
Décor & installations est une exposition d’art contemporain. Elle rassemble des artistes de la scène française, dont le parcours international s’appuie sur une expérience originale de la création artistique. Ils sont les auteurs de cartons, qui sont à l’origine de tapisseries, tapis et dentelles, réalisés dans une facture savante et raffinée par les lissiers des manufactures des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie ou dans les ateliers de dentelle du Puy-en-Velay et d’Alençon.
La participation des artistes a permis de détourner la mission d’ameublement décoratif du Mobilier national vers l’installation et vers le champ élargi de l’art contemporain. Décor & installations cherche à explorer, en resituant les créations des manufactures dans un contexte plus général, la relation entre, d’une part les métiers d’art et la création et, d’autre part, le décoratif et l’art contemporain.
Le commissariat est assuré par Françoise Ducros, inspectrice de la création artistique. Il s’agit d’une seule et même exposition, qui se développe sur deux scènes : à la Galerie des Gobelins à Paris et à la Galerie nationale de la tapisserie à Beauvais. La scénographie a été confiée au designer Frédéric Ruyant.
Création et savoir-faire d’exception
Malgré les bouleversements du champ esthétique, qui sont survenus depuis le XXe siècle, nombreux sont les artistes qui s’intéressent aujourd’hui à la traduction d’oeuvres contemporaines à partir de savoir-faire hérités depuis plusieurs siècles. Pour valoriser ces savoir-faire à la jonction de la tradition et de l’innovation, un parti pris muséographique a été recherché sur les deux sites de l’exposition
Trente et un artistes contemporains
L’exposition Décor & installations rassemble 31 artistes de la scène française associés au Mobilier national par leurs réalisations. Le parcours international de ces artistes, est représentatif de problématiques d’une grande diversité. Ils ont conçu des installations en faisant appel à des médiums différents.
Décors et installations d’artistes
Étymologiquement, le verbe « décorer » renvoie à différentes notions : orner et parer, mais aussi rehausser et honorer. Le terme « installations » est utilisé, plus démocratiquement, pour désigner l’aménagement d’un appartement ou l’établissement d’une résidence. Dans l’art contemporain, il englobe les oeuvres contemporaines dont les éléments sont organisés dans un espace d’exposition. Il s’est substitué, d’une certaine façon, à celui de décor, non sans entraîner la multiplication des pièces mobilières. Cette exposition relie précisément la notion de décor à celle d’installation ou l’art de l’exposition.
Une scénographie de Frédéric Ruyant
Une scénographie subtile, imaginée par le designer Frédéric Ruyant, repose « sur la mise en place d’un réseau de bandes textiles utilisé et réalisé sous la forme d’un maillage », lien métaphorique entre les oeuvres, dont certaines ont été spécialement conçues pour cet événement.
Des configurations multiples
Dans Décor & installations la muséographie contribue à qualifier l’espace en alliant l’oeuvre autonome à l’évocation de la periodroom, l’assemblage mural à la projection. Plusieurs installations intègrent des réalisations produites spécialement pour cette exposition.
L’envers des corps, une création de François Rouan
Imaginée pour s’inscrire définitivement dans le décor de la Galerie des Gobelins, l’oeuvre sera projetée sous la forme d’un film vidéo au plafond de la galerie : « Un tournoiement d’empreintes fantomales qui viendront tatouer le décor en son centre – une façon de tresser le présent et le passé ».
31 artistes de la scène française :
Une exposition inédite 31 artistes de la scène française figurent dans l’exposition de manière transgénérationnelle et parfois transhistorique, sous la forme d’installations, qu’ils ont pour la plupart conçues en assemblant tapis, tapisseries et dentelles des manufactures nationales, ou meubles du Mobilier national, à des oeuvres provenant principalement de leurs ateliers, de collections privées et publiques (Claude Rutault, Anne et Patrick Poirier, Shirley Jaffe, Champion Métadier, Michel Aubry, Christian Jaccard, Sylvie Fajfrowska, Tania Mouraud), ou ayant été réalisées pour l’exposition dans le cadre de productions spécifiques (François Morellet, Monique Frydman, Frédéric Ruyant, Paul- Armand Gette, Bernard Piffaretti, François Rouan, Nathalie Junod Ponsard, Sheila Hicks, Jacques Vieille, Julien Gardair). Un artiste est présenté dans le décor de la chapelle des Gobelins (Jean-Michel Alberola). Le plafond de François Rouan et l’oeuvre de lumière de Nathalie Junod Ponsard, commandes du Mobilier national, sont des installations destinées à durer au-delà de l’exposition.
