Jean-Marc Dallanegra : Des Routes, Du Blanc, Evidemment0 Commentaires

Par rédaction
Posté le 24 nov 2011 à 11:05

Jean-Marc Dallanegra

A l’école primaire, Jean-Marc Dallanegra est le cancre du poème de Prévert. Il recouvre ses pupitres de dessins. Quand à la fin de l’année on remet tous les pupitres à neuf, ceux « bariolés » par Dallanegra sont « sauvés » par les femmes de ménage. Aux Beaux-Arts, le directeur des études lui refuse une bourse pour un voyage, il proteste et… part. C’est au coeur de l’Algérie qu’il apprend, trois mois plus tard, son renvoi de l’école. Commence alors son premier voyage initiatique. Désert, bateau et chameau. Il traverse le désert algérien. 1988, Tamanrasset. 1993, Désert d’Algérie. 1998, Los Angeles. 1999, Beyrouth, où il revient chaque année. 2004, Bâle et Pékin. 2007, Tripoli. 2008, New York. 2010, Route 66. L’Italie où il a « ses maisons en ruine ». Il voyage. Beaucoup. Tout le temps. Toujours.

LA ROUTE : Il est sensible aux éléments. La terre, surtout. Avec cette évidence – cette force ancrée en lui – de la toute petite empreinte des êtres humains, juste posés sur l’écorce terrestre. Aussi sensible à ses congénères qu’à la planète qui les porte, Dallanegra embrasse l’univers(el) humain. Qui le lui rend bien. Car de passager à passeur, sur une « Route de Dallanegra », la ligne est vite franchie. Quand on est embarqué avec lui, rien ne peut s’arrêter. Les routes de Jean-Marc sont inspirées des photographies qu’il prend pendant ses voyages, tel un reporter. Ce ne sont pas tant les paysages de ces destinations qu’il immortalise, que les impressions qu’il a ressenties à un moment précis. Ses clichés cristallisent ses émotions. Il s’en sert pour se remémorer ses impressions et les retranscrire à l’huile sur toile de lin. Il observe à nouveau : il est face à un souvenir visuel, olfactif ou quasifantasmagorique. Alors, il peint.

« Les routes c’est une synthèse. Pour moi c’est la perfection. C’est ce qu’on peut trouver dans tout. Ce n’est pas un symbole, c’est comme ça qu’est le monde. […] Il faut continuer à la faire. La route. Blanche. »

LE BLANC : Dallanegra maîtrise ce blanc. Passées les premières surprises, encouragé, conseillé, suivi de près par ceux qui passent et viennent devant la vitrine, et qui voient – toile après toile – le travail avancer, qui en parlent et puis, tout naturellement, rêvent de la suivante et invitent d’autres à faire le même chemin… c’est ça une « Route Blanche de Dallanegra ». Une route qui avance toujours. Au fur et à mesure du passage des uns et des autres, selon le temps, la lumière, kilomètre après kilomètre.

« J’arrive à amener le blanc en couleur. Alors que le noir et blanc sont mis en dehors, parce qu’ils contiennent toutes les couleurs, je les utilise comme des couleurs. Et comme il y a toutes les couleurs dans le blanc, dans ma tête, avec du blanc, je peins bleu, rouge, jaune… Après c’est là où la matière est importante. »

HEROS : En 2010, Jean-Marc a quitté la route le temps d’une oeuvre grandiose. « Héros », une oeuvre qui donne le vertige. Cette installation monumentale de deux mille petits soldats de céramique blanche, tous citoyens du monde, est une idée qui est venue à Jean-Marc de sa façon d’appréhender les êtres comme faisant partie du tissu de vie planétaire. Selon lui, nous procédons d’un système où nous avons tous ont un rôle à jouer.

L’ATELIER : Depuis quelques jours, Jean-Marc Dallanegra a installé son atelier dans un espace de la Galerie W. Qui jouxte, domine, la salle de sa future exposition. Il en sera partie intégrante. Point de fuite paradoxal et symbolique. Apercevoir, voir, respirer l’odeur la peinture à l’huile, sentir et ressentir.

« (…) J’avais besoin de me retrouver et dans le monde de la couleur j’ai eu envie de créer ma propre couleur. Grâce à des rencontres, de personnes et de matières, j’ai fini par fabriquer « mon » blanc. Pour moi, ce blanc, ça reste toujours de la couleur : quand je peins du blanc je peins comme si je peignais en couleurs. (…) » JMD


1964

Jean-Marc Dallanegra naît le 9 juin à la Celles-Saint-Cloud.
Son père est artisan et peintre. Les Dallanegra sont d’origine italienne.
De la grande lignée des « Ramoneurs de Pardi » (Parme).

  • Du 30 novembre 2011 au 30 janvier 2012

Regarder :

 

Galerie W

 

 

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