novembre 15th, 2011

Cendrine Rovini, Liquide Vermeil

Posté le 15 nov 2011 à 4:16

L’exposition de Cendrine Rovini, Liquide Vermeil, nous fait entrer dans un monde éminemment féminin et nous invite à son règne d’images.

Il y a d’abord la relation familière de la femme et du sang, mystère intime riche d’un pouvoir qui fascine l’homme et lui échappe sans cesse. L’artiste nous présente ses femmes en créatures étrangement belles qui jouent et qui jouissent de leur propre féminité jusqu’à l’ivresse. Débordements du sang qui se fleur, flux des larmes qui sont chevelure, visages de pluie, poussées de cornes en délicate et violente anarchie végétale… Dans des œuvres comme Toutesoie et Foisons, les créatures féminines de Cendrine Rovini se recouvrent d’une fourrure naturelle, laissent s’épanouir la jouissance de leur sexe fertile : des fleurs étranges s’échappent de la corolle de leur vulve dans un plaisir littéralement incarné.

Il y a aussi l’imagerie d’une artiste qui explore ces thèmes avec des qualités tenant de la magie : alliances et métamorphoses. Alliances avec le monde animal ou avec la végétation, dans des mêlées inquiétantes mais souvent douces au regard. Métamorphoses qui semblent tenir d’Ovide, mais qui suggèrent des mythes encore à inventer. En tous les cas éloge du vivant à travers le corps multiple de la femme.

L’artiste recueille ces images dans ce lieu crépusculaire de la conscience qu’elle sait explorer, ce moment liminaire entre veille et sommeil avant la bascule complète dans le dormir. C’est dans ces instants hypnagogiques, comme à la surface des profondeurs, que le moi se défait de ses vêtements de jour et accepte de disparaître en partie, de se fondre, de subir des transformations, de se mêler à ce qui vient quoi qu’il advienne…

Le sentier de perles noires rend compte de ce passage inquiétant dans le devenir-autre, avec le masque rouge d’un oiseau se superposant au visage d’une femme sidérée, tandis que Toute plongée répond à cette vision bachelardienne de l’imagination comme étant la « faculté de déformer les images ». Ici, l’identité ne se perd pas mais se déforme, se modèle, s’ajoute à d’autres éléments, et par son sexe qui rêve la femme s’ouvre à l’animalité, voire à l’animisme. Le sentier des buées est représentatif d’une autre tendance de l’artiste : celui de l’effacement. Délicatesse d’un corps de femme seulement visible par son contour, la ligne du visage s’évanouissant dans une multitude de gouttes de pluie, comme autant de larmes fécondantes qui aident à la poussée de plantes légères sur son dos, tandis qu’un masque lunaire veille au déroulement de ce rituel tout en transparence. Dans l’art de Cendrine Rovini la matière et l’invisible se conjuguent naturellement, et l’étonnement que l’on peut ressentir devant ses images se retrouve parfois dans le regard même de ces femmes qui assistent à leur propre métamorphose. Nous n’avons pas affaire ici à des concepts abstraits qui viendraientt soutenir et justifier l’oeuvre de l’artiste, c’est même l’inverse qui est vrai. Ces œuvres sensibles favorisent une conception toute matérielle de l’imagination, à la faveur de noces charnelles avec le monde, dans une sorte de violence très retenue, comme contenue dans la beauté visible. Il fallait un lieu qui respecte cette qualité de mystère pour accueillir les rêves de Cendrine Rovini, et la galerie Da-End se fait véritablement matrice pour abriter ce Liquide Vermeil. Michaël Ludwig, psychologue et poète, Aurillac, octobre 2011

  • Exposition du 15 décembre 2011 au 15 février 2012

DA-END

Les Arts Décoratifs, première exposition rétrospective de Jean-Paul Goude : Goudemalion

Posté le 15 nov 2011 à 3:34

Les Arts Décoratifs présentent la première exposition rétrospective de Jean-Paul Goude à Paris. L’un des plus brillants « faiseurs d’images » de la création contemporaine propose une vision à la fois rétrospective et créative de son œuvre à travers tous les champs d’intervention : de la mode à la photo, de la publicité au spectacle vivant. Artiste-précurseur, manipulateur d’images, tour à tour illustrateur, directeur artistique, photographe, réalisateur, Jean-Paul Goude travaille aussi bien pour la presse, la musique que la publicité. Il est avant tout un créateur qui a su inventer un style, un univers, et peut être même comme l’évoque avec humour le titre de l’exposition, une mythologie personnelle.

