Exposition Eugène Atget à la FUNDACIÓN MAPFRE0 Commentaires

Par rédaction
Posté le 18 avr 2011 à 4:26

Portrait d’Eugène Atget, 1927 Berenice Abbot Musée Carnavalet

La FUNDACIÓN MAPFRE présente, pour la première fois à Madrid, l’oeuvre du photographe français Eugène Atget (Libourne, 1857 – Paris, 1927). Artiste singulier, sa contribution à l’histoire de la photographie se révéla fondamentale et ses images énigmatiques inspirèrent, et inspirent encore aujourd’hui, un grand nombre d’artistes du XXe siècle. Après avoir examiné plus de 4 000 clichés, les commissaires ont sélectionné 228 épreuves, toutes réalisées entre 1889 et 1924. Ces photographies dressent un portrait de la ville de Paris et de ses environs, et permettent de percevoir la nette évolution que connut l’oeuvre d’Atget. Elles sont issues des fonds du Musée Carnavalet de Paris, de la George Eastman House de Rochester et des collections de la FUNDACIÓN MAPFRE.

Eugène Atget ne suivit pas de formation de photographe. Il arriva à la photographie en cherchant une source de revenus, et après avoir tenté sa chance dans d’autres domaines. Il débuta sa carrière en province mais rejoignit vite Paris, où il vécut ensuite jusqu’à la fin de ses jours. Atget travaillait dans l’anonymat. C’était une sorte de photographe commercial qui fournissait ce qu’il appelait des « documents pour artistes » : des paysages, des premiers plans, des scènes de genre et des détails destinés à servir de modèles à des peintres. Cependant, à partir du moment où il se consacra principalement aux rues de Paris, il commença à retenir l’attention d’institutions prestigieuses telles que le Musée Carnavalet ou la Bibliothèque nationale. Ceux-ci devinrent ses principaux clients.

Ces photographies de Paris nous font découvrir le meilleur Atget : celui qui nous présente une ville éloignée des lieux communs de la Belle Époque. Ses clichés du Vieux Paris révèlent des quartiers épargnés par les remaniements architecturaux définis par le baron Haussmann. Des rues et des immeubles déserts, des détails qui passent le plus souvent inaperçus, des cadrages austères et originaux : tout un ensemble qui offre un portrait collectif et mystérieux de la ville.

L’exposition est constituée de douze sections qui tendent à respecter les regroupements thématiques effectués par l’auteur lui-même : Petits métiers, types et commerces parisiens, 1898-1922 ; Rues de Paris, 1898-1913 ; Éléments décoratifs, 1900-1921 ; Intérieurs, 1901-1910 ; Voitures, 1903-1910 ; Jardins, 1898-1914 ; La Seine, 1900-1923 ; Rues de Paris, 1921-1924 ; La Zone, 1899-1913 ; et Environs de Paris, 1901-1921.

En guise d’appendice à cette série, 43 photographies de l’album de Man Ray sont également présentées ; il s’agit d’atmosphères et de types parisiens sélectionnés par l’artiste qui furent réalisés entre 1899 et 1926. Ceci permet de mieux comprendre l’intérêt que l’oeuvre d’Atget suscita immédiatement auprès des surréalistes. Les premiers à reconnaître son talent et son caractère précurseur furent la photographe Berenice Abbott et Man Ray lui-même, qui s’érigèrent en défenseurs de sa photographie.

La technique employée par Eugène Atget était celle de la photographie du XIXe siècle. Il utilisait une chambre noire en bois à soufflet, très lourde, qui l’obligeait à faire usage d’un trépied. Grâce à ses négatifs sur plaques de verre, de 18 x 24 cm, il pouvait saisir avec une grande netteté les détails les plus infimes.

De même, ses tirages sur papier albuminé sensibilisé au nitrate d’argent étaient développés à la lumière naturelle, puis virés à l’or. Cependant, sa vision photographique était singulièrement moderne.

Celui qui inspira des artistes et des photographes tels que Brassaï, Cartier- Bresson ou Roger Livet — parmi les surréalistes — ou encore Walker Evans, posa également les premiers jalons de la photographie documentaire du XXe siècle.

