novembre 4th, 2011

Artsuggest.com, Galerie d’arts en ligne

Posté le 04 nov 2011 à 3:07

 

Artsuggest.com, Galerie d’arts en ligne, propose des œuvres d’art moderne et contemporain qui feront plaisir aux amateurs et collectionneurs pour tous les budgets.

  • §  ARMAN : Sculpture – POUBELLE DU POETE

 

Un cadeau (presque) romantique….

 

Qui ne connait pas ARMAN ? Pour faire plaisir aux amateurs d’art, Artsuggest.com propose une œuvre typique de l’artiste, il s’agit ici d’une Accumulation de poèmes dans emboitage en plexiglas.  Il contient des feuilles  froissées du livre « Odeur de femmes » de Jacques Lepage.

Prix public conseillé : 3000 €

 

  • §  BEN : Sérigraphie – JE N’ARRIVE PAS A M’ARRETER…

Pour les amoureux de « art d’appropriation »

Comme le montre le style de Ben, tout est possible en art !

Cette sérigraphie grand format sur fond noir écriture blanche ferait le bonheur de nombreux fans de Ben…

Prix public conseillé : 600 €

 

  • §  CESAR : Sculpture – STYLO PLUME

Un cadeau précieux…

Ce stylo plume est proposé avec son écrin en feutrine noire et un certificat d’authenticité. Il est composé de 2 éléments extérieurs effet papier froissé en étain argenté, d’un conduit en ébonite et d’une plume en acier bicolore pointe iridium plaqué or.

 

Prix public conseillé : 500 €

 

  • §  MURAKAMI : Offset – Flowerball 3D

Un cadeau pour les grands et les petits…

Murakami,  créateur du néo-pop japonais,  continue à nous surprendre agréablement avec ses œuvres colorées et fleuries.  Une grande exposition lui a été consacrée l’année dernière à Versailles.

A notre grand plaisir, Artsuggest propose dans la série des Flowers, une Flowerball 3D en sérigraphie circulaire (tondo).

 

Prix public conseillé : 1 200 €

 

  • §  Peter KLASEN : Rare sérigraphie de style POP ART

Vive le POP ART !

Peter KLASEN, artiste d’origine allemande installé en France depuis les années 60. D’inspiration POP ART, Artsuggest vous propose une rare lithographie originale en couleurs sur papier de 1967, épreuve signée, datée et numérotée sur 60.

Prix public conseillé : 190 €

 

Le Sapin de Noël avec Art Génération

Posté le 04 nov 2011 à 2:44

Entre cravate, chaussettes et cafetière, les cadeaux de Noël sont souvent d’une banalité désespérante avec Art Génération, les cadeaux font enfin plaisir. Art Génération propose plus de 4000 œuvres d’Art uniques à partir de 60euros et afin d’éviter les cohue sininterrompues dans le smagasins au moment de Noël,il suffit de commander sur Internet.

Peinture, vidéo, dessin, photographie, sculpture, la plus grande galerie d’Art contemporain de Paris propose plus de 4000 œuvres d’Art accessibles à toutes les bourses (entre 60 € et 2500 €) . Art Génération est une galerie d’un nouveau genre, ici chacun peut y entrer sans aucune retenue. Jeunes artistes ou des talents confirmés, ici l’Art se veut accessible. Les œuvres présentées à même le sol ou dans des bacs permettent à chacun de faire librement son choix, de regarder et même de toucher. Le choix est vaste et éclectique, et aucune technique n’est écartée : huile, acrylique, gouache, encre sur toile ou papier.

Les + d’Art Génération :

  • des œuvres d’Art uniques (tirage très limité pour la photographie et les lithographies)
  • possibilité de changer l’œuvre d’Art si elle ne plait pas
  • des œuvres en vente sur le site de la galerie  www.artgeneration.fr ou à la galerie située 67 rue de la Verrerie 75004 Paris

Pieds Nus, photographies d’Emma Barthere

Posté le 04 nov 2011 à 11:35

A l’occasion de son troisième anniversaire, la galerie Hautefeuille présente Pieds nus, photographies d’Emma Barthere.