Goudemalion

Jean-Paul Goude a conçu cette invitation comme une grande installation : c’est tout son parcours depuis plus de 40 ans que retrace l’exposition, mêlant dessins, objets, images photographiées ou filmées, présentés dans un parcours rythmé d’espaces intimes et de séquences plus théâtrales à l’image de ce qu’a pu être le défilé du Bicentenaire de la Révolution Française. Évocation symbolique du Bicentenaire, la locomotive qui ouvrait le défilé de 1989, occupera le centre de la Nef, encadrée d’une galerie de portraits photographiques des différents groupes ethniques qui le composaient. Avant cela, les visiteurs seront accueillis dans le vestibule par l’une des valseuses qui firent sensation lors du Bicentenaire. Dans la galerie des Tuileries, une évocation « introspective » de l’œuvre de Goude guidera le public depuis ses débuts à Saint-Mandé, jusqu’à ses travaux les plus récents. Évoquant ses rencontres, les influences qui l’ont marqué et ses souvenirs, ce parcours chronologique sera rythmé par des créations originales de l’artiste. Il révélera ce qu’est l’univers de Jean-Paul Goude, mélange d’influences multiculturelles, de souvenirs d’enfance, de rencontres, le tout saupoudré d’une dose d’humour et d’ironie.

« Ses images sont toujours au service d’un propos, d’un point de vue, et ne se préoccupent pas du politically correct, mais sont des prises de position. Les plus fondamentales sont celles d’un respect de la différence et de la quête permanente d’un fait que peu savent nommer aujourd’hui : la beauté » Christian Caujolle, fondateur de l’agence et de la galerieVu.

Dans les pièces alcôves de la rue de Rivoli, seront montrées six installations destinées à réactiver les séquences les plus fortes de sa vie et de son œuvre : Toukie, Les Galeries Lafayette, Grace Jones, les ektas découpés, le mobilier-néon et Chanel.

« Depuis plus de trente ans, s’exprimant à travers le dessin, l’affiche, la photo, le cinéma, la vidéo ou l’événement, Jean-Paul Goude a impressionné notre imaginaire. Des « minets » des années 1960 au mythique Esquire de la décennie suivante, du New York de Warhol et des cultures métissées à Grace Jones, dont il fut le « pygmalion », de l’éclatant défilé du bicentenaire à la célébration du « Style Beur » de Farida, des publicités Kodak ou Chanel aux variations sur Laetitia Casta, il a su chaque fois devancer l’air du temps et en donner une expression définitive. Ce que l’on sait peut-être moins c’est que ce travail par nature de « commande » n’est chez Goude que l’autre face d’une aventure profondément individuelle, d’un parcours (marqué en particulier par la rencontre, et l’exaltation, de quelques figures féminines) transmué en une sorte de mythologie personnelle. La vie et l’œuvre sont pour Goude profondément indissociables, ce qui donne obliquement à son travail un cachet très particulier, et l’élève au-dessus de la simple imagerie. (P. Mauries)

Si, souvent, le terme de pygmalion a été utilisé en parlant de Jean-Paul Goude et de sa relation avec ses modèles et ses muses, Edgar Morin a préféré inventer le terme de Goudemalion, pour expliquer le plus justement possible la démarche de Jean-Paul Goude : « Le Pygmalion légendaire était un roi de Chypre qui sculpta une statue à laquelle Aphrodite donna vie, puis épousa cette créature. Goudemalion, lui, sculpte une statue à partir de la femme qu’il épouse. Mais il n’en fait pas une statue de pierre, il en fait plus qu’une statue de chair douée d’âme, il en fait un être mythique où se transfigure la substance vivante, sans cesser d’être vivante, en créature de rêve et de légende. Ainsi Goude transforme et transfigure ses fantasmes, qui tournent autour du même trou noir de la Beauté féminine : il les transfigure en mythe »

