Reprise

Une nouvelle vague à l'italienne ?

Une nouvelle vague à l’italienne ?

Posté le 12 jan 2011 à 11:32

Du 12 janvier au 7 février 2011

Le cinéma italien a-t-il connu lui aussi sa « Nouvelle Vague » ?

La Cinémathèque programme une trentaine de films réalisés dans les années 50-60, pour le vérifier. A la fin des années cinquante, le cinéma est mondialement balayé par un vent de renouvellement radical qui, après s’être imposé à Paris, ouvre la voie à une nouvelle génération d’auteurs. En bref, on peut dire qu’il y a trois caractéristiques essentielles de ces « nouvelles vagues » : la volonté explicite des cinéastes de « faire du neuf », celle d’être un contrepoint au « cinéma de papa », volonté parfois accompagnée d’une réhabilitation du cinéma des années 1930, le projet, enfin, de fonder un mouvement qui soit justifié théoriquement et polémiquement, sinon politiquement, déterminé.

Aucune de ses caractéristiques ne semblait viable en Italie. L’autorité des maîtres du néo-réalisme avait interdit à la génération montante de se forger une identité et il paraissait impensable de pouvoir contourner Rome ville ouverte pour se réclamer du cinéma fasciste des années 1930. Et, par dessus tout, la notion de cinéma d’auteur était quasiment absente chez les critiques qui continuaient, au début des années 1960, à estimer un film en fonction du tribut qu’il payait au néo-réalisme. Quoiqu’il en soit, le cinéma italien aussi a connu ses années « Nouvelle Vague », empruntant diverses voies pour aller vers la modernité, non pas après mais pendant l’âge d’or du néo-réalisme. En ce sens, Antonioni sera véritablement le premier « auteur de cinéma ». Si Rossellini, en se regardant au miroir, se voyait probablement comme un scientifique, Visconti comme un intellectuel (ou un musicien postromantique), Fellini comme un artiste (dans le double sens qui nous fait appeler artistes les peintres mais aussi les étoiles du cirque), Michelangelo Antonioni, lui, a manifesté la conscience – d’une modernité foudroyante – que l’art a toujours partie liée avec le langage et ainsi, ne peut être qu’essentiellement autoréférentiel : et c’est cette vacuité ontologique du langage qui parvient à pousser les personnages de ses films vers un silence de plus en plus radical, et ce, alors même que se ralentissent leurs mouvements et que les faits tendent à se dissoudre dans les rapports. Dans le même temps, l’environnement, c’est-à-dire une nature de plus en plus peuplée, se libère de sa qualité de simple arrière-plan pour se transformer en espace. Par ailleurs, vers le milieu des années 1950, le cinéma « invente les jeunes ». Des cinéastes apparemment traditionnels sentent cet air du temps et proposent des oeuvres libérées des constructions syntaxiques traditionnelles, comme La Novice d’Alberto Lattuada, La Ragazza di Bube de Comencini, Cronaca familiare (Journal intime) de Zurlini, Il Sorpasso (Le Fanfaron) ou Un amore a Roma (Un amour à Rome) tous deux de Dino Risi : mais à vrai dire, déjà son Paradiso per quattro ore (un épisode de Amore in città, tourné en 1953) annonce de façon surprenante un film comme Pourvu qu’on ait l’ivresse de Jean Daniel Pollet.

Ce sont surtout des comédies crépusculaires à costumes ou des mélodrames délicats qui ont fourni le point de départ d’une « Nouvelle Vague à l’italienne » faite davantage de films singuliers que d’auteurs déclarés, faite au mieux d’auteurs à intensité faible qui se gardaient bien de revendiquer ce statut par des effets formels trop insistants, mais préféraient naviguer « à vue » entre un succès commercial et une tentative plus personnelle. L’aspect « Nouvelle Vague » est accentuée par de nouveaux acteurs, communs à Rome et à Paris. La France apportait, en effet, en raison du système des coproductions, différents jeunes visages masculins et féminins : Marina Vlady, Belmondo, Terzieff, Brialy, Trintignant, Jacques Perrin, etc. Sans oublier Anna Karina.

