Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, a reçu le 14 février 2012 les représentants du groupe de travail consacré au jazz qu’il avait demandé à la Direction Générale de la Création Artistique du ministère de la culture et de la Communication de réunir afin de lui faire des propositions pour améliorer les conditions d’exercice des artistes de jazz et accroître la présence de ce genre musical dans le paysage culturel.
Un « Rapport d’étape sur la situation de la filière du jazz en France » a été remis au Ministre. Parmi les sujets qui y sont abordés, la visibilité du jazz sur les médias et notamment à la télévision est apparue comme une priorité qui doit être portée par les télévisions de service public. La communication de ce rapport aux acteurs du jazz fera l’objet d’une journée de travail inaugurée par le Ministre.
Le Ministre a souhaité que les propositions suivantes du rapport soient mises en oeuvre :
C’est une cour intérieure usée par le temps. Un lieu de passage aux murs nus, à la pauvreté sans fioritures. Drôle d’endroit pour une rencontre ? Au contraire. Où mieux que dans cet espace à la fois vide et habité, ouvert à tous les possibles, se croiseraient les figures de la mort, de la raison et de la folie, les trois personnages imaginés par Ali et Hédi Thabet ?
« Ce qui importe avant tout, c’est qu’il y ait rencontre », expliquent-ils d’une même voix. « C’est de l’interaction de ces trois corps, chacun traversé par une pulsion différente, que naît l’écriture chorégraphique. » La rencontre, c’est aussi celle de la musique soufie. Interprétée en live par cinq musiciens, elle est présente non comme un simple accompagnement sur lequel se grefferaient pas et gestes, mais comme un acteur à part entière de la création. Ce sont les chants et les voix, en interaction avec les gestuelles des personnages, qui donnent à la pièce sa nécessité intérieure.
Ce tissu sonore est l’œuvre d’un pianiste et musicologue formé à l’Institut supérieur de musique de Tunis, Sofyann Ben Youssef. Curieux de toutes les spiritualités musicales, qu’elles viennent d’Orient ou du reste du monde, il a reconstitué la richesse d’un répertoire aussi ancien que l’Islam, à la fois simple dans son économie – voix, claquements de mains et percussions – et complexe dans son architecture rythmique.
Dans la musique soufie, c’est l’état de transe provoqué par la répétition de mots chantés ou psalmodiés qui permet d’accéder au spirituel et au divin. De même, dans Rayahzone, c’est la circulation des corps et leur énergie propre qui créent les sensations. Pour autant, la physicalité intense à l’œuvre dans la pièce – on s’y heurte, on s’y frotte et on y bouge dans tous les sens – n’est pas un but en soi.
« Notre objet n’est pas de mettre en scène un simple discours chorégraphique », soulignent les frères Thabet, qui réalisent-là leur premier spectacle en commun. « Notre but est de confronter trois dynamiques différentes, dans une immédiateté spatiale et temporelle qui suscite une sorte de transcendance émotionnelle. »
Une façon originale de tenter d’atteindre ce à quoi, « frères humains », nous rêvons tous, et que rappelle un chant soufi : « Sois heureux un instant, cet instant c’est ta vie. »
La musique soufie tunisienne
« Il y a trois manières de connaître une chose. Prends par exemple une flamme. On peut te parler de la flamme, tu peux la voir de tes propres yeux, ou bien tu peux tendre la main et t’y brûler. C’est cette dernière approche qu’embrassent les soufis dans leur quête de l’Eveil par la connaissance : ils choisissent d’être brûlés par la flamme de Dieu, d’ouvrir leur esprit pour accueillir le divin.
Les musulmans savent qu’ils verront Dieu après leur mort ; mais les soufis consacrent leur existence à tenter de le voir dans cette vie-ci, de s’en approcher, une transgression de la loi islamique que la société islamique n’accepte pas toujours. C’est pourquoi le soufisme a fait l’objet de discriminations, parfois même d’interdiction. Dans leurs rites, les soufis utilisent la musique comme véhicule du divin, et leur musique se concentre sur l’instrument premier qu’est la voix.