Dans l’univers de Jean-Paul Goude il y a d’abord son enfance, un père qui lui inculquera le goût de l’élégance, une mère américaine danseuse, une passion pour les films musicaux américains des années 1950 et une fascination pour les cultures ethniques. Il y a ensuite ce goût du dessin puis de l’image sublimée qu’elle soit repeinte ou découpée. Il débute sa carrière comme illustrateur pour Marie-Claire, Dim ou encore le Printemps qui en 1964 l’engage pour décorer le magasin Brummel, pour lequel il réalise la frise des « Minets », une immense fresque qui faisait le tour du magasin. En 1969, Harold Hayes, directeur du magazine Esquire, auquel il avait fait parvenir ses dessins, lui commande un numéro spécial, puis le fait venir à NY pour lui confier la direction artistique du magazine. S’il continue à produire des illustrations mémorables comme celle présentant le président Mao se baignant dans le Yang Tsé en compagnie d’un Donald duck en plastique, il commence à travailler la photographie.

En 1976, pour son premier livre Jungle Fever, il photographie les communautés afro-américaines et hispaniques. Suit un numéro d’Esquire intitulé America dances pour lequel Goude réalise un article qui met en image Quatre groupes ethniques : blancs, noirs, hispaniques et gays.

« C’est dans les gays bars de New York que le disco a vraiment commencé. C’étaient les premiers clubs intégrés où les noirs et les blancs faisaient la fête ensemble. Apparemment être blanc ou noir était beaucoup moins important que d’être homosexuel. Et les premiers à assimiler le feeling black, furent les homos blancs. » (Jungle Fever, 1982)

C’est l’époque aussi, où il commence à appliquer les principes de la French Correction à la photographie. La French Correction ou « petit guide pour se mettre en valeur », relève de sa volonté ironique de magnifier le corps à l’aide de toutes sortes de prothèses. Il redessine, photographie le corps de ses compagnes, le transforme. « Mon travail tourne autour de la beauté. L’attirance que j’éprouve pour les mandarins mystérieux et lesprincesses africaines remonte à un désir inassouvi à la fois enfantin et refoulé de voyages dans des contrées lointaines. »

Il commence par « corriger » sa compagne Radiah, qu’il juche sur des chaussures à plateforme, la surélevant ainsi de son 1m72 initial à pratiquement 2 mètres et l‘« africanise » grâce à des scarifications autocollantes de sa fabrication, posées sur son visage. Il poursuit avec Toukie, à laquelle l’exposition consacre une salle dans laquelle sont présentés les moulages miniaturisés et transcendés de son corps. Il lui allonge les jambes et le cou, écarte les épaules, redessine ses seins et ses fesses.

Tel un chirurgien-artiste, Goude utilise ses ciseaux comme un scalpel, découpant directement les ektachromes pour retoucher l’image en la magnifiant. Qu’il s’agisse de l’ex-culturiste Kellie Everts, de Toukie, de Grace Jones, ou encore Farida, il allonge, gomme, étire, démultiplie…

Grace Jones, sera sa muse idéale qu’il photographiera, découpera, repeindra, tordra en d’étranges arabesques tout en la mettant en scène dans différents spectacles musicaux d’une sophistication unique, surtout dans le contexte de l’époque. Par ailleurs il lui concevra toutes sortes de costumes tous plus spectaculaires les uns que les autres, dont une incroyable robe de maternité « constructiviste ». Cette période achevée, il retourne en France. La publicité vient à lui et il signe alors certains des plus beaux films publicitaires du moment. D’Egoïste de Chanel en 1990 à Guerlain en 2008 en passant par Lee Cooper 1982, Citroën 1985, la saga des Kodak de 1986 à 1992, Dim 1988, Perrier 1990, etc…

Dans sa chronique du Monde, Pierre Georges qualifiera le film Coco de Chanel de « vrai chef-d’œuvre de publicité, un merveilleux petit conte poétique. Ce n’est pas vouloir faire de la pub à cette pub que de le dire. »

En 1989, Jack Lang, alors ministre de la Culture de François Mitterrand, l’invite à réaliser le défilé du Bicentenaire de la Révolution française. Avec sa maîtrise de la démesure, son humour et sa poésie, Jean-Paul Goude saura transformer l’austère défilé militaire en un conte de fée joyeux et multi-ethnique. « J’avais envie de faire défiler ceux qui ne défilent jamais, de jouer avec les codes, les clichés tout en les subvertissant. Le thème central était les droits de l’homme, la multiplicité des ethnies, la mixité sociale ; nous étions au plus fort de l’utopie multiraciale. C’était un défilé très idéaliste, à la gloire de la famille humaine, qui devait se dérouler devant de nombreux chefs d’Etat, et célébrer l’idée de la Révolution en la sublimant »

Enfin c’est depuis plus de 10 ans que Jean-Paul Goude et ses affiches incarnées par Laetitia Casta pour les Galeries Lafayette, font le bonheur des usagers du métro parisien et sont devenues un rendez-vous incontournable pour la France entière.

