Sculpture

PIPALUK lake : Configurations à la galerie Maria Lund

PIPALUK lake : Configurations à la galerie Maria Lund

Posté le 03 fév 2012 à 10:28

Pipaluk Lake est une pionnière dans son domaine. Elle est avant tout animée par le désir et le sentiment de faire de nouvelles découvertes – d’aller là où personne n’a encore mis pieds et de révéler des parties de la réalité que personne n’a encore vues. Elle définit elle-même un cadre, prend du recul et observe comment les forces de la nature agissent pour ensuite interpréter le résultat avec la sensibilité esthétique de l’artiste.

Il en résulte des oeuvres qui témoignent des processus de création violents où le verre, le feu et le métal luttent et se réunissent tout en exprimant une qualité de clarté quasi-cristalline. Les oeuvres de Pipaluk Lake sont d’une pureté rare et tranchantes dans leur équilibre esthétique. On sent qu’elles dépassent la création humaine. Même les techniques vénitiennes les plus sophistiquées ne peuvent faire naître une expression aussi riche que celle qui est au fond l’expression des forces naturelles. Pipaluk Lake n’essaie pas de dominer la matière. Elle ne la maîtrise pas dans le sens traditionnel, hiérarchique où l’être humain est « le maître de » ou bien possède le monde matériel. Il s’agit d’une interaction ; d’une collaboration dans un respect mutuel.

Extrait du texte Configurations de Louise Mazanti

Parcours L’univers très atypique de Pipaluk Lake (née en 1962) a largement été remarqué et primé (Hempel Glaspris 1999, Honorable mentions au 2nd Chongju Int. Crafts Competition 2001, Corée, Médaille d’argent pour Kunsthåndværkerprisen af 1879) et il est représenté dans de nombreuses collections publiques : V&A, Londres, - Corning Museum of Glass, Etat de New York – Glasmuseum Alter Hof Herding, Allemagne – Boston Museum of Fine Arts – Kunstindustrimuseet (Musée des Arts Décoratifs), Copenhague – The Danish Arts Foundation et New Carlsberg Foundation. Pipaluk Lake a exposé à travers la Scandinavie et les pays Baltes, en Allemagne, Slovénie et Tchéquie, ainsi qu’en Chine, en Corée, au Canada et aux Etats-Unis. En 2006, la Chappell Gallery à New York lui a consacré une exposition personnelle (Drops) et en 2011 Le musée du verre Glasmuseet, Danemark a accueilli une exposition de ses oeuvres récentes qui a été primée par The Danish Arts Foundation.

Configuration est la troisième exposition de Pipaluk Lake à la GALERIE MARIA LUND depuis 2008.

Hors les murs

Pipaluk Lake participe à l’exposition Perturbations au Musée Fabre, Hôtel Sabatier d’Espeyran, Montpellier du 30 mars au 16 septembre 2012.

Pipaluk Lake

Pipaluk Lake is a pioneer in her field. She gets her drive and inspiration primarily from the sense of making new discoveries – by exploring areas where nobody else has yet ventured, by revealing aspects of reality that nobody has seen so far. She sets her own parameters, steps back, observes the effect of the forces of nature, and then interprets the result according to her own aesthetic sensitivity.

The result is pieces that at once witness the violent creative processes in which glass, fire and metal compete and come together, while expressing a completely clear almost crystalline quality. Pipaluk Lake’s pieces are to high degree pure; scintillatingly sharp in their aesthetic balance. You sense that more than a human hand has been at work. Not even the most sophisticated Venetian techniques can create an expression so abundant as that which is fundamentally the product of nature’s own forces. Pipaluk Lake does not try to dominate the material. She is not ‘master of her medium’ in a traditional, hierarchical sense, or where a human owns the material world. It’s all about interplay. Cooperation in mutual respect.

Extract from the text Configurations by Louise Mazanti

Background

Lake’s very atypical universe (born in 1962) has been widely recognised and awarded (Hempel Glaspris 1999 – honorable mention for the 2nd Chongju Int. Crafts Competition 2001, Korea, – silver medal for Kunsthåndværkerprisen af 1879). She is represented in numerous public collections: V&A, London, - Corning Museum of Glass, New York State – Glasmuseum Alter Hof Herding, Germany – Boston Museum of Fine Arts – Kunstindustrimuseet (Decorative Arts Museum), Copenhagen – The Danish Arts Foundation and the New Carlsberg Foundation. Lake has exhibited throughout Scandinavia, the Baltic countries, Germany, Slovenia, the Czech Republic as well as in China, Korea, Canada and the United States. In 2006, the Chappell Gallery, New York held a solo show of her work and in 2011 the Danish Glass Museum Glasmuseet welcomed an exhibition (Drops) of her recent works prized by the Danish Arts Foundation.

Configuration is Lake’s third exhibition at the GALERIE MARIA LUND since 2008.

Other events

Pipaluk Lake will be participating in the Perturbations exhibition at the Musée Fabre, Hôtel Sabatier d’Espeyran, in Montpellier from March 30th through September 16th 2012.

L’exposition se termine le samedi 17 mars 2012 -The exhibition ends on Saturday March 17th 2012

GALERIE MARIA LUND

 

Hubert Le Gall fait son Cirque

Hubert Le Gall fait son Cirque

Posté le 25 jan 2012 à 2:41

Après s’être consacré pendant près de trois ans à la réalisation de scénographies majestueuses et de commandes privées, Hubert Le Gall revient à la Galerie Avant-Scène pour présenter en mars 2012 une série de 40 pièces inédites, sur le thème du Cirque. Pièces de mobilier, miroirs magiques et objets décoratifs se répondent sur le ton de l’humour pour proposer une relecture malicieuse et poétique du bestiaire cher au créateur.

Quand un petit lapin bondit d’un chapeau haut de forme, donnant l’illusion qu’une bougie lui transperce l’oreille, lorsqu’un élégant cobra essaie de se faire pousser des jambes en avalant des bougies, ou quand Pinocchio en personne scie son propre nez pour en faire le pied d’une console dissimulant ainsi son mensonge…

Nous nous retrouvons au sein d’un cirque où les animaux acrobates d’Hubert le Gall, empreints de poésie et de fantaisie composent un univers inattendu et tendre. Et nous nous demandons où situer la frontière entre la sculpture… et son usage.

Intriguer, surprendre, faire sourire et poser des questions sur les limites de la discipline créative, sans avoir l’air d’y toucher, voilà tout le sujet de l’exposition proposé par Hubert le Gall à la Galerie Avant-Scène.

Hubert Le Gall

Hubert Le Gall est à la fois artiste sculpteur, designer et scénographe. Inclassable, il s’inspire de l’art et tourne en dérision nos classiques avec humour. Il y a plus de 15 ans, Avant-Scène présentait sa première exposition aux inspirations végétales avec des oeuvres aujourd’hui devenues des «intemporels» : ses fameuses tables marguerites ou ses commodes fleurs. Sa dernière exposition, en juin 2005, a révélé de nouvelles directions : l’une zoomorphe avec les créations d’un bestiaire poétique réunissant un cabinet taureau et un guéridon héron ; l’autre source d’inspiration, l’abstraction géométrique de ses miroirs ou son semainier Igloo.

En 2012, Hubert Le Gall crée la bougie Quintessence, et sera Créateur de l’année au Salon Maison & Objet de septembre 2012 pour Scènes d’Intérieur. Une monographie consacrée à son oeuvre sera publiée en fin d’année… autant de signes de reconnaissance pour cet artiste révélé par Elisabeth Delacarte.

