Arthur Toqué, Chargé de la collection d’Antoine de Galbert présente l’exposition personnelle de Stefan Thanneur « Sinn-Enn + » du 23 novembre au 18 décembre 2011 dans le vestibule de la maison rouge, à Paris.
Empreintes. Stigmates d’un au-delà ou d’un tréfonds. Vestiges de l’âme. Témoignages d’une rencontre, intense, profonde. D’une lente transe ritualisée, addictive. Paysage organique, autant mental que physique. Confrontation des extrêmes, des éléments et des sentiments. Captations d’une introspection. Des tourments de l’ambivalence. Raison d’être. Peur et fascination du vide. Abstrait ou symbolique, le travail de Stefan Thanneur évoque l’Homme.
Stefan Thanneur est né en 1970. Il vit et travaille à Paris.
Il séquence le processus de création de ses dessins en deux phases. Dans un premier temps, il élabore un travail de recherche de valeurs, de nuances et de composition par le photomontage. Puis il projette sur cette esquisse sous le papier. Là, il laisse glisser l’encre vers un infini de détail, rythmé par la répétition de minuscules points, laissant son inconscient devenir maître d’œuvre.
Animé par le résultat de certaines pièces, il leur offre une seconde vie dans des collages/photomontages, où les formes, les trames et les masses viennent se confronter, se superposer et/ou s’enlacer. Le résultat final peut voir son format décupler, jouant ainsi sur le rapport de lecture entre l’œuvre et le spectateur, pour accentuer en une sensation presque physique l’immersion dans le visuel.
Investi depuis son adolescence dans les mouvements underground de musiques extrêmes, Stefan Thanneur s’inspire aussi de codes esthétiques et de supports de communication propres à ces contre-cultures pour créer des mots logotypés. Ce langage, par son sens à multiples facettes et sa forme intriguante, invite le spectateur à s’interroger sur sa perception et son ressenti.
Le vestibule La maison rouge Fondation Antoine de Galbert
Les événements du 17 octobre 1961 désignent la répression sanglante qui a frappé une manifestation organisée par le Fédération de France du F.L.N. en faveur de l’indépendance de l’Algérie à Paris. Des dizaines à des centaines d’Algériens, selon les sources, sont morts lors de la confrontation avec les forces de l’ordre alors dirigées par le préfet de police Maurice Papon. Les manifestants internés dans des centres de détention pendant quatre jours y auraient subi des violences.
Jean-Marc Forax qui interroge l’image en la faisant glisser de son support photo au dessin puis à la vidéo, a recueilli la photo médiatique du cadavre d’un Algérien tombé dans les rues de Paris. Il la réinterprète au fusain et à la craie noire et en projettera le résultat sur le mur de l’église Saint-Merry.
1er octobre –
« Montaigne commença à écrire ses Essais en 1572, l’année de la St Barthélémy. Je ne crois pas un hasard. Montaigne cherchait un refuge dans l’écriture. Il s’agissait pour lui d’échapper à l’horreur de vivre dans un royaume éternellement divisé contre lui-même. Nous ne sommes pas sortis depuis quatre siècles des guerres de religion, les prétextes changent, non la haine, ni les attentats. De petits crimes au nom de grands principes. C’est presque toute l’histoire de la France. » François Mauriac, D’un Bloc-notes à l’autre, 1962
JEAN-MARC FORAX
La démarche de Jean-Forax se nourrit de diverses inspirations, du cinéma au dessin classique en passant par l’art vidéo. L’image se trouve au centre de son questionnement artistique : le rapport entre image fixe et animée est une question essentielle dans sa pratique. Et au-delà, le rapport de l’image avec la mort, le sacré. Son intérêt pour l’image cinématographique est vaste : il touche aussi bien les classiques de l’art européen que du cinéma japonais, dont il maîtrise la langue. Cela l’a conduit à élargir son approche du sacré.
L’Adresse Musée de La Poste propose aux visiteurs une lecture du monde à travers 30 ans de dessins de presse de Nicolas Vial, depuis la première parution dans Le Monde du 28 mars 1982. Mis en regard des coupures de presse, 150 dessins sont ainsi exposés.