  • Du 11 novembre au 18 mars 2012

Les Arts Décoratifs – Nef 107 rue de Rivoli 75001 Paris Tél. : 01 44 55 57 50 Métro : Palais-Royal, Pyramides ou Tuileries Autobus : 21, 27, 39, 48, 68, 69, 72, 81, 95

 

Cartouche, Nouveau spectacle : Soirée entre filles

Posté le 15 nov 2011 à 1:48

Quand on est un garçon, par définition, on est très rarement invité aux « soirées entre filles ». Voire même jamais invité. Et pour cause. Alors, forcément, on se pose pas mal de questions. A quoi ressemblent ces soirées ? De quoi y parle-t-on ?

  • 6 places à gagner avec ArtéMédia pour le samedi 10 décembre à 20h15 en envoyant votre nom, prénom et e-mail à : contact (at) artemedia-agence-presse.com (maximum 2 places par personne)

Qu’est-ce qu’on y mange ? Qu’est-ce qu’on y boit ? Qu’est-ce qu’on y danse ? Le mystère est le plus total. Et les fantasmes nombreux. A moins bien sûr de s’appeler Cartouche et de réussir, par miracle, à s’incruster dans la « soirée entre filles » organisée à domicile par Clarisse, sa compagne. Comment une telle prouesse est-elle possible ? Ca, c’est un secret….Tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sur les « soirées entre filles » sans jamais oser le demander. La réponse, avec Cartouche, au Théâtre du Temple jusqu’au 7 janvier dorénavant : de nouvelles représentations ayant été ajoutées devant le succès de cette inoubliable Soirée entre Filles !

Son parcours est atypique : Farid, alias Cartouche, grandit au Raincy, en région parisienne. C’est en regardant les émissions télévisées de Maritie et Gilbert Carpentier qu’il se prend de passion pour la danse. A huit ans, en cachette de ses parents et de ses amis de la cité, il s’inscrit au conservatoire et se retrouve à faire des demi-pointes. Celui que l’on a surnommé « le Billy Elliot du 93 » a fréquenté l’Opéra de Marseille, l’école Mime Marceau et la Compagnie Béjart. A vingt ans, il choisit la comédie et le one-man-show. Présenté au Théâtre de la Main d’Or en 2003, son premier spectacle, mis en scène par Kad et Olivier et chorégraphié par Marie Claude Pietragalla, remporte un succès immédiat auprès du public et des médias. C’est la consécration. Son one-man-show est prolongé au Bataclan et au Théâtre du Temple qui affichent complets jusqu’en 2006. La même année, Josiane Balasko confie à Cartouche le rôle masculin de sa pièce, « Dernier rappel ». Cette pièce sera jouée le temps d’une année au Théâtre la Renaissance. C’est un des plus gros succès théâtraux de cette année-là. En 2008, il crée « Les femmes sont des hommes comme les autres » avec la complicité de Marie Claude Pietragalla (chorégraphie et mise en scène). Le spectacle est ovationné par le public pendant sa tournée et lors de ses représentations complètes à la Cigale (2009) et à l’Olympia (2010). La même année il publie son premier livre intitulé « Quand je serai danseur » chez Robert Laffont.

Cartouche, pseudonyme emprunté par l’artiste au Pirate des Faubourgs du XVIIIème siècle séduit, fait rire, émeut, ne laisse personne indifférent… Cartouche exerce aussi ses talents d’acteur au cinéma, il a fait une première apparition dans « Podium » de Yann Moix (2003). Puis il a enchaîné les rôles dans les fi lms choraux « la cloche a sonné » de Bruno Herbulot (2005) et « Célibataires » de Jean- Michel Vernet (2006). Il a partagé l’affiche avec entre autre Fabrice Luchini, François Cluzet, Guillaume Depardieu, Elsa Zylberstein, Amira Casar, Serge Hazanavicius et Olivia Bonamy. En 2007, Cartouche est le narrateur du très émouvant film de Thomas Gilou « Michou d’Aubert » avec Gérard Depardieu et Nathalie Baye. Cartouche se produit également en télévision où il incarne le professeur foldingue de la série « Ouf le Prof » une série sur TF1, très populaire auprès des enfants en France et au Canada.