La Galerie Avant-Scène – Elisabeth Delacarte – Découvreur de talents depuis plus de 25 ans

Fondée et dirigée par Elisabeth Delacarte, AvantScène assure la promotion d’artistes contemporains dont les créations participent à créer des univers fantaisistes et désirables, loin des formes minimalistes du design industriel. Les créateurs sélectionnés par Elisabeth Delacarte expriment chacun à leur manière le mouvement, un certain esprit baroque et une grande fantaisie. Ainsi Elisabeth Delacarte a telle présenté des signatures qui sont devenues des références telles que Mark BrazierJones, Elisabeth Garouste, Andrea Salvetti, Mattia Bonetti ou encore Franck Evennou.

  • Exposition du 21 mars au 21 avril 2012

Galerie Avant-Scène

Mesure et Démesure à la Galerie Maubert

Mesure et Démesure à la Galerie Maubert

Posté le 05 déc 2011 à 11:37

A travers l’exposition collective “Mesure et Démesure”, la Galerie Maubert confronte les médiums et les époques pour mettre en lumière la richesse des rapports entre l’homme, l’architecture et la représentation.

A partir de l’oeuvre du photographe Lucien Hervé, l’exposition questionne la nature éphémère de l’homme face à la permanence des oeuvres architecturales.

Photographe attitré de Le Corbusier, Lucien Hervé lie subtilement photographie humaniste et architecture, en créant un équilibre rare entre présence humaine, visible ou suggérée, et représentation fragmentée de l’architecture. Des images restituant la perception humaine grâce à un travail de cadrage singulier : des vues en contre-plongée et une construction minutieuse de l’image rythmée par des jeux de lignes. Les photographies de Jean Frémiot posent l’homme au centre du sujet. Paradoxalement la figure humaine est absente des clichés. C’est dans ce manque que le photographe agit. La série Les Territoires occupés montre des chantiers de lotissements en construction. Des espaces vides qui, dans le mutisme apparent de leur transformation, témoignent d’une occupation future.

L’exposition présentera également la peintre russe Faïna Kremerman et le photographe Pierre-Elie de Pibrac, qui, détournent les contraintes spatiales à travers l’élément architectural représenté : le « mur », la « porte » … Les sculptures de Sébastien Kito et du plasticien japonais Go Segawa ainsi qu’une installation du Collectif Oz ouvriront d’autres champs de perception, questionnant tour à tour la modularité, l’appréhension des volumes en dimensions et la projection des aspirations entre mesure et démesure.

  • Lucien Hervé

De son vrai nom Laszlo Elkan, Lucien Hervé est né en 1910 à HódmezőVásárhely en Hongrie.

Jeune, Lucien Hervé s’intéresse à tout : peinture, musique, mode, sport… En 1928, il étudie l’économie politique à Vienne ainsi que le dessin à l’Académie des Beaux-Arts. En 1929, il arrive à Paris. Il est alors recruté par une banque. Son travail en tant que dessinateur lui donne l’occasion de vendre ses modèles à des couturiers de renom comme Chanel, Rochas, Worth… Lucien Hervé se rapproche également du journalisme : en 1938, il réalise des clichés pour le magazine Marianne où il collabore avec le photographe Müller.

Lucien Hervé, naturalisé français en 1937, devient photographe de l’armée sous l’autorité du colonel de Lattre de Tassigny. Fait prisonnier en 1940, il est détenu dans un camp à Hohenstein et condamné en conseil de guerre. Il parvient à s’évader, rejoint la résistance française et réintègre le PCF sous le nom de Lucien Hervé. Il participe à la libération du pays. En 1947, il reprend son Rolleiflex maniable et entame des collaborations avec les magazines France Illustration, Regards et Point de vue et débute sa série PSQF (Paris Sans Quitter ma Fenêtre).

C’est en 1949 que Lucien Hervé fait la connaissance de Le Corbusier. Une rencontre qui va littéralement changer le cours de son existence. Lucien Hervé est désormais photographe d’architecture. Il devient le photographe officiel de Le Corbusier. Le travail et l’oeil visionnaire de Lucien Hervé suscite rapidement l’intérêt d’autres architectes comme Alvar Aalto, Marcel Breuer, Pier Luigi Nervi, Richard Neutra, Oscar Niemeyer, Jean Prouvé… En 1955, il accompagne Le Corbusier à Chandigarh et Ahmedabad. En 1961, on le retrouve au Brésil. En 1962, il photographie des sites archéologiques au Liban, en Syrie ou encore en Iran. En 1965, diminué par la maladie, il expérimente le photomontage à partir de ses tirages.

Tout au long de sa carrière, Lucien Hervé a su allier philosophie humaniste et pensée architecturale dans une photographie aux franges de l’abstraction.

Lucien Hervé donne à la photographie d’architecture ses lettres de noblesse. Exploitant la capacité de la photographie à générer un langage formel autonome, Lucien Hervé pousse la photographie d’architecture jusqu’à l’abstraction. Il construit des images résolument modernes, aux lignes dynamiques et aux éléments minimalistes.

Lucien Hervé est incontestablement un architecte de l’image. Composant ses photographies autant avec son sujet qu’avec des ciseaux, il taille dans le bâtit et structure une image architecturée. Il s’agit de saisir l’esprit d’une création. Il donne à voir sans artifice. Le tirage est un moment important dans l’élaboration du cliché, c’est là que le photographe façonne l’image, travaille les ombres, sculpte les détails. Dans un jeu, sans cesse renouvelé, de dissimulation et de mise en lumière, il confère à ses images mystère et étrangeté.

Dans ses photographies, Lucien Hervé appréhende les bâtiments sous l’angle du détail, ce qui constitue en définitive le mode normal de perception de l’architecture par l’individu. Une vision fragmentée et parcellaire. Ses images restituent la perception humaine grâce à un travail de cadrage singulier : des plans resserrés, des vues en contre-plongée et une construction minutieuse de l’image rythmée par des jeux de lignes. La figure humaine occupe une place restreinte au sein de son travail. Néanmoins, Lucien Hervé exprime le point de vue de l’individu face à la monumentalité de l’architecture : qu’il soit présent ou non, l’homme est suggéré dans chacune de ses images. Résonnance certaine aux préoccupations architecturales soulevées par Le Corbusier avec l’invention du “Modulor”, cette unité de base à échelle d’homme. Dans les clichés de Lucien Hervé, l’homme est renvoyé en quelque sorte à sa nature, à la fois mouvante et mortelle, contrastant avec la stabilité et la permanence des grandes oeuvres architecturales.

  • Jean Frémiot est né en 1971. Photographe Il vit et travaille à Pigny (Cher, France).
  • Pierre-Elie de Pibrac est né en 1983. Photographe Il vit et travaille à Paris.
  • Faïna Kremerman est née en 1961. Peintre Elle vit et travaille à Paris.
  • Sébastien Kito est né en 1963. Sculpteur Il vit et travaille à Paris.
  • Go Segawa est né en 1970 à Saitama (Japon). Plasticien Il vit et travaille en région parisienne.
  • 0Z Collective est un collectif d’architectes né en 2005. Architectes Ils vivent et travaillent à Paris et Singapour.
  • du 14 janvier au 31 mars 2012

Galerie Maubert

Exposition collective de Jérome BTESH, Laëtitia Chapou et Patrick Loréa

Exposition collective de Jérome BTESH, Laëtitia Chapou et Patrick Loréa

Posté le 20 nov 2011 à 10:38

« Je travaille de façon très intuitive, très peu conceptuelle, je vois la forme, je la sens, je la crée sans me poser trop de questions sur son signifiant. Ce n’est que par la suite, une fois le travail fini que je la regarde, que je me laisse surprendre, m’étonne, vois la violence ou la sensualité de certaines images et me questionne. » Patrick Loréa

Patrick Loréa

A la manière d’un Giacometti ou d’un Francis Bacon, Patrick Loréa ne cherche, à travers ses sculptures, aucun effet de ressemble. Sans pour autant verser dans l’abstraction pure, ces corps et ces visages n’appartiennent à aucun lieu ni à aucune époque : ils ne sont, pour ainsi dire, que les supports anonymes d’un devenir qui les ronge et les emporte. Figures de chairs, portant sur elles comme les stigmates de leur vie passée, aucune Idée ne transparaît dans leurs formes mouvantes, mais quelque chose de plus subtil et de plus difficile à nommer aussi.

