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une saison 2012 britannique au BAL avec une première exposition de Chris Killip

une saison 2012 britannique au BAL avec une première exposition de Chris Killip

Posté le 30 avr 2012 à 9:06

LE BAL inaugure une saison britannique avec une première exposition consacrée à une figure majeure de la photographie documentaire sociale : Chris Killip. Pendant vingt ans, Chris Killip s’est immergé dans les communautés du Nord de l’Angleterre et devint le chroniqueur de la désindustrialisation et de la confrontation souvent très brutale d’une classe ouvrière britannique à une politique économique hostile.

Photographe majeur de la scène britannique, Chris Killip, dès le début des années soixante-dix, a ouvert à la photographie documentaire de nouvelles perspectives, dont l’influence demeure aujourd’hui perceptible dans le travail de photographes contemporains tels que Martin Parr, Tom Wood ou Paul Graham.

Né à Douglas, sur l’île de Man en 1946, Chris Killip commence la photographie à dix-sept ans et devient l’assistant à Londres d’un célèbre photographe publicitaire. Inspiré par le travail des Américains Paul Strand et Walker Evans, et des Européens Bill Brandt, August Sander et Robert Frank, il revient en 1969 sur l’île de Man, dont le nouveau statut de paradis fiscal bouleverse la culture et les modes de vie ancestraux. Il s’attache alors aux visages, aux paysages, pleins d’âpreté et de grâce, à l’image d’un monde apparemment immuable, sur le point de basculer.

Membre fondateur de la Side Gallery à Newcastle upon Tyne en 1976, Chris Killip va s’immerger pendant vingt ans dans des communautés du nord de l’Angleterre : Huddersfield, Lynemouth, Skinningrove. Faisant corps avec cette région, ses paysages, sa topographie, ses habitants, il devient le chroniqueur de la désindustrialisation et de la confrontation, souvent très brutale, d’une classe ouvrière britannique avec une politique économique hostile.

Armé de sa seule chambre 4 x 5 pouces, Chris Killip se jette dans son temps, un temps instable, chaotique. « Un temps détraqué, celui des ruptures de la modernité. Un temps qui ne se contente plus de passer mais dont la nature même change. Le temps de Chris Killip sera l’Histoire telle qu’elle est vécue de l’intérieur, et non telle qu’elle est écrite. Celle des oubliés, des marginalisés, des laissés pour compte de la modernité. » David Campany

Dans les années soixante-dix, au moment où les magazines privilégient souvent une photographie spectaculaire, sentimentale et dépolitisée, Chris Killip affirme une écriture plus abstraite, plus complexe, plus ouverte. Laisser la place au doute et à l’incertain, puisque notre appréhension de la réalité ne peut être que partielle, fragmentée.

Avec le livre In Flagrante, publié en 1988, l’oeuvre de Chris Killip en vient à incarner la complexité du projet documentaire au sens large, cet équilibre fragile entre l’enregistrement clinique des faits et un regard subjectif. Atteindre une grande rigueur formelle sans renoncer à l’empathie, établir avec ses personnages une distance qui n’en est pas une, révéler et rester en retrait.

Paradoxalement aussi, chaque rencontre, chaque micro-narration, chaque destin qui bute, contribue à écrire le récit monumental du tout. Exilés en eux-mêmes, les personnages de Chris Killip paraissent ne plus pouvoir s’arrimer, se regarder, dans l’incapacité d’agir, fusionnant en une image de dérive collective.

In Flagrante (en latin : « pris en flagrant délit » ) sera pour Chris Killip le roman de l’Angleterre telle qu’il l’a vécue. Flagrant délit de fiction. Flagrant délit de vérité. Depuis 1991, Chris Killip enseigne la photographie à l’Université de Harvard.

Exposition présentée en collaboration avec le Museum Folkwang (Essen – Allemagne).

LE BAL

 

La FUNDACIÓN MAPFRE présente la photographe Jitka Hanzlová

La FUNDACIÓN MAPFRE présente la photographe Jitka Hanzlová

Posté le 25 avr 2012 à 9:06

La FUNDACIÓN MAPFRE présente pour la première fois en Espagne l’oeuvre de Jitka Hanzlová (Náchod, République Tchèque, 1958), photographe reconnue du panorama international actuel. Dans son travail, Hanzlová recherche l’essence des individus, de la nature et des objets et met en exergue les relations et tensions qui s’établissent entre eux. Elle créée ainsi des images directes, qui condensent la force de présence des objets et des êtres représentés.

L’exposition, organisée par FUNDACIÓN MAPFRE est la première rétrospective internationale de l’oeuvre de Hanzlová. Ses séries photographiques les plus représentatives y sont présentées, ainsi que trois ensembles inédits: Horses, Flowers et There is Something I Don’t Know. FUNDACIÓN MAPFRE a collaboré de très près avec l’artiste dans la production de la dernière partie de la série There is Something I Don’t Know, dont les photographies ont été prises à Madrid.

Née en 1958 dans l’ancienne République Socialiste de Tchécoslovaquie, Hanzlová fuit le régime communiste et se réfugie à Essen (République Fédérale d’Allemagne) en 1982. Sa condition d’exilée marque profondément sa trajectoire artistique. Entre 1987 et 1994 elle suit un cursus en Technologies de la Communication à l’Université d’Essen, et se spécialise en photographie. Dès lors, Hanslová organise son travail autour de différentes séries dans lesquelles elle réfléchit sur ses propres expériences vitales, et sur la représentation des espaces et des thèmes de l’histoire de l’art.