Nous traversons usines en friche et hangars défraîchis. La poussière y est reine et la lumière la fait danser. Ici un amas de métal, là une brèche dans le mur, comme autant de marques de noblesse dans ces décors aux allures de royaume.

Emma Barthere nous offre la beauté par le dépouillement… Au détour d’une citerne une jeune femme nue, comme pour signifer son intime partage avec le lieu. Pleine et insoumise à l’image de ces lieux qui refusent leur condition, elle s’offre sans jamais se laisser posséder.

Bio

Née en 1982 dans les montagnes pyrénéennes, c’est en 2003, après des études de théâtre et d’art plastique à Bordeaux, qu’Emma Barthere s’installe à Paris suite à son admission à l’école de l’image Les Gobelins. Diplômée en 2005, elle assiste divers grands photographes et appréhende des univers aussi différents que la presse, le luxe ou la mode.

En 2008, à l’occasion d’une rencontre organisée par la Maison Européenne de la Photographie, elle fait la connaissance de l’éditeur Eric Higgins qui l’encourage dans sa recherche personnelle.

La même année, elle se lance en tant que photographe indépendante et réalise ses premières expositions en galerie.

S’affirme alors chez elle l’attrait pour les espaces épurés, souvent industriels, toujours poétiques où elle aime à mettre en scène ses modèles.

« Si les Gobelins m’ont permis d’assimiler d’indispensables notions techniques, mes études théâtrales sont celles qui, en définitif, influencent aujourd’hui mon travail.

Je conçois chaque image comme le témoignage d’une mise en scène que l’instant photographique viendrait figer au moment précis où décor et modèle s’accordant, rendent l’essence même de l’histoire. L’avant/après, le off, ce que l’on ne voit pas, se construit au gré de l’imagination du spectateur. »

La photographe Emma Barthere se passionne pour les lieux désaffectés, les anciennes usines, les entrepôts, et tout ce qui constitue les vestiges de notre patrimoine industriel et ‘l’ archéologie urbaine. Passionnée par le portrait l’humain reste au centre de son travail.

Site de l’artiste : http://www.emmabarthere.com/

  • Du 15 septembre au 26 novembre 2011

Parution d’un portfolio en édition limitée aux éditions Chez Higgins - Série Pieds Nus. Seuls les exemplaires numérotés de 11 à 30 sont à 200€. Les 10 premiers exemplaires feront l’objet d’un portfolio collector.

Galerie Hautefeuille

  • 3 rue Hautefeuille, 75006 Paris
  • Ouvert du mardi au samedi de 14 h à 19h.

Opération Packtoys au centre commercial Quais d’Ivry

Posté le 04 nov 2011 à 11:09

Le centre commercial Quais d’Ivry (94) et le collectif d’artistes ‘‘Jeanspezial’’ s’associent pour proposer aux visiteurs une approche participative et décalée du tri sélectif et du recyclage. L’immobilière foncière Corio, propriétaire de Quais d’Ivry, est ainsi à l’origine d’une nouvelle initiative intelligente et responsable pour transformer le centre en lieu de vie préféré.

L’EXPO PACKTOYS

L’expo  PACKTOYS donne une seconde vie aux emballages : cartons et bidons plastiques soumis au tri «poubelle jaune» investissent les espaces du centre commercial sous différentes formes, plus étonnantes les unes que les autres.

  • Du 7 au 19 novembre, niveau 0, 1, 2

Objectif : poursuivre l’engagement du centre qui vise à créer du lien social par un subtil mélange de culture populaire, divertissement, transmission et apprentissage, tout en se mettant au service du développement durable.

Pour sensibiliser intelligemment les visiteurs au tri sélectif, le centre s’est attaché à s’entourer des partenaires les plus qualitatifs. Au-delà d’une simple exposition, l’opération Packtoys réunit des artistes de talents, une association internationale pour la sauvegarde du littoral et un centre commercial devenu lieu de vie. Leurs aspirations communes sont ainsi exprimées à travers une initiative originale, généreuse et empreinte d’optimisme.