Ces oeuvres originales, le plus souvent en couleurs et de grande dimension, ont été sélectionnées parmi près de 5 000 dessins réalisés depuis les années 80. Cette exposition est l’occasion de découvrir les maquettes originales des timbres-poste créées par Nicolas Vial et jamais présentées ! Le visiteur peut également voir 40 dessins réalisés autour de son personnage « la planète ». A la fois peintre, illustrateur et dessinateur de presse, Nicolas Vial nous livre une oeuvre prolifique. Il est connu pour ses dessins de presse. Le Monde a publié le premier en 1982, bientôt suivi par Le Journal du Dimanche, Le Nouvel Observateur, L’Express, Connaissance des Arts, Télérama, Madame Figaro… En 1997, il a reçu le Grand prix de l’humour tendre au Festival international de presse de Saint-Just-le-Martel.
Il est également l’auteur d’albums : Matou Miteux ; Les 24 heures du chat et La loi de la lagune (textes de Marion Paoli) ; Lire tue (texte d’Eric Fottorino) ; Sales chats (texte d’Anne Wiazensky) ; La planète n’est pas à vendre (texte de Michel-Edouard Leclerc) ; Le chat Star (texte de Marion Paoli)…
En 2002, son travail de peintre est révélé au grand public à travers une exposition du Musée National de la Marine à Paris. Amoureux de la mer, il est nommé Peintre Officiel de la Marine en 2008.
Nicolas Vial a par ailleurs créé dix timbres-poste dont Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne en 2003, Vacances en 2005, Fédération internationale de voile en 2007, Vancouver 2010…
En parallèle de son exposition personnelle au Musée d’Art Moderne de Saint Etienne, Lee Bae présentera pour sa 3ème exposition à la Galerie RX sa dernière série de peintures :
J’ai eu envie de renforcer, de faire ressortir la forme noire, d’accentuer sa densité pour qu’elle donne l’impression d’être encore plus suspendue dans l’espace. Pour cela, il me fallait augmenter les contrastes et donc passer de la couleur crème de la cire à un blanc plus marqué.
En même temps, et ce n’est pas paradoxal, je voulais donner plus de légèreté, plus de fluidité à mes formes noires, ce que permet ce blanc, alors que la couleur crème a tendance à plus encadrer, enserrer. Le contraste entre la forme et le fond est dorénavant plus fort. Leur rencontre, leur frontière créent une vibration nouvelle et le reflet du noir sur le blanc donne encore plus de profondeur au noir.
Car c’est bien cela qui m’importe dans cette idée de contraste: donner le plus possible de densité au noir, donner un corps au noir puisque mon sujet reste le noir.
« Il faut avoir vu Lee Bae travailler pour comprendre à quel point la profondeur de ses noirs suppose la superposition de plusieurs strates, de plusieurs couches de peinture sur la toile. Car même s’il est obligé, pour des questions techniques (notamment celles qu’imposent l’étalement du médium), d’intervenir rapidement, chaque œuvre nécessite plusieurs passages, tel un rituel, ainsi qu’un temps de séchage et de métamorphose au cours duquel le noir remonte pour mieux se renforcer.
Des tableaux de Lee Bae, on connait en effet l’extraordinaire force du noir, qui constitue le centre même de tout son travail. On sait aussi que s’il accorde autant d’importance aux matériaux, c’est certes pour leurs qualités plastiques, leurs références culturelles et leur symbolique, mais également comme des outils, pour leur capacité à favoriser cette quête du noir. On retrouve évidemment cette quête dans ses dessins, mais dans une moindre mesure puisque bien plus que la profondeur du noir, c’est avant tout une forme- tache, signe, trait, point, constellation… qu’importe- qui est ici recherchée. Cette forme initiée, générée par le papier, reprise ensuite à plus grande échelle sur toile mais qui, quels que soient la taille et le support, attire inexorablement le regard, à l’exemple du trou noir avec son attraction gravitationnelle en astrophysique, et devient un concentré de vitalité, un fabuleux réservoir d’énergie. » Extrait d’entretien et texte : Henri-François Debailleux
Autres actualités :
- Exposition Gallery Nicholas Robinson, New-York du 8 septembre au 8 octobre 2011
- Exposition personnelle au Musée d’Art Moderne de Saint Etienne du 17 septembre au 20 novembre 2011 avec publication d’une monographie aux éditions Skira.
LEE BAE
Galerie RX 6 avenue Delcassé, 75008 Paris
Jean-Luc Juhel fait partie du mouvement Figuration Libre. Né en 53, il vit et travaille à Paris. Ses œuvres décrivent avec humour le monde actuel servi par des personnages joyeux et ludiques.