Sa renommée internationale se consolide avec les séries Rokytnik (1990-1994), où elle représente le petit village tchèque dans lequel elle a grandit, et Female (1997-2000) dans laquelle elle rassemble des portraits de femmes de divers pays. C’est ainsi que Hanzlová a reçu ces dernières années des récompenses prestigieuses dans le domaine de la photographie, comme le Prix Otto Steinert en 1993, le European Photography Award, la bourse de la DG Bank de Francfort en 1996, le Grand Prix des Rencontres d’Arles en 2003 et le Prix BMW – Paris Photo en 2007.

PARCOURS DE L’EXPOSITION

L’exposition composée de 9 séries et de 142 photographies, s’organise en suivant la chronologie de l’artiste, afin d’essayer de reconstruire les liens vitaux entre ses premières et ses dernières séries, et offrir une lecture cohérente de ses dernières vingt années de travail.

1 – ROKYTNÍK (1990-1994)

Rokytník, première série de la trajectoire de Hanzlová, porte le nom du village bohème dans lequel la photographe a grandi. La chute du régime communiste en 1989 permet à l’artiste de rentrer dans son pays d’origine, où elle fait face à un passé lointain et étrange, un endroit où le temps semble s’être arrêté. Hanzlová se concentre sur les portraits, paysages et moments quotidiens, thèmes qui caractériseront son oeuvre postérieure. Les photographies de Rokytnik sont imprégnées de mélancolie et de retrouvailles, bien loin du trépidant rythme des villes de l’ouest, dans lesquelles l’artiste s’était intégrée.

2- BEWOHNER (1994-1996)

En contrepoint à Rokytnik, Hanzlová aborde dans Bewohner la vie dans la grande ville. Les photographies prises en grande partie à Essen, où l’artiste habite depuis qu’elle a émigré, montrent des personnages isolés, seuls et déracinés, dans la foule de la grande communauté. Dans les paysages de Bewohner, l’évidente intervention de l’homme fonctionne comme une métaphore de la vie débordant d’obstacles et de limites, en opposition à la liberté du monde rural.

3 – BRIXTON (2002)

En 2002 Jitka Hanzlová est invité par la Photographer’s Gallery de Londres à travailler sur le district de Brixton, un des quartiers les plus pauvres et dangereux de la ville, miné par les conflits raciaux. Elle y photographie trois générations de femmes afro caribéennes, qu’elle approche dans la rue en leur demandant de poser pour elle, créant ainsi des images directes et à forte charge psychologique. Ces portraits isolés ne prétendent donner une vision générale de la vie de Brixton mais ils insistent sur les préoccupations, les désirs et les pensées de ces femmes, captés par l’artiste dans la fugacité de la rencontre.

4 – FOREST (2000-2005)

Après une décennie concentrée sur la figure humaine, Hanzlová change de registre dans Forest, où elle parcourt à nouveau les lieux de son enfance dans la forêt à coté de laquelle elle a grandit. Les photographies de la série reflètent la connexion personnelle de l’artiste avec l’endroit, ainsi que sa recherche, dans cette nature, de sa propre identité, de ses racines et de son passé.

5- HERE (1998, 2003-2010)

Dans Here Hanzlová reprend comme thème principal son entourage proche, le bassin de la Ruhr, pour réfléchir sur la sensation de non appartenance à un contexte. Ainsi, les personnages se montrent passifs devant l’objectif et paraissent des intrus dans leur propre milieu. Les paysages sont profondément modifiés par le développement urbain et industriel de la zone, et le rapport des modèles à cet environnement semble conflictuel.

6 -COTTON ROSE (2004-2006)

En 2004 la photographe est invitée à participer au projet European Eyes on Japan , dans lequel les artistes européens parcourent le pays nippon pour exprimer leur vision sur son peuple et ses contrées. Cotton Rose est le résultat de deux ans de voyages dans la préfecture de Gifú. L’artiste renoue avec ses intérêts, en captant les personnes en harmonie avec le paysage. Ses photographies ne reflètent pas la typique vision exotique orientale, même si l’esprit japonais est présent de façon essentielle.

7- THERE IS SOMETHING I DON´T KNOW (2000 – 2012)

Cette série en cours confirme l’intérêt de Hanzlová pour le portrait. Elle ne s’intéresse plus à la relation de l’individu avec son entourage mais en recherche une représentation atemporelle. Avec une prépaprtion soigneuse, elle met en relation ses modèles avec la tradition du portrait dans l’histoire de l’art jusqu’à la Renaissance. Il s’agit de compositions avec des poses étudiées dont l’effet ultime est, comme dans ses travaux antérieurs, la représentation individualisée de l’humain. La dernière partie de la série a été produite par FUNDACIÓN MAPFRE et plusieurs photographies on été prises durant les voyages que l’artiste a réalisé à Madrid en préparant l’exposition.

8- HORSES (2007- )

Horses est une autre série en cours de réalisation, présentée pour la première fois au public à l’occasion de cette exposition. Hanzlová fait face à la tâche difficile de photographier des chevaux, et d’établir avec eux des relations qui lui permettent, comme chez les êtres humains, d’extraire l’essence de leur existence.

