The Second Woman au Théâtre des Bouffes du Nord0 Commentaires

Par rédaction
Posté le 22 avr 2011 à 10:23

Affiche © photo: Patrick Tourneboeuf - Tendance floue

L’histoire :

Se jouant dans les échos sensibles d’un film (culte ?) de John Cassavetes… La tragi-comique hypothèse de mettre en scène une cantatrice qui, parce qu‘elle vieillit, perd ses certitudes et se questionne sur le meilleur endroit où placer sa voix, constitue l’intriguant argument d’Opening Night-Opera.

Perturbé par la folie d’une diva dont les caprices frisent le stade de la plus incontrôlable divagation, le planning des répétitions se transforme en un canevas pirandellien nous baladant au grè des hallucinations de la dame à travers une revue de détails des grands rôles du répertoire lyrique.

C’est alors par des visions fantasmagoriques de la musique de Verdi, Puccini et Berg… entièrement re-composée par Frédéric Verrières que tout se dénoue sur un livret de Bastien Gallet. Le plaisir instantané d’un parcours buissonnier qui à force de refuser l’obstacle, de ce qu’il y aurait à chanter, devient l’oeuvre en soi. Ce regard amusé et transgressif porté sur un work in progress qui se nourrit d’une catastrophe pour en faire son avantage, réunit, sous la direction musicale de Jean Deroyer l’ensemble Court-circuit et Guillaume Vincent à la mise en scène.

A propos :

The Second Woman raconte l’histoire d’un spectacle : pendant quatre actes, nous suivons les grands moments d’une production, des répétitions avec piano à la première avec orchestre. Dirigés par un metteur en scène, des chanteurs répètent un opéra contemporain. Le rôle principal est tenu par une cantatrice renommée mais vieillissante. Elle traverse, dès le début des répétitions, une crise vocale et identitaire qui la mènera aux bords de la folie. Elle commence par rejeter son personnage, puis entreprend de le transformer, modifiant paroles et musique, entraînant les uns et les autres, chanteurs et musiciens, dans une guerre théâtrale et musicale qui culminera lors de la première représentation.

The Second Woman raconte l’histoire d’une transformation. L’opéra répété est une œuvre conventionnelle, tant du point de vue de la musique que de celui du livret. Progressivement, cette œuvre va se modifier. Les styles et les genres vont se rencontrer, se contredire, s’associer: baroque et contemporain, mélodie française et opéra vériste, pop et tradition orale, écriture et improvisation, tous les personnages vont participer à cette mutation dont la cantatrice fut la première étincelle et dont le résultat sera une œuvre nouvelle, produite dans les ruines de l’opéra répété.

The Second Woman est un opéra qui se construit en même temps qu’il se déroule, dont le matériau conventionnel est finalement incarné et dépassé. Nous ne croyons pas qu’il existe une langue naturelle de l’opéra. Cette langue, il faut sans cesse la réinventer. Dans ce projet, elle n’est pas même donnée quand l’opéra commence. Elle s’élabore peu à peu, peu à peu se justifie, devient finalement nécessaire. Dans The Second Woman, l’opéra est un résultat: le résultat d’un devenir qui est le spectacle lui-même.

La structure dramatique de cet opéra s’inspire librement du film Opening Night de John Cassavetes. The Second Woman est le titre de la pièce de théâtre que les personnages répètent dans le film. Bastien Gallet – Livret

« The Second Woman est un concept dramaturgique presque entièrement déduit de la musique que j’écris pour le concert. Bien avant de penser à cet opéra, j’ai élaboré une technique d’écriture musicale qui re-compose des oeuvres déjà composées, qu’il s’agisse du grand répertoire ou de musiques de traditions orales. The Second Woman est le titre de la pièce que joue Gena Rowlands dans Opening Night de John Cassavetes : le livret est donc partiellement sous l’influence du film. Je me souviens, la première fois que j’ai vu le film, j’ai malgré moi commencé à imaginer des analogies avec le travail des répétitions d’un opéra et les différentes étapes du montage d’une production lyrique. L’opéra dans l’opéra, est un dispositif parfaitement similaire à celui de mon propre processus de création. Je savais donc que le seul sujet possible d’un premier opéra était le monde de l’opéra lui-même, de même que l’unique matériau de ma musique provient d’une musique déjà composée par un autre et que j’explore par anamorphose, par agrandissement progressif, un peu comme le photographe du Blow up d’Antonioni. J’ai découvert avec jubilation que le travail mis en oeuvre lors des répétitions d’un opéra, les modifications apportées par les interprètes ou la mise en scène, m’offraient la possibilité d’une ré-écriture permanente des scènes répétées. « Différences et répétitions » : voilà donc les lignes de force de la dramaturgie et de la musique. Le théâtre lyrique offre une merveilleuse liberté de ton et de langage impossible à obtenir au concert qui exige une cohérence toute musicale.

