
Stéphanie Lacombe
« Je mange, tu manges, il mange, nous mangeons tous. Mais nous ne mangeons pas tous de la même manière », écrit Stéphanie Lacombe. À l’occasion d’une résidence à Helsinki, la Française photographie une vingtaine de familles finlandaises à l’heure du repas et saisit l’ordinaire pour faire ressortir l’extraordinaire d’un instant banal.
Après La table de l’ordinaire (Les Français à table), la série Les Finlandais à table poursuit l’incursion de Stéphanie Lacombe dans le quotidien de nos repas et de nos habitudes alimentaires. Il s’agit alors de voir ce qui nous lie et ce qui nous distingue, ce qui persiste et ce qui a évolué. En famille, entre amis ou seul, notre façon de manger nous dévoile.
« Qui sont mes voisins, que font-ils, quelle est leur vie, sont-ils heureux ou pas, d’où viennent-ils ? Je m’invite chez les habitants et j’observe la vie souvent simple, noyée dans ses habitudes et son quotidien. Par exemple, quoi de plus banal qu’un repas pris chez soi le soir, à la même heure, même table, même assiette ? Le repas est acte rempli de symboles, de rituels et de coutumes. Dans notre société labellisée et standardisée, comment se distingue-t-on les uns des autres ? Dans cette série de photographies, la table est le lieu de la maison où se joue le théâtre de l’ordinaire » explique Stéphanie Lacombe.
Le travail de Stéphanie Lacombe, motivé par une curiosité exacerbée, s’inscrit dans une quête de l’intimité, dans la mise en exergue de l’inédit dans les habitudes de chacun, à contre-courant de nos modes de vie de plus en plus uniformisés. Amusantes, décalées, pittoresques, familières ou improbables, les situations photographiées par Stéphanie Lacombe et exposés à l’Institut finlandais sont toutes uniques. Chaque cliché, accompagné d’un court texte contextualisant la scène, nous révèle finalement un peu plus à nous-mêmes.
Née en 1976, Stéphanie Lacombe est diplômée de l’ENSAD (École nationale supérieure des arts décoratifs). Elle a reçu en 2006 le Prix spécial du jury de la Fondation Lagardère et, en 2009, le Prix Niépce.
La série Moi, autoportraits photographiques de jeunes de 16 à 19 ans, sera présentée en parallèle des œuvres de Stéphanie Lacombe. Elle est née d’une collaboration entre Stéphanie Lacombe et le lycée d’Itäkeskus à Helsinki. 26 lycéens en section arts plastiques ont participé à ce projet. Après qu’ils aient visité l’exposition Les Français à table, l’artiste française et leur professeur d’arts plastiques les ont guidés dans leur entreprise photographique. En choisissant la technique et le cadre qui leur ont parus les plus appropriés à leur projet individuel, ces jeunes lycéens de Helsinki ont donné naissance à une originale introspection photographique
Bio :
Ma réflexion personnelle repose sur l’intimité dans son espace de vie privée. Mes documentaires photographiques sont réalisés en France. Durant 3 années, je suis allée de ville en ville, d’assiette en assiette, photographier une centaine de familles pour mon projet La table de l’ordinaire. J’ai obtenu le Prix spécial du jury de la Fondation Lagardère en 2006. En 2007, Raymond Depardon remarque le projet et me parraine pour Les sentiers de l’Olympe. En 2001, répondant à une commande de la Caisse des Dépôts, j’observais que les 3500 appartements de la cité HLM de la Grande Borne à Grigny, étaient conçus strictement à l’identique. Je m’interrogeais sur la manière dont les habitants s’étaient approprié les lieux ; comment une identité pouvait s’affirmer dans un environnement où l’architecture était clonée ? Ainsi, les clichés, pris du même endroit dans chacun des salons, soulignaient l’entassement dans les barres HLM. En 2002, poussée par l’influence du porno-chic dans les médias et l’indignation des féministes, je m’intéressais cette fois à l’intimité sexuelle dans le sado-masochisme. J’ai suivi cinq femmes dans leur intimité la plus absolue, et observé là, à ma plus grande surprise, beaucoup de tendresse et de poésie. Dans l’ensemble de mes projets, je définis un concept, un protocole, un mode de prise de vues qui va rendre compte au mieux de mes observations sur le terrain : la table devient le centre de l’image pour La table de l’ordinaire, point de vue identique pour les appartements de la cité de la Grande Borne, aucun visage pour laisser les corps raconter la sensualité des femmes dans Papillon rouge, pour la revue XXI sur les Français et la lecture, seuls les yeux et le livre sont nets dans l’image.
- Du 1er décembre 2011 au 7 janvier 2012
Institut finlandais
- 60 rue des Écoles, Paris 5ème
- 01 40 51 89 09
- www.institut-finlandais.asso.fr
- Stéphane Moscato, Première ! à La Galerie Ligne 13
- Pierre Henri Argouarch, exposition Art, Archi, Archibox
- Léo Delafontaine et Vladimir Vasilev lauréats SFR au festival ImageSingulières
- Yves Marchand & Romain Meffre, Theaters, à la Polka Galerie
- Waii, l’œuvre gravé de Dennis Nona, Îles du Détroit de Torres, Australie