Trois installations sont issues de regroupements thématiques : Énigme des dieux (Marc Couturier, Corinne Sentou, Martine Aballéa, Didier Trenet), Vision des cartes (Claude Closky, Esther Shalev-Gerz) ou Étrangeté iconographique (Gérard Garouste, Louise Bourgeois, Pierrette Bloch). Des tapisseries anciennes de grands maîtres du XVIIe et du XVIIIe siècles, ainsi que des tapis orientaux, figurent dans trois installations, et deux inserts pédagogiques sont consacrés à Eugène Chevreul et aux tissus coptes. Du mobilier ancien et un métier à tisser sont intégrés à quatre installations.
Par cette diversification du regard porté sur la production textile des manufactures à destination de décor, sa longue histoire, et son rapprochement avec l’art contemporain, passé, présent et futur circulent et viennent s’entrecroiser ou se tisser. Françoise Ducros Commissaire de l’exposition
Frédéric Ruyant, designer
Le textile constitue la matière première du projet scénographique. Il est l’occasion d’une narration construite sur un principe de déroulement et d’enveloppement. Déroulement qui permet au visiteur de se laisser guider. Enveloppement qui suggère le dévoilement. Le dispositif mis en place rend manifeste une volonté de présence absence de la scénographie grâce aux qualités propres de la matière textile : transparence et légèreté.
Il s’articule sur la mise en place d’un réseau de bandes textiles utilisé et réalisé sous la forme d’un maillage.
Le projet est accompagnement du visiteur dans la fluidité d’un parcours, il vient mettre en lien les installations des artistes, les ruptures nettes et affirmées entre chaque installation trouvent leur écho inverse dans le calme proposé par le dispositif et il renforce ainsi la singularité des propositions mises en oeuvre. L’utilisation du textile comme matériau privilégié de la scénographie n’est pas sans rappeler la prédominance de celui-ci dans l’ensemble des oeuvres présentées : tapisseries, dentelles et tapis.
Il fait triplement lien : dans son rappel du tissage, dans le passage d’un univers d’artiste à un autre, et dans sa présence au coeur de chaque installation.
Le principe de déroulement enveloppement – qui est à chaque fois différent et semble n’obéir à aucune règle – des bandes textiles, acheminent, conduisent et invitent, comme un fil d’Ariane, le visiteur à étendre et à poser son regard sur les propositions.
L’enveloppement révèle métaphoriquement. Il renvoie au fait qu’il y a toujours matière à découvrir. Le propos permet une déclinaison sur l’ensemble des lieux d’exposition : la Galerie des Gobelins et la Galerie nationale de Beauvais.
Du 18 octobre 2011 au 15 avril 2012
Galerie des Gobelins
- 42 avenue des Gobelins
- 75 013 Paris
- Tél. : 01 44 08 53 49
Galerie nationale de la tapisserie de Beauvais
- 22 rue Saint-Pierre
- 60 000 Beauvais (Oise)
- Tél. : 03 44 15 39 10
- Le monde de l’Autographe, du 30 mai au 9 juin, au cœur de Saint-Germain des Prés
- Exposition photographies et journalisme des images primées par le World Press Photo
- De la Palme du Martyre à la Palme d’Or du Festival de Cannes
- Le Musée Guggenheim Bilbao présente l'exposition David Hockney : Une Vision plus Large
- Etiye Dimma Poulsen, Inge Horup, Jacques Renoir, Claude Champy, Jeff Shapiro, à la galerie Gapazza