Résumé du spectacle :

Quand on est un garçon, par définition, on est très rarement invité aux « soirées entre filles ». Voire même jamais invité. Et pour cause. Alors, forcément, on se pose pas mal de questions. A quoi ressemblent ces soirées ? De quoi y parle t-on ? Qu’est-ce qu’on y mange ? Qu’est-ce qu’on y boit ? Qu’est-ce qu’on y danse ? Le mystère est le plus total. Et les fantasmes nombreux. A moins bien sûr de s’appeler Cartouche et de réussir, par miracle, à s’incruster dans la « soirée entre filles » organisée à domicile par Clarisse, sa compagne. Comment une telle prouesse est-elle possible ? Ca, c’est un secret….Tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sur les « soirées entre filles » sans jamais oser le demander. La réponse, au Théâtre le Temple, avec Cartouche.

  • Au Théâtre du Temple à Paris jusqu’au 7 janvier, du jeudi au samedi à 20 h 15

Regarder :

Théâtre le Temple

  • 18 RUE DU FAUBOURG
  • DU TEMPLE
  • 75011 PARIS

 

Spacialités : Photographies de Michel Kirch, peintures de Dominique Paulin

Posté le 15 nov 2011 à 12:19

La question que viennent ici nous poser, avec une actualité criante, le peintre Dominique Paulin et le photographe Michel Kirch est celle du devenir de l’homme et de son espace: notre planète. Catastrophes naturelles – advenues ou à venir -, réchauffement climatique, incertitudes, angoisse de l’inconnu, nourrissent deux oeuvres qui appréhendent l’art comme moyen d’anticipation, d’exploration des issues possibles. Scénarios imaginaires et probables à la fois.

Peintre et médecin, docteur en biophysique médicale, fille du grand designer Pierre Paulin, Dominique Paulin s’avance peu à peu sous l’oeil du public. Haute en matières et admirable coloriste, elle nous conduit vers la lumière à partir de sa perception du mal-être de l’homme, de la fragilité de sa présence sur la terre. Pourtant, nulle figure humaine dans ses oeuvres, une présence simplement. Michel Kirch a lui aussi d’abord exercé la médecine. Sa vocation de photographe naît de sa confrontation avec la montagne à l’École de Chamonix. Il utilise la photographie, la composition et la retouche numérique pour réinventer le monde. Ses images, on les reçoit comme des coups de poing esthétiques, le blanc comme un projecteur éblouissant, le noir comme un velours où s’enfoncer, et, au milieu de l’espace, minuscule, un homme.

Ensemble, ils mettent en acte la pensée d’Edgar Morin, celui qui aime à citer Hölderlin: « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ». Christina Burrus, commissaire de l’exposition

Michel Kirch L’Eveilleur

Le mot surréalisme s’est banalisé et dévalué et l’expression « c’est surréaliste » qualifie tout assemblage bizarre ou inattendu. Pour ma part le surréalisme fut l’événement culturel le plus riche du 20ème siècle.

Ce fut un mouvement à la fois de poésie, de pensée, de vie et qui savait unir ces termes en pensant que la vie devait être vécue poétiquement. Le surréel dépasse le réel tout en le contenant. Le mouvement surréaliste est mort mais le problème du surréel est plus vivant que jamais, si l’on entend par surréel tout ce qui dépasse notre réel tridimensionnel tout en le conservant. Michel Kirch est certes postérieur et étranger au surréalisme. Le surréalisme, qui avait inventé tant de moyens de transfigurer la réalité, dont le collage, n’avait nullement prospecté la voie originale qu’a ouvert Michel Kirch.

