novembre 18th, 2011

Guo Huawei – François Debien : Le crépuscule des Dieux

Posté le 18 nov 2011 à 3:46

Dans ses nouvelles œuvres, l’on sent bien que Guo Huawei a atteint une véritable maturité tant dans le traitement de la matière et des couleurs que dans l’équilibre fragile de ses  compositions. L’artiste nous montre aujourd’hui du haut de ses 28 ans, l’ampleur de son talent.

Pour cette troisième exposition en France, Guo Huawei nous fait partager ses impressions au retour de son dernier pèlerinage dans la province du Hunan avec en thème principal l’atmosphère exceptionnelle des nuits crépusculaires de cette région unique au monde.

Une fois de plus l’homme est absent. Sa présence ne pourrait que nuire à la sérénité de ces lieux, pour l’artiste la surpopulation et les comportements humains sur terre seraient gage de sacrilège voir même de destruction

Le rendu de ses œuvres nous dévoile  une vraie plénitude dans ces ambiances nocturnes, toujours différentes, jamais enclin à la facilité d’exécution.

On ne peut s’empêcher d’être envahi par l’émotion qu’à pu ressenti l’artiste lors de son initiation à cette nouvelle aventure mystique.

Quel talent faut-il pour en arriver là ?

FRANCOIS DEBIEN et GUO HUAWEI 

Les œuvres de François Debien et Guo Huawei que nous avons choisi de présenter, semblent très différentes. Chacun des artistes représente une réalité sensible et des paysages inaltérés aux inspirations asiatiques. Leurs œuvres provoquent un sentiment de plénitude et de sérénité. Ils cherchent à reproduire l’émerveillement et le rêve qu’ils contemplent à travers le monde.

GUO Huawei

  • 1983Naissance de l’artiste à Shandong, Chine
  • 2007Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts, Pékin, Chine

François Debien

François Debien est né le 2 octobre 1959. Ilréalise ses pièces à partir de plaques de terre de différentes dimensions généralement en grès, parfois en porcelaine. Il a étudié avec Philippe Dubuc de 1982 à 1984 le tournage et le travail de la terre. Philippe Dubuc, né en 1947, a lui-même étudié la céramique à l’« Atelier du Cheval à l’Envers » (Paris 14ème) de 1975 à 1978,  avec le grand Tanimoto Akira, potier d’Iga au Japon. Il reçoit de 1983 à 1984 l’enseignement d’Héléna Klug sur la pratique et l’élaboration des émaux de haute température, spécialiste réputée dans cette discipline. Il séjourne et travaille dans l’atelier de Michel et Louise Gardelle en 1985, céramistes français de grande renommée. Il s’est installé en 1987 à La Genevraye (Seine et Marne) avec Catherine Salmon.

« Les pièces que je présente à la YU Gallery sont façonnées avec une argile à grès provenant de la Puisaye (Nièvre), grande région traditionnelle de grès.

Le grès est une argile que l’on cuit à très haute température (1300°C) ce qui a pour effet de la vitrifier dans sa masse. Les pièces sont tournées, quelquefois en plusieurs parties pour les plus grandes. L’aspect final de ces pièces varie en fonction des techniques d’émaillage utilisées. Les émaux que j’utilise sont des émaux de « Grand Feu »(1300° et plus) que j’élabore dans mon atelier après un long et patient travail de recherche. 

Ces émaux sont des silicates, c’est-à-dire composés en grande partie de silice tout comme le verre (100% de silice), mais bien d’autres minéraux rentrent dans leurs compositions (craie, feldspath, kaolin, talc, dolomie, cendres de bois, oxydes métalliques etc) François Debien

 

  • Vernissage le jeudi 1er décembre 2011 à 18h
  • Exposition du 1er décembre 2011 au 14 janvier 2012

YU Gallery

  • 15 rue de Seine
  • 75006 Paris, France

Apocalypses, la disparition des villes de Dresde à Détroit-1944-2010

Posté le 18 nov 2011 à 2:55

«Diderot, Chateaubriant ou Goethe ont exalté le goût des ruines antiques, les vestiges émergeant du sol du « Campo Vacino » de Rome ont excité des imaginations formées à la langue et à la littérature latine. Avec le romantisme le goût des ruines s’étend à d’autres époques : églises romanes ou châteaux gothiques déclenchent aussi cette « douce mélancolie » qui nous fait, écrit Diderot, « anticiper sur les ravages du temps ». Cette empathie de l’homme romantique qui voit dans la ruine une allégorie de sa propre existence et du déclin naturel et inéluctable de toute chose prend une autre dimension en 1919 quand Valery découvre que les civilisations, aussi, sont mortelles. Les désastres du XXème siècle nous ont fait prendre conscience que l’Apocalypse elle-même peut être déclenchée par l’homme et que c’est l’humanité toute entière qui est menacée. Nos villes, emblèmes de la modernité, sont des organismes fragiles, elles sont mortelles mais ce sont les hommes plus souvent que la nature qui les ont détruites au cours de l’histoire. La photographie, depuis sa naissance a enregistrée ces tragédies : villes de l’Amérique sécessionniste rasées par les troupes nordistes, monuments de Paris incendiés par les « pétroleuses » de la commune, cathédrale de Reims écrasée par les bombes allemandes en 1916. Mais c’est avec la Seconde Guerre Mondiale et les « progrès » des explosifs que ces destructions atteignent une ampleur inégalée et aboutissent à l’anéantissement total d’innombrables villes d’Europe et d’Asie.

