Pascale Marthine Tayou + 30 ET PRESQUE-SONGES1 Commentaire

Par rédaction
Posté le 01 avr 2011 à 4:26

«AFTER SHAVE» 2011 (image de simulation) - PASCALE MARTHINE TAYOU - courtesy Galleria Continua / Revue Noire


Pascale Marthine Tayou et Revue Noire, c’est une histoire commune qui date de 1994 alors qu’il prend d’assaut la couverture du numéro sur le Cameroun (RN13 juin 1994). Puis au cours des années suivantes les expositions les «Artistes Africains et le Sida» au Bénin et à Dakar lors de la biennale (1995) , «Suites Africaines» au Couvent des Cordeliers à Paris (1997) et le film «Looobhy» (RevueNoire productions et Arte, 1997) sèment de petites pierres blanches d’une histoire commune qui de part en part, dans la vie de chacun, se rappelle à l’autre. Tayou la scelle dans cette nouvelle oeuvre/installation sur ce papier imprimé d’une histoire de l’art contemporain africain qui devient à transpercer, à empiler, à empaler sur un axe d’acier, indécent, sur de multiples axes d’acier qui montent au ciel les feuilles aux tranchants acérés d’une lecture devenue impossible.

Pascale Martine Tayou nous montre depuis longtemps ses dédales d’élucubrations, ses fétiches inventés qui font de lui un artiste, certes qui vient d’Afrique, mais aussi partageur d’une autre réalité plus urbaine, plus axée sur le devenir, plus commune, susceptible de fabriquer d’autres façons de regarder. Il s’agit là d’affirmer un temps présent sans pour autant épouser l’Art Contemporain, non dédaigné, mais simplement appréhendé comme un courant d’expressions parmi d’autres. Depuis un peu plus d’une décennie, l’Art Contemporain intègre des expressions d’artistes venus d’ailleurs. Certains y voient un ressourcement de l’art occidental fatigué par ses «ruptures» de plus en plus artificielles, d’autres y voient le «devoir» de repentance au «pillage» des formes africaines que l’Art Moderne fit au début du XXe siècle. Peu importe, Tayou a cette légèreté à ne pas se laisser enfermer et jouer avec les évidences pour les rendre mystérieuses ou leurs donner un sens chaque fois différent selon un rapport entre sa fabrication et l’oreille qu’il a du professionnel — commissaire ou critique —, de l’acheteur — collectionneur ou marchand —, du contemplateur — pékin non pékinois—. Pascal Marthine Tayou est désormais dans le gulf stream et dans le marché de l’Art Contemporain.

Chaque oeuvre de P.M.T. a sa propre vérité, mais cela fait longtemps qu’elle peut avoir une valeur partagée sensée et sensible dont la démonstration laborieuse est absente de même que le renvoi critique au jeu de références cultivées. Pascal Marthine Tayou aime à dire qu’il « fabrique des trucs, fait des choses. Les surréalistes, connais pas. L’art de récupération, je m’en fous. L’histoire de l’art ? » Que nenni. Dire cela n’est pas ignorer, mais bien affirmer l’autonomie de son propre regard et échapper aux classifications réductrices. Et quand bien même, il cite littéralement, il le fera dans le «kitsch» pour bien affirmer la liberté de sa pensée. Cela ne l’empêche pas de feuilletter l’univers des formes occidentales et du monde entier, moins pour en tirer une inspiration qui l’habite depuis longtemps, que pour multiplier les occasions de rencontres dont il maîtrisera les règles du jeu.

On dira alors que dans le foisonnement actuel de travaux de Pascale Marthine Tayou (Biennale de Venise 2009, «Traff Jam» Lille 2010, «Always All Ways» Lyon 2011), il y a cette « œuvre au noir » qui pisse son sang de blasphèmes, dans la petite maison Revue Noire de Montparnasse, entre Lille et Venise, Lyon et Gand, Shanghaï et Douala.

Jean Loup Pivin février 2011

  • Pascale Martine Tayou participe également à 30 ET PRESQUE-SONGES

30 ET PRESQUE-SONGES, une exposition en boite, 30 personnalités, des questions, des rires et des rêves, à ANTANANARIVO puis dans le monde.

L’artiste plasticien, Joël Andrianomearisoa organise pour sa deuxième édition un événement ambitieux qui rassemble à Madagascar, dans sa capitale Antananarivo, des artistes contemporains complices et amis du monde entier et toutes les disciplines (des arts plastiques à l’architecture, de la cuisine à la vidéo, de la littérature à la musique).