FLOWERS (2008- )

Flowers se présente comme une série de vanités: des fleurs coupées à différentes étapes de leur vie, qui témoignent de la transformation et du changement perpétuel. Pour ce travail, Hanzlová fait appel à la tradition picturale ancienne, plutôt que de s’inspirer des multiples images, qui, au long du XXème siècle font la relation entre les fleurs et les organes sexuels. Cette série, sur laquelle l’artiste continue à travailler actuellement, est dévoilée pour la première fois dans l’exposition et le catalogue de FUNDACIÓN MAPFRE.

La FUNDACIÓN MAPFRE

Créée en 1975, FUNDACIÓN MAPFRE est une institution espagnole qui promeut et finance des activités à but non lucratif d’intérêt général, à travers cinq instituts spécialisés en Action Sociale, Sciences des Assurances, Culture, Prévention, Santé et Environnement, et Sécurité Routière.

Au fil des ans, FUNDACIÓN MAPFRE a pris un rôle de plus en plus important au sein de la société, pour devenir l’une des principales fondations d’Espagne. L’institution a promu de manière significative ses activités constitutives, en Espagne et en Amérique Latine, consolidant ainsi son engagement envers le développement et le progrès de la société. En juin 2008, elle a commencé à publier La Fundación afin de faire connaître à la société ses objectifs et les différentes activités qu’elle promeut.

En 2010, FUNDACIÓN MAPFRE a confirmé son engagement dans le développement de la société en impulsant ses activités non-lucratives d’intérêt général. Ainsi, dans une année de conjoncture économique difficile FUNDACIÓN MAPFRE a augmenté les activités de ses cinq instituts et a destiné 47,2 millions d’euros à la réalisation de ses programmes. En 2010, près de 1,3 millions de visiteurs ont assisté à ses 30 expositions en Espagne et dans d’autres pays, plus de 9.350 ont participé à ses cours de formation et 2,2 millions d’euros ont été destinés à la recherche. Ainsi, son intense activité multidisciplinaire a abouti à la réalisation de 275 séminaires, l’édition de presque 180 publications, plus de 165 campagnes de sécurité routière et 60 de prévention et santé, 90 actions de genre social et la remise de plus de 500 bourses.

Depuis 2008 la fondation a son siège et ses salles d’expositions au 23, Paseo de Recoletos, un édifice construit entre 1881 et 1884 par l’architecte Agustín Ortiz de Villajos, maillon incontournable du « Paseo del Arte » de la capitale espagnole.

  • Exposition du 31 mai  au 2 septembre 2012

FUNDACIÓN MAPFRE – Instituto de Cultura Paseo de Recoletos nº 23. Madrid – ESPAGNE

Sylvia Schildge: Passage N°7, à l'Espace photographique de l’Hôtel de Sauroy

Sylvia Schildge: Passage N°7, à l’Espace photographique de l’Hôtel de Sauroy

Posté le 20 avr 2012 à 9:28

Sylvia Schildge écrit avec son appareil photographique des histoires sans paroles. Elle photographie les gens qu’elle croise, près de chez elle ou à Shanghai, Luxor, Tokyo, Naples. Choisissant un fond, un mur, elle fait se rencontrer, se croiser des passants. Ces fresques panoramiques restituent le mouvement et le flux de cette humanité en marche. Ce Passage N°7 est sous le signe de la rémanence. A travers des visages, Sylvia Schildge propose les traces d’une chronologie familiale et sentimentale, comme une énigme non résolue. De ces visages qui se pénètrent et se superposent, naît le trouble d’un masculin/féminin aux limites d’une identité. Ils questionnent sans apporter de réponse, ils dévoilent notre histoire, l’histoire d’une transmission. Le passé est devant nous, il a été vécu. Le futur, lui, est derrière nous, puisque à venir…

SYLVIA SCHILDE Photographe Plasticienne Diplômée de l’Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs Vit et travaille à Paris

De 2003 à 2009, Sylvia Schildge propose des installations dans la forêt de Compiègne, puis de Rambouillet avec l’artiste Yoshirei Shin, et rue Charlot à Paris. Elle a exposé ses photos à la GM galerie (Montpellier), à la Guillaume galerie et l’Espace photographique de l’Hôtel de Sauroy (Paris) et a participé à des expositions de groupe.

En 2010, elle expose “Passage N°5“ à la galerie de photos Akaaka Galery (Tokyo), et en 2011 «Passage N°6» au Palazzo Marigliano (Kaplan Project N°3 /hors les murs, Naples).

En 2011 elle a participé à deux ventes aux enchères, à Paris :

  • Cent briques pour Madagascar» chez Artcurial.
  • 20 couleurs» Maïproject à la Galerie 161.

En 2012 elle crée le Prix Virginia. A partir du 31 mai au 16 juin, elle exposera à l’Espace photographique de l’Hôtel de Sauroy  dans le cadre du parcours Nomades du 3ème.

Sylvia Schildge a publié deux livres de photos, “Livre des coeurs” (éditions Thierry Magnier), “Passages” et un postcard book “Seventeen countries“ (éditions OFR). Le livre «Père & Mère» de Yves Haddad (éditions la Martinière) a inclus un de ses diptyques.

  • Exposition du 1er au 16 juin 2012

Espace photographique de l’Hôtel de Sauroy

  • 58 rue Charlot 75003 Paris
berivan sayici quel genre? à la galerie place à elles

berivan sayici quel genre? à la galerie place à elles

Posté le 20 avr 2012 à 8:55

La galerie place à elles vous invite à découvrir le travail de l’artiste autrichienne Berivan Sayici du 5 mai au 16 juin 2012. Cette héritière contemporaine de l’actionnisme viennois se situe entre performance et photographie, elle compte parmi les jeunes talents inédits de la galerie.

