
MuMo Nord©André Morin
L’Art à l’Enfance présente son musée mobile, MuMo, destiné à aller à la rencontre des enfants sur les routes de France, d’Afrique, puis du monde entier. Imaginé en 2010, ce projet est né de la conviction que l’art est un outil d’ouverture et de partage susceptible d’abolir les frontières et de transformer notre vision du monde.
Pour sa première édition, MuMo parcourra la France, le Cameroun, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Bénin d’octobre 2011 à novembre 2012. Ce musée itinérant prend la forme d’un container qui peut aisément voyager par bateau, avant d’être chargé sur un camion. Parvenu à destination il se transforme en un musée, ouvrant sur quatre espaces distincts chacun plongeant les enfants dans un univers différent : peinture, sculpture, installation, vidéo, design, etc.
L’enfance est une période de construction durant laquelle l’enfant, en plus d’apprendre à lire et à écrire, apprend à voir, sentir, écouter, penser. L’art participe de cet éveil au monde. MuMo propose aux enfants un voyage dans le sensible et l’imaginaire, à travers des œuvres spécialement conçues à leur effet. Il accueille une vingtaine d’artistes reconnus dans le monde qui explorent la thématique sociale du « Vivre ensemble ».
Pour son premier voyage de la France à l’Afrique, MuMo (le Musée Mobile) permettra de découvrir les projets spécifiques de 16 artistes, qui sont autant d’acteurs majeurs de la scène contemporaine internationale. Chacun des artistes sollicités a réalisé ou choisi une oeuvre en direction d’un public d’enfants, en tenant compte d’un contexte singulier : penser l’oeuvre dans un espace limité, prendre en compte les contraintes liées à l’itinérance,du container, mais surtout imaginer la confrontation des enfants avec leurs créations.
Les chiffres :
Sur l’ensemble des enfants de 6 à 11 ans:
- 96% des parents pensent que l’art est essentiel au développement des enfants
- 39,4% des parents n’emmènent pas le/leurs enfants au musée
- 16,8% habitent a plus d’une heure du musée d’art le plus proche
- ils vont en moyenne seulement 1 fois par an au musée
Ingrid Brochard :
Pourquoi souhaitez vous mettre en place ce projet de l’Art à l’enfance ?
Ingrid Brochard : Ce projet s’inscrit dans un cheminement très personnel. L’art occupe une place importante dans ma vie : il participe d’un éveil au monde, à l’émotion. L’art est un formidable outil d’ouverture et de partage qui abolit les frontières, les différences culturelles. C’est sans doute cette constatation qui m’a donné envie de penser un projet en direction des enfants, principalement en direction de ceux qui n’ont pas accès aux créations artistiques. c’est un projet caritatif à vocation humanitaire, comment comptez vous le développer ? I.B. : Ce projet est conçu pour s’adresser à des enfants partout dans le monde, et sur tous les continents. Il prend la forme d’un musée mobile le « MuMo » qui ira à leur rencontre d’abord sur les routes de France, puis en afrique. L’objectif de MuMo est de proposer aux enfants d’expérimenter un moment particulier : une parenthèse durant laquelle ils se confronteront à la création. Ce périple sera constamment accompagné par une médiatrice, quelqu’un dont le rôle consistera surtout à écouter les enfants et qui tiendra un blog tout au long du voyage pour partager, et faire de ce voyage un moment de métissage culturel.
On pourrait rétorquer que dans beaucoup de pays où vous comptez vous rendre, les besoins quotidiens sont tels que venir avec un musée mobile peut sembler dérisoire…
I.B : Je me suis posé sé rieusement la quest ion, notamment lors d’un voyage au Cameroun. Je suis allée visiter une école : il y avait une centaine d’enfants dans la classe, plus de la moitié d’entre eux n’avait ni table, ni chaise, ni crayons, ni cahiers. et j’ai pensé qu’il vaudrait peut être mieux lever des fonds pour construire des écoles et acquérir du matériel scolaire ! Mais des gens sur place m’ont confortée dans l’idée que le projet d’une expérience artistique était tout aussi important, et avait tout son sens… L’idée initiale de ce projet est ce que l’on pourrait appeler le « partage du sensible », nous proposons un moment durant lequel les enfants vont découvrir des œuvres d’art : certains seront touchés, d’autres non. Ils auront vécu quelque chose dont ils se souviendront, et puis parmi tous ces enfants l’art changera peut-être quelque chose, infléchira le cours d’une vie…Même s’il n’y en a qu’un sur cent, ou sur mille, cela nous semble suffisamment important.