Les événements politiques des dernières années et mois, qui mettent le pays dans un climat d’instabilité sous une pression internationale, n’ont pas pour autant rendu dangereuses les conditions de sécurité et permettent de rendre d’autant plus opportune la tenue d’un tel événement. 30 ET PRESQUE-SONGES offre ainsi à la population, qui chaque fois se mobilise, les formes d’invention les plus libres des expressions d’aujourd’hui, comme peu de pays d’Afrique et de l’Océan Indien peuvent le faire grâce à ce lien de partage qui réunit des jeunes artistes et des artistes reconnus.

Dans le même esprit de cette instabilité politique, les 30 oeuvres de l’exposition sont conçues spécifiquement pour se concentrer dans une boite reproductible et transportable dans le monde entier. Et ainsi se déployer lieu par lieu dans des espaces fort différents. Les supports audiovisuels étant importants, leur association avec le spectacle vivant pouvant être faite. L’ambition de chaque lieu en donnera plus ou moins d’éclat à chaque étape. Néanmoins, le coeur initiateur reste Antananarivo.

30 ET PRESQUE-SONGES, DATES ET ITINÉRANCE : exposition en boite, collective, pluri-disciplinaire et itinérante du 7 au 14 avril 2011 à Antananarivo (Madagascar) . Elle se tiendra ensuite à Paris à la Maison Revue Noire : 21 avril – 09 juillet 2011. Puis à Saint Denis de la Réunion : 10 mai – 19 juillet 2011 montée en partenariat avec la Galerie Béatrice Binoche et le Teat du Champ Fleuri, www.theatreunion.re / www.beatricebinoche.fr . Ainsi qu’à Vienne, printemps 2011, à Douala, Cameroun, automne 2011, à Port au Prince, Haïti, automne / hiver 2011 – 2012, à Istanbul, Turquie, hiver 2011-2012.

30 ET PRESQUE-SONGES, LES ARTISTES ET ACTEURS

Les artistes exposés dans les manifestations internationales, Dokumenta de Kassel, Biennale de Venise, Rencontres de la photographie de Bamako…, ainsi que les jeunes artistes se sont attachés à créer des oeuvres produites spécifiquement pour cette exposition, compte tenu de ses critères.

Les oeuvres du plasticien Pascale Marthine Tayou, de l’architecte française Odile Decq, du peintre sud-africain Moshekwa Langa… seront confrontées avec celles des artistes malgaches tels que le vidéaste Rina Ralay Ranaiv, la photographe Malala Andrialavidrazana, le graphiste-photographe Herinirina… L’exposition insufflera d’autres libertés et fera découvrir au public de nouvelles dynamiques. Aucun thème n’a été donné. Chaque artiste se détermine par rapport à la nature des relations que chacun entretient avec chacun, au lieu initial et initiateur de Madagascar, à la fragilité du projet et probablement au sentiment simple de l’amitié enracinée dans les personnes et qui s‘étend à des territoires et des cultures chaque fois différents… et enfin à l’oeuvre de l’écrivain Rabearivelo, PRESQUE-SONGES.

30 ET PRESQUE-SONGES, SOUVENIR DU FUTUR – UNE HISTOIRE D’AUJOURD’HUI – SONGE DU PASSÉ.

Le fil rouge de 30 ET PRESQUE-SONGES est le recueil de poésie de Jean Joseph Rabearivelo : PRESQUE-SONGES. Ecrivain au destin tragique – existence misérable, opiomane, anticolonialiste, se suicide en 1937 dans la trentaine – il est considéré comme le premier écrivain moderne malgache. Il reste méconnu hors la sphère des spécialistes et des Malgaches, malgré son indiscutable appartenance au panthéon étroit des « grands écrivains» africains et de l’Océan Indien. Des rééditions récentes doivent permettre de sortir son oeuvre de l’anonymat du grand public. Il n’en reste pas moins OMNIPRESENT dans chaque forme de 30 ET PRESQUE-SONGES.