Que ce soit dans son oeuvre représentant une femme légèrement penchée, la bouche entre ouverte et les yeux fermées, ou bien dans cette autre, encore plus explicite, nous montrant, à travers un morceau de verre, le visage d’un homme à moitié détruit, une même fragilité semble planer sur ces êtres, comme si l’expression première qui les caractérisait luttait pour ne pas disparaître sous les assauts d’une force que le physiciens appellent : le principe d’entropie. Tout passe, et ce qui aurait dû préserver pour l’éternité les traits d’un visage le montre tout à coup en proie au vertige de n’être plus qu’une forme temporaire; qu’une forme dont l’essence se confond peu à peu avec celle de ses accidents.

Mais par quels procédés Patrick Loréa est-il parvenu à produire de tels effets ? L’histoire mérite d’être contée, car elle résume, à elle seule, ce qui se joue d’essentielle dans ces oeuvres. Naguère sculpteur d’obédience classique, Loréa modelait ses figures dans la terre, puis les moulait à l’identique dans un matériaux plus dur. Mais lasse, un jour, d’un tel procédé, il redécouvrit, dans un coin poussiéreux de son atelier, deux têtes en terre, depuis longtemps oubliées. Touché par la grâce de ces visages abandonnés, il comprit, alors, qu’une période de sa création s’achevait et qu’une autre s’ouvrait enfin à lui.

Tel un sculpteur archéologue, fouillant les arcanes de son atelier, ce n’est plus la figure en tant que telle qui intéresse maintenant Loréa, mais l’ensemble des processus physiques et chimiques qui font d’elles l’analogon d’un corps souffrant. Voilà pourquoi ses sculptures ne sont pas sans nous rappeler celles d’un Giuseppe Penone qui, aux dires de Georges Didi-Huberman, nous permettent de toucher du doigt la différence qui existe entre« un sculpteur qui fabrique des objets dans l’espace – des objets d’espace, et un sculpteur qui transforme les objets en actes subtils du lieu – en avoir lieu*.» Ne plus se contenter, donc, de donner forme à ses idées, ne plus chercher à rendre pérenne une figure trop marquée, mais essayer, envers et contre les risques que cette quête implique, d’atteindre à cette part d’expressivité accidentelle sans laquelle toute oeuvre d’art, même la plus parfaite, reste un point d’arrêt – « un arrêt de mort. ». Frédéric-Charles Baitinger, 2011

*Georges Didi-Huberman, Etre crâne, Lieu, contact, pensée, sculpture, Etre fleuve. Les éditions de Minuit.

Laëtita Chapou

Monochrome

L’écorce évoque : elle évoque l’humeur, le noir reflet d’une nature qu’on dit « humaine » , elle allègue que subsiste, irréductible, une calcination constitutive de notre spontanéité, de notre empressement à vivre, de notre abandon aussi.

L’ écorce est donc une sorte de reflet de la façade humaine… Le degré zéro de l’art n’est-il pas alors son étape la plus authentique ? Pourquoi, en effet, ne pas peindre les braises fantasmatiques de nos musées incendiés ? Les écorces sédimentent une forme de mémoire, prisonnière du temps. L’écorçage consiste à travailler sur «l’avant-explosion », sur la distension entre le moment passé et le moment présent d’une même empreinte, sur l’intervalle du temps où ce qui est imminent n’a pas encore eu lieu : «essayer de capter l’avant de l’extase humaine »,

Isoler une écorce, c’est d’abord opérer un travail de dissociation, de déliaison, faire éclater des liens anciens et naturels, pour faire apparaître des liens nouveaux, pas moins profonds, mais façonnés par l’extase humaine : « un pas ou semblant d’abstraction vers une sorte de beauté universelle ». Penser avec des écorces, c’est travailler l’idéalité d’une texture naturelle, c’est concrétiser, individuer un processus de pensée (l’écorce est « un moule de processus similaire » à cette extase humaine) .

Jérome BTESH

J. BTESH a une vie tranquille. Il frappe de tout son corps les plaques d’acier qu’il finit par plier comme de simples mouchoirs de poche sur des cadres géants. Puis viennent les mots : Chaque lettre de plomb ne se révèle que dans un miroir, comme la typographie ne devient lisible que lorsqu’elle a pesé de tout son poids d’encre sur le papier. Mais, là chaque lettre pèse de tout son poids de lumière.

Bon, avec le miroir, on ne voit jamais vraiment la même chose, en fonction de l’angle de vue, de l’air du temps, du lieu. C’est ce qui fait de chaque œuvre BTESH une œuvre vivante qui ne s’épuise jamais.

Forgeron du sens, J. BTESH frappe les mots de toutes ses forces en des matrices qu’il électrise au sens propre du terme. Pour l’autre part de son œuvre, il attend la nuit et se tapit dans le noir. Titan déterminé, JB saisit alors le reflet des mots sur des plaques photosensibles qu’il soude dans des caissons lumineux dans tous les sens du terme.

Et même si l’on ne connaît pas l’histoire du caisson qui fait briller les mots sur un fond noir qui frétille de reflets, ces mots se lisent en plusieurs séquences et accompagnent le connaisseur de leurs signes de reconnaissance. Forgeron et orfèvre, il est réticent à parler autrement qu’avec ses œuvres. Mais elles parlent beaucoup pour lui.

  • Du 22 novembre au 31 décembre 2011

Espace Saint Germain

  • 7 rue Guenegaud 75006 Paris

Andrea Salvetti : Bouquet de Fleurs

Andrea Salvetti : Bouquet de Fleurs

Posté le 17 nov 2011 à 3:01

A la suite de sa première exposition monographique à la Galerie Avant-Scène en mai 2011, Andrea Salvetti, architecte et sculpteur italien est de retour à Paris pour exposer place de l’Odéon, au pied du théâtre de l’Europe son installation monumentale « Bouquet de Fleurs ». Composée de milliers de fleurs en métal, cette coupole aux dimensions exceptionnelles (5m de diamètre pour 4 m de haut), aux reflets bleus et gris, incarne le lien substantiel qui unit l’artiste à la Nature.

Fil rouge des créations que le public parisien avait pu découvrir en mai dernier, la nature selon Andrea Salvetti se veut poétique et particulièrement esthétisante, au point de devenir objet de toutes les tentations, grâce aux finitions somptueuses qu’il offre à ses créations. Sous les mains de l’artiste, les nids deviennent des fauteuils, les troncs d’arbres des coffres de rangement, de simples cageots de bois des bibliothèques sculpturales….

Ainsi l’image du bouquet de fleurs se projette-t-elle en trois dimensions place de l’Odéon, exposée aux yeux de tous, dans un élan créatif où l’art est avant tout généreux.

Maître d’oeuvre de cette installation sculpturale et poétique, La Galerie Avant-Scène, découvreur de talents depuis plus de 25 ans. Dirigée par Elisabeth Delacarte, Avant-Scène assure la promotion d’artistes contemporains dont les créations participent à créer des univers fantaisistes et désirables, loin des formes minimalistes du design industriel. Les créateurs sélectionnés par Elisabeth Delacarte expriment chacun à leur manière le mouvement, un certain esprit baroque et une grande fantaisie. Ainsi Elisabeth Delacarte a –t-elle présenté des signatures qui sont devenues des références telles que Mark Brazier-Jones, Elisabeth Garouste, Hubert Le Gall, Mattia Bonetti ou encore Franck Evennou.

  • Installation jusqu’au 10 décembre 2011

Galerie Avant-Scène

Jean Pierre Raynaud, le mental monumental

Jean Pierre Raynaud, le mental monumental

Posté le 25 sept 2011 à 10:06

Du 13 octobre 2011 au 10 novembre 2011, la galerie Laurent Strouk présente d’importants travaux de cet artiste monumental sur ses thèmes fétiches du totem et du panneau. Il y sera également fortement question du concept historique et autobiographique du pot, décliné sous différents volumes.