Armée de son appareil photo, d’une caméra vidéo, de vêtements étonnants et d’un sens de l’esthétique accentué, Berivan Sayici s’attaque aux clichés hétéronormatifs qu’elle transgresse avec finesse d’esprit et humour. Ses oeuvres font réfléchir et rire… à moins qu’elles ne dérangent… les personnes dépourvues de curiosité ! L’artiste ne cherche pas à provoquer gratuitement. Elle préfère bousculer doucement que choquer brutalement pour faire évoluer les regards et les mentalités.

L’exposition s’intitule quel genre ? afin de distinguer l’assignation au sexe biologique du genre socialement construit. Le genre existe-t-il dans l’absolu ou s’agit-il de représentations stéréotypées que personne ne peut véritablement incarner ? Avons-nous conscience de l’énergie mobilisée à vouloir se conformer à tout prix à un idéal essentialiste ? Et si, plutôt que de rejeter et diviser pour se rassurer faussement, nous osions aller voir au-delà du mythe universaliste ?

Parfois la pression crée des diamants. Ainsi, entre incompréhension, codes rigides, grilles de lecture inadaptées, morale répressive, préjugés oppressants et idées reçues uniformisantes, la possibilité d’un espace de liberté étincelle : la réinvention des rapports sociaux, le droit de se définir soi-même, la réappropriation de ces corps que l’on voudrait assagis, immuablement rangés dans des tiroirs clairement étiquetés.

special guest jessica label

Quel genre ? parce que Jessica Label, artiste singulière qui ne se laisse pas enfermer dans un seul domaine puisqu’elle est à la fois architecte, urbaniste, professeure, plasticienne et bien d’autres choses encore, s’est chargée d’aménager le coin surprise. Son installation mélange les genres artistiques, sculpture, film, pièce sonore, photos… laissez-vous surprendre !

L’exposition met en scène de l’art qui ne sert pas seulement à décorer les murs. Rose ou bleu ? Bariolée, réponse courageuse et engagée, pour d’avantage de réflexion plutôt que de projections.

Le public est bienvenu au vernissage le 5 mai 2012 dès 17h et pourra assister à la performance participative.

La galerie place à elles

 

 Another Paris, photographies de Lisa Bartolucci à la Galerie Afaprod

 Another Paris, photographies de Lisa Bartolucci à la Galerie Afaprod

Posté le 09 avr 2012 à 10:49

Vous connaissez peut-être Lisa Bartolucci comme journaliste culture et pour ses entretiens  avec des stars comme Madonna, Sharon Stone ou Eva Greene. On l’a découvre aujourd’hui comme photographe d’art, une thématique urbaine sur un autre Paris, celui des reflets de la capitale dans tous ses matériaux.

« Les reflets sont éphémères et leur contrepartie réelle immuable autant qu’obligatoire »

Attraper les reflets d’un couple d’amoureux et d’un pigeon au pied de la Tour Eiffel, shooter une pyramide de verre habillée des reflets historiques du Louvre. Découvrir un bitume crépusculaire rougeoyant sous les talons d’une parisienne. Un parvis arc-en-ciel gorgé d’eau dans lequel se réfugient monuments et couples d’amoureux noyés sous la même pluie, parapluies au vent … Et rêver Notre Dame de Paris monumentale inscrite dans la vitrine d’un tout petit atelier de peinture…

C’est ce regard inédit sur Paris que nous propose Lisa Bartolucci.  Une ballade poétique qui nous renvoi parfois à notre société bancale, comme ce mannequin (remarqué par l’œil de Pierre Bergé) emprisonné dans la vitrine d’une boutique de luxe face aux Tuileries. Et qui illustre si bien « Le plafond de verre » de la condition féminine.

Lisa Bartolucci collabore avec Paris Mach, Marie Claire, Vogue, Vanity fair Italie.

  • Du 13 avril au 15 mai 2012
  • Galerie Afaprod – La Preuve par neuf – 30, rue Durantin – 75018 Paris
Sara Imloul, Catherine Balet, Elliott Erwitt et Paulette Tavormina à la Polka Galerie

Sara Imloul, Catherine Balet, Elliott Erwitt et Paulette Tavormina à la Polka Galerie

Posté le 24 mar 2012 à 10:16

« Le Cirque noir » de Sara Imloul est une plongée dans un univers étrange et onirique. Agée de 25 ans, cette jeune photographe débute ce travail en 2008 en reprenant le procédé ancien de la calotypie. « Cette méthode m’oblige à tirer mes images par contact, la taille du tirage correspondant à la taille du négatif. Je retravaille ensuite les détails au pinceau avec différents produits chimiques, comme des petites peintures. Elles sont donc uniques, explique l’artiste. Je pense en négatif. Je dépose mentalement des taches blanches, des zones de lumière, sur la page noire. Je pense en forme, en graphisme, en motifs, toujours blanc sur noir. C’est un jeu. »

Dans ce théâtre d’ombres et d’éclats se joue une rêverie ancienne. Fortement imprégnée des photographies du début du XXe siècle, nourrie des univers en marge de Sarah Moon, Joel-Peter Witkin, Christian Boltanski ou Miroslav Tichy, Sara aborde les territoires du souvenir, de l’ésotérisme et de l’imaginaire commun.

Attachée à l’enfance, la jeune artiste s’amuse en chinant les vêtements et les éléments du décor qui donneront vie à ses petits théâtres inquiétants. Ses personnages sont souvent des amis proches, son appareil est un vieil appareil à souf!et. Chaque image lui demande un temps de pose de quarante-cinq secondes.

