Nous pouvons dire de Liu Ming qu’il est un pointilliste contemporain mais ne nous y trompons pas. Ces points juxtaposés ne sont pas l’aboutissement d’une émotion picturale mais sont une référence aux pixels que nous retrouvons sur nos écrans. Il rejoint ainsi la démarche des artistes pop qui désiraient arriver à une absence d’émotion laissée par la trace du pinceau.
La vision de Liu Ming sur le monde se reflète tant dans sa technique que dans ses choix de sujet. Peindre la foule ou des bâtiments n’est pas une manière de valoriser ou de mettre à jour ces sujets de la réalité quotidienne mais de présenter tout simplement le monde qui nous entoure. Il définit sa peinture comme indirecte, « il existe nécessairement une distance entre l’artiste et son oeuvre ». Liu Ming utilise alors la facture neutralisante (sans trace de pinceau) des artistes pop pour une peinture sans émotion afin de confirmer cette distance. Pour la première fois avec la nouvelle série des supports lumineux, Liu Ming nous propose une expression picturale encore plus aboutie dans sa démarche, avec en ligne de mire l’idée de toujours s’éloigner des supports traditionnels. L’effet est saisissant, les points de couleurs ainsi traités par ce procédé deviennent de véritables pixels lumineux.
Avec la thématique du mariage chinois, l’artiste nous propose son regard sur une pratique à la mode où le kitsch à l’occidentale fait partie intégrante de l’événement. Les prises de vue sont d’une banalité désuète, mettant en scène des couples de jeunes chinois, elle en robe de mariée, lui en costume cravate qui se prêtent au jeu de la traditionnelle photo de mariage. Avec tout les clichés que l’on pouvait voir sur les images des années 70 en Occident. Liu Ming nous propose une vision du monde en pointillé où les couleurs explosent comme des feux d’artifices.
Expositions personnelles
YU Gallery
Un collectif d’artistes
Dans leur collaboration, Olivier Rieu et Cyril Deydier présentent un travail qui se joue de la tradition artistique, et montre ce qui pour eux définit aujourd’hui l’humain.
Humanisme et consumérisme
Ils cherchent à créer des pièces de belle qualité esthétique, mais en détournant le contenu qui y est incorporé. Pour cette interprétation de l’individu, ils se centrent sur des photographies où le pétrole est omniprésent, montrant ainsi à quel point cet élément est important dans l’usage quotidien de n’importe quel produit. Face à cette consommation démesurée de « l’or noir », ORCD agissent : grâce à leur travail ils invitent à participer au changement, pour une consommation différente.
Passionné d’images depuis son plus jeune âge, Olivier Rieu découvre la prise de vue par la photographie sous-marine, qu’il exerce au cours de nombreuses années passées à l’étranger. Il s’intéresse ensuite à la photographie de mode à laquelle il travaille depuis près de dix ans. Olivier participe à de nombreux projets éditoriaux : il développe ainsi un oeil critique sur l’esthétisme et l’image. Travaillant en parallèle une activité plasticienne, il expose pour la première fois à Paris en 2006.
Cyril Deydier a étudié Histoire de l’Art en France et au Canada. Il s’intéresse depuis longtemps aux projets plastiques, dont la photographie, et oriente son travail sur l’écriture. Il s’attache de plus en plus à développer son activité plasticienne, et présente sa première exposition en 2001, au Centre des Arts Contemporains du Québec à Montréal.
Photographie et pétrole
Le pétrole est omniprésent dans notre société. À tel point qu’il est devenu nécessaire au quotidien de chacun.
C’est avec cet or noir que les membres d’ORCD ont décidé de travailler. L’utilisant comme symbole du consumérisme moderne, Olivier Rieu et Cyril Deydier créent des oeuvres provocantes et dérangeantes.
Dans leur série de photographies intitulées « Affiches », ils détournent les codes des magazines, et prennent la rue comme terrain de jeux de manière à surprendre et questionner. Proche du street art, ces oeuvres se jouent du « politiquement correcte », pour amener le spectateur à s’interroger.