Nul n’avait encore pensé à faire poésie de la réunion d’éléments photographiés hétérogènes, ce qui constitue l’innovation créatrice de Michel Kirch. Ses oeuvres comportent intégralement le réel photographique comme ingrédient nécessaire et suffisant dans un art de la composition qui transfigure le réel, lui donne les qualités du rêve mais sans irréalité, avec sur-réalité. D’autres ont pu parler de réalisme magique ou de transréalité en évoquant les compositions de Michel Kirch. A mon avis tout reflet du réel est magique et toute photographie comporte sa part de magie qui est la magie du « double » : c’est la magie de la présence dans l’absence, qui donne une nouvelle présence à la réalité représentée devenue absente. C’est pourquoi la photographie est aujourd’hui reconnue comme un art quand elle réussit à apporter le charme singulier d’une magie. Mais nous voici avec Michel Kirch dans une nouvelle magie, celle de la rencontre de deux réels qui ne communiquaient pas. On comprend donc que le terme de transréalité, qui relie deux réalités pour en faire émerger une nouvelle convient bien aux oeuvres de Michel Kirch tout en contenant l’idée de dépassement.

Peut être pourrait on dire aussi « méta réalité » dans le sens hégélien où le dépassement conserve ce qui est dépassé tout en créant une réalité nouvelle. C’est d’une part parce que je suis sensible à tout ce qui dépasse en conservant, ce qu’exprime la notion de métamorphose, que je suis touché par les compositions de Michel Kirch. C’est d’autre part parce que je suis sensible à tout ce qui peut réveiller notre sens poétique endormi que je m’émerveille de la plupart de ses oeuvres. J’ajoute que je suis ému en mes profondeurs subconscientes.

Ainsi, à passer de l’une à l’autre des compositions de Climats, je me sens, comme par une symphonie, emporté dans un flux d’émotions. Voici qu’apparaît et revient de façon renouvelée le leit motive des eaux sous ses diverses formes : eaux mères, eaux nourricières, eaux mortelles, vastes étendues maritimes, vagues impétueuses, eaux dormantes, eaux courantes, eaux inondantes, eaux noyantes, avec toujours une ou des petites présences humaines, quasi perdues, ou bien d’étranges architectures que les humains semblent avoir désertées. Et toujours l’humain est présent, soit sous forme d’individus, soit sous forme d’architectures qui nous rappellent les différents âges de l’histoire des civilisations.

Tout dans cet art visionnaire est à la fois familier et étrange, chaque image donne à rêver, à penser, à méditer.

Climats traduit une partie de la recherche de Michel Kirch, mais en fait comme le point d’un hologramme, comme la cellule singulière d’un organisme qui contient la totalité de son patrimoine génétique, on y trouve, à l’état subliminal, la totalité d’une recherche en permanence interrogative vouée à s’éveiller et nous éveiller. L’oeuvre de Michel Kirch nous incite à méditer sur le mystère de la condition humaine et celui de son insertion dans l’Univers. Edgar Morin

Michel Kirch

Ma recherche photographique est l’acte qui consiste à capter, au delà du réel imposé, cette part de moi-même, presque indicible, et que je peux exprimer par la rencontre avec la matière visible. Un univers poétique que le filtre du regard permet de révéler.

Dès que j’ai tenu un appareil photo en main, la nécessité de faire des images « pour voir autrement » s’est imposée… Photos instantanées jusqu’à la découverte de l’outil informatique. D’abord des résistances, des préjugés, le mythe de « l’instant décisif », la croyance de l’univers supposé froid de l’ordinateur, avant qu’un irrésistible pressentiment n’en vienne à bout. Une attirance qui s’expliquera par la découverte de l’incroyable liberté d’être soi que procure cet outil.

Le paysage extérieur est l’alibi pour exprimer mon paysage intérieur. Alors, la distinction entre réel et imaginaire n’a plus lieu d’être. Ce qui me plaît tient dans la confrontation d’univers vivant les uns à côté des autres, ou mieux, les uns imbriqués dans les autres, de sorte que l’ambigüité résultante permette de faire basculer les certitudes et confirmer ainsi l’insondable mystère environnant.

Dans mes derniers thèmes, « Essence », « Climats », « Les éveillés », « Mandalas », j’explore des territoires qu’aucune carte n’indique, des sites qu’aucun explorateur, historien, arpenteur ou géographe n’a mentionnés, ni même imaginés… Le territoire de ces images ne s’embarrasse d’aucune limite, si ce n’est celle du plausible qui tient ici lieu de réel. Ces constructions revendiquent la même part de sublime hasard ayant engendré d’aussi curieuses entités que sont les papillons ou les geysers, les méduses ou les ginkgos. Mon travail réside alors dans la fulgurance des rapprochements en tout genre.Ainsi ces photographies peuvent-elles être vues comme le témoignage anticipé de ce qui sera, ou pourrait être … La contrainte essentielle que je m’impose est de n’utiliser comme matériau que mes propres images. Afin de respecter une cohérence du regard, une énergie spécifique qui, comme les greffes médicales, a besoin du maximum de compatibilité pour fonctionner. Michel Kirch

Dominique Paulin

D’un état intérieur qui ne peut être nommé surgit l’imprévu. Quand je peins, il y a toujours le risque que tout soit détruit.