Jean Pierre Raynaud est un artiste en éternel mouvement dans un art perpétuel du présent. Sérial détourneur, il désigne, consigne, assigne et signe.

Neutraliser, lisser, vivre l’absence, il conjugue la disparition, ressent le manque et l’étouffe d’une intense perfection sans faille. Mélange d’archétypes et d’objets simples, la communication de Raynaud s’est signalée au monde, immédiate, méthodique et puissante.

Chaque œuvre est une bataille rangée, une prise de position déterminée aux scandaleuses préoccupations profondes, à la conscience inquiète d’un intime déchirement, d’un talent extrême, compulsif, tragiquement amusé, ne voulant rien inventer, observateur sondeur fasciné de l’existant, de l’actualité et de ses symboles, d’une époque bouleversée et de ses restes supposés ou réels, digérés dans son implacable symbolique.

Collages, coins, cuves, fûts, niches, panneaux, épures, fragments, radiographie, fers, crochets, tessons, couronnes d’épines ou sélection de fleurs sectionnées, tout est si éphémère mais irrémédiablement dompté, compté, mesuré, intégré, dans un temps indéfini, infléchissement en devenir.

Depuis toujours, il envisage avec ferveur, envergure et austérité d’inattendues reconversions à grande échelle, installations d’esthète géomètre, prises de possessions démentielles d’endroits possiblement gérables, transposables, recouvrables, voire habitables.

Raynaud ne cache rien et depuis près de cinquante ans trouve l’intégrité de gérer son œuvre dans le temps, puisant dans un catalogue d’éléments ordinaires à charge de décharges, triés, adaptés et organisés.

Innocence, bonheurs des réminiscences enfantines, la transgression vibre aussi de cette liberté là, innée et incontestable.

Il anticipe et participe, ose la pureté, la forme originelle, l’idéal artistique avant toute autre considération, totems d’un champ d’action spatiotemporel défriché, gagné, sauvé, imposé par nécessité faisant loi, signalétique en définitive éviction d’ordinaires banalités et redites. Van Gogh, Gauguin, Monet…, tous s’invitent, s’inventent dans cette concrétisation magistrale, intercèdent pour mémoire, subliminales conjonctions audacieuses chocs, panel de panneaux chics et synthèses absolues. Plus que tout autre, Picasso attire, inspire, respire, formidable hommage d’ermite au dernier mythe.

Ses pots à fleur, fétiches récurrents déflorés, parés d’or ou de couleurs métalliques, icones précieuses auto appropriées teintées d’autobiographie, se vivent sculptures charpentées, divinités à adorer, séductrices pink, autoportraits intimés, métaphores structurées…

galerie laurent strouk

 

55 bonbons géants sculptés aux couleurs des pays du monde

55 bonbons géants sculptés aux couleurs des pays du monde

Posté le 20 sept 2011 à 5:37

Pour la première fois dans le monde, 55 sculptures monumentales (d’une hauteur allant de 2 à 5 mètres) d’un même artiste seront exposées dans une ville.

En effet, la ville de Cannes a choisi Laurence Jenkell pour exposer ses sculptures-bonbons durant la saison estivale et à l’occasion du G20 qui se déroulera les 3 et 4 novembre 2011. Ses oeuvres seront présentées sur la Croisette et dans les rues de la ville ainsi qu’à l’hôtel Carlton, qui accueillera une exposition des sculptures de l’artiste. Les sculptures-bonbons seront customisées aux couleurs des pays présents pour le G20, les pays invités, ainsi que les pays de l’Union Européenne.Ces sculptures sont le fruit de la réflexion de l’artiste sur le patriotisme et l’appartenance à un pays, une notion qui lui permet de s’interroger sur la molécule d’hérédité : l’ADN.

Avec ses bonbons, Laurence Jenkell rend ainsi hommage aux pays du monde et à leurs populations,quels que soient leurs origines, leurs âges, leurs croyances… Un lien essentiel avec ses réflexions et ses dernières idées de créations, comme le squelette de bonbon présenté sous forme d’ADN.

L’artiste par Henry Périer

J’ai eu le privilège, comme de nombreux passants, au bas des Champs Elysées, par une belle matinée du 22 octobre 2009, d’admirer les sculptures de Laurence JENKELL, devant et à l’intérieur du Pavillon Le Nôtre. Effet et succès immédiat garanti auprès de la foule des touristes qui s’arrêtaient pour immortaliser cet instant de bonheur, en se faisant photographier devant une sculpture monumentale. Le clou de cette exposition off, qui trônait à un jet de pierres de la 36ème FIAC à Paris.

Aujourd’hui, les projets abondent. L’artiste réalise dans la foulée un Cheval de Troie en aluminium, un Peace and Love avec une trentaine de pays, une Corvette, une Fermeture éclair, un Bracelet à picots, un Cœur Indiana, un Drapeau Detroit land, un Drapeau Japan Sonic, un travail in situ à Broadway, un Candy Monster Bonbon Picots, un Taxi bonbon, une Tour Eiffel bonbon… ou encore des œuvres avec des cœurs ou des papillons, un somptueux Bonbon Gucci et un étonnant Bonbon Vuitton ! Une véritable et extraordinaire entreprise de recyclage poétique de sa production initiale est en marche. Sculpteur polymorphe, rien ne semble pouvoir l’arrêter…

Sa sculpture-bonbon est un geste radical issu du contenu sémantique du Pop Art et du Nouveau Réalisme. Il y a dans les œuvres de Laurence JENKELL l’éclair d’un pétillement et la joie communicative d’un phénomène explosif. Par la magie de l’artiste, le bonbon s’est transformé en un objet qui nous fascine, comme certains s’étaient pâmés devant une bouteille de Coca en 1960. L’artiste a intuitivement très bien intégré le mécanisme de l’icône pop elle-même qui permet une cristallisation sur des éléments bien précis de la culture populaire, ici le bonbon. On l’aura compris, la recherche de Laurence JENKELL participe entièrement de modèles historiques tels que le Nouveau Réalisme et le Pop art. C’est–à-dire de la « mystique de l’objet » qui les caractérise, mais aussi et peut-être plus encore de cette introduction qu’a été, toujours dans le cadre de ces mouvements, du concept de multiplicité et de sérialité. L’artiste montre en substance les effets de la fagocitation, ici du bonbon, exercée sur nos habitudes et sur nos comportements culturels, en élisant le kitsch comme dénominateur commun. La froide ironie de l’artiste et l’éclatante banalité du sujet retenu sont métamorphosés par une force de la couleur envahissante, utilisée dans une direction que l’on pourrait qualifier d’orphique et de fauve.

La vitalité de l’artiste éclate au grand jour. Les oeuvres sont puissantes, belles et gaies. Elles ont tout pour satisfaire l’esthète le plus exigeant, un fait assez rare dans l’art de notre aujourd’hui qui mérite d’être souligné. Pour Laurence JENKELL, le conformisme, c’est l’ennemi. Par la totale objectivation de son sujet et la puissance imaginative de son talent, l’artiste présente, avec son geste performant, la vérité tangible d’une réalité qui lui appartient aujourd’hui en propre.

Laurence Jenkell

Laurence Jenkell vit et travaille à Vallauris, sur la Côte d’Azur. Sa rencontre avec Arman a été déterminante dans sa jeune carrière.

Après les “inclusions”, elle met au point le procédé du “wrapping” qui va lui ouvrir d’autres voies esthétiques. Sa démarche s’inspire des modèles historiques que sont le Nouveau Réalisme et le Pop Art. L’artiste se situe aussi dans cette lignée de créateurs qui mettent la technologie numérique au service du kitsch.