Dresde est totalement détruite les 13 et 14 février 1945 par trois vagues de bombardement. La technique de la « tempête de flammes » a été soigneusement mise au point par l’aviation anglo-américaine lors de raids meurtriers sur Hambourg et Cologne en 1943 et 1944. En quelques minutes « un brasier s’éleva, d’une intensité que personne jusqu’alors n’aurait crue possible. Le feu qui montait aspirait l’oxygène avec une telle puissance que l’air déplacé avait la force d’un ouragan et bruissait comme de gigantesques orgues dont on aurait simultané¬ment actionné tous les registres. Au maximum de sa force, la tempête de feu arracha les toits et les pignons des façades, fit tournoyer dans les airs poutres et panneaux d’affichage entiers, déracinant les arbres et balayant les gens transformés en torches vivantes. Les flammes hautes comme des maisons jaillissaient des façades qui s’effondraient, se répandaient dans les rues comme un raz-de-marée à une vitesse de cent cinquante kilomètres- heure, tourbillonnaient en rythmes étranges sur les places et esplanades. Dans certains canaux, l’eau brûlait. Les vitres des wagons de tramway fondaient, les réserves de sucre bouillaient dans les caves des boulangeries» (W.G.SEBALD, « De la destruction comme élément de l’histoire naturelle »). La ville historique jusque-là épargnée est totalement détruite .C’est en septembre 1945 que Richard PETER grimpe au sommet de la tour de l’Hôtel de ville pour réaliser cette vue plongeante sur les ruines de la « Florence de l’Elbe » qui deviendra une des icônes de l’historiographie de la destruction des villes allemandes. En 1949 il publiera un petit livre : «Dresde, une caméra dénonce» (Dresden, eine Kamera klagt am) qui est un des fleurons de cette «photographie des décombres » (Trummer fotografie) qu’illustrèrent aussi Hermann CLAASEN (« Le chant du brassier », 1949), August SANDER (les décombres de « l’atelier du photographe » à Cologne), Herbert LIST (les ruines du palais royal de Munich) ou Friedrich SEIDENSTUCKER (le Reichstag sous la neige). Le plus extraordinaire est cependant le travail de Karl Hugo SCHMOLZ, photographe spécialiste de l’architecture. Il parcourt les ruines de Cologne avec une lourde chambre, multipliant les images au cadre strict qui évoquent à la fois Piranèse et ses lointains successeurs de l’école de Düsseldorf.

Varsovie fut détruite plus méthodiquement, d’abord par les combats provoqués par l’insurrection (déclenchée le 1er août, elle dura jusqu’au 2 octobre 1944) puis par la volonté de l’occupant nazi d’effacer toute trace de la culture polonaise. Ville de plus d’un million d’habitants en 1939 il n’en reste plus guère en mai 1945 que quelques milliers terrés dans les caves. Leonard SEMPOLINSKI ne s’attache pas au pittoresque de la vie dans ces champs de ruine comme le firent les photographes de presse (Werner BISHOF en Allemagne par exemple) mais veut témoigner de la mort d’une capitale. Celle-ci est le véritable personnage dont la déchéance hante toutes les pages du livre qu’il ne publiera qu’en 1985. Les hommes n’y sont plus que des ombres : cadavres noircis et décomposés dans les cours ou les escaliers de maisons en ruines, immense tas de gravats qu’est devenu le ghetto, palais et églises incendiées ou gisent des sculptures démembrées. On mesure mal la difficulté d’une telle tâche, au danger de circuler dans des décombres pleins d’embuches et de mines s’ajoute l’impossibilité de trouver du matériel – SEMPOLINSKI utilise de la pellicule récupérée de très médiocre qualité. Aussi son travail n’en est que plus remarquable, c’est à la fois le plus vaste et le plus systématique de tous ceux qu’initièrent cette désastreuse politique de « la terre brulée ». Mais contrairement à d’autres il ne s’inscrit dans aucune esthétique particulière, tantôt « Le paysage de ruines apparaît comme déjà transformé par la végétation qui s’est mise à proliférer et les rues se dessinent dans le nouveau paysage, tels de paisibles chemins creux de campagne » (W.G.SEBALD), tantôt une statue mutilée se dresse sous un ciel chargé de nuages, symbole du martyre de toute une nation. C’est le 6 août 1945 à 8h15 qu’un bombardier B29 lâche dans le ciel clair d’Hiroshima la première bombe nucléaire, baptisée « Little Boy ». Lancée à 9450 mètres d’altitude elle éclate, 43 secondes plus tard, à 580 mètres à la verticale de l’hôpital Shima, au-dessus du centre de l’agglomération libérant une énergie correspondant à 15 000 tonnes de TNT. La température de la bulle de gaz provoquée par l’explosion atteint 4 000 degrés dans un rayon de près d’un demi-kilomètre. Elle déclenche une onde de choc puis une tempête de feu analogue à celle provoquée par des moyens plus traditionnels au-dessus des villes allemandes. L’image de la carcasse du Dôme du Centre de promotion de l’industrie, au milieu d’un paysage désert nivelé par l’explosion demeure présent mais c’est le travail systématique de Hiromi TSUCHIDA sur les objets trouvés dans les décombres : bouteilles ou monnaies fondues par la chaleur, lambeaux de chevelures ou de vêtements, qui continuent à irradier l’horreur de ces quelques instants de fin du monde.