D’autres travaux comme « Tea Time », « Nouvelle cuisine » ou encore « Vamos a la playa », sont également basés sur le pétrole. Pour la première fois cette matière fossile se fait peinture. Le pétrole servait déjà à tout, avec l’ORCD il devient maintenant médium de création.
Volontairement provocant, le travail de ces artistes est riche d’un humour corrosif qui ne laisse personne indifférent.
VISIONAIRS GALLERY
« Empathica » fait référence à l’empathie que l’artiste éprouve et retrouve dans la banalité de notre existence. Une ombre, une forme, une croute de fromage, un élastique, … un élément banal se transforme en prétexte pour une fascination primaire. En décortiquant chaque forme, en faisant se multiplier, miroiter, basculer, se défragmenter l’objet, celui-ci évolue vers autre chose et est sublimé. La banalité est recréée. D’une part, Johan P.H.G. Daenen détient la maîtrise, le métier de quelqu’un qui a un don naturel et exceptionnel pour le graphisme, l’équilibre délicat des couleurs et des dimensions (le pôle « Velasquez ») et d’autre part il cultive une nonchalance presque enfantine et trompeuse (le pôle « Lascaux »).
Les deux pôles sont plutôt complémentaires que opposés. Les pôles s’expriment d’ailleurs a travers la manière dont il traite les couleurs : sa technique de chiffonnage rudimentaire donne une connotation impulsive tandis que le choix des couleurs et l’équilibre entres elles trahissent une grande sensibilité esthétique ainsi qu’un sens subtil des contrepoids. Les contours sont réduits aux moindres lignes nécessaires – comme dans l’art primitif ou chez des grands graphistes. Ses objets naviguent entre la mort et la vie, la nature et l’artificiel, l’organique et la mécanique, le tribal et l’urbain. Ils deviennent des totems étranges contemporains qui sont désormais né de la banalité de notre société mais en même temps font référence à une dimension intemporelle.
PRINCIPALES EXPOSITIONS EN SOLO
EXPOSITIONS DE GROUPE
La Jonas Gallery se situe au coeur de Bruxelles, dans le quartier Dansaert, et présente depuis 6 ans déjà de l’art et du design contemporain à un public éclectique et toujours critique. Abstrait, figuratif, photographie, dessin… La Jonas Gallery entend casser les barrières et les codes et prône le décloisonnement. La galerie propose aussi bien des artistes belges que des artistes issus d’autres coins du monde, connus ou inconnus. Lors des expositions précédentes on a pu découvrir les œuvres de Knüt Kersse (B)), Wouter Steel (B) Erik Vervroegen (B), Marc Lagrange (B), Baptiste Giroudon (F), Chourouk Hiersh (F), Adalbert Gans (A), Thomas Nowotny (A), Ottmar Hörl (D), Sander Bokkinga – Bok (NL),Joseph Klibansky (NL), William Curtis Riedel (USA), Mat Maitland (UK). Après l’exposition de Johan P.H.G. Daenen, La Jonas Gallery organisera en avril-mai 2012, en exclusivité, une rétrospective du travail et la vie du designer anglais mondialement acclamé, Robin Day, décédé l’an dernier.
La galerie place à elles accueille du 4 février au 17 mars 2012 l’artiste suédoise Ebba Matz pour sa première exposition personnelle en France intitulée under control ?
Cette étonnante série de diptyques peints sous verre est née d’une réflexion approfondie sur l’enfermement et l’ordre sécuritaire.
L’artiste a travaillé à partir du panoptique, concept d’architecture pénitentiaire imaginé par Jeremy Bentham qui en élabore les plans en 1791. Analysé par Foucault dans « Surveiller et punir », le panoptique symbolise jusqu’à nos jours une surveillance sans visage.