Afin de souligner cet aspect documentaire, la FUNDACIÓN MAPFRE organise – avec la participation d’éminents spécialistes internationaux – un cycle de conférences qui aura pour but de démontrer l’influence exercée par les images d’Atget sur des photographes d’hier et d’aujourd’hui. Ce cycle débutera immédiatement après l’inauguration de l’exposition.

L’exposition rejoindra ensuite Rotterdam (Nederlands Fotomuseum de Rotterdam, du 24 septembre 2011 au 3 janvier 2012), puis Paris (Musée Carnavalet, du 17 avril au 25 juillet 2012), et enfin Sydney (Art Gallery of New South Wales, du 21 août au 15 novembre 2012).

CATALOGUE Le catalogue de l’exposition est publié dans trois langues (anglais, français et espagnol) et propose plusieurs textes de spécialistes reconnus de l’oeuvre d’Eugène Atget. Après un résumé dans lequel les commissaires exposent les desseins de cette exposition, Guillaume Le Gall, de l’Université de la Sorbonne, analyse comment Atget, dans la lignée d’une tradition qui remonte à la première moitié du XIXe siècle, s’attacha à remettre à l’honneur un Paris qui disparaissait. C’est ce qui le poussa à s’exclamer : « Je puis dire que je possède tout le Vieux Paris. »

Toutefois, ce sont les photographes d’avant-garde qui surent le mieux valoriser, audelà de leur caractère purement documentaire, le contenu artistique de ses clichés. Anne Cartier-Bresson et Marsha Sirven, responsables de l’Atelier de Restauration et de Conservation des Photographies de la Ville de Paris (ARCP), abordent dans leur article les procédés techniques employés par Atget, ainsi que les critères adoptés en matière de conservation et de restauration de son oeuvre. L’écrivain anglais Geoff Dyer propose à son tour un portrait plus personnel d’Atget et de son oeuvre, tandis que Michael Thomas Gunther explore les rapports qu’entretenait Atget avec Man Ray et les milieux surréalistes du Paris des années 1920.

Châtaigniers, 1919‐1921 Eugène Atget Collections FUNDACIÓN MAPFRE

Le catalogue reproduit également toutes les oeuvres exposées au sein des douze sections thématiques. La quadrichromie permet de constater les différences de tonalités acquises par les tirages d’Atget avec le temps.

Pour conclure, madame Françoise Reynaud, conservatrice en chef du Musée Carnavalet – l’une des principales expertes de l’oeuvre d’Atget et co-commissaire de l’exposition – enrichit ce catalogue d’une biographie complète, d’une bibliographie sélectionnée et d’une liste exhaustive des expositions consacrées à Eugène Atget ainsi que des collections, publiques et privées, conservant son oeuvre.

WEB Afin d’enrichir les contenus de l’exposition et de la rendre accessible au grand public, la FUNDACIÓN MAPFRE a développé une page internet monographique entièrement dédiée à cette manifestation.

Grâce à l’URL suivante : www.exposicionesmapfrearte.com/eugeneatget, les internautes pourront découvrir les principaux concepts artistiques abordés, ainsi que les oeuvres les plus remarquables. Ils pourront également effectuer un parcours virtuel d’une grande qualité à travers toutes les salles, ou encore écouter les commentaires des spécialistes. Le site permettra en outre de consulter un extrait du catalogue et d’accéder aux renseignements concernant les ateliers, les visites du public et les visites pour le public handicapé.

Cette exposition fera par ailleurs l’objet d’une présentation sur le nouveau portail éducatif « enredarte » (www.enredarte.com) : les familles, les enseignants et les enfants pourront ainsi approfondir leurs connaissances et interagir de façon ludique avec les contenus.

Chanteuse de rue et joueur d'orgue de Barbarie, 1898 Eugène Atget Musée Carnavalet

  • Du 27 mai au 27 août 2011

FUNDACIÓN MAPFRE

  • Instituto de Cultura.
    Paseo de Recoletos nº 23 – MADRID

Commissaires : Carlos Gollonet, commissaire indépendant, conseiller pour la photographie de FUNDACION MAPFRE. Frits Gierstberg, directeur des expositions du Nederlands Fotomuseum de Rotterdam. Françoise Reynaud, conservatrice du Musée Carnavalet de Paris.


Production :
FUNDACIÓN MAPFRE ; Nederlands Fotomuseum, Rotterdam ; Musée Carnavalet, Paris, et Art Gallery of New South Wales, Sydney

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