Beyrouth incarnait le luxe prospère d’un grand port, épargné par la Seconde Guerre Mondiale et lieu de cohabitation de toutes les communautés du Moyen-Orient. Mais le 13 avril 1975, des militants du parti social nationaliste syrien tentent d’assassiner un dirigeant chrétien lors de la consécration d’une église, déclenchant une guérilla urbaine qui dégénèrera, après le massacre des chrétiens de Demour en janvier 1976, en véritable guerre civile. Elle divisera la ville le long de la « ligne verte » en deux durant plus de 17 ans. C’est le constat de ce naufrage que Gabriele BASILICO dresse avec objectivité.

Est-ce l’inquiétude de cette Apocalypse toujours menaçante qui fait que tant de photographes contemporains traitent de l’espace urbain comme s’il ne subsistait plus de l’humanité que des monuments vides. C’est devenu presque un genre en soi ; en Chine en témoignent les oeuvres de MU CHEN qui ont vidé de tout habitant les tours neuves de Canton. Mais aussi ces délirantes constructions des capitales du golfe d’Arabie que les photographies de grand format de Philippe CHANCEL transforment en d’inutiles et dérisoires maquettes. Quant à LUCIE et SIMON ils traquent dans leur dernière série, « Silent World », une minuscule silhouette perdue dans des lieux désespérément vides, « univers inquiétant où l’homme a disparu et où le temps est étrangement suspendu ». C’est le vide urbain qui est devenu, au début du XXIème siècle, une figure de style iconique pour nombre de jeunes artistes, comme si le trop plein de vie appelait le vide et le silence, dans ce silence lumineux, net et propre d’une aube. Comme si cet espace urbain figé dans son éclatante modernité n’était que la métaphore d’une aube nouvelle du monde. Ne reste que la beauté glacée et sans mesure d’un monde sans hommes.» Alain SAYAG, Commissaire de l’exposition

L’exposition Apocalypses, la destruction des villes. De Dresde à Détroit (1944-2010) est présentée au Pavillon Populaire de la Ville de Montpellier du 18 novembre 2011 au 12 février 2012.

  • Vernissage le jeudi 17 novembre à 19 heures.

Pavillon Populaire ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 12h et de 13h à 18h – Entrée libre Esplanade Charles De Gaulle – 34000 Montpellier www.montpellier.fr

Exposition RN 137 – 2nd volet

Posté le 18 nov 2011 à 12:22

Sur l’invitation de la ville de Nantes et de Rennes Métropole, Zoo Galerie, à Nantes, et 40mcube, à Rennes, deux associations reconnues dans le monde de l’art contemporain, ont imaginé RN 137, une exposition commune présentant le travail d’artistes nantais et rennais. Le projet s’inscrit dans la dynamique de coopération culturelle qui lie les deux collectivités afin de montrer l’importance, la diversité et le dynamisme de leur scène artistique. De fait, depuis 2009, les métropoles de Nantes et Rennes ont engagé un renforcement de leurs collaborations avec l’objectif d’optimiser leurs forces au service de leurs habitants, de leurs territoires et du grand Ouest.

À l’intérieur de ce réseau, 40mcube, à Rennes, et Zoo Galerie, à Nantes, ont développé des stratégies assez proches, bien que relativement divergentes, en direction des jeunes artistes : quand la première a choisi de mettre en avant la production pour l’élever au niveau d’un quasi centre d’art, la seconde a décidé de s’orienter vers la prospection de jeunes artistes étrangers, quand l’une crée un parc de sculptures attenant à son lieu et une salle de projection dédiée aux films d’artistes, l’autre développe la revue qu’elle édite, plaçant 02 au niveau d’un organe de presse national.

Riches de leur fonctionnement qui articule une extrême réactivité à la souplesse de leurs micro équipes, les deux associations visent le même objectif : permettre à des jeunes artistes d’émerger en leur offrant suffisamment de moyens et de visibilité pour démarrer leur carrière ou la faire décoller.

La route nationale 137 est l’axe qui relie Rennes à Nantes. Le moyen le plus efficace pour connecter deux capitales régionales avant que ne se profilent à l’horizon de nouvelles liaisons plus rapides, dans le cadre d’un grand rapprochement interrégional. RN 137, l’exposition, reprend le nom de ce trait d’union routier pour transposer dans le domaine des arts plastiques cette ambition de développement économique.