Tojo Rasolojaona Herinirina - « Ahhh!!!!! »- 2008

30 artistes / 30 projets pour 30 ET PRESQUE-SONGES 2011

01 / Odile Decq / Architecture / France / www.odbc-paris.com
02 / Moshekwa Langa / Arts visuels / Afrique du Sud / www.goodman-gallery.com/artists/moshekwalanga
03 / Rina Ralay Ranaivo / Arts visuels / Madagascar
04 / Malala Andrialavidrazana / Photographie / Madagascar
05 / Alain Polo / Photographie / RDC Kinshasa / www.alain-polo.blogspot.com
06 / DDP / Son – musique / Madagascar
07 / Sandra Moens / Danse – performance / France
08 / Marie Vic / Arts visuels / France – Usa
09 / :mentalKLINIK / Arts visuels / Turquie / www.mentalklinik.com
10 / Ludwig Kittinger / Arts visuels / Autriche / www.ludwigkittinger.blogspot.com
11 / Mathieu de Genot de Nieukerken et Patricio Aguirre / Arts visuels / USA – Equateur
12 / Elie Rajaonarison / Littérature / Madagascar / Hommage
13 / Frederic de Carvalho / Musique / France /www.absolutfreak.com/fdecarvalho.html /
14 / Tojo Rasolojaona Herinirina / Photographie – graphisme / Madagascar / www.flickr.com/photos/herinirina/
15 / Maksaens Denis / Arts visuels / Haïti
16 / Hervé Yamguen / Arts visuels / Cameroun
17 / Vincent Dubourg / Design / France / www.vincent-dubourg.com
18 / Lalaina Lartistika / Art culinaire – gastronomie / Madagascar
19 / Myriam Omar Awadi / Arts visuels / Comores / www.myriamawadi.com
20 / Elvira Londono / Arts visuels / Colombie
21 / Jean Joseph Rabearivelo / Littérature / Madagascar
22 / Stephane Barniche / Arts visuels / La Réunion
23 / Temandrota / Arts visuels / Madagascar
24 / Philippe Gaubert / Photographie / France – Madagascar
25 / Sadrak / Son – musique / Cameroun
26 / Njo / Littérature / Madagascar
27 / Guy Régis / Littérature / Haïti
28 / Ramika, Ralombo, Rivo Randrema, Tsiory / Bande dessinée / Madagascar
29 / Mounir Fatmi / Arts visuels / Maroc
30 / Pascale Marthine Tayou / Arts visuels / Cameroun / www.pascalemarthinetayou.com


JOEL ANDRIANOMEARISOA

Joël Andrianomearisoa

Initiateur du projet 30 ET PRESQUE-SONGES Joël Andrianomearisoa court aux quatre coins des expressions dans le bruit de l’art d’aujourd’hui. Contemporain ? Probablement dans l’expression parfaite de la fin des barrières des disciplines. S’il y a un fil à tirer dans les travaux de Joël Andrianomearisoa c’est l’espace, l’espace des performances, l’espace des vidéos et des corps, l’espace des matières et des textiles, mêlés de deux sensualités, l’une, improbable, totalement désincarnée qui replie sans cesse son carré fondateur, l’autre qui touche des corps dont l’esthétique a tout à voir avec une beauté incrustée dans notre inconscient. Amusant d’utiliser ce mot indeçant de la « beauté » pour évoquer ces corps noirs et blancs de la nuit, la caresse sur une plaie ouverte renversant les attendus que sans cesse le carré noir fondateur va remettre dans sa géométrie du plaisir. Regarder la liste des travaux de Joël Andrianomearisoa montre une suite prolifique où le doute est souvent absent quelle que soit la nature de ce qu’il fabrique : il a 19 ans quand il fait la couverture de Revue Noire Madagascar avec la photographie d’une de ses performances. Puis s’empilent ensuite toutes les expériences autour du carré alors qu’il fait ses études d’architecture à Paris : le textile, le costume, l’installation, et toujours la performance. De l’ARC du Musée d’Art Moderne à Paris, à Sydney au Musée des Beaux Arts……, Pascale Marthine Tayou l’intègre dans son – Fun Five Fun Story – où il se lie d’amitié avec Moshekwa Langa. Une bande amicale avec quelques autres, dont le petit jeune serait Joël. Joël avec ses affirmations pleines, sinistres et joyeuses, n’a jamais été tenté par la gloire du Rien, mais avidement par la sobriété du Tout. Cela ne voudrait rien dire si justement les images et les espaces, l’univers de Joël Andrianomearisoa n’étaient pas là. Donner au non discours, ce nouvel inconnu : une forme. Né à Antananarivo en 1977, architecte de formation, Joël Andrianomearisoa croise les genres et les styles, et souscrit au travail, de l’architecte, du vidéaste, du designer et de l’artiste. A travers son intuition, apparaît ce mouvement de fond qui traverse les expressions artistiques de notre époque, celui de faire là où on a envie de faire sans autre souci de faire, laissant de côté la carrière spécialisée. Jean Loup Pivin – juillet 2008

LA MAISON REVUE NOIRE
EXPRESSIONS CONTEMPORAINES DU MONDE

www.revuenoire.com

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1 Commentaire

  1. Mémé ndob

    de l’art comme ça il fallait y penser

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