
Jean Depara - Série : Les nuits de Kinshasa 1951 - 1975 - Gelatin silver print © JEAN DEPARA / Courtesy Galerie Maison Revue Noire
DEPARA NIGHT & DAY IN KINSHASA 1951 – 1975
Les villes en Afrique des années 1950-70 sortent de la colonisation pour aller avec certitude vers la joie de leur indépendance. Chacun vit ces moments où enfin la modernité du monde est accessible, sans soucis de Blanc ou de Noir. À Léopoldville, devenue Kinshasa, cela passe par l’« American way of life », ses belles voitures et la mode des sapeurs en tenue de cow-boy (Bill ou William Scott), la guitare électrique, le saxo et des musiques qui mêlent rumba congolaise, jazz, highlife, bigband… Les bandes de jeunes Kinois avec chacune un style vestimentaire et leurs muses féminines, fréquentent les innombrables bars-dancings, soutenant un groupe musical. Les athlètes, fiers de leurs corps, paradent devant leurs admiratrices à la piscine du Complexe sportif de la Funa, haut lieu multiracial de détente et de rencontre. C’est le décor et la vie que nous fait partager le photographe Jean Depara dans chacune de ses images. Et on comprend vite que Depara ne prend que des photos de coeur, où l’on sent la sensualité à chaque regard capturé.
JEAN DEPARA NIGHT & DAY IN KINSHASA 1951 – 1975
The cities in Africa in the years 1950-1970 shed the colonial time to move firmly towards the joy of their independence. Everyone experiences those moments when the modern world finally becomes accessible to them, regardless of whether Black or White. In Léopoldville, later known as Kinshasa, this is taken for the «American way of life», the luxury cars and fashionable «Sapeurs» in cowboy outfits (Bill or William Scott), the electric guitars, sax and music that take together the traditional Congolese music, jazz, highlife, bigband… The bands of young Kinshasans, each with their own distinctive attire and their female muses, attend frequently the innumerable bars-dancings halls, support a music band. Athletes, proud of their bodies, parade before their admirers at the pool of the Funa Sports Complex, multiracial high place for relaxation and meeting. That is the scenery and the lifestyle of which the photographer Depara makes us partake with each one of his pictures.
JEAN DEPARA
JEAN DEPARA (de son vrai nom Jean Lemvu devenu Aboubacar Lemvu après sa conversion à l’islam) né en 1928 à Kbokiolo (Angola) décédé en 1997 Kinshasa (R.D.Congo)
Jean Depara rejoint en 1951 la capitale du Congo-Belge, Léopoldville (futur Kinshasa) et vit de divers métiers : cordonnier à l’usine Bata, réparateur de montres et d’appareils photo… Depara est aussi photographe avec son appareil Adox 6×6 acheté à l’occasion de son mariage en 1950.
De jour comme de nuit, de 1951 à 1975, Depara photographie l’ambiance des bars-dancings et des clubs mais aussi les athlètes et les bandes de jeunes sapeurs. La mégapole est alors la ville d’Afrique d’où la musique se propage à travers le continent et le reste du monde. C’est l’ami de tous les musiciens et plus particulièrement de Franco, futur maestro de la rumba zaïroise, qui lui demande en 1954 d’être son photographe attitré. Et c’est le décor et la vie que nous fait partager le photographe Depara dans chacune de ses images. Il court dans ces univers dont il est lui-même l’un des animateurs : avec son appareil, il est là au même titre que les filles, les amoureux épris, les musiciens, les barmaids affriolantes du Kongo Bar ou de l’Opika, du Champs-Elysées ou de La Perruche Bleue.
En 1956, Depara ouvre un studio qu’il nomme avec humour le “Jean Whisekys Depara”, autant pour répondre aux demandes que pour «finaliser» certaines opérations de séduction. Il le fermera en 1966 tant sa vie, son plaisir de photographier passent par l’extérieur avec ses amis, ses copains et ses conquêtes. À cette époque, il vit confortablement, avec voiture décapotable et villa.
Dans les années 1970, les temps deviennent plus difficiles. Depara n’aime pas la couleur qui «fait des images sans relief», dit-il. Il n’aime pas les laboratoires photos automatiques qui ont envahi la place avec des prix de plus en plus bas. Et le dilettante qu’est Depara refuse ce combat commercial à la petite semaine. En 1975, période de « Zaïrianisation » du pays, beaucoup d’européens quittent le pays et libèrent des postes. Il devient alors photographe laborantin du Parlement. À 50 ans, une autre vie commence pour Depara. On peut parler de la fin de sa jeunesse : il met sa gentillesse au service du compagnonnage des photographes officiels. Quand Depara prend sa retraite en 1989, il abandonne la photographie.
