Papier à l’oeuvre au Louvre2 Commentaires

Par rédaction
Posté le 05 mai 2011 à 9:21

Nicolò dell’Abate (entre 1509 et 1512-1571). Une Victoire. Plume et encre brune, pierre noire, pinceau et lavis brun, rehauts de gouache blanche, sur plusieurs morceaux de papier beige vergé. Contours piqués pour le report. Figure découpée et collée sur un feuillet préparé en bleu.. H. 46,8 cm ; L. 29,5 cm. Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques, Inv. 5884 © 2011 Musée du Louvre / Marc Jeanneteau

Le papier à l’oeuvre

Soixante-dix oeuvres sur papier d’une cinquantaine d’artistes actifs entre le XVe siècle et le XXIe siècle, ont été sélectionnées dans les fonds parisiens du département des arts graphiques du musée du Louvre, du musée d’Orsay, du musée national d’art moderne et dans ceux de diverses collections françaises. L’artiste dessine avec différents outils sur toutes sortes de papiers, blancs ou colorés, transparents ou non, pris au hasard, réemployés ou soigneusement choisis. Il les marque, il les griffe, il les recouvre ; il les assemble ou les découpe, il les colle, les agrafe ou encore les punaise. Il sélectionne et choisit avec le plus grand soin de précieux papiers d’art ou il dessine sur ce qui lui tombe sous la main. Il peut aussi déchirer, perforer, brûler son papier, ses papiers, mais toujours pour mieux les magnifier, comme pour les honorer. En confrontant les générations, il s’agit de démontrer que le papier est un acteur à part entière du dessin.

L’exposition s’organise en cinq sections, jouant par principe sur les rapprochements entre anciens et modernes et sur la diversité des partis techniques et esthétiques.Cette exposition est organisé en partenariat avec la société Canson.

Papiers et couleurs

La couleur peut être un masque, cachant, recouvrant le support tout en mettant en valeur le dessin de l’artiste : on voit ainsi des dessins sur papier rose de Botticelli, de Degas ou de Robert Barry – artiste conceptuel américain –, puis d’autres sur papier bleu (Jan de Cock, Lavinia Fontana), sur papier noir (Pierrette Bloch), ainsi que des huiles sur papier, comme celles de Vleughels, de Michallon ou de Simon Hantaï.

Papiers assemblés, papiers multipliés

La seconde section révèle toutes les savoureuses manipulations que l’on peut faire à partir d’une simple feuille : comment l’agrandir en collant d’autres morceaux (Rubens), élaborer une composition en rassemblant des fragments de dessins (Ingres), cacher une partie de la composition par d’autres éléments de papier, permettant d’introduire des repentirs (Jean Dubois); elle montre aussi comment dessiner dans le papier en silhouettant des profils par le simple jeu du noir et du blanc (Oberlin). Au XXe siècle, le procédé devient un art à part entière : c’est l’époque des papiers collés, des papiers découpés, ici illustrée avec des oeuvres de Braque, de Picasso ou de Matisse.

Papiers fortuits, papiers élus

Le papier, qu’il soit pris au hasard ou soigneusement choisi pour ses qualités, reste un support d’expression privilégié pour l’artiste : en témoignent des oeuvres de Rembrandt, Piranèse, Van Gogh, Seurat, Cézanne, Maillol, Picasso…

Transferts et transparences

Un dessin permet de répéter un autre dessin. Reporter une composition sur un autre support, donner à voir à travers le papier a toujours été nécessaire, et la pratique du calque, du décalque, de la perforation remonte à des temps très anciens.

Papiers magnifiés, papiers martyrisés

La dernière partie présente principalement des oeuvres du XXe siècle : Jean Arp, Jacques Villeglé, François Rouan, Claude Viallat, Eduardo Chillida, Christian Jaccard. D’un côté, des oeuvres glorifiant la beauté du matériau, de l’autre des pièces le montrant mutilé ou en partie détruit. Mais on prendra ainsi conscience que les uns ne vont pas sans les autres et que la gloire des papiers tourmentés est universelle.

Enfin, un dessin inédit de Dominique De Beir, Le Blanc, c’est la nuit, conçu spécialement pour l’exposition, est placé devant la fenêtre qui fait face à l’entrée de la salle de la Chapelle. Réalisé sous la forme de trois lés horizontaux en papier Canson Montval, il joue avec la lumière en transparence. Un panneau didactique raconte, à cette occasion, l’histoire de ce papier, créé pour Aristide Maillol en 1911, et développé depuis 1925 par Canson.

Commissaires de l’exposition

Natalie Coural, conservateur au Centre de Recherche et de Restauration des musées de France, avec la collaboration de Dominique Cordellier, conservateur en chef au département des Arts graphiques du musée du Louvre et d’Hélène Grollemund, chargée d’exposition au département des Arts graphiques du musée du Louvre.

  • Conférence de présentation à l’auditorium du Louvre par Natalie Coural et Hélène Grollemund Lundi 20 juin à 12h30

Catalogue de l’exposition

Sous la direction de Natalie Coural. Le livre coproduit par le musée du Louvre et les éditions Hazan comprend des essais qui retracent l’évolution, la circulation du matériau, ainsi que la mise au point à la fin du XVIIIe siècle de papiers conçus pour les artistes. Le catalogue présente les oeuvres sélectionnées, toutes reproduites en couleurs, selon le parcours de l’exposition : papiers colorés ; papiers assemblés, papiers multipliés ; papiers fortuits, papiers élus ; transferts et transparences ; papiers meurtris, papiers magnifiés. Pour entrer au coeur du papier, les textes d’ensemble comme les points de vue plus précis ont été confiés à des spécialistes, en croisant les regards : philosophes, historiens, historiens de l’art, chercheurs de laboratoires, restaurateurs et plasticiens. Coédition musée du Louvre éditions / Hazan. 320 pages – 235 illustrations – 45 euros

Jean Arp (1886-1966). Papier déchiré, 1932. Papiers déchirés et collés sur papier. H. 14 cm ; L. 14 cm (chaque oeuvre). Dons de la Société Kandinsky en souvenir de Pierre Bruguière, 2006. Paris, Centre Pompidou, musée national d’art moderne / Centre de création industrielle, AM 2006-8 et 2006-9. © Collection Centre Pompidou, Dist. RMN / Georges Meguerditchian. © ADAGP, Paris, 2011

Informations pratiques

  • du 9 juin au 5 septembre 2011

Horaires

  • Exposition ouverte tous les jours de 9h à 18h, sauf le mardi, nocturnes jusqu’à 22h les mercredi et vendredi.

Tarifs

  • Accès avec le billet d’entrée au musée : 10 €.
  • Gratuit pour les moins de 18 ans, les moins de 26 ans résidents de l’U.E., les enseignants titulaires du pass éducation, les demandeurs d’emploi, les adhérents des cartes Louvre familles, Louvre jeunes, Louvre professionnels et Amis du Louvre, ainsi que le premier dimanche du mois pour tous.

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2 Commentaires

  1. ferrer

    expo qui semble très intéressante

  2. ferrer

    expo qui semble très intéressante !

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