection offre pour la première fois une présentation publique de grande ampleur d’une collection privée aujourd’hui parmi les plus importantes au monde. Organisée avec le soutien d’Iberdrola, l’exposition investit une partie du premier étage et l’intégralité du second étage du Guggenheim Museum de Bilbao. Elle rassemble une sélection d’une soixantaine d’oeuvres — d’une grande variété de médiums — d’environ une trentaine d’artistes contemporains. Elle réunit en premier lieu de grandes sculptures monumentales et des installations environnementales. L’exposition s’ouvre avec la réunion d’oeuvres maitresses des années 80 et 90 par des artistes de premier plan tels que Louise Bourgeois, Robert Gober, Mike Kelley, Martin Kippenberger, Paul McCarthy, Annette Messager ou Kiki Smith. Elle se poursuit ensuite avec une sélection de travaux d’artistes issus de générations plus récentes parmi lesquels : Paul Chan, GuytonWalker, Nate Lowman ou Wangechi Mutu. Visant à offrir aux visiteurs une réflexion sur les développements les plus significatifs en art contemporain de ces dernières décennies, L’Intervalle lumineux : The D.Daskalopoulos Collection a pour commissaire Nancy Spector, sous-directrice et conservatrice en chef à la Solomon R. Guggenheim Foundation et Katherine Brinson, conservatrice adjointe au Solomon R. Guggenheim Museum.
Le titre de l’exposition fait explicitement référence aux écrits du philosophe grec Nikos Kazantzakis (1883-1957) dont la pensée exerça une influence fondamentale sur les pratiques et les recherches de Dimitris Daskalopoulos. Pour Kazantzakis, la vie se définissait tel un « intervalle lumineux » durant lequel la lutte et la désintégration sont des conditions préalables à la création et au renouveau. L’Intervalle lumineux : The D.Daskalopoulos Collection est donc une exploration de cette coexistence entre espoir et désespoir inhérente à la condition humaine, s’attachant notamment aux concepts d’aliénation, de traumas, de réalité corporelle ou d’identité culturelle.
La D.Daskalopoulos Collection reflète le cours du temps et beaucoup d’oeuvres de l’exposition confrontent les crises et triomphes de la vie contemporaine. Bien que la plupart d’oeuvres soit dérivées ou évoque des contextes géopolitiques ou sociaux concrets, Dimitris Daskalopoulos apprécie la capacité de ces oeuvres d’aborder simultanément des thèmes universels, en particulier la résistance incontestable de l’esprit humain.
La collection Dimitris Daskalopoulos se caractérise par la présence en son sein de très grandes installations, souvent de la taille de pièces entières, et l’exposition au Guggenheim Museum de Bilbao en incorpore un nombre conséquent, comme Cavemanman (2002), installation catacombe de Thomas Hirschhorn en carton et chatterton, Dépendance/Indépendance (1995), oeuvre en forme de coeur de Annette Messager, Exhuming Gluttony (2006/11), scène baroque montrant les excès du capitalisme tardif de Wangechi Mutu, et Palms (2007) hallucinant environnement multimédia de John Bock. Mais ces grands univers chaotiques se voient contrebalancés par d’autres travaux, structurés quant à eux autour d’un tropisme formel fondé sur le cloisonnement rigide, la retenue, le confinement : Current Disturbance (1996) grand cube électrifié et barricadé de Mona Hatoum ; Akropolis Now (2004), long parallélépipède grillagé de Kendell Geers ; ou encore The Asthmatic Escaped (1992), The Lovers (The Spontaneous Lovers) (The Committed Lovers) (TheDetached Lovers) (The Compromising Lovers) (1991), vitrines cliniques ou menaçantes armoires médicales de Damien Hirst.
Nombreuses sont les oeuvres présentes dans l’exposition qui interrogent ou viennent faire écho aux crises de la vie contemporaine, questionnant notamment les discours dominants sur l’identité culturelle. L’étude poétique des conflits que mène Steve McQueen au Congo ou en Iraq (Gravesend/Unexploded, 2007), le tableau baroque des excès du capitalisme contemporain que dresse Wangechi Mutu (Exhuming Gluttony, 2006/11), la vision sur l’érosion des frontières continentales qu’introduit Rivane Neuenschwander (Contingent, 2008), l’amusant détournement de derricks off-shore opéré par Nate Lowman (Oil Riggs, 2005), toutes ces oeuvres se conçoivent tels des commentaires, soit implicites soit ouvertement explicites, sur les conflits liés à la présence humaine sur terre et renvoient notamment à la surexploitation actuelle des ressources naturelles. Avec Küba, Kutluğ Ataman dresse quant à lui un portrait composite de ce qui constitue une communauté en braquant notre attention sur les habitants d’un bidonville aux abords d’Istanbul, pendant que The Saints (2007) de Paul Pfeiffer s’attache à la psychologie des foules via le « remontage » d’un match de football international. Tandis que Body Milk (2003) d’Alexandros Psychoulis ainsi qu’I Was Overcome by a Momentary Panic at the Thought that I Might Be Right de Walid Raad/The Atlas Group présentent quant à eux, deux points de vue opposés sur la violence et ses conséquences au Moyen-Orient.