« Le Cirque noir » présente ainsi une série de petits tirages (7 x 9 cm en moyenne) qui immergent le spectateur dans un monde en noir et blanc. La lumière coule dans le noir. Ses contours, mouvants, vibrent, délivrant ainsi un personnage presque animé. Inutile de chercher des repères. Les saynètes du « Cirque noir » sont hors du temps, comme un souvenir que rien n’offense.

 

Catherine Balet, « Strangers in the Light»

« L’ère numérique a été une inépuisable source d’in!uence et d’information. Je souhaite seulement, par mes photographies, interroger la fulgurance de l’ère technologique qui semble avoir accéléré le temps de façon vertigineuse. » Peintre de formation, Catherine Balet réalise avec la série « Strangers in the Light » une oeuvre paradoxale où se confrontent l’hypercommunication et la profonde solitude de notre quotidien.

De la bougie à la tablette numérique, passé et modernité se mêlent dans des tableaux silencieux inspirés des grands maîtres de la peinture comme David, de La Tour, Constable ou Manet. Chaque composition est essentiellement éclairée à l’aide de la lueur des nouvelles technologies, ce nouveau clair-obscur de l’ère numérique. « La correspondance avec la peinture classique a été un « l conducteur au début de la série, explique Catherine Balet. Il s’agissait d’une inspiration et non d’une parodie. Avec le temps, le sujet a pris le dessus. Mon désir était de re!éter tous les domaines où la technologie avait pris une certaine in!uence. »

Membres d’une génération connectée, accros aux smartphones, les personnages de Catherine Balet se photographient dans des miroirs et prennent la pose pour exister sur les réseaux sociaux. Ils sont ensemble, dans la même pièce, mais ne se regardent jamais, trop absorbés par leur re!et. « Mes modèles, accrochés à la prothèse numérique, sont en contemplation de leur vie à travers un écran, comme hypnotisés par un ailleurs. » Le paroxysme semble atteint avec la scène de la Nativité : à peine né, l’enfant est photographié sous tous les angles pour terminer sur Internet.

–> à paraître en avril 2012: Catherine Balet Strangers in the Light (ed. Steidl)

Actuellement aussi à la Polka Galerie :  Sequentially Yours de Elliott Erwitt 

« Pour être Elliott, vous devez avoir : 1. un instinct exquis non seulement du moment mais aussi de ce qui peut se passer le moment même qui suit ; 2. un point de vue sympathique mais sans encombre du monde comme un feuilleton sans fin de mini-comédies et drames. Il faut aussi être né à Paris de parents juifs russes émigrés, s’être échappé d’Italie pour fuir Mussolini, avoir été élevé en Californie, parler au moins quatre langues et savoir être effacé au point d’en devenir transparent. Dans “Sequentially Yours”, Elliott a créé une nouvelle forme intermédiaire entre les photos simples et les films. Nous, les metteurs en scène, nous avons besoin de milliers d’images, 24 par seconde en fait, pour raconter une histoire. Elliott a réduit ce chiffre à deux ou trois au plus. »

Marshall Brickman (scénariste fidèle de Woody Allen) dans  » Sequentially Yours, Elliott Erwitt « , Ed. teNeues, 2011

et Paulette Tavormina : Natura morta

Le travail de Paulette Tavormina, photographe new-yorkaise, alterne entre photographie d’art et photographie publicitaire, que ce soit sur papier glacé ou pour des spots télévisuels. Très vite, elle se spécialise dans la photographie et le stylisme culinaire. Son savoir-faire est utilisé à travers le monde pour des films – tels que « En pleine tempête » avec Georges Clooney, « Intrusion » avec Johnny Depp ou encore « Nixon » avec Anthony Hopkins – ou pour des livres de cuisine en collaboration avec des grands chefs. La nature morte, « Natura Morta », devient son sujet de prédilection. Pour cela, elle s’inspire des grands maîtres du genre – les peintres flamands, espagnols et italiens du XVIIe siècle –, afin de reproduire ces mises en scènes poétiques et alléchantes. La photographe étudie avec le plus grand soin ses compositions : recherche du fruit parfait, emplacement adéquat de chaque légume, ajustement des fleurs, mise en scène de crabes ou de papillons, choix de faïence d’époque…

  • Expositions du  14 mars au 29 mai 2012

Polka Galerie

François Talairach : Saccusmerdae, photographies et vidéos à l'Abbaye de Coat Malouen

François Talairach : Saccusmerdae, photographies et vidéos à l’Abbaye de Coat Malouen

Posté le 20 mar 2012 à 1:32

François Talairach est un artiste dont une grande partie de l’oeuvre, tous mediums confondus (photographie, vidéo, dessin…) tourne autour de l’idée de Vanité. Saccusmerdae est une métaphore de cette notion de vanité. Mélange du corps corruptible et du corps sublimé. La fleur fane, le souffle de l’ange est celui de l’homme qui souffre, le leurre ne trompe pas mais nous rappelle, à jamais, de nous essayer à ne pas mourir tout à fait.

