Les photographies peintes de Pierre et Gilles, très colorées et parfois qualifiées de « kitsch », sont célèbres. Mais une partie importante de leur travail était jusqu’ici inconnue du grand public : un ensemble exceptionnel de photomatons, rassemblés et mis en ordre d’abord par Gilles Blanchard seul puis par Pierre et Gilles entre 1968 et 1988.
Autobiographie en photomatons est une histoire racontée à la première personne par Gilles Blanchard, sous forme d’images légendées, celle d’un adolescent timide du Havre « monté » à Paris, qui se fait une bande d’amis et qui, très vite, tombe amoureux de Pierre.
On y croise tous ceux qui comptent dans le Paris des années 70 et 80. Le livre s’achève quand les « vieilles » cabines de photomatons disparaissent en même temps que Paris change et que Pierre et Gilles rencontrent le succès. Cette autobiographie en images, qui constitue le coeur du livre, est précédée d’un long entretien avec Pierre et Gilles, et suivie d’une galerie de portraits des principaux acteurs du film de la vie du célèbre duo.
Pierre et Gilles se sont rencontrés en 1976. Ils forment depuis un duo artistique célébré par les plus grands musées. Leurs oeuvres ont été exposées partout dans le monde, du Musée d´Art Contemporain de Shanghai (MOCA) au New Museum de New York en passant par une grande rétrospective au musée du Jeu de Paume à Paris en 2007.
Pierre et Gilles sont des artistes singuliers dans le paysage international de l’art contemporain. Leur oeuvre est portée par un rapport profondément joyeux au monde, un attachement à leurs modèles, célèbres ou inconnus, et une conception très noble de l’art du portrait, débarrassé de tout intellectualisme au profit d’une humanité palpable.*
Gilles, comment est née ta passion pour les photomatons ?
Gilles : J’ai commencé à faire des photomatons en attendant le bus, au Havre, quand j’étais adolescent. On voyait le bus arriver de très loin, alors je me disais, si je ne le vois pas, je peux faire une photomaton et qu’elle sorte à temps. Ça m’amusait : le jeu était de ne pas rater le bus. Au début, je les mettais dans ma chambre ou alors je les donnais à des amis. J’en donnais plein, et puis, petit à petit, l’idée m’est venue de les garder et de les coller sur un support. Je les ai collées sur des cartons au format raisin, 50 x 65 cm, et je les ai présentées aux examens pour mon diplôme des beaux-arts du Havre. Il n’y avait que des photos de moi.
As-tu gardé ces planches ?
Gilles : Oui et non. Plus tard, à Paris, j’ai tout décollé et j’ai recollé les photomatons sur un format grand aigle, 120 x 80 cm, qui est devenu le support définitif de toute la collection des photomatons.
Grimaces, poses déjantées, mises en scène, décoration de la cabine, accessoires… Comment décidais-tu de passer d’un thème à l’autre ?
Gilles : C’était le hasard à chaque fois, il n’y avait pas de ligne de conduite. Je faisais ce qui me passait par la tête et les amis me donnaient ce qu’ils voulaient. Je disais simplement : « Je collectionne les photomatons. Donne-moi des photomatons. »
Dans quelles circonstances se faisaient les photomatons de groupe où tout le monde est déchaîné ?
Pierre : Il y avait l’appareil de la Bastille à deux pas de chez nous. Il était en plein air et l’on pouvait y aller de jour comme de nuit. Les jours de beau temps, on ouvrait le rideau pour faire entrer le soleil et jouer avec la lumière. On y allait tout le temps, on a tout fait là-dedans. J’y ai même fait entrer mon scooter.
Gilles : On sortait le soir. On était en bande alors, et on se disait : « Tiens, on va faire des photomatons. » Vous faisiez aussi entrer des inconnus dans la cabine pour être photographiés avec eux.
Gilles : On improvisait, on faisait ça en rigolant. On aimait bien faire des grimaces, et quand on s’est rencontrés le punk arrivait. On exprimait notre époque à travers les photomatons.
Avoir inventé tant d’histoires dans les cabines photomaton, cela a-t-il nourri le travail du duo Pierre et Gilles ?
Pierre : Oui, surtout pour nos premières photos. La série des Grimaces pour Façade est directement inspirée des photomatons.
Gilles : Deux d’entre elles – celle d’Alain Camara et celle d’Adeline André avec son large sourire – sont des transpositions de photomatons. Toi, Paquita, sur la photo des Grimaces, tu fais une grimace que tu avais l’habitude de faire.
Quelle est l’histoire de cette série des Grimaces ?
