Catherine Gfeller : Pulsations0 Commentaires

Par rédaction
Posté le 29 juil 2011 à 2:51

Catherine Gfeller - Les Dérangeuses 2008 90 x 120 cm

En mouvement, trépidante, effervescente: équipée d’une caméra et d’un microphone, l’artiste sillonne la ville et la campagne, se mêle à la foule et à la circulation, voit ses images réfléchies dans les fenêtres de bus et les vitrines, puis transperce des murs pour palper les espaces cachés où habitent les hommes et passer au crible leurs effets personnels.

La recherche artistique de Catherine Gfeller porte sur la condition de l’homme moderne placé à l’intersection entre l’individu et la foule que semblent régir de merveilleux mécanismes. Le support sonore est traité avec le même soin que l’image. Seul le son permet d’associer au regard rebondissant sur les surfaces l’intériorité et la subjectivité de l’homme, son inconscient, son flux ininterrompu de pensées. A l’instar des caractéristiques visuelles, la bande son transmet elle aussi des articulations de densité variable – tantôt bruit de fond, tantôt sons purement corporels, tantôt réflexions intelligibles.

Catherine Gfeller appartient au genre d’artistes dont le travail consiste à élaborer une seule et grande oeuvre, projet de toute une vie. Formé par les innombrables facettes des différentes oeuvres individuelles, le travail se développe en circonvolutions et les sujets ne sont jamais épuisés, les mystères de l’existence humaine étant impénétrables.

Conçue en étroite collaboration avec l’artiste, l’exposition Pulsations reprend son geste artistique qui vit du rythme, de la fragmentation et de l’éternel retour – une vibration qui se déplace de l’extérieur vers l’intérieur «comme si le pouls de la ville s’invitait au coeur de notre existence» (Catherine Gfeller).

Bio :

Catherine Gfeller est née en 1966 à Neuchâtel (Suisse) où elle obtient à l’Université un Master en Histoire de l’Art et en littérature française ainsi qu’un certificat d’aptitudes pédagogiques puis, en 2003 un DEA en esthétique et psychanalyse à l’Université Montpellier III.

Après des études d’histoire de l’art et de littérature, elle a choisi les arts plastiques. En 1995, elle s’installe à New York, puis en 1999 à Paris. Depuis 2010, elle vit et travaille à Paris et à Montpellier.

Elle commence son activité photographique en s’adonnant au paysage et voyage intensément pour trouver ses sujets. (1985-1995 : La Matière du Paysage, From Above). En 1995, elle obtient une bourse afin de poursuivre ses recherches à New York où elle réside jusqu’en 1999. Elle s’intéresse dès lors au paysage urbain. Elle crée de longues Frises urbaines, compositions horizontales ou verticales, obtenues par montages, collages et superpositions d’images, donnant vie à un univers à la fois proche et éloigné de la réalité de la ville.

En 1999, elle s’installe à Paris  et reçoit  le prix  de la Fondation HSBC pour la photographie. Dès lors, la ville, prise dans un sens métaphorique, est une source d’inspiration pour de nombreux travaux qui mêlent différents mediums : photographie, vidéo, son, création radiophonique, écriture (Multi-Compositions, Procession, Visages de Villes). Les silhouettes humaines sont traitées en transparence et se laissent traverser  par les motifs de la ville comme pour se fondre dans le chaos urbain, donnant naissance à des êtres hybrides, mi-humains, mi urbains.

Plus récemment, Catherine Gfeller manipule et tourne sa caméra « upside down » vers de nouvelles expérimentations où les coordonnées spatiales basculent et bousculent pour nous emmener ailleurs. Divers protagonistes nous guident pour explorer des espaces extérieurs ou intérieurs, là où les pulsations urbaines continuent d’agir subrepticement. (Les Déshabilleuses, Les Dérangeuses, Les Frayeuses, Bouches de Paris). Le verbe, les phrases, les mots font irruption et se superposent aux images comme en voix off.

Les dernières pièces (installations vidéos, installations sonores et projections) transportent dans de véritables univers romanesques qui mélangent les données autobiographiques et fictionnelles. (Pièces Domestiques, Conversations, Sortilèges, Chimères).

Depuis 1988 Catherine Gfeller a exposé ses travaux au Canada, aux Etats-Unis, en Israël, en Argentine, au Chili, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en France, en Hollande, en Italie, en Slovénie et en Suisse, où ses oeuvres se trouvent dans de nombreuses collections publiques et privées. Elle participe aux foires dʼart contemporain comme Art Basel, Art Unlimited, KunstZurich, Armory Show NY, la Fiac, la Biennale de Ljubjana et Art Bruxelles.

Parallèlement à ces expositions, Catherine Gfeller est régulièrement invitée à des festivals vidéo ainsi qu’à des conférences ou workshops dans différentes écoles d’art et universités.

  • vernissage : vendredi 28 octobre à 18h30
  • exposition: 28 octobre -1er janvier 2012

Regarder :

Centre Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon / Sète

  • 26 quai Aspirant Herber 34200 Sète

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