Diplômé de l’école de la Grande Chaumière et de l’Ecole Supérieur des Arts Modernes à Paris, l’artiste trouve ses premières influences dans le Pop’Art, le rock underground et la bande dessinée. Il participe à de nombreux salons de jeunes créateurs : Figuration Critique, Vitry, Montrouge, Grands et Jeunes d’Aujourd’hui etc. En parallèle il travaille comme illustrateur de presse dans différents journaux comme l’Ane, Le Monde de la Musique, le Monde de l’Education, La revue littéraire Café, le Monde diplomatique, l’Expansion, Science & Vie Junior…
Il rencontre Michel Gillet et défendra avec lui le mouvement de la « Figuration Libre » aux côtés de Di Rosa, Franckie Boy, Placid et Muzo, Mosner, La Gautrière, Jonone… Ses dessins sont présentés chez Bernard Pivot. Il fonde avec son épouse une revue artistique « Collages » qui aborde les thèmes de l’art, de la musique, de la danse, de la poésie et de la psychanalyse. Ses œuvres se vendent régulièrement à l’hôtel Drouot. Il est entré aujourd’hui dans de grandes collections privées.
Nocturne le samedi 10 septembre dans le cadre de la 1ère édition d’Itinéraire d’artistes, un évènement du Rififi aux Batignolles. Portes ouvertes des Galeries, Ateliers, Créateurs et autres lieux d’exposition. http://durififiauxbatignolles.com/spip.php?rubrique39
A partir du 21 septembre 2011, Artof Popof construit sa ville Galerie Ligne 13 et questionne le rapport de l’humain à l’urbain à travers une série de ses derniers travaux – dessins et toiles – réalisés en 2011.
Artof Popof est né en Union Soviétique en 1975, pendant la guerre froide, entouré d’artistes et d’intellectuels issus du mouvement non-conformiste. Dès 89 il participe activement au mouvement graffiti en France et collabore avec la MAC. L’artiste tire son énergie de l’agitation de la rue et cultive son imaginaire dans le bourdonnement de la cité. Sa peinture décrit avec finesse les lumières et les matières de la ville. Sa cité est vivante et hantée d’histoires. Artof Popof construit son univers entre tags, portraits, architectures, textes et textures. On voyage dans sa Cityzen, on s’évade dans ses rues colorées, à travers ses perspectives et ses motifs. La ville s’éveille dans ses lumières et ses bruits. Une foule se presse et se croise. Tout ici est indiqué, signalé ou suggéré. L’image est omniprésente, elle envahit l’espace, dirige, informe et distrait. Popof imprime sa poésie sur ses constructions, inspiré par la matière et le mouvement.
Artof Popof, l’être urbain
Au fil du temps la ville tisse sa toile. Sans répit elle gagne du terrain. Ses perspectives s’évadent en traits de fuites dépassant l’horizon. Du goudron plein les poumons la ville pousse, tousse, glousse, elle vie et vibre. Elle se saigne et se soigne, elle se transforme, elle cicatrise. Sur les lignes de sa main, entre les lignes à haute tension et les lignes de chemin de fer, des rangées d’humains dérangés s’entrechoquent. Cloisonnée dans ce labyrinthe, creusée au bulldozer, une armée inconsciente s’agite.
En premières lignes, au pied du mur, la règle c’est marche ou crève. Il faut s’aligner, filer droit et garder la ligne. Entre les codes barres et les routes barrées, entre les barreaux et les cages d’escaliers, il faut avancer, se battre, même si on nous pousse dans les cordes. Dans cette architecture chaotique, il faut se fondre dans le décor, être un pixel sur l’écran, juste un point… à la ligne.
Mais à chacun sa ligne de conduite, à chaque grain sa folie. Sur cette terre peu fertile, lui n’est qu’une petite graine d’homme. C’est un être urbain issu d’une longue lignée de piétons pas sages. Il ressemble trait pour trait à son père, il a le même attrait pour l’essence poétique et les sens interdits. Cette ville est sa zone, il en est le city-zen. Il a apprit à lire entre ses lignes, a dompter sa nature féroce. Libre comme l’Art il traverse en dehors des clous et saute les barrières. C’est un funambule, qui danse sur le fil du rasoir et qui coupe à travers champ. Il ne veut pas tomber dans le panneau, alors là où tout est indiqué il réécrit son scénario et le tague sur les murs en lettres capitales, pour ne pas capituler.