Jours

Série de 30 images de fleurs fanées sur fond noir. La lumière recherchée dans cette production pourrait rappeler l’esprit des vanités dans la peinture hollandaise du 17/18ème. La référence à la peinture est telle, que les fleurs sont comme des portraits de personnages et pour mieux se caractériser, chaque image de la série a une taille propre. Couchés sur une vitre les végétaux fanés ont été numérisés à travers elle. Ainsi « fixées » les fleurs peuvent recouvrer la verticalité ; elles ne sont plus soumises à la pesanteur. Éphéméride désordonnée, le hasard du jour de sa réalisation donne son titre à l’image.

L’A installation vidéo

Vidéo réalisée à partir d’une collection de photographies de chérubins dont l’image d’origine est prise sur le mobilier de chapelles. Colorisée numériquement, la série se présente sous la forme d’un film d’une durée de 14 minutes projeté sur un voile légèrement balancé par un ventilateur. Le montage crée un rythme lent, une pulsion accompagnée d’une composition sonore ayant pour thème le souffle, la respiration.

  • Du 21 avril au 20 mai 2012

Abbaye de Coat Malouen

Exposition : 3ème tour, musique d'une campagne à la Galerie Duboys

Exposition : 3ème tour, musique d’une campagne à la Galerie Duboys

Posté le 13 mar 2012 à 3:47

Les équipes des candidats à l’élection présidentielle 2012 s’affairent et s’affrontent; pendant ce temps, la Galerie Duboys a donné carte blanche à cinq artistes pour exprimer leur ressenti durant cette campagne. Des travaux éloignés des discours partisans, nés dans l’urgence et dans l’inconnue du résultat du scrutin, pour interroger notre monde et son actualité; Ce sont des arrêts sur image, métamorphoses d’un évènement en le plaçant ailleurs… La galerie Duboys, complice artistique, s’engage aux côtés de ces cinq artistes.

• Frédéric BOURRET : photographe français, né en 1973, formé à New-York, il vit et travaille à Paris.

« L’agitation médiatique est à son comble pour cette élection présidentielle, sondages après sondages, chiffres contre chiffres, les journaux nous abreuvent d’informations. Nous sommes installés entre 10 orchestres qui jouent leurs partitions aussi bruyamment que maladroitement.. Le projet « musique de campagne », initié par la Galerie Duboys, est une note artistique dans ce paysage hostile » F.B. http://www.fredericbourret.com

• Raoul HÉBRÉARD : Plasticien français, vidéaste, metteur en scène… né en 1948, vit et travaille à Toulon.

« L’artiste a toujours cette tentation d’observer et de prendre des notes sur le monde qui l’entoure pour ensuite le traduire par le filtre de ses préoccupations artistiques » R.H.

• OAKONE : street artiste français né en 1976, il vit et travaille à Paris et taggue dans le monde.

« Pour moi, le street art, c’est un peu comme faire une campagne politique : je place mes Street Totems dans la rue, de façon anarchique et dans la limite de la légalité, à la façon des affiches des candidats… Ma seule promesse , que je suis sûr de tenir, est de montrer de l’art , à tous, dans la liberté, l’égalité et la fraternité… pour de vrai !!! » O. http://www.oakone.fr

• Stéphanie de ROUGÉ : photographe française née en 1976, elle vit et travaille à New-York.

« Me balader, appareil au poing, dans ma ville de coeur (New York) pour raconter les tournants de 2012 dans ma ville d’origine (Paris) – c’est de cet entre-deux que vient tout ce que je fais. » S.d.R. http://www.stephaniederouge.com

• Andrey ZOUARI : Photographe né à Stockholm en 1985, formé à Lausanne, il vit et travaille à Paris.

« Je me présente à vous tel un candidat, mon assemblée sera un orchestre, et ma gouvernance une poésie » A.Z.

http://www.galerieduboys.com/Artistes/Zouari.aspx

  • Du du 10 mai au 23 juin2012

Galerie Duboys 6 rue des Coutures Saint-Gervais, 75003 Paris

galerie nivet carzon : damien guillaume, déréalisation

galerie nivet carzon : damien guillaume, déréalisation

Posté le 09 mar 2012 à 10:24

La déréalisation est un terme médical qui traduit une altération de la perception ou de l’expérience du monde extérieur qui apparaît étrange ou irréel. C’est une distanciation involontaire par rapport au monde qui nous entoure. C’est aussi ici le contraire de la mise en scène au sens de réalisation cinématographique ou photographique. Damien Guillaume ne met jamais ses sujets en scène. Il attend que la réalité se dilue. Cela prend parfois du temps. Il cherche à surprendre le corps précisément dans les instants d’abandon – comme des interstices dans le réel. Pour Damien Guillaume, il s’agit de déréaliser les corps en association. Les corps sont quasiment asexués. Leur sexualité est absente, ou plutôt tellement lointaine qu’elle devient intangible. Comme si l’intimité, qu’elle soit par rapport à son propre corps ou envers celui des autres, n’était qu’un leurre. Le grain des peaux est traité comme un matériau plastique. Damien Guillaume le dévoile puis le recouvre avec des couleurs altérées. Altération de la perception, la sienne ou la nôtre.

Le propos de l’artiste

«Au commencement, il y a une somme incalculable d’événements, qui émanent de moi et des autres, qui se réunissent en un point dans mon esprit. Il y a le désir de tenter une expérience. Au commencement, il y a des fantasmes personnels auxquels je veux donner vie sans vraiment y goûter. Il y a une lassitude qui veut se briser. Au commencement il y a le désir de s’élever, de découvrir des plaisirs nouveaux, repu de plaisirs trop consommés. Le désir ardent de questionner l’autre avec acuité.