Dans une autre de ses parties, l’exposition se penche plus particulièrement sur les aspects les plus intimes liés à l’identité individuelle, avec un intérêt affirmé pour le corps humain, qu’il soit dans un état de confinement, de fécondité ou de dégénérescence. Dans certains cas, de telles démarches s’établissent par le biais de mystérieux substituts, tels les éviers, paniers ou berceaux transfigurés de Robert Gober, ou encore les moulages en négatif d’espaces domestiques de Rachel Whiteread.
Ailleurs, c’est un sens viscéral d’immédiateté et de proximité qui prévaut avec notamment les délinéations intangibles de nos processus corporels chez Kiki Smith ou le rapport ritualisé et intime qu’instaure Marina Abramović avec un squelette. Les références à la proximité du corporel peuvent également se faire par le biais d’une approche délibérément irrévérencieuse ou subversive, tels qu’en témoignent Tomato Head (Burgundy) (1994) de Paul McCarthy ou le Bunny Gets Snookered #10 (1997), le “lapin” désarticulé et sans défense de Sarah Lucas.
Les artistes présents dans l’exposition sont, par ordre alphabétique : Marina Abramović (1946, Belgrade); Kutluğ Ataman (1961, Istanbul) ; Matthew Barney (1967, San Francisco, Californie) ; John Bock (1965, Gribbohm, Allemagne) ; Louise Bourgeois (1911, Paris; † 2010, New York) ; Paul Chan (1973, Hong Kong) ; Mark Dion (1961, New Bedford, Massachusetts) et Robert Williams (1960, Liverpool, Royaume-Uni) ; Kendell Geers (mai 1968) ; Robert Gober (1954, Wallingford, Connecticut) ; GuytonWalker (Wade Guyton: 1972, Hammond, Indiana ; Kelley Walker 1969, Columbus, Georgia) ; Mona Hatoum (1952, Beyrouth) ; Thomas Hirschhorn (1957, Berne) ; Damien Hirst (1965, Bristol, Royaume-Uni) ; Mike Kelley (1954, Detroit, Michigan) ; William Kentridge (1955, Johannesburg, Afrique du Sud) ; Martin Kippenberger (1953, Dortmund, Allemagne ; † 1997, Vienne) ; Nate Lowman (1979, Las Vegas, USA) ; Sarah Lucas (1962, Londres) ; Paul McCarthy (1945, Salt Lake City, Utah) ; Steve McQueen (1969, Londres) ; Annette Messager (1943, Berck-sur-Mer, France) ; Wangechi Mutu (1972, Nairobi) ; Rivane Neuenschwander (1967, Belo Horizonte, Brésil) ; Chris Ofili (1968, Manchester, Royaume-Uni) ; Gabriel Orozco (1962, Jalapa, Mexique) ; Paul Pfeiffer (1966, Honolulu) ; Alexandros Psychoulis (1966, Vólos, Grèce) ; Walid Raad (1967, Chbanieh, Liban) ; Kiki Smith (1954, Nuremberg, Allemagne) et Rachel Whiteread (1963, Londres).
La Collection Dimitris Daskalopoulos
Grand collectionneur et grand mécène, l’athénien Dimitris Daskalopoulos a réuni au fil des ans l’une des plus importantes collections d’art contemporain au monde. Celle-ci rassemble plus de 400 oeuvres d’environ 170 artistes différents. Au cours de ces quinze dernières années, Dimitris Daskalopoulos a ainsi rendu possible le prêt de plus de 140 oeuvres à environ 120 musées internationaux en Europe et aux États-Unis. La collection est particulièrement riche en grandes installations et en sculptures ainsi qu’en vidéos et en films. Pour nombre d’entre ces oeuvres de premier ordre, L’Intervalle lumineux : The D.Daskalopoulos Collection est l’occasion d’une première présentation publique depuis leur entrée dans la collection. Actuellement, Dimitris Daskalopoulos recherche activement un site qui serait à même d’héberger son exceptionnelle collection en vue de la présenter au public de façon permanente à partir de 2013/2014. Le souhait du collectionneur mécène étant d’offrir un lieu en prise directe avec les concepts, la portée, le plaisir que l’art contemporain peut procurer, largement tourné vers l’interactivité et la pédagogie.
Catalogue
Un catalogue illustré accompagne l’exposition. Il comprend notamment une conversation entre Nancy Spector et Dimitris Daskalopoulos au sujet de l’histoire et de l’esprit de la collection ainsi que des textes par le critique d’art Brian Sholis, par le philosophe Simon Critchley et le psychanalyste Jamieson Webster. De nombreux commentaires inédits par les artistes sur les oeuvres exposées viendront également en enrichir le contenu.

John Bock. Tous droits réservés. Photo : Scott Groller, courtoisie de Klosterfelde, Berlin, et Anton Kern Gallery, New York
Guggenheim Museum Bilbao
- Avenida Abandoibarra, 2
- 48001 Bilbao
- BISCAYE
- Espagne
- www.guggenheim-bilbao.es
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