Le graphisme est affaire de mots et d’images. Pourtant, alors que la communication visuelle a envahi nos sociétés contemporaines, le graphisme est paradoxalement devenu invisible aux yeux du grand public. Au croisement de plusieurs disciplines artistiques comme la photographie, la peinture, le cinéma, le design d’objet ou encore l’architecture, l’activité reste mal identifiée. À cela plusieurs explications possibles: la multiplicité des supports de création, de l’imprimé au web design, la diversité des statuts d’emploi et jusqu’à la diversité des termes le désignant, du graphisme au design graphique.
À partir des témoignages de jeunes graphistes en cours de professionnalisation et de graphistes renommés dans leurs différents domaines de création (affiche, animation 3D, publicité…), l’ouvrage présente la profession dans sa diversité de situations d’emploi – salarié ou indépendant, travaillant pour le secteur institutionnel ou le secteur commercial, pour le support imprimé ou animé – et décrit les enjeux auxquels elle est confrontée : adaptation aux technologies numériques qui tend à créer un fossé générationnel, diversité des formations, difficulté d’insertion dans un marché du travail où le talent et la notoriété laissent peu de place à la génération entrante, pourtant de plus en plus nombreuse depuis la fin des années 1990.
Au-delà des différences liées à l’exercice du métier et en dépit de phénomènes générationnels, des trajectoires convergentes sont identifiées, qui rappellent que l’histoire du graphisme est avant tout une histoire de regards: sur le monde, la société, la cité.
Jean-Pierre Durand et Joyce Sebag sont tous deux professeurs de sociologie à l’université d’Évry où Jean-Pierre Durand a fondé le Centre Pierre-Naville. Il est l’auteur de Sociologie contemporaine, paru chez Vigot en 2006 pour la 3e édition. Joyce Sebag a publié de nombreux articles sur l’écriture cinématographique en sociologie. Elle est responsable du groupe de recherche « Sociologie visuelle ou filmique » au sein de l’Association française de sociologie.
Pour sa première exposition Parisienne, l’artiste turque Emel KURHAN a décidé de nous raconter une histoire très personnelle, celle de sa mère Peri, qui signifie ‘fée’ en turc.
Enfant, sa mère est traumatisée par la mort tragique de sa soeur ainée de 2 ans. Après la disparition de cet être cher, ses parents décident de lui donner le nom de la défunte, Peri. Ce transfert d’identité et donc cette perte d’identité constituent un drame bien plus profond pour la mère de l’artiste. En nous racontant cette histoire, Emel KURHAN espère lui redonner vie. En lui rendant cet hommage, elle souhaite lui rendre son identité.
Emel KURHAN ne se considère pas comme une artiste politique mais elle se sent particulièrement impliquée dans les questions d’identité en Turquie, qui touchent nombre de ses compatriotes dans leur vie de tous les jours. Cette confusion identitaire pose question sur l’existence en tant qu’individu au sein de la famille et de la société turque en général.
Emel KURHAN a travaillé avec divers médias en combinant des vieilles photographies de l’enfance de sa mère avec de la broderie en point de croix, de la broderie de perles et du plexiglas.
Emel Kurhan a longtemps vécu à Paris. Longtemps créatrice de mode, elle a créé avec sa soeur la marque YAZBUKEY. Elle vit et travaille désormais à İstanbul
Tales of a Fairy
Artist and former fashion designer Emel Kurhan’s latest work tells a deeply personal story. This latest mixed media exhibition uses photographs from her mother’s childhood as well as techniques such as embroidery to restore her lost mother’s early life. Tragedy struck Emel’s mother Peri (Fairy) early in life with the loss of her older sister. Then Peri lost something more of herself when her own name was replaced with that of her departed sister’s.
“By telling her story,” Emel says, “maybe my mother can regain her own identity.” Although Emel would not describe herself as a political person, she does feel identity issues are a particularly important issue in the everyday life of Turks, where the lines between individual, family, society and state are all too easily blurred by the need to belong.
A former resident of Paris, Emel Kurhan, now lives and works in Istanbul, Turkey.
Bio :
Emel KURHAN (1977) a passé son enfance à voyager à travers le monde et suivi ses parents diplomates. Elle a étudié l’histoire de l’art au Studio Bercot et à l’Ecole du Louvre à Paris. Parallèlement, elle a fait carrière dans le monde de la haute couture et travaillé dans plusieurs grandes maisons dans la fabrication des coloris et des impressions sur textile. Avec sa sœur, elle a ensuite créé la marque ‘Yazbukey’ et connu un succès international récompensé par de nombreux prix dont deux par le Ministère français de la Culture. Emel KURHAN a simultanément commencé à animer des émissions de radio et à écrire dans la presse à propos de son monde intérieur. Tout en gardant un pied dans le monde de la mode, elle entame à partir de 2007 un travail plastique très personnel à partir de broderie qu’elle associe à la photographie ou aux néons. Elle enseigne régulièrement dans les Universités de Istanbul et de Reykjavik ainsi qu’au Studio Bercot à Paris. Une exposition rétrospective lui a été consacrée à l’Institut français d’Istanbul en 2007 et son premier solo show a été présenté dans la très pointue galerie NON à Istanbul en 2009.