LES ARTISTES

Quais d’Ivry s’est associé au collectif « Jeanspezial », une troupe de 9 graphistes illustrateurs fondée en 2005. Aujourd’hui, ce sont des productions à plusieurs mains où se confrontent sur un même support les envies et les univers de chacun. Depuis sa naissance, Jeanspezial expose ses oeuvres à travers toute l’Europe, collabore avec les marques (Rip curl…) et l’édition (illustrations pour enfant). En perpétuelle quête de renouveau, le collectif propose une oeuvre énergique, variée et marquée par l’imaginaire. www.jeanspezial.com

L’ASSOCIATION

Surfrider Foundation Europe Créée en 1990 à Biarritz à l’initiative de surfeurs visionnaires, la fondation est aujourd’hui devenue un réseau mondial pour la défense, la sauvegarde et la valorisation de l’océan et du littoral, mais aussi des zones de loisirs nautiques des lacs et rivières. Parrainée par Bixente Lizarazu et Yvan Le Bolloch, l’association SFE a adopté un modèle organisé, moderne et adapté aux enjeux d’aujourd’hui, qui repose sur la mobilisation locale des volontaires et de ses antennes (1500 bénévoles et 40 000 sympathisants rien qu’en Europe). Elle est aussi active sur les berges de Seine, où a élu domicile le centre commercial Quais d’Ivry. www.surfrider.eu

Quais D’ivry

Outre le shopping, Quais d’Ivry est un lieu d’échanges et de proximité avec ses visiteurs, qui ne sont plus de simples consommateurs mais participent à la vie de cette nouvelle scène culturelle. Il est le théâtre d’événements culturels, fêtes populaires et rencontres artistiques. L’apprentissage y a pris une grande place dans les allées du centre, puisqu’il abrite ‘Ludo !’, un espace dédié aux cours divers et variés comme la danse, le scrapbooking, l’anglais, etc…

LES ATELIERS DE CREATION

Ils accueillent gratuitement les clients pour réaliser leurs propres Packtoys, grâce aux conseils avisés des artistes présents. Une session dédiée aux enfants qui feront l’école buissonnière sera également animée mercredi 9 novembre après-midi.

  •  du 8 au 12 novembre

Espace Ludo ! La boîte à surprises. Inscriptions de 11h30 à 14h30 et de 15h à 18h à l’accueil du centre commercial (10 participants par ateliers).

BATTLE PACKTOYS

En plus des ateliers en semaine, Quais d’Ivry et Jeanspezial proposent une «battle entre potes».

  • Samedi 12 novembre

Regarder :

Concert exceptionnel de Rafal Blechacz et du Sinfonia Varsovia

Posté le 04 nov 2011 à 10:40

 Rafal Blechacz et Sinfonia Varsovia reviennent à Paris pour un nouveau concert à l’occasion de la présidence polonaise de l’Union Européenne. Chaudement accueillis l’an dernier à Paris, la formation investit cette année la prestigieuse Salle Pleyel, sous la direction de Grzegorz Nowak.

Né en 1985, Rafał Blechacz, a commencé le piano à l’âge de cinq ans. Il a étudié à l’Académie de Musique de Bydgoszcz. Dès le début de sa carrière, il reçoit un grand nombre de récompenses, non seulement en Pologne, où il obtint le 2e prix du Concours de piano Arthur Rubinstein (2002), mais aussi en Allemagne, au Japon (2003), ou encore au Maroc (2004). Il est lauréat du XVe Concours international de piano Frédéric-Chopin de Varsovie en 2005.

Lors du concours Chopin, la performance artistique de Rafał Blechacz a été jugée tellement supérieure à celle de ses concurrents, que le jury international a jugé opportun de ne pas attribuer le deuxième prix, pour marquer la distance entre lui et les autres. Outre la médaille d’or, il a été gratifié de trois prix spéciaux : « meilleure performance pour une mazurka », « meilleure performance pour une polonaise » et « meilleure performance pour un concerto ».