Au fil du temps la ville tisse sa toile, lui il la peint. Dans ce bric-à-brac l’être urbain braque les briques et se répand comme une trainée de poudre. Il esquisse un mouvement, laisse sa trace, marque son temps à l’encre indélébile. Il peint frénétiquement et se tut à la tâche, goutte que goutte. Il trace son sillon sur le bitume, cultive le béton, y fait germer les fleurs de pavé. Le graffiti, c’est l’art du peuple, c’est l’icône vrai sur fosse sceptique. Entre cri acrylique et écrit décrié, cet art emmuré a mûri, il a grandi, il est devenu majeur, et c’est un d’union que trace son marqueur.
L’exposition s’accompagne de la sortie d’un ouvrage dans la collection Opus délits chez Critères Editions intitulé « Libre comme l’Art ». 2 séances de dédicaces de ce livre aura lieu pendant l’exposition les dimanches 2 et 16 octobre 2011.
A l’invitation du Krash, cette nouvelle exposition de FullMano, composée de pièces inédites, s’inspire du street art, de la culture sneakers et du fétichisme gay autour des socks, skets, survet’ et autres TN…. pour piquer, broder et coudre, points à points, des boites de chaussures, des chausettes en céramiques, des kleenex, des sacs… Usant du fil comme des lacets, pour créer des pièces tantôt érotiques, sexuelles, drôles et décalées, avec la volonté de faire de la couture (travail dit artisanal et féminin), un art majeur avec toujours le même fil conducteur : le corps, dans sa plus grande intimité, ses fantasmes, ses désirs et son insatiable recherche du plaisir.
Fullmano, un artiste toujours sur le fil. Il brode sur papier, disque vinyl, tapisserie, tirage numérique, vaisselles,photos, céramiques, etc… Tout est bon pour y tisser sa toile, sauf le tissu !Artiste à inspirations multiples, Fullmano évolue et travaille ses oeuvres dans un environnement osé qui ne peut qu’aiguiser notre curiosité.
« Graphisme, culture pop, mode… Bien des directions que cet artiste rassemble sur ces créations avec un fil conducteur qui se rapproche souvent, à sa manière, du corps humain, du corps masculin… « extrait de Vibrations Clandestines n°12
STORIE, un nouveau concept store au coeur de Montparnasse vous invite à découvrir en exclusivité son coup de coeur de la rentrée, l’artiste Américain Matthew Rose, à l’occasion d’une exposition éphémère de ses nouvelles oeuvres sur papier. Explorez l’univers surréaliste de cet artiste rare à travers plus de 50 nouvelles oeuvres réinterprétant religion, patriotisme, dieux et nature, venez rencontrer Matthew lors du vernissage de son exposition, jeudi 1er Septembre.
En mélangeant mémoire, désir, Dieux, patrie et morceaux choisis de nature, Matthew Rose nous offre un somptueux banquet de collages, d’objets et de tirages aux saveurs surréelles qui lui sont bien connues en Europe et aux Etats-unis. GOD & COUNTRY s’exprime sur plus de 50 nouvelles oeuvre sur papier, quelques oeuvres majeures de l’artiste, une édition d’objets intitulée « The blood of Christ », ainsi qu’une édition exclusive sur papier peint « Bird Paper ». « GOD & COUNTRY s’inspire de deux de mes obsessions, » explique l’artiste « les différents visages de la croyance, en toutes choses, l’amour, la mort, le sexe, en Dieu et dieux, accompagnés des notions de patrie, de nature, de lieu et de frontières. Il y a une grande poésie dans ces fondamentaux de notre monde, et c’est aussi par essence surréel. Ma théorie consiste à proposer une correction visuelle de ces notions ».
« Nous sommes fiers de pouvoir présenter cette oeuvre au public parisien » nous dit Fiona Cameron, fondatrice du concept store STORIE. « Le travail de Matthew est dense de références qui vous apparaissent de toutes parts. Ses oeuvres sont intrigantes, mystérieuses, décalées et magnifiquement réalisées. Matthew Rose est un maitre du collage et des matières qui racontent de merveilleuses histoires de vie et de mort, et bien entendu, pour Dieu et la Nation. »
Avec l’exposition Pizzeria Babylon, les artistes Kalle Hamm et Dzamil Kamanger interrogent notre rapport aux droits de l’homme, à la liberté et à l’égalité. Les œuvres du duo mettent en exergue les enjeux d’une société protéiforme et multiculturelle où les immigrés, les homosexuels, les femmes… construisent sans cesse leurs identités.