Gilles : Au départ, cette série devait être des photos de Pierre. Adeline André s’était occupée du stylisme avec des vêtements aux couleurs fluo pour retrouver les tonalités très vives des photomatons de l’époque. Quand Pierre a fait les tirages, les couleurs n’étaient pas assez fortes, particulièrement le jaune fluo de la tenue de Djemila. J’ai donc proposé de repeindre sur les tirages pour essayer d’apporter la couleur là où elle manquait. J’ai aussi retouché les yeux, et je voulais lisser les visages pour que les images ressemblent un peu à des cartes postales anciennes ou à ces portraits orientaux recolorés. Nous revenions d’un voyage au Maroc. Nous étions sous l’influence de l’imagerie des stars de la chanson égyptienne.
Pierre : On avait trouvé sur un marché à Marrakech de magnifiques images aux couleurs saturées, pleines de coeurs et de fleurs, des portraits d’Oum Kalsoum, d’Abdel Halim Hafez, de Farid El Atrache et aussi de Bruce Lee. Ces images retouchées ont beaucoup influencé notre travail à ce moment là.
Gilles : On avait même trouvé des photos de Bardot qu’on aurait cru réalisées par Andy Warhol.
Cette série pour Façade, inspirée des photomatons, est-elle la première oeuvre du duo Pierre et Gilles ?
Gilles : Absolument. À partir de ce moment-là, nous avons toujours travaillé ensemble, seulement ensemble, et plus jamais séparément. Ça n’était pas prémédité… On avait réfléchi à l’idée ensemble, mais nous n’avions pas prévu que je peindrais dessus. C’est vraiment notre premier travail en commun. Après la parution dans Façade, la série a été projetée sur grand écran au Palace.
Dès lors, avez-vous refusé des propositions de travail qui vous étaient faites séparément ?
Pierre : Au début, oui. Pour nous c’était une évidence. Les gens ont vite compris que ce ne serait plus Pierre sans Gilles ou Gilles sans Pierre.
Gilles : Le magazine Elle, par exemple, m’avait demandé de travailler à la retouche des couvertures. Ils ne voulaient pas d’images de Pierre et Gilles, mais uniquement que je repeigne sur les photos des autres. J’ai refusé ! Mondino m’avait également demandé de retoucher ses photos. Mais j’étais bien avec Pierre. Je ne pouvais plus travailler sur d’autres photos que les nôtres. Il existe dans nos images une construction préalable qui conditionne le fait de repeindre par-dessus. Pierre et Gilles, ça commence à partir d’une expérience de photomatons. On pourrait même publier les photos de la série dite des Grimaces à côté des photomatons grimaçantes qui les ont inspirées.
Le fait de faire une photomaton, pour Pierre et Gilles, cela pouvait-il signifier une appartenance, comme un visa pour entrer dans la bande ?
Gilles : À l’époque punk, les photomatons connaissent une grande vogue, on les porte accrochées avec une épingle à nourrice sur les blousons de cuir. Tout le monde fait des photomatons : Edwige, Gangloff, en font très souvent. La photomaton fait partie des accessoires punk, tout le monde s’en échange et on m’en donne facilement.
Manque-t-il des gens qui auraient eu légitimement leur place dans cette galerie de portraits ?
Pierre : Il en manque bien sûr, certains oubliaient toujours d’en faire.
Gilles : Difficile à dire, les plus proches bien sûr, Thierry Mugler par exemple, que l’on voyait souvent car on travaillait avec lui, n’en a jamais donné malgré mes demandes répétées.
Pierre : Thierry Ardisson aussi.
Gilles : Il se posait beaucoup de questions : « Quelle idée vais je trouver ? » Je lui répondais : « Amuse-toi, fais n’importe quoi ! » Il s’est tellement posé de questions qu’il n’en a pas fait. Je n’en ai pas eu non plus d’Andrée Putman, à qui j’en ai souvent demandé. Et puis il y a des gens qui ne m’en ont jamais donné.
Et puis il y a les fêtes…
Gilles : Oui, cette fête pour le lancement de Façade, très arrosée et très photographiée, où je suis en ours et Pierre en dompteur.
Pierre : On était tous dans des états ! Je ne me souviens plus comment on s’est retrouvés dans un photomaton avec Zuleika et Philippe Djanoumoff.
C’est là que vous êtes tombés amoureux l’un de l’autre ?
Extrêmement riche (plus de 10000 photos), la collection de photomatons de Pierre et Gilles est la source de cette autobiographie en images. Gilles Blanchard commente chaque photomaton à l’aide d’une légende. L’ensemble constitue une oeuvre à la fois unique, exceptionnelle et inédite, et un document d’une importance majeure.