Au-delà de la destruction, il y a le risque que quelque chose se construise dans la sérénité. C’est dans la nuit sans lumière que l’écho de monde s’imprime sur la toile, le papier, le carton. Les huiles, les encres, les pastels, les cendres et recettes mystérieuses s’entremêlent à l’infini sur le support horizontal, en une nocturne verticale. Au-delà du temps et, de l’espace, les couleurs jouent et se révèlent le jour, en une lumière retrouvée.

Je travaille sur plusieurs champs d’expérience en même temps dans une danse incessante de vibrations et ondes lumineuses. L’oeil joue en deçà du sujet, au-delà de sa forme dans une multitude de sensations.

Des semaines et des semaines d’images enregistrées sur la rétine ou par mon appareil photo, autre mémoire du temps passé, remodelées dans l’espace se bousculent et s’associent à la pensée du moment.

La pensée vagabonde s’organise dans une fébrilité jouissive en une désorganisation structurée. Le geste se souvient de la terre, des plantes, des animaux, des planètes et de ceux qui les habitent, et se manifeste dans des couleurs, des lignes, des courbes, des enchevêtrements à l’infini dans un élan de vie strident, triste ou joyeux.

Le geste se souvient de ce que je ressens du monde. Le corps en action, en transe exaltante se laisser emporter par l’appât des matières, sans aucune prétention. D’un certain hasard, la structure émerge, balayage de matières pour tenter l’expérience de dire issu du plus profond mystère de l’inconscient. Un tableau est avant tout un acte de courage, tenter de représenter l’invisible en usant du visible, en toute intemporalité. L’Homme, en son univers et l’univers sans l’Homme.

En explorant, en vivant des expériences

Hors de tout groupe ou tendance, finalement autodidacte

Influencée par ce qui m’entoure ou me traverse

Je peins sans lendemain. Dominique Paulin

Parcours

Seul médecin dans une famille d’artistes, je me suis laissée rejoindre par le désir de peindre. Double vie, à la fois médecin en ville et hospitalière, et peintre.

L’écoute et le soin de l’autre et l’expression de mon monde intérieur sont indissociables. Mon père est le designer Pierre Paulin, mon grand-oncle Georges Paulin, styliste automobile et inventeur, ma mère avait été aux Beaux Arts et son oncle Salvado était peintre et modèle de Picasso. Toute mon enfance, j’ai été baignée dans un univers de création, entre la table à dessin de mon père et l’atelier de ma mère, le chevalet et la boite de peinture de mon grand-père qui me racontait tout des techniques à l’huile.

J’ai en quelque sorte été formée par imprégnation. À l’école, je couvrais les tables de dessins. À la maison, les murs, à la cinémathèque de mon établissement, les affiches. Même dans ma thèse de biophysique médicale, il a y a des dessins. Je me lance dans des techniques très variées et me sens libre d’inventer.

L’absence de formatage dans une école d’art et le souvenir de ce que j’avais intégré en regardant et en essayant, m’a permis d’oser des expériences comme on se lance dans le vide. Vide qui fait l’âme d’un tableau.

Des tableaux, il y en avait plein la maison, dans les placards et tiroirs, armoires pleines et bien cachés du regard. Je me suis un jour décidée à montrer, je n’avais plus assez de place pour stocker, le moment était venu. J’ai rencontré en 2007, Dorothée Allaneau qui ouvrait sa jeune galerie, la galerie Sponte dans le XIVe à Paris. Christine Cardin m’a donné la possibilité d’exposer « Abstraction Sensorielle » à l’Espace Cardin, avenue Gabriel à Paris, en 2008. Le succès de cette aventure m’a donné envie de continuer…

Et depuis je ne cesse plus. J’ai découvert le plaisir du travail sur pierre à l’Atelier Idem, anciennement Mourlot à Montparnasse, lieu mythique où furent imprimés Picasso, Chagall, Miro et tant d’autres. Mes lithographies y sont maintenant éditées.

