2011, le Champagne Nicolas Feuillatte célèbre ses 35 ans. En cette année anniversaire, l’artiste choisi est Julien Taylor, photographe illusionniste.
Du 29 mars au 20 avril, Nicolas Feuillatte présente une sélection de ses photographies ainsi que « Boom ! » l’ oeuvre conçue pour les 35 ans de la marque. C’est au Cloître Ouvert, nouveau lieu d’expositions à Paris, que le public pourra découvrir le travail de ce jeune photographe.
Les oeuvres de Julien Taylor relèvent toutes du photomontage numérique. Mais l’ordinateur n’est qu’un outil de composition : l’artiste se considère volontiers comme un bricoleur du réel qui préfère l’idée, le geste du créateur à la perfection rendue possible par la technologie.
Julien Taylor s’est d’abord distingué comme photographe de la nuit. Ce qui l’intéresse alors est le mouvement, le flou, la confusion, en un mot, l’étourdissement. Il photographie méthodiquement du sol au plafond et depuis des points de vue choisis, des décors habités de noctambules. Il s’intéresse à la multiplicité des clichés : il a l’idée d’assembler, par le biais du photomontage, différents instants d’une même soirée pour créer des suites d’images déroulant le film d’une fête qui a réellement existé, mais qu’il se plaît à réinventer.
« Il y a le moment où je prends les photos – ce fameux instant décisif cher à Henri Cartier-Bresson – et celui où je l’assemble sur l’ordinateur, et découvre leurs complémentarités. Ce sont deux instants de révélation, qui procurent des plaisirs différents, comme c’était le cas avec le reflex analogique et la chambre noire. »
Après le shooting, vient le temps du « collage numérique » sur ordinateur et la naissance d’une narration nouvelle, avec un principe de décomposition du mouvement, une démarche analytique qui ne sont pas sans évoquer les recherches scientifiques d’Étienne-Jules Marey et Eadweard Muybridge.
En 2005, fort de ces expériences et de plus en plus sollicité, son travail prend un tour nouveau. Si le concept de photomontage demeure le fondement de son oeuvre, le processus créatif va s’inverser. « J’ai voulu penser d’abord à l’image que je voulais faire, et aller chercher ensuite les photographies qui me le permettraient. » C’est dans cette optique que s’inscriront ensuite ses travaux, et notamment l’ oeuvre très aboutie qu’il vient de réaliser pour Nicolas Feuillatte.
La vie d’artiste professionnel de Julien Taylor commence véritablement au sein de La Générale, un squat dans le quartier de Belleville, à Paris, où il occupe un atelier en 2006 et 2007. Ce lieu créatif et festif ferme en 2007. Julien rencontre alors l’association Fetart, dont le principe est de démocratiser la photographie et d’encourager les jeunes artistes. Par ce biais, il exposera avec d’autres photographes, se faisant ainsi connaître.
« L’ARTISTE DE L’ANNEE » NICOLAS FEUILLATTE
Chaque année depuis 1999, Nicolas Feuillatte choisit « l’artiste de l’année » qui crée une oeuvre originale venant enrichir l’imaginaire de la marque. Ces artistes apportent un éclairage particulier, une tonalité nouvelle, témoignant d’une rencontre entre l’artiste et le Champagne Nicolas Feuillatte autour des thèmes propres à l’identité de la maison.
LE CLOîTRE OUVERT
Le « Cloître ouvert » est un lieu rare et hors du commun, conciliant académisme et modernité. Habités par les frères Dominicains, les espaces sont repensés en 2008 par l’architecte Jean-Marie Duthilleul. L’agence Di Mezzo gère le Cloître ouvert. Son activité est d’accueillir les entreprises dans les lieux atypiques qu’elle exploite. Par ailleurs, Di Mezzo a pour volonté de soutenir et de produire des projets à teneur artistique et patrimoniale.
www.lecloitreouvert.com / www.dimezzo.fr
FETART
Association de promotion pour la jeune photographie, Fetart a développé une expertise reconnue dans le domaine de la photographie contemporaine. En seulement quatre ans, Fetart a réussi à s’affirmer comme une référence incontournable de la scène culturelle française et à faire de chaque exposition un événement unique.
BOOM ! L’OEUVRE RÉALISÉE
POUR NICOLAS FEUILLATTE
Pour cette photographie grand format, Julien a eu l’idée d’une fête d’anniversaire, vue de haut. « Je voulais que ce soit chic mais pas ostentatoire, pointu mais accessible. »
Pour la réaliser, l’artiste a d’abord mis en scène tous les éléments du décor, dans un appartement parisien, à Pigalle. Il a photographié chaque détail des deux pièces de l’appartement (la cheminée, les parquets, la bibliothèque de philosophie, les portes…) depuis la dernière marche d’un escabeau, à l’aplomb pour supprimer toute ligne de fuite, à l’exception de quelques objets pris de trois-quarts pour préserver, ici ou là, quelques fragments de perspective. Ensuite, il s’est appliqué à photographier chacune des six saynètes mises en scène qui animent « sa » fête, d’en haut également. Au centre, un personnage vient d’ouvrir une bouteille de champagne, aux côtés de deux invités qui lui tendent leur coupe. Autour, prennent place un trio de musiciens (une batterie, un saxophone, un piano joué par Julien Taylor lui-même), un couple sur un canapé et la vision surréaliste d’un homme dont le mouvement du bras est décomposé, en clin d’oeil à la chronophotographie chère à l’artiste. Ailleurs, des personnages assis sur des coussins discutent devant la cheminée, un garçon et une fille sont en train de danser, tandis qu’un petit groupe profite du buffet. Julien Taylor s’amuse à mêler le vrai et le faux, le mobilier est réel, le gâteau est en carton, les personnages sont joués par des comédiens. La même jeune femme se glisse dans tous les rôles féminins, tandis que les invités masculins sont incarnés par des hommes différents. Tout est savamment composé, et a été photographié en une seule journée de prise de vue. Pour rompre la monotonie d’une surface de parquet trop uniforme, Julien a disposé sur le sol des pastilles blanches de papier de soie – empruntées à l’artiste Mathilde Nivet avec qui il partage son atelier -, et des ballons accrochés à différentes hauteurs, qui s’organisent en spirale pour créer un mouvement circulaire, en écho à d’autres éléments ronds, les cymbales, le projecteur dans lequel se reflète une bouteille de champagne, le gâteau…
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