Puis il y a le besoin de donner forme à ce point où tout s’est réuni, de créer une relation autre, qui n’est pas sexuelle, qui n’est pas d’amour ni de fraternité ou d’amitié. Qui est un peu tout ça et à la fois tout autre chose. Créer une relation nouvelle dans un espace clos, que mon boîtier emprisonnera à jamais. Puis il y a la relation qui se tisse. L’espace, qui se fige, pour quelques instants de prise de vue et l’éternité sur la surface sensible. Puis il y a le besoin de retirer le superflu pour ne plus se concentrer que sur les matières, les formes et les couleurs. Déréaliser le cliché pour que le dialogue entre moi, le modèle et le spectateur ne soit plus perturbé.

Je suis amoureux de l’humanité. Je suis gourmand. Je veux la connaître dans son intime, là où elle est sans défense, sans haine, sans apparats. Je veux être l’explorateur des émotions enfouies, cachées, masquées. Je veux être celui qui donne du plaisir sans violer, celui qui, toujours bienveillant, manie la frustration pour offrir une expérience de voyage intérieur.»

Damien Guillaume

L’artiste

Né en 1978, à Besançon, Damien Guillaume vit et travaille aujourd’hui à Paris comme photographe. Après plusieurs essais photographiques réalisés dès l’adolescence, il a la chance d’être formé par un professionnel du métier à partir de 2004. En 2005, il contribue à la création de la revue L’Atelier de photographie Magazine, et durant son parcours en province, il travaille sur différents ouvrages comme Besançon, Nature intime du temps co-signé avec Nedim Gürsel. En 2007, il s’installe à Paris et fonde l’agence Lubrik. Dédiée à l’art, à l’édition et à la communication, son agence travaille pour la presse, l’édition et la publicité. Il est l’auteur des photographies du livre La Turquie Biblique paru en septembre 2010 aux éditions Empreinte et de l’ouvrage Les Artisans d’Istanbul à paraître courant 2012. En parallèle à ces travaux professionnels, il poursuit sa création artistique. Sa série « Mythes Décisifs »a été exposée à plusieurs reprises à Paris. Il a participe pour la saison 2011-2012 à la résidence photographique de l’agence révélateur à L’étoile du Nord, à Paris en prenant part à l’exposition collective «corps révélé(s)» , puis aux expositions «fenêtre sur scène» actes I et II en collaboration avec le photographe Benoît Boucherot et le metteur en scène Jacques David En avril 2012, dans le cadre de la 21ème édition du festival Itinéraires des Photographes Voyageurs, à Bordeaux , l’Espace Saint-Rémy présentera une autre série inédite, «Natures Mortes», vision très personnelle de son séjour de 6 mois en Amérique du Sud.

La Galerie Nivet-Carzon, créée en en 2007 dans le quartier de Saint-Germain-des-Près, déménage dans le Marais en octobre 2011. Elle poursuit son travail de tête chercheuse de jeunes talents français et étrangers et développe parallèlement des projets curatoriaux hors les murs et à l’étranger.

  • Du 5 avril au  5 mai 2012

galerie nivet carzon

Lola, Marga, Maria, Alfonso et autres photographes espagnols

Lola, Marga, Maria, Alfonso et autres photographes espagnols

Posté le 07 mar 2012 à 10:49

Un désert de sucre, un envol de cocotte en papier, une partie de cartes sur la lune… S’il ne fallait trouver qu’un seul point commun entre les photographies des artistes espagnols réunis à la VOZ’Galerie, ce serait sans doute la métamorphose. Mais on pourrait aussi souligner leur affection à utiliser ou à détourner aliments et matériaux pour donner vie à leur création photographique : papier pour Lola Guerrera et Alfonso Brezmes, farine ou café pour Marga Garrido.

Qu’ils jouent avec notre vision par le biais de jeux d’échelles, de photomontages, de mises en scène ou d’installations, Alfonso Brezmes, Marga Garrido, Lola Guerrera et Maria Platero cherchent à renouveler notre regard en métamorphosant notre environnement, en transformant notre quotidien.

Rechercher la beauté dans l’inutile, faire surgir l’inattendu dans le banal, le merveilleux dans l’éphémère, voilà à quoi nous invitent leurs photographies. Mais au-delà de la grande poésie visuelle et de la perfection formelle qui se dégagent de leurs images, celles-ci nous rappellent la nature fragile de notre environnement, nous font prendre conscience de l’absurdité de nos vies et nous interrogent sur notre perception du réel : Que voyons-nous vraiment du monde qui nous entoure ? Quel lien entretenonsnous avec la nature et avec les autres ?

ALFONSO BREZMES : Paraíso on obras

Le travail photographique d’Alfonso Brezmes se situe à la frontière de la fiction et du jeu. Ses oeuvres sont empreintes d’une grande poésie visuelle. C’est le cas des photographies de la série «Paraíso on obras» (Paradis en chantier) qui nous emmènent dans un pays imaginaire, sorte d’eden perdu. Un monde qui ne semble régi par aucune règle rationnelle ou prévisible. «Paraíso on obras» nous plonge dans une atmosphère surréaliste et onirique où tout semble pouvoir arriver. On y croise d’étranges créatures sorties de la nuit des temps, des personnages mystérieux, explorateurs, voyageurs, enfants égarés… errant sur les décombres d’un paradis perdu.

