« FORMES » par Eric Jourdan à la Galerie Gosserez0 Commentaires

Par rédaction
Posté le 09 fév 2012 à 11:56

Après presque dix ans, Eric Jourdan revient confronter son dessin à l’espace de la galerie à l’invitation de Marie-Bérangère Gosserez. En trois pièces et une série de vases, il pose de façon éclatante sa grammaire plastique et fonctionnelle comme il est l’un des rares designers français à pouvoir le faire. Aimer le trait Jourdan une fois, c’est l’aimer à chaque fois tant la constance de son design est emblématique de ces créateurs dont le dessin est le moteur « Au commencement je n’envisage jamais un objet ou un meuble dans sa globalité, je dessine un détail (un assemblage, un creux, une jonction…) qui va m’amener à un autre, et un autre … Le tout est une juxtaposition d’éléments que je vais plus tard organiser. Cette méthode, ou plutôt cette non méthode, est liée à la pratique du dessin qui créé un lien continu entre toutes ces ébauches de formes. J’empile et après j’enlève. L’échelle n’a pas d’importance au début, elle se déterminera quand nous ferons des dessins aux dimensions définitives, côtés.

« J’imagine volontiers ces objets comme des constructions, des objets architecturés avec des plateaux, piliers, ouvertures, bref un langage plutôt lié à l’architecture. Plus tard vient l’organisation de ces formes, je construis, j’assemble des éléments qui au début peuvent devenir des objets différents, c’est ainsi que sur la même ébauche se trouvaient la console et un secrétaire. Voila ce qui pourrait sembler quelque peu primaire ou simpliste comme système d’élaboration d’un projet d’exposition. Mais le dessin peut être une liberté ou une prison ; cela dépend où l’on arrête la machine infernale qui consiste à noircir des carnets entiers. C’est là qu’intervient votre interlocuteur, celui qui organise, clarifie, vous fait prendre du recul, et pour cette exposition ce fut le rôle de Marie-Bérangère Gosserez. »

Avec Eric Jourdan, pas de story telling, pas de scenari donc, mais de la forme pure, comme ses condisciples Charpin, Bauchet, Bouroullec, pas non plus de sanctification artiste de ses manipulations plastiques « On pourrait croire que montrer son travail dans une galerie soit une sorte d’exutoire permettant au designer de se dégager des contraintes industrielles ou commerciales (ce à quoi je suis de plus en plus confronté) mais non, le design ne se fait pas tout seul, sans dessin, sans galeriste ou sans industriel… A travers cette exposition, je veux montrer que tout ne sera toujours qu’échanges, ratures, déceptions, tensions, retours, progrès, plaisir. Je ne crois pas aux postures d’artistes ; dans notre métier tout n’est que co-production de concepts et de FORMES ».

Bio :

Eric Jourdan, designer est diplômé de l’Ecole des Beaux Arts de St Etienne (87) et de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts décoratifs de Paris (89). Dès 1989, il travaille pour la Fondation Cartier et la Galerie Neotu. Il conçoit ensuite le mobilier et l’aménagement de Cartier USA à New York avant de participer en 1993 au projet Tim Thom ( Thompson multimédia) avec Philippe Starck. avant de collaborer avec les plus grands éditeurs de mobilier français : Roset, Cinna, Domeau & Pérès. Adepte d’un dessin de l’économie de signes sans être minimal, il a également exposé à la galerie Peyroulet, obtenu la carte blanche du VIA en 2002 et réalisé la nouvelle scénographie du salon Première Vision en tandem avec Francesca Avossa.

Tour Miroir

«Tour Miroir »
Le système constructif est identique à la console mais s’y ajoute l’idée de proportions inconnues, qui renvoient aux tours de verre qui s’élancent vers le ciel. Comment faire tenir sur un piétement plutôt grêle une masse de bois, de verre. J’aime me faire architecte et faire tenir d’immenses volumes sur des supports semblant trop fins…

  • Métal laqué, placage de noyer et miroir
    H : 180 – l : 60 – P : 20 cm
    Edition limitée à 12 exemplaires

Console « Promenade »

Console « Promenade »
J’imagine volontiers les objets comme des constructions, des objets architecturés avec des plateaux, des piliers, des ouvertures, bref un langage plutôt lié à l’architecture, domaine qui me passionne. Ici, il est question de construction et surtout de laisser « à voir » les différents assemblages, empilements de matières et textures. Le meuble est ouvert comme un ilot ouvert en urbanisme dont chaque plan s’ouvre sur un autre et invite au passage. Le piétement n’est pas aligné sur l’ensemble de la structure ainsi que le panneau arrière, cette configuration permet au regard de se promener au travers du meuble comme on peut déambuler dans une architecture.

  • Métal laqué et placage de noyer
  • H : 100 – l : 100 – P : 30,5 cm
  • Edition limitée à 12 exemplaires

Galerie Gosserez

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