« Il souffla son esprit en lui (l’homme) et lui donna l’ouïe, la vue et le cœur » : la Création selon le dogme coranique. C’est sur ce fondement que j’ai construit mon approche de la musique soufie et l’usage que je fais de ma voix ; j’utilise l’air comme élément primordial pour atteindre l’élément feu, symbole du pouvoir de Dieu à travers l’homme. L’homme a respiré l’esprit que lui insufflait Dieu, l’homme soufflera à son tour la voix de Dieu, se connectant au divin par le chant. Souvent, plutôt qu’à comprendre les mots, les soufis cherchent à leur donner leur véritable sens, par la répétition, ou en psalmodiant des phrases courtes. La phrase perd ainsi son sens terrestre pour devenir l’écho de sa mémoire universelle en tant que suite de sons. J’en ai moi-même fait l’expérience dans ma pratique musicale, en répétant longtemps un même élément, jusqu’à ne plus percevoir l’information musicale en tant que telle pour accéder à un niveau de résonance supé- rieur : celui de la transe.
Au cours de l’histoire tunisienne, la musique soufie a été interdite. Sa pratique, comme celle des rites soufis, se faisait en secret, dans des cercles très fermés. Il me semble que comparée aux autres traditions soufies dans le monde, la musique soufie tunisienne a perdu, au cours de son évolution, l’accès au silence, à l’espace nécessaire pour que le souffle advienne. Comme si le souffle, en tant que son qui » s’expire « , n’avait pas son contraire de retenue » inspirée « . Dans ce projet, c’est le lien manquant entre le son visible et le son invisible dans la musique soufie tunisienne, pratique musicale et spirituelle, que j’explore » – Sofyann Ben Youssef
Ali Thabet et Hédi Thabet sont tous deux nés en Belgique d’un père tunisien et d’une mère belge.
Ali Ben Lofti Thabet
Il s’est initié aux arts du mouvement par le Kung-Fu. Attiré très jeune par la danse et le cirque, il rejoint le Centre national des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne en 1997. Il en sort en 2002 avec le spectacle Cyrk 13. Une mise en scène de Philippe Découflé, avec lequel il a depuis collaboré à plusieurs reprises. Il a travaillé avec Josef Nadj pour Il n’y a plus de firmament (2003), Jean Babile et Ioshi Oida. Il rencontre Sidi Larbi Cherkaoui en 2004 et rejoint comme interprète l’équipe de Tempus Fugit, première d’une fructueuse collaboration. En 2005, il apparaît dans Oh Boy de Einat Tuchman, et fait équipe avec Nicolas Vladyslav pour le duo Transporté. Ami de longue date de Yannick Dupont et Serge Lazàr, il pose son regard complice pour la création du spectacle Sway en 2008. Il est également assistant chorégraphe pour différents projets, dont ceux de Sidi Larbi Cherkoui, pour lequel il intervient dans la pièce Sutra en 2009 spectacle avec 18 moins bouddhistes du Temple Shaolin ; TeZuka, pièce montée à Tokyo (2010) sur la vie du mangaka Osamu Tezuka. Il a été aussi danseur en 2009 dans la pièce Desnudos, avec la danseuse flamenco Mayumi Kagita.
Hédi Thabet
Il entre à l’école du cirque de Bruxelles à l’âge de 8 ans, il pratique le jonglage et approche d’autres techniques telle que l’acrobatie pendant près de dix ans. A 17 ans, il décide de quitter l’enseignement scolaire et de se dédier au métier de jongleur, se consacrant à un entraînement assidu et performant auprès d’un professeur particulier. C’est alors qu’il se découvre une maladie. Sa convalescence le conduit à contourner la scène et le spectacle, à réinterroger le point de vue de l’artiste. S’éloignant de la technique du jonglage, il se concentre sur le jeu d’acteur et le mouvement. En tant que metteur en scène, il conduit un projet de création en Tunisie pendant plus de deux ans. A son retour, s’ensuivent plusieurs années d’oisiveté et de déambulations jusqu’à ce qu’une autre proposition de mise en scène lui soit faite. Il reprend alors un travail de notes et de réflexions pour la scène à laquelle il revient également physiquement. C’est à cette période qu’il croise un ami de longue date, Mathurin Bolze, avec qui il partage et confronte ces questions. A la suite de leurs périodiques rencontres, ils s’invitent au travail d’abord à Bruxelles puis à Cherbourg et à Lyon ; naît la forme courte Ali (récemment interprété au Théâtre du Rond-Point).
Ali et Hédi Thabet signent avec Rayahzone leur premier spectacle conçu et interprété ensemble.