Vous avez fait appel à l’architecte et artiste américain Adam Kalkin qui travaille sur des containers depuis 1990, en lui demandant de concevoir ce musée mobile…
I.B : J’avais vu l’un de ses projets à la Biennale de Venise et je m’en suis souvenue… Je lui ai envoyé un mail pour le rencontrer à new York et il m’a immédiatement répondu qu’il était à Paris et que nous pouvions nous rencontrer. À ma grande joie, il a tout de suite accepté de réaliser ce camion musée, son enthousiasme comme celui des artistes sollicités nous aide à porter ce projet.
Il semble que les artistes ont pour la plupart répondu à votre appel sans hésiter, et ce en dépit d’une notoriété qui leur laisse peu de temps pour ce type de projet.
I.B : Beaucoup d’artistes ont envie de tenter une expérience qui sort du contexte habituel de l’exposition, et dans lequel il n’y a pas d’enjeu commercial. Il n’est pas question ici de stratégie de marché, ni même de se montrer particulièrement performant ou de générer du spectaculaire. La seule contrainte est de penser une œuvre généreuse, de créer quelque chose en direction des enfants. Paul McCarthy m’a raconté qu’il avait longtemps souhaité transporter des œuvres dans un camion pour les montrer sur des parkings de supermarchés, et aller à la rencontre de gens qui ne fréquentent pas nécessairement les galeries ou les musées.
cela pose bien entendu la question de la curiosité, de la découverte, du premier contact avec l’œuvre d’art…
I.B : C’est vrai et cela n’a pas échappé aux artistes. Beaucoup de ceux qui ont accepté m’ont dit avoir été touchés par une image, une exposition, une émotion artistique au cours de leur enfance. Tous se demandent ce qu’ils peuvent apporter aux enfants.
Il faut souligner que ce projet de camion container pose une double contrainte d’espace disponible et de budget.
I.B : en effet, chacun se voit confronté à la nécessité de créer une œuvre qui doit viser à un fort impact, s’adapter à un espace réduit et à un budget limité. C’est aussi paradoxalement cette contrainte qui plait aux artistes.
ce projet est suivi par Gilles coudert, réalisateur, qui va filmer MuMo tout au long de son périple…
I.B. : Gilles Coudert fait de MuMo le personnage central de son film, un personnage qui prend vie à travers son mécanisme de déploiement, et les œuvres qu’il contient. Ce film prendra la forme de 3 documentaires de 26 minutes qui seront diffusés sur direct 8 en avril/mai 2012, mais aussi d’un long métrage monté à partir de ces 3 films et diffusé à travers les réseaux de distribution utopia et MK2. Il sera ensuite mis à la disposition des bibliothèques, médiathèques, centres d’archives, pour consultation en libre accès.
l’histoire de MuMo a commencé il y a juste un an, le chemin parcouru est énorme…
I.B. : C’est vrai, tout a été très rapide. nous avons eu la chance que tout le monde réponde avec enthousiasme à ce projet. À présent nous avons hâte de voir MuMo démarrer vers ses premières aventures !
DES vISITES INÉDITES ET RÉSERvÉES AUx ENFANTS
- durée des visites : 30 à 45 minutes
- nombre d’enfants par visite : 14 enfants
- accompagnement : Une médiatrice spécialisée jeune public déroulé
type d’une visite :
- distribution du petit guide de l’exposition à chaque enfant et instructions données par la médiatrice pour le bon déroulement de la visite.
- Visite avec la médiatrice spécialisée dans le musée mobile, déambulation libre et visionnage des vidéos.
- distribution du livre d’art pour enfants de Lawrence Weiner à chaque enfant.
- Temps d’écoute et de partage avec un professeur référent ou avec donatella Caprioglio, psychothérapeute.
Les artistes et les oeuvres :
Daniel Buren Déplié ça va mieux ! 2010
Chéri Samba la sagesse du savoir 1989
Florence Doléac Doudoucho Show 2011
Ghada Amer Baisers #1 2011
Huang Yong Ping Ni hao, Ni hao 2011
James Turrell (titre à venir) 2011
Jim Lambie Zobop for MuMo 2011
Maurizio Cattelan Immagine 2011
Paul McCarthy red rabbit 2011
Nari Ward lace lift 2011
Farhad Moshiri Melt 2011
Pierre Huyghe Zoodrama 2011
Eija Liisa Ahtila companions 2011
Roman Signer Kayak 1989
Lawrence Weiner Quelquechose Pour Quelquechose 2011
- Le site : http://www.musee-mobile.fr/
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