Difficile de ne pas penser évidemment à Jeff Koons ou Takashi Murakami, des artistes qui ont délibérément développé leurs oeuvres au sein de cette esthétique.Depuis l’été 2009, l’artiste, avec sa série des Drapeaux, customise sa forme bonbon qui est devenue par ce procédé de détournement, sa marque de fabrique aujourd’hui.

L’objet bonbon va être en quelque sorte interrogé, passé au travers d’un process qui va lui enlever sa fonction première. L’artiste brise alors l’ordre établi d’une valeur culturelle en bousculant sa mémoire pour le fixer dans un moment d’éternité…

Dès que l’on pousse un peu l’analyse en discutant avec elle, d’autres concepts révèlent beaucoup plus qu’un bonbon wrappé.En effet, derrière cette façade formelle et cette magnifique présentation de beaux atours solaires, le fun, l’ironie, la mode, la violence, l’érotisme, la mort, sont présents dans l’interprétation qu’elle donne de ses oeuvres…

On le voit pour Laurence Jenkell, l’art est définitivement un langage qui relève aussi du détournement.

Infos pratiques et contacts :

Fahri : SECRET POINT à Saint Paul de Vence

Fahri : SECRET POINT à Saint Paul de Vence

Posté le 15 sept 2011 à 5:47

Saint-Paul de Vence met FARHI à l’honneur en inaugurant une oeuvre monumentale de l’artiste au rond-point des Trious.

De nombreux artistes ont d’ailleurs choisi d’y résider, comme Chagall qui vécut dans la commune pendant 25 ans ou Tobiasse qui continue d’y créer. Depuis l’an 2000 est né « Le Cercle des Artistes de Saint-Paul de Vence » qui a pour objectif de valoriser la création artistique envisagée comme étant l’expression humaine de l’imaginaire et de l’âme.

Par le matériau choisi, par ses dimensions, l’oeuvre contemporaine parfaitement intégrée au lieu rappelle le riche passé artistique de la commune tout en signalant que la création artistique y demeure toujours vivante. Le projet a séduit d’emblée le conseil municipal. Symbole d’un relais entre hier et aujourd’hui, « Secret Point » offre désormais un relief nouveau à l’entrée de ce si célèbre village au sein duquel affluent les touristes du monde entier.

Bio :

FARHI (prénom Jean Claude) est né à Paris en 1940, d’un père turc et d’une mère espagnole. Son père vendait alors des tapis, des antiquités et de la porcelaine.

En 1946, suite à la guerre mondiale, la famille émigre en Colombie, à Bogota, où son père ouvre une boutique de chaussures. Jean Claude entame une scolarité qu’il abandonnera très tôt pour travailler dans le magasin de ses parents.

Sa rencontre en 1956 avec le peintre Antonia Ascona comptera assurément car c’est lui qui l’initie à l’Art du dessin. Un an plus tard, la famille décide de revenir en France et débarque à Nice ; Farhi a 17 ans et enchaine alors des petits emplois tout en poursuivant des cours aux Arts Déco de Nice ; il y côtoie Martial Raysse et Daniela Girandy (future conservateur du Musée Picasso d’Antibes).

1959 : Première exposition particulière au café Le Relax. L’occasion pour lui de rencontrer Arman et César, deux artistes qui vont l’impressionner par leur travail. Après son service militaire en Algérie, il reprend en 1960 le magasin familial suite à la mort de son père tout en poursuivant ses travaux et sa peinture. C’est grâce à cela qu’il rencontre le fameux critique d’art de l’époque, Pierre Restany, créateur du concept de « nouveau réalisme ».

1965 : Exposition de « Relief Planétaire » Galerie Du Damier à Paris, sculptures en pâte incrustées d’objets en métal.

1966 : Présentation des « Motorcolors » toujours sur la même base de travail artistique.

A partir de 1967, il commence à introduire de la matière plastique dans ses sculptures. Cette technique l’amène naturellement à produire des oeuvres uniquement réalisées à base de poly méthacrylate de méthyle ou Plexiglas. Cette même année, il acquiert son atelier à Tourrettes sur Loup (06140) et démarre une collaboration en tant qu’assistant aux côtés du sculpteur César, voyageant avec lui à travers toute l’Europe.

Il réalise également ses propres oeuvres et désormais, grâce au sculpteur Gino Marota, il fait fabriquer ses fameuses colonnes en Plexiglas à l’usine romaine Polivar, spécialisée dans l’industrie du plastique.

En 1969, il visite New York aux côtés d’Arman et tombe sous le charme de Big Apple où il retournera très souvent, s’installant même à Soho pour y vivre quelques années.

Entre temps, dès 1973, une rétrospective est organisée à la Fondation Maeght. FARHI maîtrise pleinement son « Art Plastique » et avec les encouragements de ses maîtres tels Arman, signe bientôt des pièces de grandes dimensions, colonnes, stèles et disques.

En 1985, il participe à l’inauguration du palais des congrès de Nice avec « Colorful Island », la dernière de la série de ses grandes colonnes. Puis il revient s’installer dans son atelier proche de Saint-Paul de Vence.

En 1988 il démarre sa réflexion et son travail autour du projet « Dissémination ». Il expose à New Canaan dans le Connecticut, à Knokke-le-Zoute chez GuyPieters, à l’international Fair de Chicago…

Le 4 décembre 1990 marque une date importante avec l’accrochage de son oeuvre « Dissémination » sur la façade de l’hôtel Nice-Arenas face à l’aéroport de Nice. 34 m de haut, 18,75 m de long pour 31 tonnes c’est la plus grande sculpture réalisée en « perspex » (famille des plastiques).

Sa première fille naît le même jour : il la prénomme Victoria-Dissé en cet honneur.

Dans les années 90, il commence à utiliser un nouveau matériau et oriente son travail vers de grandes réalisations en acier Corten, plus résistant pour concevoir des oeuvres exposées à l’extérieur.

Il réalise des oeuvres monumentales qui sont installées en Chine, en Amérique etc.

7 Octobre 2011 : l’inauguration de « Secret Point » à l’entrée de Saint-Paul de Vence est pour lui réel bonheur de voir son travail d’artiste reconnu et plébiscité une fois de plus. Comme il aime à le dire, il n’aurait souhaité qu’une seule chose à l’instar de sa famille, son épouse Sylvia et ses trois enfants : que son père soit vivant assez longtemps pour être fier de sa réussite.

Depuis, l’acier brut constitue la base de son travail

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PHILIBERT-CHARRIN, peinture collage - Jean-Pierre VIOT, sculpture de terre

PHILIBERT-CHARRIN, peinture collage – Jean-Pierre VIOT, sculpture de terre

Posté le 15 sept 2011 à 5:20

PHILIBERT-CHARRIN – peinture-collage

Si le collage est un genre esthétique peut-être un peu trop galvaudé dont les allées sont trop larges et bien trop mal fréquentées, il n’en reste pas moins que Philibert-Charrin est un des plus éminents porte-drapeau de cette forme artistique. De fait, de quelque côté que l’on se tourne, force est de constater que les collages de Philibert-Charrin sont et resteront tout à fait emblématiques. Le peintre sait, malgré les modestes dimensions de ses collages, nous donner à voir ceux-ci comme de vraies peintures dont il a restitué toutes les valeurs. Il y va là d’une impérieuse volonté, dominée par l’inventivité, le brillant savoir faire et une belle réceptivité. Ainsi le message que nous transmet ce grand artiste passe-t-il par le biais de ses œuvres remarquables qui ne resteront jamais au bord de la voie royale de l’art.