Il a confirmé depuis qu’il sait trouver le ton juste, le lyrisme sans afféterie qui convient à l’oeuvre de Chopin. Après l’avoir enregistré sous la direction de Jerzy Semkov, il interprète ici le Concerto en fa mineur aux côtés du Sinfonia Varsovia. Le Sinfonia Varsovia, qui a créé de nombreuses oeuvres, enregistre régulièrement pour Deutsche Gramophon. Le répertoire de l’orchestre est très étendu, allant du XVIIIe siècle aux oeuvres contemporaines. L’orchestre possède une discographie déjà riche de plus de 200 titres, dont beaucoup ont reçu des récompenses prestigieuses telles que le Diapason d’Or, le Grand Prix du Disque. L’orchestre se produit dans les salles les plus prestigieuses du monde entier et avec les plus grands chefs d’orchestre. Krzysztof Penderecki, chef invité du Sinfonia Varsovia depuis plusieurs années, devient en 2003, directeur artistique de l’orchestre qui joue d’ailleurs régulièrement ses oeuvres. Depuis juin 2008, Marc Minkowski est directeur musical de l’orchestre.

  • vendredi 11 novembre 2011
  • Salle Pleyel à Paris
  • Sous la direction de Grzegorz Nowak
  • Au piano : le jeune prodige Rafal Blechacz

Programme du concert:

Karol Szymanowski Concert – Ouverture Opus 12 Frédéric Chopin Concerto pour piano n° 2 Felix Mendelssohn Symphonie n° 4 « Italienne »

Informations supplémentaires sur la biographie de Rafal Blechacz : http://www.institutpolonais.fr/#/event/499/2

Salle Pleyel

A noter, un autre évènement musical de premier plan à l’occasion de Présidence polonaise du Conseil de l’Union européenne 2011 et de l’Année Maria Skłodowska-Curie en Pologne :

MADAME CURIE Opéra de Elzbieta Sikora Première mondiale à la Maison de l’UNESCO le mardi 15 novembre 2011 à 19h00 avec l’orchestre, le choeur, les solistes et les danseurs de l’Opéra Baltique de Gdańsk metteur en scène : Marek Weiss plus d’info sur : http://www.institutpolonais.fr/#/event/496

Eliane de Latour : go de nuit abidjan, les belles oubliées

Posté le 04 nov 2011 à 10:03

Des jeunes femmes se vendent dans la ville d’Abidjan où les clients savent qu’ils vont trouver des fraîchenies, des fraîches de 14 à 25 ans. Venues massivement du nord après la guerre en 2002, ces go pratiquent une prostitution de survie. Oubliées des politiques d’aide au développement, elles vivent dans l’angle mort du monde.

Eliane de Latour a saisi ces jeunes femmes sur le vif, dans leur environnement. Son travail s’est essentiellement centrée sur des portraits posés, le jour, la nuit. à la recherche de leur subjectivité dans ces lieux fracassés. Dans un parcours scénographié, l’exposition dévoile une jeunesse sans-filet, massacrée. Révélant ces belles oubliées, Eliane de Latour signe un fascinant geste d’anthropologie engagée.

«La photo, arrivée par hasard, a été le moyen pour moi de pénétrer dans ces lieux traversés par les drogues dures et la violence. Je ne revenais jamais sans les tirages sur papier qu’elles s’arrachaient. Convaincues d’être la lie de l’humanité, elles se sont soudain trouvées belles dans ce reflet. Elles ont envoyé ces portraits à leurs parents, les ont utilisés pour leurs funérailles, gardés pour que leurs bébés n’aient pas une mauvaise image d’elles plus tard…» Eliane de Latour

A travers un parcours scénographié par Mélanie Cheula, le visiteur découvre le quotidien des go : les hôtels de passe, leurs gars, le jour, la nuit… Des textes et une ambiance sonore imaginée par éric Thomas permettent de mieux appréhender la réalité d’une population marginalisée. Ces portraits sans masque mettent à mal les clichés sur ces jeunes femmes qui cherchent à sortir du carcan social dans lequel elles se sentent anéanties.