Sur le plan artistique, elle révèle le goût de Pierre et Gilles pour le portrait, l’importance de la forme et du cadre dans leur travail. Elle place la question de la couleur au coeur de leur démarche d’artistes. La collection de photomatons témoigne enfin de la naissance de leur duo et de la mise en place de leurs valeurs esthétiques (femmes fatales, garçons sexy, chanteurs et chanteuses de variété).
Du point de vue sociologique et documentaire, les photomatons révèlent la naissance de la jeune scène des artistes et des créateurs de mode des années 70 à Paris (Annette Messager, Kenzo, Adeline André, Irié), elle témoigne de l’arrivée du Punk, de la libération homosexuelle, de l’ouverture du Palace, de la frénésie du monde de la nuit et de la presse magazine (Façade, Actuel). L’underground est sans cesse replacé dans un contexte universel, soit par les événements politiques (Jacques Chirac candidat à la mairie de Paris) soit par l’irruption de la culture populaire (sortie des disques de C Jérôme ou de Sylvie Vartan).
Enfin, l’ensemble tire sa valeur littéraire de la puissance sentimentale unique qui s’en dégage : c’est une histoire de famille (la famille Blanchard, du Havre), l’histoire d’un jeune homme (Gilles) et de la construction de sa vie de grand timide arrivé à Paris. C’est aussi une grande histoire d’amour entre Gilles Blanchard et Pierre Commoy. C’est enfin l’histoire d’une joyeuse bande en route vers le succès, une groupe d’amis aux destins souvent exceptionnels.
Pierre Commoy est né à La Roche-sur-Yon en 1950, Gilles Blanchard au Havre en 1953. Ils se sont rencontrés en 1976. Ils forment depuis 1977 le duo Pierre et Gilles, célébré dans les musées et les collections du monde entier. Ils sont représentés par la galerie Jérôme de Noirmont, à Paris.
Thomas Doustaly est l’éditeur de ce livre. Il est journaliste. Il a dirigé la rédaction du magazine Têtu de 1998 à 2008. Il est chargé de mission au Monde depuis 2011.
Paquita Paquin est journaliste de mode. Elle a notamment collaboré à Vogue, Libération et France Culture. Elle est l’auteur de 20 ans sans dormir (éditions Denoël, 2005). Elle écrit depuis 2009 pour le site d’information spécialisé PureTrend.com.
Marc-Antoine Serra a assuré la conception graphique de cet ouvrage. Il est directeur artistique, vidéaste et graphiste.
Bãzãr Édition a été fondé en 2011 par Thomas Doustaly, Marc-Antoine Serra et Gracieuse Casta. Autobiographie en photomatons est le premier ouvrage publié par cette nouvelle maison d’édition.
« XAVIER CARRERE, sculpteur, souffleur de verre, Contemporary art glass » parait aux éditions La Part des Anges Editions. Cet ouvrage somptueux retrace l’oeuvre de cet artiste, en français et en anglais. Il est riche en illustrations et présenté dans un coffret.
L’artiste : « Verrier, sculpteur et plasticien, Xavier Carrère sollicite librement matières et matériaux, et l’imagination, le savoir et la suprême vitalité qu’il met dans son art provoquent des liaisons, des mélanges et des synthèses où la sagesse et la hardiesse, la mesure et la fulgurance aboutissent à de subtiles harmonies. Le verre flamboyant reste au coeur de sa démarche artistique », Patrick Férin
« Après plus de deux décennies d’inventivité : à la recherche de sa naissance les Silences, de la plénitude les Ovolites, de la force les Taureaux, de l’équilibre les Constructions, l’Envolée, de la sensualité les Expressions et Autour du vide, de la légèreté A l’intérieur, un torrent d’idées …, Xavier Carrère transcende ses émotions. L’amour ? Dans notre univers dynamité, en déshérence, les Liens sont le refuge nécessaire, toujours à renouveler », Hervé Nicolas résume ainsi l’oeuvre de Xavier Carrère
Le livre : XAVIER CARRERE, sculpteur, souffleur de verre, Contemporary art glass s’adresse aux fans de Xavier Carrère, aux collectionneurs et aussi aux amateurs et à ceux qui le découvrent. Riche en photographies, c’est une édition de haute qualité présentée dans un étui de même exigence.
Son format est de 24 x 30 cm ; il est constitué de 216 pages intérieures imprimées sur Arctic Volume high white 135 g en quadri Recto et Verso, sa couverture est rigide et son dos carré cousu collé.