« D´une délicatesse exquise, dénuée de toute affectation, et d´une sensibilité vibrante, à fleur de peau, les peintures, collages de cet artiste au talent rare n´ont de collage que le nom. Chaque petit lambeau de papier, de feuille de chêne ou de platane, chaque parcelle de partition ou de ticket de métro n´est utilisé que pour sa valeur picturale. Ainsi faut-il prendre un peu de recul pour contempler les œuvres et oublier un instant ce qui les constitue ; oublier aussi le vieux débat entre abstrait et figuré, car ces petits tableaux magiques sont l´un et l´autre, tour à tour ou à la fois. Parmi les plus grands formats, on remarquera une œuvre qui, par la subtilité des rapports de tons assemblés (mais non par la facture évidemment) peut évoquer l´un des plus BRYEN. » Marc Hérissé, La Gazette de Drouot.

La galerie Capazza édite à l’occasion de cette exposition un livre de 120 pages, couverture rigide, illustré de 90 reproductions des oeuvres de Philibert-Charrin et accompagné des notes d’atelier de l’artiste.

Jean-Pierre VIOT – sculpture de terre

« Discret, amical, attentif, Jean-Pierre Viot est une figure centrale dans la céramique française. (…) La recherche de Jean-Pierre Viot se résume en deux mots : rigueur dans la construction mais sensibilité dans la forme et la matière. Alors que le premier terme se prête aux évidences de l’abstraction, le second est censé leur tourner le dos. Vieux débat, apparente contradiction, éternel combat entre les classiques et les romantiques, ceux-là persuadés que la rigueur engendre une plus pure émotion, ceux-ci persuadés que l’ivresse dionysiaque, ou le simple respect Zen de la nature ont un chant autrement plus authentique.

Jean-Pierre Viot s’efforce de résoudre cette opposition, de proposer une synthèse et nous montre, sinon démontre que c’est possible. J’imagine que le travail, la découverte de la terre, celle du potier qui va subir tant de métamorphoses depuis les murs vivants des excavations de la carrière jusqu’aux certitudes de l’essentielle poterie tournée et figée par le feu, a pu orienter sa démarche.

Dans ses tout premiers travaux il fut confronté à l’architecture et ce choix fut de lui apporter l’hypersensibilité de l’argile comme livrée à elle-même. Ses murs, ses fontaines, ses sculptures auraient paru, si la technique l’avait permis, sortir droit du sol juste érodés par les pluies et les soleils. Mais, sous cette gestuelle, la construction, pour naturelle qu’elle semblât était présente.

(…) Jean-Pierre Viot est lucide et seule une grande maîtrise peut justifier une telle ambition. Il joue ce jeu subtil du construit déconstruit suggérant, ses œuvres s’efforcent d’éluder les référents brutaux. (…) On se trouve devant des objets en quelque sorte revenus au naturel qui, au-delà de leur solidité, de leur construction, de leur architecture, vont permettre au spectateur la formulation d’une réponse personnelle, d’une participation au dialogue proposé.

Jean-Pierre Viot, aussi à l’aise dans les petites dimensions que dans les grandes, sait les agrémenter de graphismes, de signes, de griffures, de soudaines épaisseurs d’émail qui en accusent le caractère organique sous-jacent. Comme le souligne Haguiko, au-delà de l’objet lui-même, il travaille sur un sujet qui n’est autre que l’espace engendré par celui-là, un peu comme le musicien est conscient du volume où s’épancheront les fluides sonorités auxquelles il a donné naissance et forme. (…)

Le travail de Jean-Pierre Viot évoque une sérénité conquise. » Robert Deblander

  • DU 1er OCTOBRE AU 27 NOVEMBRE 2011

Galerie Capazza

Galerie Maubert : Ô Miroir

Galerie Maubert : Ô Miroir

Posté le 08 sept 2011 à 10:23

Dans cette nouvelle exposition «Ô Miroir… », la Galerie Maubert rassemble des artistes modernes et contemporains autour du thème de l’identité. Représenter l’identité d’un modèle, d’un personnage célèbre, sa propre identité. Décrypter les expressions du corps, explorer la complexité de l’âme, fouiller l’environnement, l’espace et le temps pour en extraire des indices… Du portrait ancien au cubisme analytique, l’histoire de l’art est riche d’enseignements sur la représentation de l’identité. Point de départ de cette exposition, l’imposante sculpture constructiviste d’Anton LAVINSKIJ : son Portrait de femme reprend ici les leçons du cubisme, déstructurant le visage, pour mieux le recomposer et mettre en avant certains détails cachés au premier regard.

Comment représenter au mieux son personnage ? Toucher l’invisible ?

Le corps est un puissant outil pour caractériser l’identité d’un personnage. Le cubain Julio Cesar Cepeda Duque utilise les empreintes des extrémités du corps (mains, pieds) et y adjoint un savant système de représentation des énergies de son sujet. Chez la photographe Anne de Vandiere, les mains, vecteur de l’identité, parlent, défendent, s’exaltent. Des ateliers du luxe aux tribus les plus reculées, les mains ne trichent pas, elles restent naturelles, spontanées et vraies. Elles ne cachent rien aux yeux extérieurs. « On me voit donc je suis » nous confie Sartre dans Le Sursis. Parfois le corps ne dit pas tout. Il nous aiguille dans des directions contradictoires. Quand on regarde les Têtes de Vincent Scali, le corps se brouille tel un fantôme. Sur ces silhouettes, l’artiste tente de restituer de manière spontanée ce qui pour lui est essentiel : un oeil, une bouche… Mais les ratures successives nous prouvent la complexité d’un choix réducteur. La photographe russe Elena Elbe questionne l’image à partir du reflet : « Ces photos que l’on place sur nos profils comme celui de facebook, est-ce bien nous ? Quelle image donne-t-on ? Quelle part de nous-même mettons-nous en avant ? » Elena Elbe se met en scène, se cache. On voit rarement son corps directement. On admire son reflet, dans les infinités de miroirs qu’elle installe scrupuleusement. N’est-il pas finalement plus révélateur de son identité ? C’est l’inconscient qui prend le dessus et nous trahit comme dans ce dessin de Robert Combas ou dans le symbolisme des autoportraits du peintre américain Richard T. Scott.

Si le corps ne dit pas tout, c’est à l’intérieur et à l’extérieur de celui qu’il faut chercher les manifestations de l’identité. Chez le peintre anglais Graham Dean, plus que l’identité des corps, c’est l’identité des âmes qu’évoquent ces somptueuses aquarelles. Avec génie, il nous transmet une part essentielle des émotions et états psychologiques de ses personnages atypiques : sportifs volontaires, artistes fous, adeptes du bondage recherchant volontairement les limites de la souffrance… Le photographe Eric Gulielmi, lui, s’est mis dans la peau du personnage d’Arthur Rimbaud. Il retrace les voyages faits par Rimbaud : 40 villes qui ont forgé l’identité du poète, 40 photographies qui en gardent les traces et transmettent le même sentiment poétique. L’identité est au coeur du travail des artistes d’aujourd’hui. Du portrait à l’autoportrait, expression du corps et de l’âme, c’est un exercice parfois périlleux auquel ils doivent se livrer : respecter l’identité d’un modèle, tout en imprimant sa propre identité d’artiste et en intégrant parfois l’identité du spectateur, de nous tous, comme dans l’installation de Céline et Cédric Massier, descendants des illustres céramistes.

  • Photographies : Anne de Vandière, Elena Elbe, Eric Guglielmi Sculptures: Anna Stein, Roger Desserprit, Lavinskij, Céline et Cédric Massier Peintures : Graham Dean, Vincent Scali, Richard Scott Dessins: Robert Combas, Julio Cesar Cepeda Duque

Graham DEAN/Peintre

Graham Dean vit et travaille près de la mer à Brighton, Angleterre et dans la campagne de Umbria, Italie.