Le tournant de la décennie apporte avec lui un vent de renouveau qui nous fait découvrir une série de premiers films en totale harmonie avec ce que l’on a commencé à appeler le « jeune cinéma ». L’entrée de l’Italie et de son cinéma dans la modernité se fait dans une alternance de crises et de miracles, de fidélités à la ligne et de serments de transformation, qui distingue et oppose davantage des films entre eux que des cinéastes, que ce soient des noms connus, Olmi, De Seta, Pasolini ou d’autres. Des oeuvres en accord avec ce temps voient le jour : des anti-« comédies à l’italienne » comme La vita agra (La Vie aigre) de Lizzani, des films « de prose » comme Una vita violenta (Une vie violente), l’unique roman de Pasolini, porté à l’écran par Paolo Heusch et Brunello Rondi, ou l’autre film pasolinien qu’est Morte di un amico de Franco Rossi (qui annonce étrangement l’assassinat du poète seize ans plus tard).

On découvrit des films qui respirent, faits de mouvements, de trajets en voiture, de déambulations et de bavardages creux, du temps vide des vacances comme dans Smog de Franco Rossi, ou cet anti-mélo ironique qu’est Parigi o cara de Vittorio Caprioli. On découvrit aussi des cinéastes qui feront tout pour oublier ces erreurs de jeunesse, comme le Luciano Salce de La Cuccagna et des cinéastes qui, depuis leur début, ne savent pas comment faire évoluer leur carrière et resteront « forever young », tels Gian Vittorio Baldi ou Gianfranco Mingozzi ou bien le Sergio Capogna de Un eroe del nostro tempo. Et il y en aurait tant d’autres encore, auteurs d’un film unique comme Adriano Barbano, réalisateur de Il tramontana, sorte de Quatre Cent Coups situé dans les Pouilles, ou Enzo Battaglia avec Gli arcangeli. Il y a aussi des outsiders comme Romano Scavolini ou Sandro Franchina qui dans Morire gratis choisit comme acteur principal Franco Angeli, l’un des grands peintres pop de l’école romaine, comme Giulio Questi ou Tinto Brass. Il y eut encore des cinéastes qui n’ont jamais définitivement trouvé la route des salles de cinéma comme Raffaele Andreassi, grand auteur de films sur l’art pour la télévision, qui en 1969, avec Flashback, dépeint l’Appenin comme si c’était le Vietnam.

Des archives émerge, pour cette rétrospective, un cinéma qui a toujours été regardé du coin de l’oeil. Sa théorie est encore à établir, même si on peut déjà deviner que, comme le disait Saint-Exupéry, ce n’est qu’avec le coin de l’oeil que l’on peut bien voir. Sergio Toffetti (Traduction Jean-François Rauger)

Les projections :

La Cinémathèque française Musée du cinéma 51 rue de Bercy, 75012 Paris Informations 01 71 19 33 33

Posté le 27 jan 2010 à 6:16

LA VIE PRIVÉE DE SHERLOCK HOLMES

de Billy WILDER

Chef-d’œuvre tardif de Billy Wilder, La Vie privée de Sherlock Holmes se déroule dans l’ambiance feutrée d’une Angleterre victorienne reconstituée au moindre détail près – les décors sont signés Alexandre Trauner, collaborateur de Marcel Carné qui insuffla à Quai des brumes ou aux Enfants du paradis leur réalisme poétique. À cet onirisme volontairement désuet, Wilder oppose une évocation audacieuse et crue de la vie privée de son personnage. Indices d’homosexualité, addiction à la cocaïne, et une réputation visiblement usurpée : Sherlock Holmes n’a plus rien du détective triomphant, lui qui, malgré son sens supposé de la déduction, se révèle ici plus manipulé que manipulateur.