L’idée même d’un tel concept choque de par son inhumanité, pourtant, son inventeur prétendait résoudre de nombreux problèmes liés à la détention et s’est exprimé en faveur de l’abolition de la peine de mort, contre l’esclavage et pour la dépénalisation des rapports homosexuels. Bentham s’inscrivait dans le courant dit utilitariste et s’est inspiré d’un plan de sécurité pour usines censé diminuer les accidents de travail par la surveillance – plutôt que de réfléchir à une amélioration des conditions d’emploi.
Ebba Matz étend la notion d’aliénation aux espaces de vie collectifs trop anonymes, où tout est pensé non pas pour les occupant-e-s des lieux mais à leur place, les amputant ainsi partiellement de leur identité individuelle. Contrôle des allers et venues, recensement des visites, interdiction de constituer des repères personnels sont autant de façons de restreindre la liberté et de réduire les utilisatrices/utilisateurs à de simples numéros. Il s’agit de l’enfermement ordinaire, des institutions carcérales qui ne disent pas leur nom et auxquelles nous sommes habitué-e-s au point de ne plus y prêter suffisamment attention.
L’artiste a utilisé le plan architectural comme leitmotiv, on retrouve la forme circulaire dans la majorité des pièces qui composent la série. Les doubles symétriques se différencient par un détail subtil et évoquent un ordre parfait. Pourtant, le caractère graphique, la froideur et le traitement très plat des couleurs inquiètent.
La série under control ? est à l’image d’une forme sociétale assortie d’une surveillance omniprésente qui n’offre cependant aucune sécurité. Au temps du contrôle systématisé des libertés, Ebba Matz nous parle du sentiment de ne pouvoir échapper au contrôle social, à la pression du jugement des autres, lorsque la terre entière ou même l’univers peut paraître comme une prison sans issue.
Les ‘oeil de Judas’ de la série nous rappellent que nous sommes sous observation, mais souvent nous voyons aussi ceux qui nous épient, réciprocité du regard niée, minimisée ou dont on cherche à faire abstraction en se cachant derrière des écrans.
Les titres des œuvres sont volontairement neutres. Cellules. Tours de surveillance. Empreintes digitales. Puis, de l’eau et un pont. De l’espoir ? La prisonnière parvient-elle à s’évader malgré tout ? Réponse le 4 février à partir de 17h à la galerie…
Cette exposition est réalisée avec le soutien de l’Institut suédois
galerie place à elles
Après une première exposition plus qu’encourageante, c’est l’artiste Joanathan Bessaci et sa série « en attente » qui s’empare de la galerie Isabelle Poli. Du marqueur à la broderie en passant par la peinture à l’huile, la mixité des techniques font de ces toiles des oeuvres au style inédit. Le jeune artiste explose, décompose le visage de ses personnages comme si leurs pensées s’envolaient au-delà de leurs quotidiens. « En attente » recolore les moments ternes de l’attente, ceux que nous ne voyons pas, ceux que nous ressentons…
L’ARTISTE
Joanathan Bessaci est un jeune peintre, lyonnais d’origine, s’étant installé à Paris. Cet artiste né au début des années 80 se dirige à 15 ans vers les arts appliqués (Ecole d’arts appliqués Lyon et SEPR) et le graffiti. Il s’inspire notamment des peintres Adami, Basquiat, Warhol. C’est cependant sous l’influence de l’écriture automatique que Joanathan expose pour la première fois à l’âge de 21 ans. Il estimait alors ne pas avoir un panel technique suffisant pour retranscrire parfaitement son introspection. Son travail tire sa force des couleurs, des formes que ce peintre utilise faisant de lui un artiste admiré.