  • du 15 novembre au 15 décembre 2011

Portraits de jour

Mes premiers pas dans ce milieu ont curieusement commencé par la photo. Persuadée que j’allais me faire écharper, j’ai quand même sorti mon appareil devant une fille dont l’attitude m’attirait. Je lui ai dit: « je te trouve jolie, est ce que je peux te prendre en photo ? Je te la donnerai après ». Elle m’a répondu par un sourire en regardant droit dans l’objectif. J’ai compris qu’elle se mettait en scène. Je me suis approchée. Elle s’appelle Nafissa. La photo est devenue un mode d’échange entre elles et moi. Je ne revenais jamais sans les tirages sur papier dans ces lieux difficiles d’accès. Les macs à leur tour ont eu envie de passer devant mon objectif. Je les prenais toujours collectivement, comme ils se tenaient quotidiennement sur ces lieux.

Avec elles, j’ai au contraire réalisé des portraits individuels, posés. Le jour. La nuit. Les photos se sont mises à circuler socialement alors que, précisément, leur image les enferme. Elles ont envoyé ces portraits à leurs parents, les ont utilisés pour leurs funérailles, gardés pour leurs enfants plus tard etc. Convaincues d’être la lie de l’humanité, elles se sont soudain trouvées belles dans ce reflet, devant un objectif qui leur donnait confiance.

Le jour, j’ai saisi des moments de subjectivité où la beauté se mêle à une lueur ténébreuse, indicible, née d’une enfance du mauvais côté de la vie.

Portraits de nuit

La nuit, entre les moments de racolage. L’attente interminable. La solitude. La peur de rentrer sans argent. La hantise de tomber sur un fou.

Ces jeunes femmes de la nuit ne sont que réaction à l’instant. Les prostituées expérimentées ne veulent pas de ces « zinzins » à côté d’elles. Elles sortent des lames pour attaquer ou se défendre. Elles arnaquent les clients ce qui « gâte le job ». Elles acceptent « un sans capote » pour quelques billets de plus. Entre les tarifs affichés et les sommes reçues se trouve la détresse sans mesure. Elles encaissent l’argent, elles encaissent les blessures. Une fois le jour levé, tout finit par un sommeil épais qui couvre la désillusion.

autour de l’exposition

Le temps de l’exposition Go de nuit, la Maison des métallos offre un parcours dans l’oeuvre filmée d’Eliane de Latour. En cinq films, l’occasion de mieux saisir la richesse et la cohérence d’une démarche mêlant un travail d’auteur et la rigueur de la recherche. Chaque projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice. (plus de détails sur www.maisondesmetallos.org)

une synergie entre un projet culturel et une action sociale

La dimension artistique de ces portraits « travaillés » ne pouvait exister sans une dimension d’engagement liée au sort de ces filles. Restituer leur profonde beauté avec des photos qui leurs plaisaient me paraissait insuffisant. Je voulais aussi trouver des moyens d’intervenir sur leur sante, leur apprendre à lire et écrire, les éclairer sur leur droit pour qu’elles deviennent des citoyennes avec des actes de naissances et des papiers d’identité, répondre à leur volonté de faire du commerce avec des systèmes de micro crédits. Ne pas me contenter de photos partagées avec leur accord profond et disparaitre comme le vent. Pour répondre à une exigence d’urgence et un travail en profondeur, il m’a semblé qu’une association avec la Fondation Caritas était nécessaire. Nous avons élaboré un programme VersElles destiné à lutter contre la prostitution de ces très jeunes femmes fragiles et, fort heureusement, le projet que j’ai proposé, correspond à un des axes de la Fondation, consciente de la nécessité de s’occuper de ces jeunes femmes fragiles et analphabètes où que ce soit dans le monde.