En 1996, ses photographies sont publiées dans le magazine Revue Noire sur Kinshasa. Il décède une année après, laissant encore danser ses photographies dans le coeur des Congolais et du reste du monde.
La galerie Maison Revue Noire présente pour la première fois 150 photographies noir et blanc (Gelatin silver print) de Jean Depara, 1951-1975, tirées d’aprés les négatifs originaux 6×6 et 6×8 cm. Édition du livre JEAN DEPARA en collaboration avec les Éditions La Fabrica de Madrid. [13x18 cm, 108 pages, 75 photographies en bichromie, texte de J.L. Pivin et P. Martin Saint Leon]
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La Revue Noire
Avec ses 20 ans, Revue Noire dans ses bruits et ses silences complète son activité par l’ouverture au public de la MAISON REVUE NOIRE pour montrer dans sa galerie sur 250 m2, dans l’immédiateté et la légèreté, les artistes, les concepteurs, les fabricants de forme d’Afrique et du Monde entier connus et moins connus, voire inconnus, révélés par Revue Noire papier et internet.
La nouvelle Revue Noire – sortie prévue en novembre 2011 – perpétuera cette fonction première d’investigation non seulement du champ géographique élargi au monde mais aussi et surtout du champ de la création dans toutes ses formes. Parallèlement la nouvelle Revue Noire réalise en coédition avec la Fabrica de Madrid 4 nouveaux titres : Mama CASSET, Jean DEPARA, Samuel FOSSO, et Zwelethu MTHETHWA. Le rare et l’accessible cohabitent avec un site internet renouvelé où le visiteur peut consulter une banque de données sur toutes les publications et les artistes. Leur propos fondamental est de développer une ouverture que l’on désire la plus libre possible sans se sentir contraints de s’inscrire dans les courants contemporains de l’histoire de l’art. Même si ceux-ci ne sont pas reniés ni de prés ni de loin, et souvent même mis en avant, la nouvelle Revue Noire désire être ailleurs sur ces voies d’une douce liberté qui de choix en choix, d’écrit en écrit, d’attitude en attitude permettent sans complexe de partager la découverte de talents, d’artistes et de productions : la motivation première de Revue Noire.
Samuel Fosso
L’histoire commence au fond d’un studio de Bangui en Centrafrique, un homme encore jeune allume les lampes des projecteurs pour se photographier. Le jeune homme revêt des habits qui rappellent les tenues des vedettes du music-hall de l’époque, dont on peut voir les images dans les magazines. Dans des poses qui suggèrent tout le glamour des scènes internationales, le jeune homme recrée un monde. Avec la série la plus récente produite par Samuel Fosso, « African Spirits », il entre dans la grande histoire. Une histoire qui renvoie aux rêves panafricanistes de la période précédent les Indépendances. Fosso a totalement disparu. Les corps que nous voyons représentés ne sont plus le sien mais bien ceux de ceux qu’il incarne. L’autoportrait, exercice en apparence voué à la représentation narcissique de soi, peut prendre des dimensions et des formes diverses, parfois contradictoires. Samuel Fosso glisse doucement d’une forme d’affirmation de soi à l’énoncé d’un « nous » qui le prend par surprise.
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Mama CASSET
Les parfums lourds et puissants, les bruissements des tissus superposés, empesés et glacés liés aux gestes précieux se glissent entre les rires étouffés. Ceux des grandes dames du Sénégal, de la bourgeoisie et de l’aristocratie sénégalaises. Elles apprécient cette consécration du papier photographique éternel en les inscrivant dans le grand livre de l’élégance des reines et des princesses, toutes d’une cour réelle et imaginaire à la fois. Elles ont comme Mama leur demande : à chacune la grâce innée et calculée d’un port de tête ou d’un sourire, la puissance affirmée d’une maîtresse femme ou la séduction de la femme, mais toujours dans une dignité jamais prise à défaut. La Femme que l’on ne peut ignorer, qui saura valoriser le puissant et l’amant, et surtout elle-même. Et quand les hommes, de même élégants et distingués, se tiennent à leurs côtés, ils ne jouent pas les maîtres, ils montrent leur respect et leur admiration, parfois leur tendresse. Que de confiance et de complicité entre le photographe et son « sujet ».
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MAISON REVUE NOIRE galerie
- 8 rue Cels 75014 Paris – France
- métro gaîté – denfert rochereau
- tel : + 33 (0)1 43 20 28 14
- www.revuenoire.com
- mercredi au samedi, 13.00 – 19.00 et sur rendez-vous
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