ISABELLE POLI GALERIE
Le fantasme , existe t-il encore dans nos esprits ? À l’heure où internet façonne nos idées, nos désirs, où presque tout est accessible…avons-nous encore une part de rêve ? L’érotisme, principe de vie par excellence, a toujours fasciné les artistes, ils nous proposent dans cette exposition, une vision singulière du fantasme. Laissez-vous tenter par l’univers de cette mise en scène, évocatrice de nos désirs les plus secrets… Crystalle Gourdon
Gilles de Beauchêne Le décor est dressé. Il revisite dans cette oeuvre, une thématique universelle: Le retour au sein maternel. Espace confiné, capitonné, régression fantasmatique qui trouve un écho en chacun de nous. Douceur des textures, chaleur de la peau, nos sens sont sollicités à l’extrême. Une création dérangeante, obsessionnelle. Emmanuel Gomis
Hervé Perdriel Le thème de la reproduction de l’espèce s’accorde parfaitement aux procédés évoqués. Des hanches pudiquement couvertes se muent en bouées de sauvetage de l’humanité, entraînée dans le cycle immuable et mobile de la fécondité et de la virginité. La composition hélicoïdale des soutiens-gorges se mue en un trèfle à quatre feuilles comme autant de promesses de bonheur. Les fils torsadés de la trame distancient ces seins à la fois offerts et interdits. Le sous-vêtement masculin se fond dans la spirale des bras et la semi-nudité des corps se transforme en barrières massives. Chaque mouvement de transgression s’achève en interdit avant que le tabou ne se métamorphose à son tour en promesse. Yvon Birster, La Rotonde
Jean Robert Franco Tremblement de désir, explosion de plaisir ! Soupir… Mouvement capté à l’improviste, rareté de l’instant volé, délice délictueux. Nous n’avons pas été invités à la transe, mais elle nous frappe de plein fouet, orgasmique. Impossible de faire semblant. Nous y sommes, dans la démesure et le plus intime de l’orgasme, crucifiés par cette étrange combinaison de plaisir et de douleur. Emmanuel Gomis
Marko Echeverria Le travail multimédia récent de Marko Echeverria se veut un passage entre le monde personnel et affectif et la réalité dite objective par la transversalité des techniques en arts plastiques, le multimédia et l’informatique appliqués.C’est un travail en constante mutation dans lequel se rencontrent des techniques et des procédés multiples qui peuvent être défini comme le travail multimédia d’un artiste peintre, où la technologie métamorphose et travestit les motivations esthétiques de l’auteur.
Michaël Couvreur L’histoire d’un art qui colle à la peau. Michaël habille les mannequins de vitrine, avec pour tissu : timbres, images de BD, cartes routières… comme une seconde peau. Son travail minutieux, procure une apparence hiératique autant que soumise à des figures figées, en attente d’éternité….Emmanuel Gomis.
Philippe Bruneteau Le travail plastique de Philippe BRUNETEAU s’inscrit dans le champ de la sculpture et offre au spectateur plusieurs approches intéressantes, voire dérangeantes. La récurrence de certains thèmes, le choix des matériaux, la poésie ludique font de ce travail, un univers cohérent dont les paradoxes apparents tendent à susciter interrogations et dialogue. Le hasard est équilibré par la maîtrise des matériaux et les effets obtenus, la poésie allège le message et les jeux de mots sont intégrés aux formes. Francis MEYER – Collectionneur
Philippe Jozelon Depuis toujours je suis sensible aux climats, aux ambiances étranges…. j’aime les fantômes, les parfums, les odeurs invraisemblables. Grand amateur de rencontres folles, je projette mes modèles, vulnérables, dans mes désirs de textures et de tempêtes émotionnelles. Mes oeuvres composites oscillent entre photographie, art numérique, peinture et montages de matériaux divers. Elle vous emmène vers des territoires évocateurs, puissants, qui interpellent.