Graham Dean est un peintre de l’identité. Mais plus que l’identité des corps, c’est l’identité des âmes qu’évoquent ces somptueuses aquarelles. Ses modèles ? Il les côtoient avec fidélité depuis de nombreuses années. Tout comme Egon Schiele qui creusait dans les asiles psychiatriques l’étude de ses sujets, Graham Dean aime ces personnages atypiques et incroyables : sportifs volontaires, artistes fous, adeptes du bondage recherchant volontairement les limites de la souffrance… Il conserve précieusement les croquis, les recompose au gré de ses rencontres, tout en conservant l’essentiel, cette identité des âmes qui explose sur le papier. Les croquis se recomposent dans une alchimie créatrice, mixant les individus, les parties du corps et le temps. Bien que ses oeuvres soient figuratives, elles échappent l’illustratif par le talent de Graham Dean à toucher l’universel à partir de quelque chose de profondément personnel. Et lorsque ces personnages sont accompagnés par des édifices de matières ou des bateaux mystérieux, c’est pour mieux transmettre les émotions, les souvenirs et les états psychologiques.

Chez Graham Dean, le corps humain est un « enclos d’émotions », un « corps pensant » comme l’exprime Reich dans ses recherches. Ses personnages sont les réceptacles de ces émotions, protègent idées et souvenirs. Ils sont les témoins de la condition humaine et de notre relation complexe avec le monde. Notre individualité, notre identité, est formée par cette interaction; nos vies intérieures sont pénétrées et altérées sans cesse par le monde extérieur. La peinture de Graham Dean est une enquête sur les oppositions apparentes entre intérieur et extérieur, entre dedans et dehors, la surface et ce qui se cache en dessous. Les bras, le visage ne sont parfois plus perceptibles : sans identité, le corps devient une toile tronquée, étirée, un véhicule pour l’imagination de l’artiste. Les oeuvres restent ouvertes aux interprétations, libres, tout comme les mouvements de l’aquarelle, ses couleurs et ses formes sinueuses.

En employant une technique qu’il nomme « archéologie inversée », Graham Dean détourne l’emploi traditionnel de l’aquarelle et aboutit à une technique unique. Des couches de peinture contrastées sont appliquées séparément sur un papier venu d’Inde. Chaque feuille a subi un procédé de déchirement et chevauchement afin de créer la composition finale; cela correspond aux couches multiples des épidermes protégeant le corps humain. Ce procédé est organique et cyclique : la peinture mène à une destruction apparente qui se fait par la fragmentation d’oeuvres en sections (en utilisant les recto et les verso) et puis, elle mène à une renaissance qui prend la forme d’une composition nouvelle.

Le choix des couleurs et leur contraste est primordial chez Graham Dean : comme le paysagiste anglais, John Constable, l’utilisation des fonds rouges accentue l’effet dramatique des verts et jaunes. Ces couleurs puissantes et lumineuses, il les rapporte de sa résidence à Trivandrum, Kerala, dans le sud d’Inde, et des Saris en soie qui l’ont fasciné. L’application de la peinture en glacis (multitude de couches transparentes) créent intensité et profondeur, comme chez Rothko. La juxtaposition des couleurs complémentaires donne une théâtralité forte aux oeuvres. Le peintre éclaire ses figures à la manière d’un cinéaste, mettant en avant certaines parties du corps, ce que l’on retrouve également dans les vidéos de l’artiste.

Enivré par la couleur et le plaisir qu’il prend au toucher, Graham Dean aime l’épaisseur sensuel de ce papier exotique aux propriétés infinies et capable de transmettre aussi bien l’opacité que la transparence. Tout comme Peter Doig qui s’appuie sur le travail de la matière (jeu de textures, teintes pures et mélangées…), Graham Dean peint des atmosphères. En mouvement, les formes s’échappent à notre regard, se délitent devant nos yeux. On admire la maîtrise de ses pigments suspendus dans l’eau.

Eric GUGLIELMI/Photographe

Avec son projet photographique Je suis un piéton, rien de plus…, Eric Guglielmi retrace les voyages faits par Arthur Rimbaud et cherche à transmettre à travers ses photographies le même sentiment poétique. Plus de 40 photographies sont exposées jusqu’en octobre 2011 au Musée Arthur Rimbaud (Charleville-Mézières). Nous suivons ces images, cette route, empruntée d’abord par Arthur Rimbaud au crépuscule du XIXe siècle, puis réempruntée par Éric Guglielmi sur les traces du poète à l’aube du XXIe. Alexandrie, Attigny, Bruxelles, Le Caire, Calais, Charleroi, Civitavecchia, Deville, Harar, Hargnies, Les Hautes-Rivières, Laifour, Londres, Monthermé, Obock, Ostende, Paris, Renwez, Roche, Rome, Tadjoura, Voncq… Dans les pas du poète, l’ancien photographe de presse s’est mué en aventurier : un périple de 5 ans, dans une quarantaine de villes, dans la peau d’un autre.

« J’ai voyagé dans son sillon. Je me suis servi de mon Hasselblad (appareil argentique) comme d’un carnet de notes, explique le photographe qui rappelle l’étymologie du mot « photographie » : écrire avec la lumière. Et quand on écrit, on fait parfois des fautes, des ratures, on écrit selon son humeur, on va plus ou moins bien au gré du voyage… L’écriture de Rimbaud est très contemporaine ce que j’espère avoir rendu par la cohérence et l’unité des images. Photographier, c’est saisir la poésie de la lumière. »

Rimbaud s’est révolté contre le monde tel qu’il est. Ses oeuvres ont constamment évoqué l’aube, l’adieu, le départ, le mouvement, la métamorphose (Bottom) ou un déplacement (Bohème, Sensation). Pour en arriver où ? Peut-être, et paradoxalement, pour enfin aboutir à l’état le plus statique qui soit : la contemplation. En ce sens, ces fusions où le poète se noie dans les paysages qu’il décrit (L’Éternité, Bruxelles) expriment sans doute le plus haut degré de bonheur que Rimbaud ait jamais atteint.

Chez Eric Guglielmi, rien de ce qui est « écrit » là n’est fait pour être « beau ». Et pourtant, ces clichés fascinent. Ces images d’aujourd’hui se rendent complices des métaphores d’hier. C’est aussi simple qu’une phrase musicale.

Éric Guglielmi est né à Charleville-Mézières en 1970. Autodidacte, il est engagé dans un labo photo à Paris puis il travaille en tant qu’assistant de mode. À la suite de ses premiers reportages photographiques en Amérique du Sud, Éric devient correspondant pour la presse française au Mali. Il y fonde une agence de photo africaine. De retour en France en 1998, Eric rompt avec le photojournalisme. Dès 2005, il s’engage dans des projets photographiques au long cours avec l’Afrique en background (comme déjà exposé durant Odyssée à la galerie Maubert). Il est rapidement repéré par les institutions (Musée Arthur Rimbaud, BNF Département des estampes et de la photographie…) qui le collectionnent dès 2008.

Les photos d’Éric Guglielmi ne relèvent pas du documentaire, leur nuance esthétique s’apprécie de son intention. C’est dans cet apparent paradoxe, entre le traitement décalé du sujet et l’acuité délicate de l’oeuvre, que réside la force de ce travail.