Le premier volet de RN 137 a eu lieu du 15 mars au 10 avril dernier à l’Atelier à Nantes, nouvel espace de 600m2 ouvert par la municipalité nantaise pour accueillir les propositions des associations ; le second volet prendra place dans les locaux mêmes de 40mcube, à Rennes, du 19 novembre au 17 décembre prochain. L’exposition regroupera des oeuvres de Bevis Martin & Charlie Youle, Armand Morin, Julien Nédelec, Blaise Parmentier, Ernesto Sartori et Mélanie Vincent côté nantais, d’Antoine Dorotte, Angélique Lecaille, Briac Leprêtre, Benoît-Marie Moriceau, Samir Mougas et Yann Sérandour côté rennais (peintures, dessins, gravures, sculptures, vidéos, installations et photographies).

Elle présentera donc le même listing d’artistes qu’à Nantes, artistes retenus sur des critères d’émergence à divers stades de maturité, l’essentiel étant de créer une sélection énergique capable de proposer des articulations significatives. À titre d’exemple, il existe des préoccupations similaires entre le travail d’édition de Yann Sérandour et celui de Julien Nédelec, on trouve des approches communes quant à « l’attaque » des matériaux dans les travaux d’Antoine Dorotte et de Mélanie Vincent ; Briac Leprêtre et Angélique Lecaille ont une pratique appuyée du dessin qu’ils partagent avec Antoine Dorotte. Benoît-Marie Moriceau, Ernesto Sartori et Samir Mougas ont tous les trois maille à partir avec le bâti qu’ils s’évertuent à déconstruire allègrement, tout comme Briac Leprêtre pour une autre part de son travail. Quant aux autres, leurs pratiques inclassables oscillent entre un goût immodéré pour la céramique (Bevis Martin & Charlie Youle), un penchant marqué pour la vidéo (Armand Morin) et une forte propension à revisiter le street art… (Blaise Parmentier). RN 137 est une proposition résolument singulière de réunion de deux métropoles voisines par leurs scènes artistiques. Le pari de l’exposition est aussi de prolonger cette dynamique : des projets sont déjà à l’étude pour l’exporter hors des frontières régionales et hexagonales afin de donner toute sa portée à cette initiative nantorennaise.

L’exposition regroupe des œuvres de :  Bevis Martin & Charlie Youle, Armand Morin, Julien Nédélec, Blaise Parmentier, Ernesto Sartori et Mélanie Vincent côté nantais, d’Antoine Dorotte, Angélique Lecaille, Briac Leprêtre, Benoît-Marie Moriceau, Samir Mougas et Yann Sérandour côté rennais (peintures, dessins, gravures, sculptures, vidéos, installations et photographies).

Commissaires / Zoo galerie (Patrice Joly, Aude Launay), 40mcube (Patrice Goasduff, Anne Langlois)

  • du 19 novembre au 17 décembre 2011

40MCUBE

 

Festival Tendance à la Maison de la Culture d’Amiens

Posté le 18 nov 2011 à 11:50

Du 23 au 27 janvier 2012, le festival Tendance organisé par la Maison de la Culture d’Amiens, reste fidèle à son intention première : la curiosité. Il prend des risques, donne leur chance à des artistes émergents, invite le public à partir à la découverte de la création contemporaine et tisse le lien entre la Picardie et l’Europe pour célébrer la différence ! Circassiens, danseurs, performers venus de Berlin, de Bruxelles, de Flandres ou de Picardie, investissent les salles de la Maison de la Culture et de la Maison du Théâtre pour 5 jours de joyeuses découvertes ! Et parce que Tendance aime la différence, Carolyn Carlson revisitera son solo mythique à travers le corps du danseur Tero Saarinen et Kader Attou continuera d’inventer brillamment un hip-hop qui mixe les cultures et les arts.

En 2011, la Maison de la Culture a intégré le réseau APAP qui, depuis 10 ans, réunit les structures culturelles de Salzbourg, Berlin, Zagreb, Dro, Courtrai, Bergen et Bytom, pour produire et diffuser de jeunes artistes émergents de la scène européenne. Le Festival Tendance est une plongée dans l’aventure «Performing Europe» et la première occasion pour la Maison de la Culture de programmer ces artistes à Amiens. A découvrir : le groupe Berlin et ses docu-fictions inénarrables; la création de Nabih Amaraoui et Matthieu Burner produite par la Maison de la Culture, le chorégraphe allemand Félix Ott, les deux plasticiens-performers autrichiens Andrea Maurer et Thomas Brandstätter ou encore le circassien Boris Gibé, mis en scène par Camille Boitel.

Tendance permet aussi de faire un focus sur 3 artistes de la scène chorégraphique, installés en Picardie, aux parcours et univers riches et singuliers : l’Amiénois Fabrice Planquette et ses images troublantes et sonores dans lesquelles les corps se fondent et se confondent, Roberto Vidal, sudaméricain exilé à Creil se rêvant en travesti ou encore Emilio Calcagno venu de Beauvais et s’amusant des rêves enfantins véhiculés par la bande dessinée.