Entre jungle et iceberg, Alfonso Brezmes dépeint les vestiges d’un monde idyllique qui a été précipité dans la chute et dont on perçoit encore quelques battements de coeur, plein d’ironie et d’espoir. Réalisée avec une grande minutie, la série «Paraíso on obras» est un trésor d’imagination et nous renvoie au monde des fables pour adultes. Car Alfonso Brezmes est un véritable conteur qui sait emmener avec talent le spectateur dans son univers, l’invitant à devenir acteur en imaginant la suite de l’histoire.

Né à Madrid en 1966, Alfonso Brezmes est un photographe espagnol. Il a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives. Ses oeuvres ont notamment été présentées dans des foires d’art (PhotoMiami 2008, ARCO 2009, Estampa, Palm Beach 2009), des galeries (Caprice Horn à Berlin, Camara Oscura à Madrid, Stieglitz19 à Anvers), ainsi que par le biais des publications (EXIT 2009) et l’édition de livres (« Urban Fragments » 2005, « FalsOriginal » 2006 & « Small Passions, Alfonso Brezmes´secret dictionary of pleasures », 2008).

MARGA GARRIDO : You are the landscape

« Le sujet principal de mon travail est le paysage comme genre artistique : qu’est-ce qu’un paysage, que représente t-il, quelles valeurs lui sont associées, quel est le lien entre paysage et nature, quelle est notre relation à la nature et comment les images de paysage que nous avons vues au cours de notre vie l’affectent.

Je travaille souvent avec la photographie mais je l’utilise seulement comme un outil. Je travaille avec la photographie parce que je pense que nous avons toujours le sentiment que ce qui est montré est vrai, et j’aime jouer avec ce sentiment. »

Marga Garrido s’amuse à imaginer des paysages idéaux, à inventer des lieux où elle ne s’est jamais rendue ou qu’elle n’a jamais habités autrement qu’en rêve.

Pour leur donner vie, elle utilise les éléments qui l’entourent : de la terre, du sucre, du café, de l’eau… Avec eux, elle conçoit des rivières, elle déplace des montagnes, les adoucit, les redresse, s’éloigne, se rapproche, les oublie, et soudainement, la lumière entre par la fenêtre d’une manière particulière, illumine un lac, crée un nuage…et tout semble respirer un air différent. Marga Garrido s’arrête alors et s’émerveille : elle vient de créer un paysage.

Alfonso est également connu pour ses collages, appréciés des collectionneurs, à travers lesquels il exprime son talent pour construire des univers particuliers.

Formation 2003 : Diplômée en Beaux-Arts à l’Université Complutense de Madrid 2007 : atelier de l’artiste Christiane Lohr. Editions Càtedra Juan Gris UCM 2006 : « Tabletop and computer animatie » dans Stichting Kunst voor Rotterdammers à Rotterdam 2004 : Bourse Erasmus à l’Université Karel de Grote-Hogeschool à Anvers 2002 : Atelier de photographie avec Tony Catany à la Fondation Miro, Palma de Majorque

LOLA GUERRERA : Delights in my garden

Artiste pluridisciplinaire, Lola Guerrera mêle dans son travail sculpture, photographie et installation. L’idée de transformation – déjà présente dans sa série – « Cotidianidades » où elle mettait en scène des espaces domestiques entièrement recouverts de papier blanc – tient une place primordiale dans son travail photographique.

Dans « Delights in my garden » (Délices dans mon jardin), Lola choisit cette fois de métamorphoser des paysages naturels en y installant des origamis représentant animaux, plantes ou fleurs. Utilisant un de ses matériaux de prédilection, le papier, elle interroge à travers ses images notre société contemporaine et le rythme frénétique qu’elle nous impose. Questionnant l’usage répété des procédés industriels de transformation de la matière, Lola met en scène des figures de papier réalisées à la main – donc par l’homme – et installées dans un espace naturel suggérant un retour à l’état brut de la matière papier.

Derrière ses photographies aériennes et poétiques, Lola Guerrera nous rappelle la nature éphèmère du monde qui nous entoure qu’il s’agisse de la nature ou de la civilisation. Une fois les prises de vue terminées, ces sculptures de papier sont laissées en place, destinées à périr de manière poétique dans l’environnement d’où elles ont été autrefois déracinées.

Née à Cordoue en 1982, Lola Guerrera est une photographe espagnole

MARIA PLATERO : La búsqueda de Mary Decker

« Je suis fascinée par l’ambiguité et l’absurde à tel point que je les utilise comme point de départ pour chercher la beauté dans l’inutile, dans l’insignifiant, dans la vulnérabilité humaine ou dans les moments ridicules que nous connaissons tous.

La série «La búsqueda de Mary Decker» (La recherche de Mary Decker) dépeint des situations banales qui semblent suspendues dans le temps jusqu’à devenir des images étranges.

Ce sont des images qui parlent de choses inconséquentes, qui n’intéressent pas les gens, traitées comme si elles étaient extraordinaires. Chargées d’un certain pathos, ces scènes sont traversées par un humour absurde qui joue avec l’imagination du spectateur qui se reconnaît luimême en elles.

Dans ces images, le règne de l’ordre est tellement présent qu’il devient de manière inévitable une condition absurde, ironique, brut, tranchante. Cependant, cette condition est, dans une large mesure, un théâtre endessous duquel il y a un facteur hasard inévitable. »

Née à Madrid en 1976, Maria Platero est une photographe espagnole.

  • Du 6 avril au 31 juillet 2012
  • Vernissage de l’exposition, nocturne exceptionnelle des galeries de Carré sur Seine jeudi 5 avril à partir de 19h30

VOZ’GALERIE

 

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