Je fais la découverte des « Hautes Plaines » dans les Alpes-de-Haute-Provence. Maison d’éditions Robert Morel construite en 1972, la plus moderne de son temps. L’architecte Odette Ducarre a conçu et réalisé cette bâtisse originale proche d’autres réalisations, consacrées à la musique, la maison de Pierre Boulez et les locaux d’Harmonia Mundi. Le projet émerge, rendre sa destination initiale à ce lieu consacré à la création.

J’ai réhabilité cette oeuvre architecturale afin d’être un « abri » où les artistes sont accueillis pour réfléchir, innover, se rencontrer, s’amuser, créer en paix. Dominique Paulin, Juin 2011

  • Du 14 au 29 décembre 2011
  • Vernissage le 14 décembre 2011 à 19h

En partenariat avec L’Agence Spatiale Européenne (ESA) et Astrium Sous le parrainage d’Edgar Morin. Commissaire de l’exposition : Christina Burrus Réalisation et production : l’agence éphémère

Espace Pierre Cardin Evolution 5 rue Saint-Merri, Paris 4e

  • A l’occasion de cette exposition, un catalogue sous forme d’un coffret de 2 livrets de 56 pages chacun, conçu et réalisé par l’agence éphémère, sera vendu à l’Espace Pierre Cardin Evolution pendant la durée de l’exposition, puis chez Artcurial du 2 au 30 janvier 2012, où 3 oeuvres de chacun des artistes seront également exposées.

la Fnac reçoit Salma Hayek et Antonio Banderas

Posté le 15 nov 2011 à 11:12

A l’occasion de la sortie au cinéma du nouveau film des studios DreamWorks, Le Chat Potté, la Fnac reçoit Salma Hayek et Antonio Banderas pour une rencontre exceptionnelle, à la Fnac Champs-Elysées, dimanche 20 novembre à partir de 16h30. Une chance unique pour les fans et les cinéphiles d’approcher les deux stars.

Cet événement est gratuit et ouvert au public. Attention, le nombre de personnes pouvant accéder à la rencontre est limité. Les pass donnant accès à l’événement sont à retirer à l’accueil du magasin Fnac Champs Elysées dès mercredi 16 novembre à 10h.

Le Chat Potté (Puss in Boots)

C’était bien avant que notre mythique Chat Potté ne croise la route de Shrek… Le légendaire félin, et non moins redoutable amant, s’était alors embarqué dans un périple riche en rebondissements, avec la ravissante et rusée Kitty Pattes de Velours et Humpty Alexandre Dumpty, véritable « cerveau » de l’opération. Leur objectif : s’emparer de la fameuse Oie aux Œufs d’Or pour sauver la ville où le Chat Potté a grandi. Voici l’histoire véridique du Chat, du Mythe, de la Légende et… des Bottes !

  • Réalisé par Chris Miller
  • Avec les voix d’Antonio Banderas, Salma Hayek, Zach Galifianakis, Billy Bob Thornton
  • Sortie au cinéma: mercredi 30 novembre 2011.

Un studio photo sera installé le 19 novembre à partir de 14h à la Fnac des Ternes et le 26 novembre, à partir de 14h, à la Fnac St Lazare et permettra de se faire photographier avec le vrai Chat Potté !!

la galerie BOUCLE D’ART

Posté le 15 nov 2011 à 10:45

Totalement atypique, la galerie BOUCLE D’ART propose une nouvelle approche artistique en réalisant des œuvres graphiques personnalisées sur divers supports : toile, aluminium, bois, plexis, bâche, faire-part, papier-peint, meubles, plafonds. Pour concevoir « le » cadeau unique, décorer votre espace de vie de façon inédite, élaborer un visuel original et détonant, BOUCLE D’ART est l’adresse qu’il vous faut. Avec son équipe vous participerez à la création et à la réalisation de votre oeuvre du début à la fin. Vous voulez en savoir plus, rendez-vous à la galerie, 44 passage Choiseul, Paris IIe où Céline et son équipe de créateurs seront à l’écoute de vos envies des plus classiques aux plus folles. Découvrez le site de la galerie www.boucledart.fr

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