Les artistes :

  • Carolyn Carlson / Blue Lady (revisited)
  • Kader Attou / Symfonia Piesni Zalosnych
  • Nabih Amaraoui & Matthieu Burner / Them
  • Berlin / Land’s end
  • Felix Ott / Ein Odyssee-Diptychon
  • Andrea Maurer & Thomas Brandstätter / The end
  • Boris Gibé / Les fuyantes
  • Fabrice Planquette / Loss (duo) / Endurance
  • Emilio Calcagno / Archipel
  • Roberto Vidal / La Toto

TENDANCE 2012 DANSE – THÉÂTRE – PERFORMANCES – VIDÉO – CIRQUE AÉRIEN – ARTS PLASTIQUES

lundi 23 janvier

  • 19h30 New Dreams Loss / Endurance // Fabrice Planquette
  • 20h45 Petit Théâtre Them // Nabih Amaraoui & Matthieu Burner création-production

mardi 24 janvier

  • 19h00 Petit théâtre Them // Nabih Amaraoui & Matthieu Burner création-production
  • 20h30 Grand Théâtre Blue Lady (revisited) // Carolyn Carlson
  • 22h00 New Dreams Loss / Endurance // Fabrice Planquette

mercredi 25 janvier

  • 19h00 Maison du Théâtre The end // Andrea Maurer & Thomas Brandstätter
  • 19h00 Hall Matisse Archipel // Emilio Calcagno
  • 20h30 New Dreams Ein Odysse-Diptychon // Felix Ott
  • 21h30 Hall Matisse Archipel // Emilio Calcagno

jeudi 26 janvier

  • 19h00 Maison du Théâtre The end // Andrea Maurer & Thomas Brandstätter
  • 19h30 Grand Théâtre Symfonia Piesni Zalosnych // Kader Attou
  • 20h45 Petit Théâtre Les fuyantes // Boris Gibé coproduction-résidence
  • 21h30 Maison du Théâtre The end // Andrea Maurer & Thomas Brandstätter
  • Lieu/horaire à préciser Land’s end // Berlin – sous réserve

vendredi 27 janvier

  • 19h30 Petit théâtre Les fuyantes // Boris Gibé coproduction-résidence
  • 21h00 New Dreams La Toto // Roberto Vidal
  • Lieu/horaire à préciser Land’s end // Berlin – sous réserve

Informations pratiques

  • Tarifs : de 6 à 12 € – Pass Tendance – 5 spectacles – pour les détenteurs de la carte MCA : 25 € pour 5 spectacles
  • Location : www.maisondelaculture-amiens.com

 

Les métiers de la création, journée de rencontre avec des professionnels

Posté le 18 nov 2011 à 11:21

  •  « Chat » lundi 21 novembre 2011, de 14h30 à 15h30, avec France Télévisions

« Formations et métiers de la création visuelle», posez vos questions dès maintenant sur http://emploi.france5.fr/

Céline Johnsson, responsable du service information, promotion et concours de Gobelins l’école de l’image et Ferroudja Kaci, conseillère du CIDJ vous répondront. Elles vous aideront dans vos démarches d’orientation. Lien : http://forums.france5.fr/france5emploi/CHOISIR-UN-METIER/creation-metiers-chat-sujet_14_1.htm#t98

  • Journée de rencontre avec des professionnels

mardi 22 novembre 2011, de 10h à 17h, au CIDJ 

Les métiers de la création visuelle font rêver. Cependant beaucoup sont méconnus. Le CIDJ organise en partenariat avec la Région Ile-de-France une journée de rencontres avec des professionnels de la création visuelle, la photographie, le jeu vidéo, le cinéma d’animation, la création industrielle, le design textile, l’audiovisuel, les métiers techniques de la télévision et du cinéma, l’artisanat d’art …

Des entretiens individuels seront proposés avec des professionnels et des enseignants d’écoles, de CFA, de lycées spécialisés. Ces échanges aideront à confronter rêve et réalité pour mieux choisir son métier. Toutes les formations initiales et en apprentissage du CAP au Master seront présentées. Des démonstrations de professionnels éclaireront sur la réalité de ces métiers.

Des rencontres permettront un contact direct avec des enseignants d’écoles prestigieuses :

Le lycée professionnel des arts graphiques et métiers du livre Corvisart/Tolbiac (reliure et illustration), Gobelins l’école de l’image, Ecole nationale supérieure Louis-Lumière, ISART digital, ENSCI création industrielle – Les Ateliers, INA-Sup l’école de l’Institut National de l’Audiovisuel, CFA coiffure/esthétique Ambroise Croisat, Université européenne des métiers de la Finition.

Des professionnels répondront à toutes les questions.

La Cinémathèque Française, l’INMA institut national des métiers d’art, le Réseau national et parisien du Groupement de créateurs, le Groupement des professionnels de la peinture et de la finition, la Maison des artistes, des jeunes lauréats Paris-Jeunes talents de la Mairie de Paris, des spécialistes du Pôle emploi Paris audiovisuel spectacles seront à la disposition des visiteurs.