L’artiste finlandais Kalle Hamm (né en 1969) et l’artiste d’origine iranienne Dzamil Kamanger (né en 1948) se sont rencontrés en 1998 dans un restaurant kebab à Helsinki, où ils travaillaient tous les deux. Depuis, leur projet d’art commun n’a de cesse d’examiner la condition des groupes marginalisés, la rencontre des différentes cultures et les réseaux globaux.
Pizzeria Babylon est le nom de leur projet artistique commun. Ce nom qui, au départ, était le titre d’une simple exposition, est devenu une plateforme pour différents projets artistiques traitant la question de « l’autre ». Pizzeria Babylon n’a pas de forme fixe. Selon le lieu de l’exposition et ses particularités, Kalle Hamm et Dzamil Kamanger rassemblent différentes œuvres de leur collection, individuelles ou collectives. La pizza, image chère au duo, représente la société que chaque individu peut et doit fabriquer.
Le système de référence général du travail de Hamm et Kamanger est la pensée post-coloniale. Pour ces artistes, elle signifie l’étude critique de pratiques sociales, politiques, économiques et culturelles vis-à-vis des groupes marginalisés. Selon Hamm et Kamanger, la vie de ces groupes est souvent politisée contre leur volonté. Dans ces situations, les membres de ces groupes doivent créer des moyens pour se débrouiller et reconstruire leurs identités. La politisation contre leur gré ne crée pas de sensation d’identification à la culture ou à la nationalité dominante, mais des identités diverses dans lesquelles l’individu doit continuellement vérifier sa vision du monde selon les situations changeantes. A l’Institut finlandais, Hamm et Kamanger traitent ces thématiques au travers de dessins, d’installations et de vidéos.
Kalle Hamm a été diplômé de l’Université d’art et de design de Helsinki en 2002. Dzamil Kamanger a obtenu son diplôme de l’Université de Kermanshah en 1973, en Iran. De nombreuses expositions en Finlande et à l’étranger, notamment au Musée d’art contemporain Kiasma à Helsinki et au Centre d’art contemporain de Lettonie à Riga, leur ont été consacrées. Leurs œuvres font partie de plusieurs collections publiques et privées en Finlande.
Que devient la fraîcheur lumineuse des feuilles du printemps une fois qu’elles soient tombées de l’arbre ? Que devient le corps après l’amour ? Et ce petit oiseau siffleur quand son chant a cessé ? Pourquoi les cerfs luttent-ils violemment ? Est-ce que la douceur de la peau effleurée reste au bout des doigts ? Et ces fleurs voluptueuses, merveilleusement trop roses, n’annoncent-elles pas l’imminence d’une chute prochaine ?
Toutes ces questions sont sous-jacentes dans l’oeuvre de Didier Boussarie. A travers une multitude de formes d’expressions, il explore le temps, la fragilité et la beauté, et la façon dont ces notions se manifestent à l’arrière-saison, quand la dimension passagère et cyclique de toute forme de vie devient particulièrement explicite.
Ses peintures et dessins à la tempera font alterner des traits puissants avec des traits hésitants et légers, pour faire vivre une feuille, le fouillis d’un sous-bois ou une fratrie de tournesols fièrement dressés. Les compositions se détachent sur un fond d’apparence vide . mais il est en fait créé par un travail subtil sur la couleur qui remplit et fait vibrer l’espace environnant.
Dans une série intimiste d’encres sur calque, l’insistance de la plume déchire par endroit la surface matte, comme si l’intensité des sujets présentés trouvait un écho dans le processus même du dessin. Et chacune de ces oeuvres est le théâtre d’une lutte – celle des cerfs en rut, celle qui est inscrite dans le corps silencieux d’un oiseau sans vie, celle du tronc d’arbre envahi de croissances parasites et celle des magnifiques nus, qui se forment tout juste entre matière, traits et espace.
Ses boîtes métalliques grises, usées par la patine du temps, où trône une feuille solitaire, rappellent l’idée de l’herbier, sorte d’écrin qui garde la mémoire de ce qu’était une plante et qui la fait revivre par le regard ou le toucher. Dans cette boîte, la feuille choisie pour sa beauté séchée, tordue par l’absence d’humidité, est maintenue comme un trophée par une simple tige. Frêle trophée qui fait sentir ce mouvement qui fut le sien.