Le contexte : A 45 ans, Xavier Carrère est au sommet de son art et il vous invite à découvrir son parcours et son travail au travers des 9 chapitres qui se rapportent chacun à une période d’inspiration et qui sont accompagnés de textes divers – extraits de critiques et mots de l’auteur :
Biographie de l’auteur Je suis né en Décembre 1966, quelques jours avant Noël, à Draguignan, pays du soleil. J’ai treize ans. Pendant mes vacances à Biot, je travaille le verre avec mon oncle Robert Piérini qui m’apprend les gestes précis du métier. Un apprentissage rigoureux, dans la tradition. Je poursuis cette initiation pendant quatre ans. Parallèlement au travail du verre, je suis attiré par la photo. Je crée mon propre laboratoire. A quatorze ans, j’expose à la galerie Los Païs de Draguignan. Jusqu’en 1989, je continue mes études dans une école de photographie à Orthez. Je deviens successivement, photographe de mode, de pub, de reportages et de laboratoire. La passion du verre resurgit à partir de 1990. Une formation de deux ans dans différents ateliers de Biot me permet de maîtriser les techniques de base du verre soufflé. Je suis sélectionné pour la première Biennale du verre contemporain au musée Fernand Léger. Entre 1991 et 1994, responsable de l’atelier du verre soufflé de l’ADAC (Association pour le Développement de l’Animation Culturelle – dépendant de la ville de Paris), j’enseigne les techniques du verre soufflé, et j’organise des rencontres avec des maîtres verriers français et étrangers tels que Lino Tagliapetra et Pino Signoretto, vénitiens. Ce sont des moments extraordinaires de partage et d’échanges. C’est dans cet atelier que j’expérimente mes premières sculptures intitulées « Silences ». Ils expriment la nécessité de rendre visibles les formes et les couleurs de l’inconscient, des secrets intérieurs. En 1994 un besoin des solitude et un souhait de me concentrer sur la création m’amènent dans le sud-ouest. J’installe mon atelier à Soustons dans les Landes. Depuis, je me suis civilisé en menant une vie familiale et , plus encore, en accueillant des artistes dans la galerie que j’ai ouverte pour présenter mon travail et celui de ceux que je connais ou que je rencontre et qui complètent ou participent au même univers créatif et ce, avec l’aide de Marie, ma compagne.
L’éditeur : La PART DES ANGES éditions veut, tels les anges (du grec aggelos : messager) être la messagère de la beauté, de la sensibilité, de l’émotion, de la grâce, de l’intelligence, de l’humanité … La part des anges éditions a été séduite par le travail de Xavier Carrère, original, empreint d’une forte sensibilité et sensualité. Egalement, la présence d’un univers poétique prégnant a guidé vers le choix d’intégrer ce livre dans le catalogue de la maison d’édition. Une oeuvre singulière naît sous nos yeux enchantés.
Le 15 février sortira chez l’éditeur allemand Gestalten un ouvrage sur Mathieu Lehanneur, sa carrière et ses inspirations. Le designer y dévoile l’envers du décor, sa démarche intellectuelle et visuelle. Atypique, cet ouvrage l’est par cette révélation du chemin menant au produit fini : l’ouvrage réunit photos d’inspiration, croquis, photos de process, objets en situation, et plonge le lecteur au cœur même du studio du créateur.
Mathieu Lehanneur est à ce jour le seul designer à avoir créé son territoire d’expérimentation en puisant dans les champs des sciences cognitives, mathématiques et biologiques pour en tirer des formes et des fonctionnalités aux antipodes du design « classique » : purificateur d’air par les plantes, ergonomie pour médicaments, atelier des enfants au Centre Pompidou, chambre idéale pour insomniaque ou bureau directorial en forme de gymnase pour l’esprit…
Une démarche unique qui fait de lui un créateur plébiscité pour sa capacité à renverser les problématiques du design et de l’architecture et proposer de nouveaux scénarios de vie.
Cette première monographie retrace plus de dix ans de carrière par des images exclusives et des interventions de contributeurs prestigieux. Hans-Ulrich Obrist, Paola Antonelli (MoMA) ou Ross Lovegrove y décryptent la démarche d’un créateur hors du commun mais radicalement dans son époque, et permettent une appropriation de l’objet et de son sujet par le lecteur par le biais de mots, de dessins ou de photographies.