galerie nivet-carzon
« J‘ai profité de l’invitation qui m’a été faite par Diaphane autour des communes de Long et Longpré-Les-Corps-Saints pour poursuivre cette recherche. Cette fois ci je me suis retrouvé sur les bords d’un fleuve, autre sujet paysager qui m’est cher puisque j’ai déjà entrepris un travail sur la Loire et la Seine. J’ai tenté de dire ce pays à travers la présence du fleuve et des étangs qui structurent ce paysage rural peu connu. Mais c’est tout naturellement que je me suis aussi penché vers l’architecture des villages environnants et sur la manière dont le travail de la terre façonne le paysage et comment l’agriculteur devient paysagiste. A l’heure où l’on regarde la planète de manière globale, j’aime porter mon attention sur le local car je pense qu’affirmer la singularité de toute terre c’est aussi s’interroger sur notre monde. » Thibaut Cuisset
La boutonnière du Pays de Bray
Située à l’extrémité est de la Normandie cette contrée possède en effet une géographie particulière, une évolution géologique originale ayant formé une série de plis provoquant l’alternance rapprochée de vallées et de cols entre Gournay‐en‐Bray et la Côte d’Albâtre. Communément appelé « la boutonnière » à cause de cette succession de vallonnements, ce cadre éloigné des grands centres urbains et peu industrialisé présente à la fois de larges horizons et une campagne bocagère bien préservée où l’activité, essentiellement agricole, est tournée vers l’élevage et la production laitière. Thibaut Cuisset s’est immergé dans ce paysage rural dont il s’est attaché à enregistrer, voire à déchiffrer les caractéristiques : départementales serpentant sur les collines, prairies couronnées de forêts, gros bourgs et petites installations agricoles (silos, hangars…etc.). Il a été aussi attiré par les vues larges et dégagées qu’offre le relief du Pays de Bray, s’autorisant de magnifiques points de vue sur les étendues et réseaux de parcelles. Différents séjours lui ont permis de mettre en valeur les transformations opérées dans le paysage par la lumière, les couleurs et les cultures. Loin des effets pittoresques ou des sentiers battus d’un riche patrimoine, Thibaut Cuisset a su reconnaître dans une simple marnière à flanc de coteau, dans une succession de bosquets et de taillis ou dans l’enchevêtrement d’une entrée de village, les repères modestes mais significatifs qui constituent la trame de ce paysage rural.
Parcouru par une « route des paysages » offrant d’amples « points de vue » avec table d’orientation, le Pays de Bray de Thibaut Cuisset, qui n’a pas négligé les différentes échelles ouvertes par ces panoramas, est cependant restitué comme un paysage discret, sans emphase. Non pas celui propre à étonner le touriste mais celui de l’honnête homme, du littérateur arpentant une terre vivante et silencieuse qui ne se laisse découvrir qu’avec patience et circonspection. Autant de qualités offertes par l’usage de la chambre photographique qui assure la combinaison des temps longs d’un cadrage et d’une prise de vue réfléchis. Cette retenue de l’opérateur, qui vaut comme attention à la substance latente du paysage, se traduit dans le souci d’une photographie documentaire précise et lumineuse. L’équilibre des lumières produit des images d’une grande rigueur à même de contenir des paysages riches et composites. La « campagne photographique » de Thibaut Cuisset retient de ce terroir la variété et la qualité de sites spécifiques, mais il propose aussi une lecture proche de ses préoccupations, comme au Japon, dans l’Hérault ou en Namibie, celle d’un « dehors absolu », épuré et universel. Didier Mouchel
Le fleuve Somme
Une seconde série de photographies sur le fleuve de la Somme sera également présentée dans cette exposition. Ce travail est issu d’une résidence en cours de réalisation, mise en place par Diaphane et le département de la Somme.
A propos de Thibaut Cuisset
Thibaut Cuisset, né en 1958 à Maubeuge, vit et travaille à Montreuil‐sous‐Bois. Il est représenté par la Galerie des Filles du Calvaire à Paris et à Bruxelles. Ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome (1992‐ 93) et de la villa Kujoyama à Kyoto (1997), il est dans le champ de l’art contemporain un spécialiste d’une photographie de paysage à la fois documentaire et sensible. Plusieurs séries d’images lui valent une notoriété nationale et internationale, en particulier « Campagne japonaise » (1997‐2002), « Le dehors absolu » (2000‐2005) où il se confronte aux très larges espaces des paysages islandais et des déserts namibiens et « La rue de Paris » (2003‐2005) qui propose un traitement original de l’urbanisation et de l’architecture d’une rue de Montreuil‐sous‐Bois, dans la proche banlieue parisienne. Sollicité pour de nombreuses commandes, notamment par l’Observatoire photographique du paysage du ministère de l’environnement (Bretagne, 1994‐1998), par le Conservatoire du littoral (Corse, 1995), par l’association Images au Centre (2001) et par l’association Lézigno et le département de l’Hérault (2007), il a été invité de nombreuses fois en résidence à l’étranger (Venezuela, Australie, Suisse, Grèce, Turquie, Russie, Syrie, etc.). Il a publié Campagne japonaise (2002), Le Dehors Absolu (2005), La rue de Paris (2005) et Une campagne photographique (2009) aux éditions Filigranes et Un Hérault contemporain (2007) aux éditions AAM. Plus récemment en 2009 il a obtenu le prix de photographie de l’Académie française avec une exposition en novembre 2010 dans les locaux de l’Institut de France à Paris. Une commande photographique avec la ville de La Bouilladisse et le CAUE (13) a vu une exposition et une publication chez Images en manoeuvre éditions en 2011.
Thibaut Cuisset poursuit actuellement un travail sur le fleuve Somme qui se terminera en 2013 par une exposition et l’édition d’un livre
Espace Séraphine Louis
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