Les go sont en mauvais état de santé. Fortes fièvres, brûlures, dents cassées par un caillou, crânes fendus, coups de couteau. Les grossesses précoces sont en nombre extrême, comme le montre une petite étude statistique faite en trois jours en 2009 pour avoir un coup de sonde sur la cinquantaine de filles à 80% dioula qui circule en permanence à Bel Air. Les chiffres nous révèlent que de 14 à 20 ans, seulement 15% n’ont pas été enceintes.

Les go n’ont pas de relations avec les institutions médicales d’Etat, ni d’ailleurs avec aucune autre, sauf la police. Elles courent de charlatans en infirmiers de leur quartier. Quand elles veulent se faire avorter, elles n’ont guère de choix et, meurent souvent d’avoir tenté de mettre des cailloux dans leur vagin pour ouvrir le col de l’utérus. Dans la rue, quand elles ne sont pas encore bien averties, elles subissent parfois des viols collectifs qui les déchiquettent et les détruisent. Sans acte de naissance, sans carte d’identité, elles n’existent pas, elles sont vulnérables à toute puissance extérieure, réelle ou imaginée. Il est urgent de trouver des moyens pour ne pas les abandonner à leur sort. Elles et toutes celles qui sont dans les mêmes conditions, livrées à elles-mêmes dans les zones urbaines défavorisées où l’Etat n’arrive pas asseoir la loi où que ce soit dans le monde. Ce sont de véritables bombes à retardement. Vers Elles détermine la nature des aides en accord avec Caritas qui se charge ensuite recueillir directement les fonds et de faire appliquer les programmes d’intervention sur place avec le soutien ces ONG locales.

Première action à Abidjan articulée avec le BICE (Bureau International Catholique de l’Enfance)

  1. Une campagne de détection contre le Sida sera accompagnée de consultations médicales, d’une éducation à la contraception, d’un soutien à la désintoxication, d’une écoute psychologique.
  2. Des conventions avec des établissements médicaux d’Abidjan sont passées : CHU et pharmacies pour recevoir soins et médicaments gratuits délivrés sur ordonnances. Le Planning familial va proposer des tournées dans les zones visées et distribuer des moyens contraceptifs adaptés.
  3. Le BICE Afrique va prolonger ces gestes d’urgence par un travail éducatif grâce aux dons de VersElles : aller les voir régulièrement, les aider à exister civilement, apprendre leurs droits élémentaires, apprendre à lire et à écrire, les aider à l’élaboration de projets

Nous avons enregistré, nom, prénom et «âge» de chaque fille engagée par le travail photographique, ce qui permettra à nos partenaires de les identifier et de suivre le groupe.

Appel aux dons Dons avec déducation fiscales (-66% des impôts, – 75% de l’ISF mécénat d’entreprise Chèque à libeller au nom de :Fondation Caritas France – VersElles, avec mention au dos : «lutte contre la prostitution des jeunes femmes».

éliane de Latour cinéaste et anthropologue

Eliane de Latour, cinéaste et anthropologue au CNRS s’est mise au documentaire après sa thèse en 1981, en alternant les tournages en France et en Afrique tout en continuant à écrire. Elle finit par glisser vers la fiction avec un film sur la prison de la Santé et un roman historique.

Par le cinéma, la photo, l’écrit scientifique ou littéraire, elle porte un regard de l’intérieur sur les mondes fermés de ceux que l’on repousse derrière une frontière physique ou sociale. C’est le sujet qui impose la forme. Après Le Reflet de la vie (1989 France) sur les personnes âgées, hors du corps productif, elle réalise en 1993 au Niger, Contes et décomptes de la cour sur des femmes harem, hors du genre dominant. Elles retournent leur faiblesse en force. Le film fait son ouverture officielle à Berlin et obtient le Prix Georges Sadoul ainsi que le Gold Hugo Award au festival de Chicago.

Vient alors Si bleu, si calme (1996 France), une incursion dans l’imaginaire des détenus, hors la loi. Ce film, qui mêle photo et image animée, est présenté à Locarno, «Cinéastes du présent».