l’Espace Kiron www.kiron.fr
Soutenez de jeunes artistes en organisant chez vous, une exposition privée. Le temps d’une soirée, votre appartement se transforme alors en véritable Galerie d’Art. Recevez un artiste peintre, photographe, sculpteur ou musiciens, c’est à vous de choisir. www.galeriefmr.com
La Daniela da Prato Gallery présente la première exposition personnelle en France consacrée à l’artiste iranienne Nazgol Ansarinia. Le travail artistique de Nazgol Ansarinia reflète les tensions entre les sphères privées et le monde socioéconomique plus vaste. Formée à l’art et au design à Londres et à San Francisco, l’artiste basée à Téhéran a un sens aigu de la façon dont les réitérations locales d’une culture peuvent cristalliser les espoirs et les craintes de ceux qui vivent dans un monde globalisé fragile. Dans la série de collages « Reflections/Refractions » (2011), elle utilise les motifs hexagonaux des miroirs persans traditionnels en mosaïques pour présenter et mettre en scène de manière décalée des histoires soigneusement récupérées dans des journaux iraniens. Chaque collage est réalisé à partir d’un seul article du journal Ettelaat (‘Information’), le plus ancien quotidien d’information d’Iran. En créant des mosaïques à partir de ces articles et d’autres de journaux concurrents sur le même sujet, elle obtient des images qui apparaissent, à première vue, abstraites. L’histoire de ces articles elle-même apparaît le plus clairement dans les titres percutants des tableaux, qui font référence à toute sorte de sujets d’actualité, des projets immobiliers de Téhéran à la chute du régime de Kadhafi en Lybie en passant par les émeutes à Londres en août 2011. Tandis que les motifs de miroirs mosaïques fournissent des moyens formels de structurer ces collages, ils donnent également un sens plus profond aux oeuvres. En effet, si les journaux sont un reflet des évènements d’actualité et si l’envie de s’informer à partir de différentes sources s’impose à l’ère d’Internet et est une préoccupation pour beaucoup à Téhéran, ces conditions sont peut-être mieux reflétées à travers les fragments du miroir en mosaïque. Il est important de préciser que les mosaïques réfléchissantes élaborées sont une spécialité perse. Elles sont traditionnellement utilisées pour décorer l’intérieur de manière éblouissante. En l’appliquant ici à la notion de multiplicité des perspectives, Nazgol Ansarinia suggère que la chasse à la connaissance est à la fois un phénomène mondial nouveau et une spécificité iranienne.
Dans Black Table (2011), un tableau d’objets (comprenant des documents d’identité personnels, une cassette vidéo et un téléphone portable) a été fixé sous une table ronde ordinaire. Volontairement niché dans ce repli, et révélé au visiteur par un miroir qui repose sur le sol, les objets sont à la fois à l’abri des regards indiscrets et préparés pour un départ précipité du propriétaire. Créé tout spécialement pour cette exposition, Black Table fait partie de la série ‘Collection Personnelle’ de Nazgol Ansarinia, qui aborde ce que l’artiste appelle un « sentiment général d’anxiété » qu’elle trouve endémique dans une ville aussi grande et peuplée que Téhéran. Loin d’être limité à cette seule ville, on peut dire que cette oeuvre évoque ce que les théoriciens de Judith Butler à Jacques Rancière ont surnommé la ‘précarité’ de la vie contemporaine. Une tension parallèle entre le privé et le public est suggéré dans la série ‘Non flammable, Non stainable, Non stick ’ (2009), qui évoque la double signification du mot persan ‘sofreh’. Celui-ci est utilisé pour désigner une nappe à motifs floraux ou qualifier les moyens et le statut socioéconomiques d’une personne en Iran. Les nappes en question sont souvent en plastique bon marché imitant le style brodé main traditionnel et sont vendues dans les rues par ceux qui sont durement frappés par la crise économique mondiale (le titre de cette série tient son nom du refrain crié par ces vendeurs). Meubles, documents et données portables : par ces objets, la mondialisation s’infiltre dans le tissu social de nos maisons et de nos vies.