Démonstrations cinéma d’animation, films 3D, création de jeux vidéo, artisanat d’art (par une ferronnière et un artisan sérigraphe). Salma Cheddadi, lauréate Paris Jeunes Talents, présentera son film docu-fiction « Sweet viking ». Un quiz cinéma sera proposé par la Cinémathèque Française

Animations en novembre en Ile-de-France

Des animations sur les métiers de la création seront organisées en novembre en Ile-de-France, par le réseau Information Jeunesse, en partenariat avec la Région Ile-de-France. Des ateliers, des expositions,  des conférences et des visites d’entreprises seront proposées par les Points et les Bureaux Information Jeunesse à  Lésigny (77), Marly-le-Roi (78), Levallois (92), Noisy-le-Sec (93), Maisons-Alfort et Villeneuve-le-Roi (94).

Programmes complets sur www.cidj.com

  • Entrée libre

CIDJ – 101 quai Branly – 75015 Paris – Métro Bir Hakeim ligne 6, RER C Champ de Mars

The Lady, la vie de Aung San Suu Kyi au cinéma le 30 novembre

Posté le 18 nov 2011 à 10:55

The Lady est une histoire d’amour hors du commun, celle d’un homme, Michael Aris, et surtout d’une femme d’exception, Aung San Suu Kyi, qui sacrifiera son bonheur personnel pour celui de son peuple. Rien pourtant ne fera vaciller l’amour infini qui lie ces deux êtres, pas même la séparation, l’absence, l’isolement et l’inhumanité d’une junte politique toujours en place en Birmanie. The Lady est aussi l’histoire d’une femme devenue l’un des symboles contemporains de la lutte pour la démocratie.

  • Date de sortie : 30 novembre 2011
  • Durée du film :  2h 07min
  • Réalisé par Luc Besson
  • Avec : Michelle Yeoh, David Thewlis, Jonathan Raggett
  • Genre : Drame
  • Distributeur : EuropaCorp Distribution

Bande Annonce :

La Bande originale du film par Eric Serra

Télécharger la bande originale :

En janvier à la Maison Européenne de la Photographie

Posté le 18 nov 2011 à 10:12

La Maison Européenne de la Photographie présente du 17 janvier au 25 mars 2012 :

Götz Göppert – Les quatre saisons

Götz Göppert, photographe allemand, travaille pour différents clients en Allemagne et en France. Il consacre aussi beaucoup de son temps à des projets photographiques personnels.

Voyageur compulsif, il sillonne le monde aussi bien que l’univers de ses proches avec pour seul but de se laisser happer par le beau et l’inhabituel, rapportant au gré de ses échappées «une documentation de ce qui m’entoure ». Un cabinet de curiosités quotidiennes qui l’interpellent par leur esthétisme brut et qu’il capture en panoramique, sa «fenêtre avec vue» et seul format à pouvoir restituer quasi à l’identique ce que perçoit l’oeil humain. Le sien a pour principe de ne se détourner de rien et de donner à toute chose la poésie du temps en suspend.

  • Götz Göppert, Né en 1969 à Munich, vit et travaille à Paris.

William Ropp – Le sculpteur d’ombres

La scénographie particulière des images de William Ropp, provient, à l’origine, du théâtre où il a fait ses premières armes avant de co-fonder la compagnie « Théâtre X ». Cette expérience de direction d’acteur acquise, le sujet, dans son univers, est alors guidé de l’obscurité vers lui-même, un autre lui, un possible. La photographie intervient comme une machine à capter les rêves, à prendre en compte une autre réalité.

A partir de 1988, il opte pour le noir et blanc et photographie des corps dans des miroirs déformants afin de prolonger un certain malentendu sur la posture. Ces photographies, nourrissant un goût pour le paradoxe en saisissant de manière mécanique un surréalisme pur, connaissent rapidement le succès. Débute alors une série de publications de livres, dix au total aujourd’hui.

En 1993, il s’intéresse aux attitudes non maîtrisées des êtres humains, en les plongeant dans le noir du studio pour mieux les révéler, en les peignant doucement, d’un faisceau de lumière léchant leurs contours. Grâce à ce procédé de dévoilement, l’intrusion de la lumière provoque l’accident de la forme. William Ropp fait alors peser son regard sur les défauts de la peau, les creux, les pleins, les aspérités de la matière. Il modifie, les structures du corps et des visages, comme pour aller au bout d’un projet de la nature sans cesse contrarié par la volonté de paraître. Ses photographies cherchent ce moment rare du relâchement de l’individu dans sa lutte contre lui- même et le monde.

Sur un coup de tête, en 2007, il rompt momentanément avec le studio qu’il déporte dans la nature africaine, pour saisir le rêve, l’incarnation animiste d’enfants de la nature. Seul, en tête à tête avec ces enfants d’ailleurs, William Ropp créée un série imprégnée d’un onirisme puissant, sans autre définition que le rêve et l’instant propre à chacun de ses enfants, fruits du paysage. William Ropp passe alors à l’enseignement qu’il affectionne particulièrement, via une longue série de workshops notamment en Norvège.