Elle enchaîne en 2000 Bronx Barbès sur les ghettomen ivoiriens, exilés de l’intérieur qui inventent une modernité gouailleuse sous le tranchant de la mort. Sélectionné en compétition internationale à Locarno où il obtient une mention spéciale du jury. Bronx Barbès dépasse les records de Titanic en Côte d’Ivoire. Puis arrive Après l’Océan, en sélection officielle au festival de Berlin 2006, une histoire d’amitié et d’honneur au fil de migrations clandestines entre l’Afrique et l’Europe. Avec ce film, sorti en 2009, un pas de plus a été franchi pour la musique, enregistrée avant le tournage. Eliane de Latour voulu dire la ville par les voix qui la composent, qu’elles viennent du show biz ou des bas quartier. Elle en a fait un album, « Abidja’taam » (le goût d’Abidjan).

Elle aborde maintenant un nouveau thème, celui des jeunes filles marginalisées au Maroc, en Côte d’Ivoire, en France, hors du temps social. L’idée de ce travail est née à Rabat en 2008 où elle est tombée sur des bandes de petites délinquantes (11 à 13 ans). En Côte d’Ivoire, où elle a voulu appréhender la même question, elle s’est retrouvée devant un phénomène massif de prostitution et de ce qui l’accompagne, petits vols, arnaques diverses, drogue. Par hasard, la photo est devenue le seul moyen de revenir sur ces sites traversés par une grande violence. Eliane de Latour s’est laissée aller vers les go (filles) en réalisant des portraits posés dans ces lieux fracassés.

Quand elle va dans l’histoire du 16-17ème en Inde, c’est la même trame qui guide son regard : comprendre les stratégies d’émancipation des êtres humains qui repoussent les barrières derrière lesquelles ils sont assujettis. Elle a découvert Malik Ambar, esclave noir devenu roi en Inde, figure héroïque d’un sauveur en terre étrangère qui rompt avec les schémas victimaires sur l’Afrique. Après deux années de recherche dans le Deccan, elle écrit un roman inspiré de sa vie au titre éponyme sorti chez Steinkis en 2011. On sait ce que les Africains ont subi, le travail d’Eliane de Latour cherche à nous mettre en relation avec ce qu’ils ont apporté au monde.

Ses thèmes de recherche sont centrés sur les taches aveugles aux marges du monde ainsi que sur la résistance à la réclusion sociale par de grandes ou de petites conquêtes de liberté. Des exemples comme Malik Ambar nous en donnent la preuve comme de jeunes joueurs dépassant les premières barrières du football ivoirien, Enfants du Ballon, documentaire sur les tranferts de juniors dans le foot . «En travaillant sur les individus relégués, j’aborde la question des échappées, réelles ou fantasmées, qui accompagnent les recompositions sociales dans ces zones liminaires. Je traite du déplacement, du mouvement virtuel, des exils imaginaires à l’opposé de l’immobilité et de la dépendance où l’on réduit ces populations. La seule vision économique des problèmes sociaux mutile la complexité humaine en jeu dans les métaphores identificatoires qui permettent de reformuler une nouvelle subjectivité narrative. Loin d’une « masse », on a faire à une diversité des parcours individuels. De la relégation aux nouvelles formes de conquêtes, émerge des sujets moraux acteurs de leur propre destin.»

l’équipe de l’exposition

  • assistants de terrain Amadou Guindo dit Cool b, Fidel Loue
  • scénographie Mélanie Cheula
  • laboratoire tirage Bruno Cordonier
  • son et musique Eric Thomas
  • graphiste Pierrick Biovir

Un ouvrage d’Eliane de Latour sur les Go de nuit est publié le 10 novembre 2011 aux éditions Taam’A (96 pages, 15 euros). Il sera en vente à la Maison des métallos lors de l’exposition.

Acheter le livre sur Amazon :

Le comité de parrain age de l’exposition Laure Adler Jane Evelyn Atwood Christian Boltanski Tiken Jah Fakoly Jean Gaumy Stéphane Hessel Jean-Christophe Rufin

Maison des métallos

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