Nazgol Ansarinia (1979) vit et travaille à Téhéran. Elle est diplômée du California College of Arts de San Francisco et titulaire d’une licence en design graphique et multimédia de l’Université des Arts de Londres. Son travail a récemment été exposé à la 12e biennale d’Istanbul (2011) ainsi que dans d’autres grandes expositions et manifestations publiques (Iran Inside-Out, au Chelsea Art Museum de New York en 2010, Tarjama/Translation, au Queens Museum of Art de New York en 2009, Abraaj Capital Art Prize, au Museum of Art and Design de New York en 2009). Nazgol Ansarinia a obtenu le prix inaugural Abraaj Capital Art Prize en 2009 et a fait partie des finalistes du programme Rolex Mentor and Protégé Arts Initiative en 2008. On retrouve ses oeuvres dans de nombreuses collections internationales, dont celles de la Tate Modern, au Royaume-Uni et de la Devi Art Foundation, en Inde.
DANIELA DA PRATO GALLERY
La Galerie Exit Art Contemporain présente à partir du 20 janvier et jusqu’au 24 février 2012 « Dark Night, Good Sex and Peanuts« . L’artiste allemande Katrin Bremermann investira l’espace de la galerie avec l’ensemble de son travail. Esprit libre, Katrin Bremermann oscille entre abstraction et réalité. Sa présence sur la toile est silencieuse mais souveraine. Comme dans la poésie haïku ses compositions évoquent des impressions du monde – fragments de réalités entre le banal et le sublime. Tout se joue sur la corde tendue entre l’artiste et l’observateur. La simplicité apparente se mesure à l’usage rigoureux de la couleur pure et à la construction solide de l’oeuvre.
Inspirée par le Minimalisme, le Pop Art et la New Vision, Katrin Bremermann reste avant tout fidele à l’indépendance de sa création.
Ainsi, la recherche et l’acquisition de nouveaux traitements et techniques enrichissent son langage pictural dans sa quête d’absolu. De l’illusion spatiale à la matérialité de la peinture en passant par le monochrome, des références claires au paysage – indubitables lignes d’horizons, morceaux de ciels, figures et architectures d’espaces – se font. L’élégant équilibre de ses toiles cache le duel entre l’expérimentation de nouvelles textures laquées ou aquarellées et de surfaces superposées, froissés ou inhabituellement découpées.
Katrin Bremermannest née en 1965, à Brême. Cosmopolite, elle a présenté ses travaux au Canada, aux Etats-Unis, en Allemagne ainsi qu’en France. Elle vit et travaille à Paris. Galerie Exit art contemporain
Georges DUMAS
Le travail de Georges Dumas s’articule autour d’une nouvelle conception de la photographie. Son imagerie intègre la modernité technologique via le re-travail sur ordinateur. Par ce jeu, il sublime un corps, ou métamorphose un lieu, un objet. Il joue avec nous; nous questionne sur le sens et le contenu de l’image.
Cette imagerie sait aussi s’approprier la force visuelle de la peinture qui s’imbrique avec le travail photographique afin de recréer des images uniques.
Dès lors, la matière picturale dialogue souvent avec Photoshop et le papier glacé…. Dans notre époque de surabondance, Georges Dumas nous interroge sur ce qu’est une image, son sens ou son non-sens, son authenticité, sa puissance formelle, sa construction et sa déconstruction.
Natalie J. LAUER
Jeune munichoise, nièce du portraitiste Hans Lauer, Natalie J. Lauer étudie l’art et la théologie à l’université Ludwig Maxmilian.
Sa peinture joue des contrastes: la figuration et l’abstraction, le brut et le subtil, le noir et le blanc. De la banalité du quotidien naît, par le travail de l’artiste, une expression forte et moderne. Où qu’elle soit, Natalie prend des photographies de gens au quotidien. Aucune pause. Son intention n’est pas de rechercher la beauté d’un portrait mais une expression simple et vraie. Elle retravaille alors ce matériau en peinture.
Une fois la figuration posée, l’abstraction la décrypte, l’interprète et la porte vers l’universel.