AU CINÉMA LE 3 FÉVRIER 2010

Synopsis

Il y a des semaines que Sherlock Holmes et son fidèle Watson vivent dans l’attente d’une nouvelle enquête. Invité à une soirée des Ballets russes, Holmes se fait offrir un stradivarius par la danseuse étoile Petrova, laquelle lui fait la cour. Pour s’en défaire, le détective prétexte que Watson est son compagnon. Un peu plus tard, un cocher amène à leur domicile une jeune femme amnésique, la belle et vénéneuse Gabrielle Valladon, qui prie Holmes d’enquêter sur la disparition de son mari. Les investigations le mènent jusqu’en Écosse : il se retrouvera aux prises avec une espionne allemande, une bande de nains, un sous-marin très convoité, et même le monstre du Loch Ness…

La VIE PRIVEE DE SHERLOCK HOLMES

Polar/ Policier /Suspense | Royaume-Uni | 1970 | 130 mn

Réalisation : WILDER Billy

Scénario : Billy WILDER, I.A.L. DIAMOND, Arthur CONAN DOYLE

Interprétation : Interprètes :

Sherlock HOLMES Robert STEPHENS

Dr John H.WATSON Colin BLAKELY

Ilse von HOFFMANSTAT Geneviève PAGE

Mycroft HOLMES Christopher LEE

Photographie : Christopher CHALLIS

Musique : Miklos ROZSA

Production : Billy WILDER

CARLOTTA FILMS Ines DELVAUX 8, BD MONTMARTRE – 75009 PARIS

http://www.carlottafilms.com

CONVERSATION SECRÈTE de Francis Ford COPPOLA

CONVERSATION SECRÈTE de Francis Ford COPPOLA

Posté le 07 jan 2010 à 9:04

CONVERSATION SECRÈTE de Francis Ford COPPOLA – SORTIE EXCLUSIVEMENT AU CINÉMA LE 6 JANVIER 2010

Pour les passionnés de cinéma et les amateurs de Francis Ford COPPOLA ou si vous l’avez manqué à sa sortie « Conversation Secrète » avec Gene HACKMAN, John CAZALE, Allen GARFIELD, Frederic FORREST, Cindy WILLIAMS, Robert DUVALL, Harrison FORD est à nouveau à l’affiche au Le Nouveau Latina (Paris / 75004)

Synopsis : Harry Caul est seul au milieu de la foule. Il enregistre le dialogue d’un couple pour le compte d’un de ses clients. Il est l’un des meilleurs dans son métier : écouteur professionnel. Une sorte d’espion qui capte les conversations les plus secrètes. En écoutant la cassette chez lui, il découvre un complot meurtrier. Il s’est toujours tenu en marge de la société : le moment d’agir est-il arrivé ?

l’Amérique baigne dans un climat de paranoïa, Francis Ford Coppola réalise Conversation secrète. Fraîchement auréolé du succès du Parrain, le réalisateur s’engouffre davantage dans les méandres des organisations secrètes de la société américaine moderne. S’inspirant de l’argument de Blow Up, il créé de toutes pièces un scénario à suspense entremêlé de signes et de codes à déchiffrer, son dernier scénario propre avant le récent Tetro. Au centre de la fiction, les angoisses du personnage d’Harry Caul, sublimement interprété par un Gene Hackman obsessionnel et maniaque, résonnent étrangement avec la complexe réalité du monde. Au-delà de l’intrigue, Conversation secrète est un grand film de cinéaste. Dans sa façon de refaire un montage, d’assembler des morceaux de puzzle, Harry Caul se rapproche du rôle d’un metteur en scène. Travail approfondi, et jusque là inédit, sur les sons et les images, Conversation secrète – qui a demandé presque une année de postproduction à Walter Murch – a bouleversé la façon de mettre en scène du cinéma américain. Palme d’or en 1974, il fait aujourd’hui encore office de modèle incontesté.

CONVERSATION SECRÈTE (The conversation)

Polar/ Policier /Suspense | États-Unis | 1974 | 121 mn Réalisation : COPPOLA Francis Ford Scénario : Francis FORD COPPOLA Interprétation : Gene HACKMAN, John CAZALE, Allen GARFIELD, Frederic FORREST, Cindy WILLIAMS, Robert DUVALL, Harrison FORD Photographie : Bill BUTLER Musique : David SHIRE Production : Francis FORD COPPOLA pour Coppola Company

Distributeur CARLOTTA FILMS Ines DELVAUX 8, BD MONTMARTRE – 75009 PARIS Tel : 01 42 24 10 86 ines@carlottafilms.com

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