Aujourd’hui, son travail s’oriente vers la couleur, « seulement depuis qu’elle devenue totalement maîtrisable » dit-il. Cette nouvelle étape, initiée en 2010, se focalise sur les mêmes thèmes mais revisités par une pause inspirée des tableaux classiques. William Ropp cherche à confronter l’hyperréalisme de la photographie aux ombres sculpturales de la peinture. De ces images, dont on ne peut plus lire l’apport dominant, il ressort des personnages déifiés, magnifiés, d’autres embaumés. Cette petite fille aux yeux glauques interrogatifs, par exemple, posant fat dans une robe du 19ème, prise en photographie couleur dans un cadre classique. Est-ce un regard ironique de la part du photographe ? Trop d’affection dans le regard de William Ropp, qui a toujours puisé dans les autres arts pour créer sa photographie propre. Il semble cette fois, s’être réapproprié un concept auquel il devait logiquement aboutir. Avec cette série photographique, couleur, se révèle de l’écho du temps, des techniques successives, tout simplement, de la toile de maître.

Dominique Issermann – Laetitia Casta

La Maison Européenne de la Photographie présente “Laetitia Casta” par Dominique Issermann. Un livre éponyme, publié aux éditions Xavier Barral, accompagne l’exposition. Pendant trois jours Dominique Issermann a photographié Laetitia Casta, à Vals, dans les Thermes construits par l’architecte Peter Zumthor en Suisse.

C’est un travail à deux, un pas de deux, une chorégraphie photographique. Ce projet fait suite au livre de Dominique Issermann sur Anne Rohart publié aux éditions Schirmer et Mosel en 1987. Trois respirations, celle de Laetitia Casta dans l’émotion de la découverte, dans l’abandon à l’inconnu, celle de Dominique Issermann qui retient son souffle pour saisir les instants où Laetitia Casta s’inscrit, fugitive, dans le bâtiment, et celle de Peter Zumthor qui respire à travers les murs, les marches, les bassins, les couloirs. Trente-trois photographies enroulées et déroulées, comme on forge une seule image, une image définitive de Laetitia Casta, archétypale, dans une nudité souveraine et libre.

“Laetitia Casta” est le dernier travail en argentique de Dominique Issermann.

Une biographie, en quelques décennies…

1950 : A la campagne, j’étais petite, la guerre revenait en fin de repas, c’était des traces de brûlures sur le thorax gazé de mon grand père et mes parents qui avaient mangé des rutabagas pendant leur adolescence. La politique, c’était De Gaulle qui parlait haut. Les salades poussaient sous nos fenêtres. Plus tard, des cousins plus âgés ne revenaient pas d’Algérie et des enfants Vietnamiens courant devant les flammes de l’enfer mouraient sur nos téléviseurs. Au fond du jardin, je vise dans le Brownie Flash de mon père, j’ai quatre ans, je photographie ma mère qui étend des draps, ma première photo.

1960 : Je fais des photos de ma soeur, mon frère, mes voisins, des gens qui passent dans la rue. Je sentais bien qu’il fallait partir. L’école publique qui m’avait appris beaucoup de choses, et que je remercie au passage pour les délices de la petite école Saint Joseph à Aubigné Racan, la beauté du lycée Marie Curie à Sceaux, les cerveaux agités des élèves et des professeurs d’hypokhâgne, la bienveillance du professeur à l’énoncé de mon choix de maîtrise « Les rapports familiaux dans le monde de Mickey Mouse », m’a sans le vouloir, mais sûrement, ouvert les portes pour le grand chahut idéaliste de mai 68.

1970 : L’Italie : le cinéma. Cinq ans à Rome avec Cohn-Bendit en exil et une belle bande d’agitateurs inoubliables. Travail collectif pour le film de Jean-Luc Godard « Vent d’est » et réalisation de deux longs métrages avec Marc’O. La ville est un brasero de rencontres qui changent la vie définitivement, de Pasolini aux Straub. Puis la révolution des oeillets au Portugal, avec nos appareils photos on traque les visages épuisées des opposants qu’on vient de tirer des prisons-mouroirs de Salazar. Je sens qu’au milieu des blessés je pourrais devenir infirmière et que seule l’émotion devant la beauté peut me faire devenir photographe. Je me lance dans un concours de photos de mode, pour décrocher le premier prix qui me permettrait de payer ma note de téléphone, je gagne. Avant ce concours, il y avait les vrais gens dans la vraie rue et après il y a eu les vrais mannequins dans les vrais studios de mode.

1980 : Je me gave de films à la Cinémathèque et je commence à photographier des actrices et des acteurs qui deviendront vite célèbres, les premiers étant Isabelle Adjani et Gérard Depardieu. Puis viendront Catherine Deneuve, Simone Signoret, Yves Montand, Jeanne Moreau, Fanny Ardant, Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Robert de Niro, Anouk Aimée, Sir Lawrence Olivier, Isabella Rossellini, Marguerite Duras, Balthus, Leonard Cohen, Bob Dylan, Isabelle Huppert, Françoise Sagan… Sonia Rykiel, regardant dans la petite valise où j’entassais mes portraits me dit : « Vous êtes libre la semaine prochaine ? Pouvez-vous photographier ma collection pour 18 pages dans Vogue? Connaissez–vous un mannequin ? ». J’ai répondu OUI aux trois questions. Je ne connaissais personne, j’avais vu en couverture de Elle Anne Rohart qui venait de remporter un concours pour devenir mannequin. «Parfait» dit Sonia. Je photographie toutes ses collections pendant plus de dix ans et réalise avec Anne Rohart un livre de nus au château de Maisons-Lafitte, 30 photos dans le même lieu avec la même personne, et juste un drap. Le livre porte son nom.