Anne DE VANDIERE/Photographe

Anne de Vandiere, vit et travaille à Paris

Le travail d’Anne de Vandière s’articule depuis plus de dix ans comme autant d’enquêtes menées autour de petites histoires qui construisent les grandes. Elle rompt avec la tradition du portrait en se tournant vers l’aspect intérieur de chacune des personnes plutôt que sur leur image extérieure et en faisant le point sur leur rapport à leurs mains. « Seules comptent les terminaisons » soulignait Matisse. Vecteur de l’identité, les mains parlent, défendent, s’exaltent. « L’esprit fait la main, la main fait l’esprit ! Quelle que soit la puissance réceptive et inventive de l’esprit, il n’aboutit qu’à un tumulte intérieur, sans le concours des mains. Elles sont l’instrument de la création, mais d’abord l’organe de la connaissance. Les mains ne trichent pas, elles restent naturelles, spontanées et vraies. Elles ne cachent rien. Ce sont deux véritables valeurs ! Expressives, sincères, elles sont proches de la nature profonde de chaque être humain, qui à son tour adopte une attitude sensible en parlant d’elles, souvent pour la première fois. Dans la beauté de leur geste, elles sont le premier contact au monde, le premier outil de communication. »

En 2004, elle expose quarante triptyques à la Maison Européenne de la Photographie à Paris. A partir des photos de mains, du visage et d’une interview, Anne de Vandière réalise des triptyques. « H/AND est une histoire de mains, une histoire de rencontres, aléatoires, improbables et exceptionnelles. Mes rencontres. C’est un journal intime qui est né le jour où mon regard de journaliste s’est pris aux jeux des mains de mes interlocuteurs lorsque que je les interviewais. C’est un espace-temps privilégié où les mains parlent et racontent des histoires de vie, des histoires aux formes multiples et sans concession. H/AND est un travail sur la durée, et le choix du noir et blanc me donne cette distance supplémentaire. »

Anne de Vandière s’est rapidement intéressée aux mains de l’ombre, celles que l’on veut mettre en lumière et protéger. Tout d’abord, les « petites mains » du monde du luxe, celles loin des paillettes. Elle révèle à la lumière ces mains d’artisans qui construisent l’incroyable. Elle enregistre de manière méthodique en faisant le tour des ateliers et des grandes maisons du luxe, toutes ces mains en voie de disparition d’un monde en proie aux normes de la rentabilité.

Aujourd’hui Anne de Vandière continue son travail d’enregistrement des cultures en voie de disparition à travers celles des dernières tribus (Makonde, Wagogo, Masai, Barbaig, Datoga et Hadzabe…) fragilisées par la globalisation. Véritable archiviste du monde, Anne de Vandière reconstruit l’histoire du monde avant que la modernité la fasse disparaitre. Tribus du Monde n’est pas un « cabinet de curiosité » d’ethnies ou de tribus, mais plutôt une tentative de réponse à ce qui n’est pas nous, une curiosité, une tolérance, une envie d’apprendre et de comprendre l’autre. Anne de Vandière fait parler le silence. Les mains sont là, fidèles et muettes. Les gestes ne sont jamais pensés, ils sont. La question « Que sont vos mains pour vous? » crée une surprise et un arrêt sur image, sur une vie enracinée dans la terre, la coutume et le clan. Un projet ou chaque atelier en difficulté, ethnie/tribu recevra une partie des bénéfices d’une oeuvre photographique vendue.

Elena ELBE/Photographe

Elena Elbe est née en 1980. Elle vit et travaille à Paris.

Elena Elbe arrive en France dès 1998 et s’y installe définitivement en 2004. Son travail plastique est exposé régulièrement en France, aux Etats-Unis et en Russie (Musée des Rêves de Freud, Musée Vladimir Nabokov à Saint Petersburg). Elena ELBE est une photographe atypique : en perpétuelle recherche sur son art, en perpétuelle recherche d’elle-même. Elle se met en scène, se cache. On la voit rarement directement. On admire son reflet, dans les infinités de miroirs qu’elle installe scrupuleusement. Et si on ne la voit pas, on l’imagine… Perdue dans ces vagues dorées. Le reflet, c’est une manière de questionner l’image. Que voyons-nous ? Quelle image donne-t-on ? Quelle part de nousmême mettons-nous en avant ? « Ces photos que l’on place sur nos profils comme celui de facebook, est-ce bien nous ? Son reflet multiplié à l’infini n’est-il pas finalement plus révélateur ? Comment l’inconscient s’immisce-t-il dans ce cachecache des images ? »

Selon Victor MAZIN (fondateur du Musée des Rêves de S. Freud, psychanalyste, critique d’art) : « En regardant les photos de Elena ELBE, vient à l’esprit une idée inattendue et même paradoxale : il n’y a pas de photographie en tant que telle, la photographie en tant que pure image n’existe pas. Cette thèse est évidente. Dans son oeuvre Elena ELBE met l’accent sur le mot « photographie », sur la seconde partie du mot : photographie, c’est avant tout une écriture, une lettre portée à la lumière, l’écriture avec de la lumière et portée vers elle. Ces échappées de lumière sont au-delà de l’imaginaire. Elles sont dans l’impossibilité de la traduction du corps et du texte, de la mémoire informatique et de celle d’un sujet. Elles sont intraduisibles, mais se laissent voir dans le reflet anamorphique, dans la répétition, dans la duplication de l’un dans l’autre. L’un se découvre dans l’autre et réveille le souvenir sur ce que dans une échappée de lumière n’obscurcit pas le sujet qui s’esquive. »

Céline et Cédric MASSIER/Céramistes

Céline et Cédric Massier ont réussi une prouesse remarquable dans l’histoire de la céramique contemporaine : perpétuer la tradition séculaire du nom le plus célèbre de la céramique française (les Massier) tout en dynamisant la céramique artistique d’aujourd’hui. L’installation « Shoes » présentée à la Galerie Maubert témoigne de leur volonté de mettre en avant l’identité, à plusieurs titres :

- le respect de leurs ancêtres, la continuité et l’utilisation des techniques, qui les ont rendu célèbres et uniques. Notamment les « lustres » métalliques qui value à Clément Massier une médaille d’or à l’exposition universelle de Paris en 1889.

- l’identité et le pouvoir créateur de chacun d’entre nous. Ces « shoes » sont des pièces customisées, tout comme certaines basquets que l’on peut personnaliser sur internet. Créées par les artistes eux-mêmes ou chacun d’entre nous, elles reflètent notre moi profond : nous devenons créateurs de nos propres pièces. Nous les placerons in fine dans un lieu déjà révélateur de notre propre personnalité, à défaut de les porter. N’hésitez pas à demander les possibilités de personnalisation. Ce sont des pièces uniques, tout comme l’ensemble de leurs créations en grès ou porcelaine.

La famille Massier est installée à Vallauris depuis le XVIIème siècle. La poterie, tradition familiale débuta avec Pierre Massier (1707-1748) dans des fabrications de terres cuites. Cette production prendra une autre direction avec Jacques Massier (1806 -1871), qui après de longues années de travaux amena cette poterie usuelle vers une céramique plus artistique. Ses enfants, Delphin (1836-1907) et Clément (1844-1917) Massier mèneront toutes leurs vies des recherches incessantes, tout en collaborant avec des artistes renommés (Lévy Dhurmer, Dominique Zumbo…). Précurseurs, leurs démarches entrepreneuriales à travers des catalogues publicitaires proposent de nombreux modèles d’inspirations très différentes, avec des palettes de couleurs et des techniques d’émaillage variées (monochrome, polychrome, jaspé). Ils remportent de nombreux prix entre 1880 et 1900 pour la découverte des lustres métalliques*** et dépose des brevets d’invention auprès de l’institut national de la propriété industrielle (INPI). Ils ouvrent alors des galeries d’exposition à Cannes, Nice, Menton, Golfe Juan et Paris. Les expéditions se multiplient par voie maritime et favorisent ainsi l’exportation vers les pays étrangers tels que l’Angleterre (pour la reine !), l’Allemagne, ou les Etats Unis. Lorsque Delphin décède, la société est exploitée par son premier fils Alfred Massier et ses associés jusqu’en 1911. Puis, après trois générations successives de médecins (Henri, André et Philippe), et 100 ans après la mort de Delphin, Cédric Massier et sa compagne Céline Rogano ambitionne une nouvelle voie pour la céramique contemporaine.

*** Cette technique hispano – mauresque du XVème siècle consiste à cuire une troisième fois les pièces en atmosphère réductrice en feu de moufle (réduction d’oxygène dans le four). La substance pateuse à base d’oxydes métalliques qui recouvraient les pièces permettaient, après cuisson d’obtenir des irisations aux nuances variées.

  • du 29 Septembre au 30 Novembre

Galerie MAUBERT

 

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