Longtemps, la fabrication de boîtes – travail de plasticien et d’ébéniste avisé – est restée le jardin secret de Didier Boussarie. Le plus souvent, ce sont des boîtes de récupération – en métal ou en bois – qu’il prépare méticuleusement avant d’y intégrer une photo retravaillée au vernis, à la couleur, lui conférant un aspect ancien. Car le temps est partout visible dans son oeuvre : sur l’image d’un corps, d’une fleur ou le mouvement d’un être vivant. Récemment, ce travail a été poussé plus loin pour faire naître des boîtes qui font songer aux autels domestiques de certaines cultures : on les suspend, on les laisse fermées ou on les ouvre pour en révéler l’intérieur où se nichent des objets en miniatures – plante ou fruit séché, petite gravure en taille directe sur une plaque de métal, photo vernie en une surface brillante, bombée et sensuelle… Dans ces petites mises en scènes, l’attention portée au moindre détail et le jeu des juxtapositions, harmonieuses, ou chaotiques parfois, entretiennent le goût du mystère que renferment ces boîtes.
Avec Arrière saison, ensemble particulièrement riche et émouvant sur la vie et la beauté de toute chose, Didier Boussarie semble avoir réussi une extension du temps à défaut de pouvoir l’arrêter.
Un aperçu des ouvres de Didier Boussarie depuis sa première exposition en 1989 révèle un artiste qui expérimente beaucoup : huiles sur toile, vernis sur bois, collages de photos sur bois, peintures « mise en caissons », tempera sur papier, encre sur calques, etc. Et si cela est la marque d’une évolution importante au niveau de la forme, on observe, en revanche, une continuité dans ses préoccupations fondamentales.
De 1992 à 1996, Didier Boussarie (né en 1958) était représenté par la Galerie L. et H. de Menthon et, jusqu’en 2002, par la Galerie du Fleuve. Sa collaboration avec la Galerie Maria Lund a débuté en 2006 avec l’exposition collective Sweet Paper, suivie d’une présentation à la foire St’art (Strasbourg) et au Salon du dessin contemporain à Paris (2007, 2008) où son ouvre a rencontré un grand succès. En 2008, la Galerie Maria Lund a organisé une exposition personnelle de ses peintures et dessins intitulée du ciel à tes cheveux. Il a depuis participé avec elle à de nombreuses manifestations collectives (Musée d’art contemporain à Châteauneuf-le-Rouge en 2009 ; accrochages à la galerie en 2009, 2010 et 2011 ; Festival Juin Jardins àCahors en 2011) et à des foires d’art contemporain (KIAF à Séoul en 2009, 2010 et 2011 ; Art on paper à Bruxelles en 2011).
GALERIE MARIA LUND
Illustratrice bien avant d’être libraire et galeriste, Tiffany Khalil aka Tyranny a créé le Pied de Biche entre autres pour avoir un lieu d’exposition comme elle en rêvait. La librairie rassemble tous ses auteurs préférés et après avoir exposé de nombreux artistes qu’elle admire, Tyranny se décide enfin à investir la galerie avec ses propres œuvres.
Élevée le pied entre deux terres (France-Liban), avec un penchant prononcé pour l’humour trash d’une certaine contre-culture américaine, sa haute capacité d’assimilation fait d’elle une enfant terrible du dessin et des confections artysanales. Le petit monde de Tyranny est peuplé de super-héros attardés et ringards, de secrétaires à lunettes, de chiens et chats en roller ou en skate, et se décline en figurines de pâte fimo ou bêtes à cornes pyrogravées, créatures improbables qui font écho aux comics américains.
L’art était le plan B de Tyranny, après avoir abandonné l’idée d’être un super-héros. À défaut de sauver le monde, elle crée une autre réalité dans laquelle vous êtes les bienvenus !
Prochaines expositions :
Le Pied de Biche est une galerie-librairie et maison d’édition, située au coeur du 11e arrondissement. Dans ce lieu à la décoration soignée et l’ambiance conviviale, Tiffany Khalil propose une sélection réjouissante de BD, comics, romans graphiques et curiosités collector qui voisinent avec les toiles, dessins, pyrogravures ou sérigraphies des artistes exposés chaque mois.
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