Lionel About
Autodidacte, il quitte le lycée à 16 ans pour se former au jonglage et à la danse. Il fréquente le Lido, école de cirque de Toulouse où il fait de nombreuses rencontres et devient formateur en jonglerie. Il parcourt de nombreux festivals de cirque avec un duo de jonglerie qui sera primé au Festival mondial du cirque de demain en 1995. Tour à tour danseur, comédien, jongleur, Lionel About multiplie les spectacles en solo ou les aventures collectives et travaille avec la Compagnie Foraine/Pascal Delay. En 1995, il fonde la Cie Vis à Vis et met en scène le spectacle Visa pour l’amour qui tourne en France et à l’étranger. En parallèle, il collabore régulièrement à la mise en scène de spectacles de jeunes compagnies de cirque. Depuis 2002, il a choisi de se confronter à de nouveaux univers artistiques et travaille comme interprète avec Joseph Nadj ou Giorgio Barberio Corsetti. Il rencontre Guy Alloucherie à l’occasion de la création des Sublimes. Lionel About a travaillé également aux côtés de Philippe Découflé et Pierre Rigal.
Sofyann Ben Youssef
Pianiste et compositeur tunisien, Sofyann Ben Youssef a eu un parcours musical particulier. Diplômé en musicologie et en musique arabe de l’Institut Supérieur de musique de Tunis en 2002, son intérêt pour les musiques traditionnelles et orientales le conduit vers l’Inde où il s’initie à l ́art de la sitar et de la tabla indienne avec le maître Musarrat Ali Khan. Aussi compositeur de musique de films et de documentaires, Sofyann Ben Youssef a appris à mêler le savoir faire occidental et la spiritualité orientale dans son travail musical.
durée 1h15 environ puis tournée en France
Calendrier de tournée Printemps 2012
Théâtre de Suresnes Jean Vilar
A l’initiative de Coton Doux, marque de prêt-à-porter spécialisée dans la vente de chemises hommes implantée en France et à l’étranger qui s’investit, depuis 2009, dans le soutien à la création contemporaine, deux oeuvres de l’artiste Jean Bedez sont présentées sur la zone Atrium du rez-de-chaussée des Galeries Lafayette Homme, du 16 au 28 avril prochains.
Une sculpture en taille réelle de la Ferrari F2005, intitulée Game Over et réalisée en 2006, s’impose sur l’espace central. Le modèle d’origine, monoplace de Formule 1 engagée par la Scuderia Ferrari en Championnat du monde en 2005, conduite par Michael Schumacher et Rubens Barrichello, est synonyme de sportivité et de performance, source d’émotion, voire objet de culte. Le rouge Ferrari légendaire a été remplacé par la couleur blanche et la voiture dénaturée de tout artifice. La sculpture met en exergue les symboles de perfection, de luxe et de richesse ostentatoire. Le bolide repose directement sur des parpaings, les briques brutes désacralisant ainsi cet objet de pouvoir et de convoitise. Derrière elle, une installation de 6 sacs polyester remplis de béton et sérigraphiés de l’inscription « AMBITION », réalisée la même année, constitue un kit de voyage bien particulier…
Après des recherches sur les fondements du langage pictural, l’écriture dans la peinture en 2000, Jean Bedez, artiste français né en 1976 et diplômé de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, s’oriente vers le dessin et l’installation.
Il construit aujourd’hui des allégories contemporaines, éclairant parfois sur le ton de l’humour et avec l’utilisation de formes dépouillées voire génériques mais extrêmement soignées, les rapports de domination ainsi que les travers et contradictions qui caractérisent nos sociétés.
L’artiste explore, à travers ces différents médiums, l’histoire des représentations. Il démonte les mécanismes de construction des images afin de révéler la dimension fortement contextuelle et équivoque qui leur est attachée. Il interroge ainsi le statut de l’oeuvre à travers des pièces nourries de références culturelles, politiques et religieuses qu’il réinvestit et croise de façon singulière et décalée.
Son travail a récemment été présenté à la galerie Suzanne Tarasieve, à la FIAC de 2007 à 2009, à Art-O-Rama à Marseille en 2008, à Art Brussels en 2007, ainsi que dans de nombreuses expositions collectives comme au Centre Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon à Sète en 2010, à la Fondation d’entreprise Ricard en 2008, et au Fonds Régional d’Art Contemporain d’Ile-de-France/Le Plateau en 2006. Des expositions personnelles lui ont également été consacrées en France et en Belgique. L’artiste a été nominé au Prix Canson en 2011, et aux « Audi Talents Awards » en 2008. Son travail a par ailleurs rejoint la collection du Fonds municipal d’art contemporain de la Ville de Paris ainsi que de nombreuses autres collections publiques, et privées.