1990 : Il s’ensuit de longues années d’une sorte de rap intensif avec ceux que je photographie, ceux qui commandent les photographies, ceux qui fabriquent les photographies avec moi, long rap essoufflant qui ne cesse que pendant les brefs instants magiques des déclics qui font mouche. Christian Dior, Nina Ricci, Yves St Laurent, Montana, Hermes, Chanel…

Je travaille main dans la main avec les créateurs, ils me tiennent la main et me laissent faire, Eau Sauvage, Dolce Vita, Dune chez Dior, Tiffany, Trésor de Lancôme avec Isabella Rossellini, Chanel N°5 avec Carole Bouquet, Coco Mademoiselle avec Kate Moss puis Kiera Knightley, Allure avec Anna Mouglalis, N° 5 avec Audrey Tautou.

Je vis avec un groupe que j’aime, presque toujours les mêmes mannequins, coiffeurs, maquilleurs, stylistes, voyageant d’aéroports en hôtels, au gré des saisons inversées des collections de mode, pour Vogue USA, Vogue France, The New York Times Magazine, Elle France, USA, UK et bien d’autres.

2000 : On change de siècle, mais je travaille toujours avec la même famille de magazines et de grandes marques. Mon bureau s’agrandit, les machines débarquent, je passe au numérique. Je commence à travailler dans mes archives pour éditer des cartes postales, faire une grande exposition à Arles dans la vertigineuse Église des Frères Prêcheurs.

Je découvre l’architecture de Peter Zumthor, aux Thermes de Vals. J’y entraîne Laetitia Casta dans la chorégraphie d’un nouveau livre, une femme magnifique, nue, qui se place dans la perspective généreuse et fuyante d’un bâtiment parfait. Un nouveau livre.

L’expérience Romaine m’a laissée le goût du cinéma. Leonard Cohen dans les années 90 m’a confiée la réalisation de ses clips « Dance me » et « Manhattan », ainsi que Catherine Deneuve, Renaud et Patricia Kaas. C’est ainsi que Bob Dylan débarque un jour devant ma caméra, convié par Victoria’s Secret à faire une unique et légendaire apparition dans le monde du film publicitaire.

2010 : J’ai toujours aimé faire des photos pour le papier, les pages de journaux, ça me plaisait de savoir que mes photos pourraient emballer du poisson ou empêcher les chaussures de perdre leur forme. Mes expositions étaient toujours des projections de photos. Je ne voulais rien d’autre, je n’aimais pas les cadres. Un tirage était pour moi, pendant longtemps, du matériel pour l’impression du journal, de l’affiche, du livre. Mais je regarde depuis peu mes boîtes de papier photographique d’un autre oeil.

Youssef Nabil

La Maison Européenne de la Photographie présente la première rétrospective de Youssef Nabil, photographe égyptien passionné de cinéma dont le travail évolue entre journal intime et portraits d’artistes.

Depuis les années 90, Youssef Nabil construit une oeuvre singulière dont la démarche n’a jamais varié. Qu’il photographie ses amis, comme à ses débuts, des stars, ou encore lui-même, il met tout d’abord en scène son sujet avec un travail très précis sur la pose et colorise ensuite, à la main, le tirage noir et blanc. Ses modèles ont ainsi toujours cet air glamour suranné qui n’est pas sans rappeler l’atmosphère des films classiques égyptiens.

Pour la MEP, Youssef Nabil a sélectionné environ 60 tirages : gros plan épuré sur les visages de Catherine Deneuve et de Marina Abramovic, mise en scène de modèles égyptiens dans des poses cinématographiques, présentation chorale de pêcheurs yéménites anonymes, instantanés de l’artiste face à l’écoulement du temps… Chaque image de soi ou de l’autre met l’accent sur ce qu’il y a d’unique en chacun. Il s’agit toujours de tenter d’immortaliser un être confronté à la précarité de l’existence et à la dissolution de l’identité dans les incessants voyages du moi. Alexandrie, Florence, Istanbul, New York, Paris : Youssef Nabil se photographie et photographie les être qui l’entourent. Se dessine alors en creux, dans l’exposition, l’irruption intermittente de sa biographie et de son exil volontaire d’Egypte, mère-patrie qui tantôt lui donne naissance, tantôt lui apporte une rédemption sous le visage d’une Fanny Ardant transformée en Piéta ou qui, à travers les photographies de jeunes modèles égyptiens, apparaît en jeune femme fertile dont la lumière brille à perpétuité.

A la faveur d’un travail de coloriste à mi-chemin entre photographie et peinture, Youssef Nabil fait émerger une réalité imaginaire qui reflète les paradoxes du Moyen-Orient actuel tout en réveillant les fantasmes flamboyants de l’âge d’or du cinéma égyptien.

  • Youssef Nabil, Né en 1972 au Caire, Egypte. Vit et travaille à New York.

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