Né en Italie (1948) à Arezzo, Pierluigi Bellacci se forme à l’Académie des Beaux-Arts de Rome (1970-1973). Bellacci a rapidement rencontré le succès, au travers d’expositions tenues dans de nombreuses métropoles artistiques dont Paris, Milan et Athènes ; là, il collabore avec, par exemple, le grand marchand Iolas… et la Kiron Galerie (fondation). A l’origine, son oeuvre se caractérise par une pleine figuration à forte puissance symbolique. Son évolution propre, maturée, le conduit à un mélange de figuratif et d’abstrait. D’aucuns définissent Pierluigi comme “ l’artiste créatif et le poète du sens pur.” La poésie dans son sens pur a toujours fait partie intégrante de l’oeuvre du Bellacci. Une qualité distinctive qui réside dans le fait qu’il est toujours fidèle à sa vision personnelle de son art en restant sourd au chant des Sirènes, des modes passagères, en modelant un antidote inspiré et charismatique. Une logique qu’il consolide avec la qualité profonde de son travail, en se révélant comme créateur à la frontière entre le visible et l’invisible, entre le spirituel et le matériel, et vice versa. Son oeuvre est représentée dans les plus grandes collections privées. Elle fait l’objet de nombreux catalogues et monographies. Pascale Geoffrois

Pierluigi Bellacci
Nous sommes en Italie, au plein cœur de l’été 1956. Un petit garçon d’Arezzo joue depuis le matin à courir à travers les champs secs de la campagne toscane. En liberté, sifflant un air improvisé, il chemine au hasard sur les sentiers, frottant le cuir de ses sandales aux cailloux orangés, sautillant, prenant tout son élan pour escalader un muret désossé où dorment quelques lézards. Il gratte ensuite cette belle terre de Sienne avec un bâton, en inverse les couches, mélange intimement la matière, s’amuse des effets obtenus, de ce nuancier de beiges et d’ocres, puis s’en retourne poursuivre un moment un oiseau rouge à travers les vignes. Il cueille, avec les précautions que lui dicte son instinct, une figue de Barbarie pour apaiser sa soif. A midi, lorsque la chaleur se fait plus écrasante encore, recherchant la fraicheur, il pousse la lourde porte de la chapelle Bacci. Traversant un vitrail clair et perçant la noirceur de la nef jusqu’au chœur, un rayon de soleil auréole d’or le visage du Christ pantocrator de Piero Della Francesca. L’enfant cligne doucement les yeux. Le mouvement silencieux sera gravé dès lors dans son esprit. Métaphysique au sens vrai, tout l’oeuvre peint de Bellacci, nous parle de cette lumière. De la lumière perçue comme un phénomène extraordinaire. La lumière que le peintre met dans son oeuvre, la lumière qui si l’on se tient très tranquille, se soustrait de la mesure même du temps. Peintre de l’Atmosphère et de la Transcendance, sa contribution à l’art moderne vient de la profonde relation qu’il établit en permanence entre le visible et l’invisible, entre le spirituel et le matériel, peuplant son art de signes et de dons, de figures et de formes. Conscient des transformations de nos sociétés, Bellacci avance avec l’idée de renouvellement. Il explore le cercle des correspondances entre macrocosme et microcosme. Le zénith et le nadir. L’émoi. Les simulacres. L’énigme. Puisque toute qualité change, qu’aucun attribut ne demeure. A chaque coup de pinceau, une incarnation. Une pensée. Un sens. Il se place dans la nature même des phénomènes célestes. Dans l’allégorie réelle. Dans l’abstraction du trait. Dans l’abstrait. Dans la méditation, la paix. C’est la fin du langage. A quoi pourraient servir les mots ? Il est la résurrection de la main et du geste, la résurrection du peintre et de la peinture. Le maintenant de la mine de plomb et des lavis, des glacis et des transparences… Sa culture naturelle, fondatrice, est celle de la Renaissance, celle que l’on croise aujourd’hui encore en Italie à chaque coin de rue. L’oeil ne s’habitue pas au sublime, il demeure à jamais ébahi. Quotidiennement, de Rome à Florence, puis à Paris et en Grèce, Bellacci puise son inspiration dans cette révolution et exploite les techniques précises de cette époque, qu’il étudia aux Beaux-Arts de Rome, d’où il convoqua ensuite Picasso et Matisse qui deviendront les pilastres de son travail. D’un caractère contemplatif, esthète, Pierluigi Bellacci, dans son atelier des hauteurs de la verte campagne romaine, aime dès l’aube admirer la nature. Il écoute le chant des oiseaux, c’est l’une de ses passions. Peuplé de livres d’art, -ce n’est qu’en s’asseyant au pied de ceux qui savent que l’on peut apprendre-, de souvenirs épars, d’une pincée de passé, d’une faune futuriste, de sculptures et de bas-reliefs, à l’image sans doute de celui qui en occupe tout l’espace, cet endroit est habité d’art, jusque dans le plus petit angle. Les murs blancs se couvrent de toiles. En son jardin poussent lotus et thym, jasmin. Il fume une cigarette près du mulberry tree, en souriant. Sous la tonnelle, des chassis, des rouleaux de papier, des pinceaux et des flacons de toutes sortes. Des fusains énormes. Il fréquente les lieux où l’art s’expose, tout l’art, sous toutes ses formes. Réel. Critique éclairé des formes contemporaines d’asservissement, il s’en dégage en misant sur la perspective. Il dénonce l’illusion. Pas la magie. Il est curieux, idéaliste, attentif. « Gentile » comme on le dit si bien en Italien. Il goûte avec bonheur à la douceur de vivre, à la liberté, au sensations, respirant cet air auquel s’ajoute cette particulière chaleur. Il est transmission, vecteur, le passeur discipliné, le chercheur austère et patient des forces de l’âme. Quand l’homme finit par ressembler à ce qu’il voudrait être. Ses compositions actuelles sur papier ou sur toiles, se situent à ce point rare et précis d’équilibre entre la matière et l’esprit, entre le sensuel et le solennel. Ses ambres, ses albâtres, céruses ou argent, ses noirs, ses bleus, sont autant d’écrans de superpositions destinés à accueillir les rouges et les jaunes francs, le vert chartreuse et bien sûr les ors – en un ordonnancement naturel au sein duquel le peintre intègre avec une énergie prodigieuse son abstraction et sa géométrie, ses références. Chaque œuvre invite à la méditation. Au silence actif. A l’innocence. A voir ce qui n’est pas, à voir plus que ce qui est. Symbolique et spirituel, intense, altruiste au-delà du sens, le mouvement créateur de Bellacci incarne, Restany l’avait perçu, l’essentiel, l’authentique, l’admirable plaisir de peindre. Texte de Pascale Geoffrois
-
Vernissage : samedi 10 septembre 2011 de 18h00 à 21H00.Exposition : jusqu’au samedi 29 octobre 2011.
- Stéphane Moscato, Première ! à La Galerie Ligne 13
- Pierre Henri Argouarch, exposition Art, Archi, Archibox
- Léo Delafontaine et Vladimir Vasilev lauréats SFR au festival ImageSingulières
- Yves Marchand & Romain Meffre, Theaters, à la Polka Galerie
- Waii, l’œuvre gravé de Dennis Nona, Îles du Détroit de Torres, Australie