The Second Woman est un opéra de la simple ritournelle ou du cri, du chant folklorique d’une pleureuse des Balkans ou d’une pop song. Le répertoire lyrique du XVIIIe au XXIe siècles est très présent : j’ai une vision du chant lyrique comme irrémédiablement contenu dans le passé. La voix lyrique est un instrument ancien taillé au fil des siècles, fascinant à observer pourvu qu’on utilise le principe de l’oeil neuf. Dans notre histoire, les tensions entre les personnages sont telles que les bonnes consciences intellectuelles ou bien les postures esthétiques tombent une à une. Toutes les directions esthétiques qui parcourent le livret sont donc fausses. Qu’elles soient avant-gardistes ou passéistes, elles se dévoilent tantôt pédantes tantôt idéologiques ou compassées et seul ce parcours à la fois angoissé et ludique à travers la recherche d’un style musical, d’une vocalité, fait sens. Cet opéra nous fait sans cesse entendre un processus de création musicale qui est l’oeuvre elle-même. » Frédéric Verrières- Composition

« Dans mes précédents spectacles, j’ai souvent cherché à redéfinir les frontières, à exciter les paradoxes, à brouiller les pistes entre acteur et personnage, réalité et fiction. Le théâtre se prête volontiers à la confusion et aux débordements. A priori, l’opéra semble moins propice à ce genre d’expérimentation ; il y a une partition, la mise en scène est dévolue à la musique… Quand Frédéric Verrières et Bastien Gallet m’ont parlé de The Second Woman , j’ai tout de suite compris qu’il ne s’agissait pas là d’un opéra classique. Le livret et la musique travaillent sur le dynamitage des genres, et je ne peux que me réjouir de travailler sur cet opéra quasi-pirandellien, où la réalité se frotte à la fiction. Mais là, il ne s’agit pas d’acteur mais de chanteur, et le personnage principal c’est la musique elle-même. Avec La Nuit américaine , François Truffaut dévoilait les coulisses du cinéma en insistant non sur la création elle-même mais en montrant ce qu’il y a d’artisanal et de factice dans la fabrication d’un film. C’est aussi le projet de The Second Woman , donner à voir, à entendre l’opéra comme sujet de notre opéra. » Guillaume Vincent– Mise en scène

  • mise en scène Guillaume Vincent
  • musique Frédéric Verrières
  • livret Bastien Gallet

avec :

  • Jean-Yves Aiziz le pianiste et répétiteur
  • Jean-Sébastien Bou le baryton
  • Elizabeth Calleo la cantatrice
  • Jeanne Cherhal la chanteuse
  • Jean Deroyer le chef d’orchestre
  • Marie-Eve Munger la colorature
  • Philippe Smith le metteur en scène
  • et l’Ensemble Court- circuit
  • direction musicale Jean Deroyer
  • dramaturgie Marion Stoufflet
  • scénographie James Br andily
  • lumières Sébastien Michaud
  • costumes Fanny Brouste
  • musique électronique Olivier Pasquet

durée : 1h30 environ

livret en français et anglais, spectacle surtitré

production : C.I.C.T. / Théâtre des Bouffes du Nord
coproduction : Les Théâtres de la Ville de Luxembourg ; Ensemble Court-circuit ; Opéra de Reims ; Comédie de Reims ; La Muse en circuit – Centre International de création musicale – en association avec le festival Extension ; avec l’aide à la production d’Arcadi et le soutien du Fonds de création lyrique SACD

Tournée (en cours) :

  • 30 novembre au 1er décembre 2011 : Les Théâtres de la ville de Luxembourg
  • 9 mars 2012 : Espace Jules Verne, Brétigny sur Orge
  • 13 mars 2012 : Opéra de Reims, en co-réalisation avec la Comédie de Reims
  • 15 et 16 mars 2012 : Théâtre de Caen

Jeanne Cherhal © Valérie Archéno

Théâtre des Bouffes du Nord

  • 37 bis, bd de la Chapelle
  • 75010 Paris
  • Téléphone :
  • 01 46 07 34 50
  • réservations du lundi au samedi de 11h à 18h
  • Fax : 01 46 07 33 00
  • www.bouffesdunord.com

Moyens d’accès :

Métro: ligne 2, arrêt La Chapelle

Réservation :

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