Grégory LOTH
Formé à SFP puis à l’école EFFET de Paris, Gregory Loth commence jeune la photographie et manie tôt le paradoxe: fasciné par l’infiniment petit et précieux des composants électroniques, il immortalise aussi le spectacle vivant; Attiré par le vide, il s’intéresse également à la foule et aux concerts de heavy métal.
En 2002, il découvre… Holga ! Précisément Holga 120, un appareil numérique chinois entièrement manuel et rudimentaire dont les défauts nourrissent son besoin d’images non formatées et renforcent sa vision personnelle.
Fort de la tension de toutes ces expériences contradictoires, il serait trop simple de ne lire que la représentation du vide dans le travail photographique actuel de Gregory Loth. En regardant de plus près, plus longtemps, on perçoit plutôt le créateur/scrutateur d’un monde étrange, abîmé mais palpitant, vivant. On ressent son envie de nous faire partager un univers inquiétant mais qui peut devenir familier et proche…
Amaryllis JOSKOWICZ
Arrière petite fille d’Edmond Bailleul, Amaryllis mène de pair son activité de coach, de styliste et son amour de la photographie.
Avec la même sensibilité à fleur de peau, tout en sourire, mais aussi tout en énergie et concentration, elle dissèque la personnalité de son interlocuteur et la retranscrit en pixels créatifs et sa passion pour le corps de la femme, de la danseuse sensuelle (un fantasme de jeunesse non assouvi ?) éclate. Le travail d’Amaryllis est expression de sa vision d’une certaine féminité et de la sensualité, un jeu de séduction entre l’image et son spectateur mais aussi l’expression d’une solitude : nous sommes entourés et en même temps toujours seuls… peu importe l’instant ou le lieu.
Karine PELGRIMS
Depuis sa plus tendre enfance, Karine Pelgrims est fascinée par l’image. Mannequin et comédienne dès l’âge de 4 ans, elle se tourne vers la photographie après des études de science politique puis d’art plastique. Les deux resteront intimement liés car Karine réalise depuis des vidéos ou des séries photographiques dans lesquels elle revendique d’être au plus près des gens et de la vie, de leur vie.
Elle s’investit à partir de 1995 dans de nombreux projets qui impliquent des quartiers de banlieues difficiles et des foyers Sonacotra. Son regard à la fois doux et incisif nous montre avec humanité la diversité et la richesse de ces populations.
Jean-Marc QUITTARD
Artiste autodidacte, Jean-Marc Quittard retranscrit depuis plus de quinze ans le corps et ses méandres. Pour lui, le travail sur le corps est perçu comme une nouvelle théâtralité. Il réintroduit dans la peinture les notions de temps, d’éphémère et de vivant.
Son travail s’appuie sur trois principaux modes d’expression : peinture, dessin et vidéo qui fonctionnent par cycles et viennent s’enrichir l’un l’autre.
Alors que le dessin se présente comme un instantané, la peinture est une recomposition narrative du corps. Pas de réalisme, pas d’abstraction : Jean-Marc Quittard transcende l’émotion visuelle.
La vidéo intervient comme un documentaire fiction du travail de l’artiste et de son interaction avec les corps. Elle s’insère dans le travail pictural même, interagit avec la toile pour donner naissance à la «vidéopainting», synthèse inédite entre peinture et vidéo.
Isabelle MEGLINKY
Traité de façon minimaliste, le paysage vu par Isabelle Meglinky s’éloigne de la figuration pour frôler l’abstraction. Par un cadrage lointain, comme une photo prise au télescope, se crée une distance, qui donne un espace de liberté, de rêverie, de face à face avec soi-même.
L’artiste est fascinée par le geste humain primordial de la construction, et joue sur l’accumulation de formes géométriques impulsant ainsi une sensation ambivalente entre gigantisme froid et univers magique sur-réel.
Elle retranscrit les sentiments et perceptions de l’homme dans la ville moderne.