Jean Bedez est représenté par la galerie Suzanne Tarasieve, Paris.
Commissaire : Lorraine Hussenot
Galeries Lafayette Homme Atrium/Rez-de-chaussée 48 Boulevard Haussmann, 75009 Paris Du lundi au samedi de 7h à 22h
Les prix de la Fondation Bleustein-Blanchet s’adresse à :
Si votre candidature est retenue, vous recevrez un dossier à remplir, qui devra nous être retourné, rempli, dans les dix jours suivant la réception. C’est à partir de ce moment que votre candidature sera effective. N’attendez pas les derniers jours avant le 31 mai, votre dossier risque de ne pas être accepté.
PRIX LITTERAIRE DE LA VOCATION
Roman ou nouvelles, parus depuis juin de l’année précédente (pas de compte d’auteur)
Pour y participer demander à l’éditeur de contacter Anne de La Baume au 01 53 63 25 92 ou 01 53 63 25 90 entre janvier et fin avril
Le prix est remis en juin de chaque année. Le lauréat reçoit 3 850 euros en septembre et 3 850 euros en décembre au cours de la cérémonie de remise des bourses à la promotion de l’année. (une vingtaine de lauréats dans des disciplines diverses.)
PRIX DE POESIE DE LA VOCATION
Envoyer un recueil ou tapuscrit d’une cinquantaine de poèmes avant le 31 mai 2012 (compte d’auteurs acceptés) et une photocopie de la carte d’identité.
Les poèmes du lauréat seront édités aux Editions Cheyne. Le prix est attribué en même temps que le prix littéraire. Le lauréat reçoit 1 550 euros en septembre et 1 550 euros en décembre au cours de la cérémonie de remise des bourses.
Créé par l’ADIAF en 2000 pour soutenir la scène artistique française, le prix Marcel Duchamp distingue chaque année un artiste français ou résidant en France travaillant dans le domaine des arts plastiques et visuels. L’ambition de ce prix de collectionneurs, organisé en partenariat avec le Centre Pompidou, est de rassembler les artistes les plus novateurs de leur génération et de les aider à développer leur visibilité internationale. Président de l’ADIAF, Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français, Gilles Fuchs a annoncé le 16 février chez ARTCURIAL les noms des quatre artistes sélectionnés pour le Prix Marcel Duchamp 2012. Une exposition des artistes nommés aura lieu cet été au Château de Tours, puis en octobre à la FIAC. Choisi par un jury international, le lauréat sera annoncé le samedi 20 octobre 2012, puis invité par le Centre Pompidou pour une exposition personnelle au sein de l’espace 315 à l’automne 2013. L’ADIAF lui remettra une dotation financière de 35 000 euros.
Valérie FAVRE, née en 1959 Peinture – Galerie Jocelyn Wolff, Paris www.galeriewolff.com
DEWAR&GICQUEL, nés en 1976 et 1975 Sculpture, Installation – Galerie Loevenbruck, Paris www.loevenbruck.com
Bertrand LAMARCHE, né en 1966 Installation – Galerie Poggi, Paris www.galeriepoggi.com
Franck SCURTI, né en1967 Sculpture, Installation – Galerie Michel Rein, Paris www.michelrein.com
CHATEAU DE TOURS : Exposition des artistes du prix Marcel Duchamp 2012
Depuis l’année dernière, les artistes nommés bénéficient d’une nouvelle vitrine en région. Après le LaM (Lille Métropole Musée d’art contemporain), c’est la Ville de Tours, située au coeur de la Touraine et du Val de Loire, qui leur ouvre les portes de son château cet été à partir du 29 juin.
FIAC : Exposition des artistes du prix Marcel Duchamp et annonce du lauréat 2012
Depuis 2005, la FIAC accueille chaque année une exposition des artistes nommés. Le jury international se réunira pendant la foire et annoncera le nom du lauréat le samedi 20 octobre sous la coupole du grand Palais.
CENTRE POMPIDOU : Remise du prix et exposition du lauréat 2012
Partenaire de référence de l’ADIAF depuis l’origine, le CENTRE POMPIDOU invitera le lauréat pour une exposition personnelle de trois mois. L’ADIAF remettra à l’artiste une dotation financière de 35 000 euros et participera à la production de l’oeuvre.
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