Formée à l’école du Louvre et élève des sculpteurs Pierre Szekely et Joseph Visy, Isabelle Meglinky privilégie aujourd’hui la sculpture et principalement le travail de l’ardoise.
Présent à Paris, son oeuvre se déploye également aux Etats Unis et dans de nombreux pays d‘Europe.
Atelier 40
Ouvert du mercredi au vendredi 16h-19h et sur rendez-vous en dehors ce ces horaires.
« Au loin, une île ! » est une exposition consacrée à la scène artistique britannique contemporaine, même si une telle scène ne peut exister en elle-même et pour elle-même mais peut être en revanche un objet de description, d’analyse et de fantasme.
Si une exposition est la mise en perspective d’une histoire et d’une lecture des formes, si le regard jeté de l’étranger sur l’étranger est nécessairement précaire, il produit par ricochet un jeu de points de vue mobiles. Au loin, une île ! est, dans ce sens, une exposition consacrée à la scène artistique britannique, même si une telle scène ne peut exister en elle-même et pour elle-même mais peut être en revanche un objet de description, d’analyse et de fantasme. L’île est ici le prisme ou la transparence au travers desquels nous avons visé la création actuelle d’une scène artistique pleine de contradictions, définie à la fois par sa diversité culturelle, par son insularité géographique et politique, symbole d’ouverture et de domination.
L’espace que l’idée même d’île propose est idéologique et visuel. Motif capable de dialectiser sans opposer, de renouveler et de rendre émouvant un héritage politique et culturel britannique, l’île est une réalité géographique et une allégorie, une position et un imaginaire. Motif romantique, elle est exotisme, elle est l’autre, la marge, l’exil. Entre l’île et la question de l’art, le lien est idéologique tant la création apparaît à chaque fois comme manifestement insulaire.
Les œuvres exposées au Frac Aquitaine du 30 septembre au 17 décembre, lors du premier volet de l’exposition, relevaient ainsi d’un imaginaire où l’île, objet d’interprétation poétique et géographique, se déployait de façon historique et thématique dans une sélection d’œuvres allant des années 70 à aujourd’hui. L’île y était ce texte à lire, ou même à inventer, devenant à la fois le temps de l’isolement, de l’instant et du geste, l’ultime, la visée, la violence même de l’abattement. Elle y est apparue comme un territoire de définition existentielle, à la fois symbolique et réel, éminemment politique.
Le mouvement migratoire de l’exposition, de Bordeaux à Paris, du Frac Aquitaine à la Fondation d’entreprise Ricard, obéit au mouvement même du déplacement qui produit l’île lorsque celle-ci est considérée comme un intervalle, un mouvement, un écart, une différence et en même temps une totalité. L’installation Brutalist Premolition de Gail Pickering, présentée pour la première fois en France, pourrait en ce sens cristalliser l’interstice propre au mouvement qui produit l’île, lorsque l’identité du projet (comme celle du protagoniste de l’histoire) est à la fois partagée et complétée par le déplacement. L’œuvre Prie-Dieu de Marc Camille Chaimowicz, qui fait partie d’une nouvelle série d’œuvres inspirées par la figure emblématique de Jean Genet, matérialise aussi en ce sens les liens parfois contradictoires entre un retrait sur soi et une perpétuelle quête de liberté. Le mouvement que dessine le déplacement est insulaire se produisant tel un basculement, un saut et un retournement. Ainsi l’exposition présentée à la Fondation d’entreprise Ricard du 9 janvier au 11 février est à la fois clôture et extension ; elle est l’occasion de réécrire ce texte qui était à inventer, et l’île plus que jamais y devient une hypothèse, un passage, un lieu à explorer.
L’exposition est soutenue par le British Council, l’Institut culturel Bernard Magrez, Fluxus (Franco-British Fund for Contemporary Art) et les Amis du Frac Aquitaine.
Fondation d’entreprise Ricard
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