Avec « Le Pays d’en haut », préfacé par Lucien Clergue, les récentes photographies de Jean-Luc MEYSSONNIER émergent de l’Ardèche dont les richesses inépuisables n’ont jamais cessé d’irriguer sa sensibilité et son travail. Le chant singulier du noir et blanc capte le langage de sa terre natale. Les empreintes imaginaires se mêlent à la présence des éléments : rais de lumière sur plateaux obscurs, étendues de neige métamorphosées en reines, champs ébouriffés par le râle du vent…
De silence et de poésie, ses photographies nous parlent de cette terre fascinante, indocile et vertigineuse, bouleversante aussi. MEYSSONNIER nous livre ses propres obsessions – l’omniprésence de l’absence, le royaume du silence – nichées au creux du paysage. Avec son regard, le visible et l’invisible s’épousent. Traversé de lueurs, le haut pays palpite et vibre. Le photographe nous transmet la force de sa beauté intemporelle.
Pour l’accompagner dans sa quête, Jean-Luc Meyssonnier s’est entouré de plusieurs auteurs : Hélène Ribot, Jean-Gabriel Cosculluela, Jacques Estager, Gil Jouanard, Hervé Ozil, Pierre Rabhi, Jacques Roux, Jean-Jacques Salgon, Martin de la Soudière, Joël Vernet, avec lesquels il se sent en parenté.
Chaque texte ouvre un nouvel horizon avec son propre battement de coeur. Chaque semeur de mots révèle ses emblèmes personnels, des sentiments aigus, des traces de vie cernées d’éclats et de signaux salvateurs. C’est donc entre images et mots que Le Pays d’en haut s’incarne, qu’il livre sa substance, nous arrache à l’ordinaire et nous offre une autre lumière du monde. On y rêve, on y aime et on y meurt ; on y renaît aussi.
Le Pays d’en haut donne à chacun l’envie d’être libre.
Meyssonnier et le paysage
Depuis plusieurs années, Jean-Luc Meyssonnier explore le paysage. Avec une présence singulière au monde, et une passion inchangée pour le noir et blanc, son souffle de photographe tente de relier la Terre, l’Homme et le Ciel. Ce paysage qui l’habite et qu’il habite comme une musique est celui de sa terre natale, l’Ardèche. Il l’aborde par ses sommets, accostant au Pays d’en-haut, comme on croit y saisir l’aurore d’une vie nouvelle.
Aimanté par ce paysage mouvant, Meyssonnier nous parle aussi de ses veines, les sources de la Loire et de l’Ardèche, lignes tremblantes au ras des ombres, flux de l’impermanence qui reçoit le poids d’une nuit de cendres ou qui, à d’autres heures, se change en un visage translucide enveloppé de gazes légères. C’est précisément dans le vertige même, dans la tourmente ou l’éblouissement que s’ancre son travail photographique, travail qui célèbre la vibration des présences et qui, à la lumière des saisons, évoque les haïkus japonais.
En allant à la rencontre de sa Terre, Meyssonnier retrace en quelque sorte une généalogie de ce paysage. Mû par le désir de révéler ce qu’il voit, comprend et ressent de sa complexité, il aborde sa matière explorée sous l’angle d’une intimité empreinte de force, de gravité, de silence et d’une beauté certaine. Helena Kovacs
Jean-Luc Meyssonnier – itinéraire
Jean-Luc Meyssonnier est né en 1960 à Largentière où il vit et travaille. Pris de passion pour la photographie, il suit des études de photographie à Lyon, puis il développe très vite un travail personnel. De 1980 à 1985, il devient l’assistant du sculpteur et photographe Michel Sima (1912-1987) installé en Ardèche. Cette rencontre déterminante va l’accompagner dans sa carrière. Meyssonnier aura le privilège de devenir le tireur de son fonds photographique. En 2008, il lui rend hommage en collaborant à la monographie « Michel Sima, ateliers d’artiste »,co-éditée par Benteli à Bern (Suisse)et Snoeck à Gand (Belgique). Depuis une vingtaine d’années, plusieurs expositions personnelles lui sont consacrées, en particulier dans les galeries Eterso, à Paris, Vrais Rêves à Lyon, L’Ours à Bourges et à l’Espace Saint-François en Suisse. En 2010, Dominique Thibaud (Galerie Mirabilia à Lagorce, Ardèche) lui a consacré une rétrospective.
Procédant toujours par séries et usant du noir et blanc, son oeuvre photographique cristallise un travail graphique – fleurs et paysages, natures mortes, recherche de compositions abstraites, sujets intimes, visages – qui parfois, à travers la saturation de l’image, cache tant de choses et en expose tant d’autres. Son inventaire se nourrit également de quelques éléments simples d’un paysage toujours repris : la montagne, la neige, la pierre, les arbres, l’eau.
De son travail sur le minéral et le végétal, la question n’est pas celle de la beauté d’un paysage. Il s’oriente vers un contenu qui concerne la vision, ses vérités, ses illusions, ses prodiges. Son oeil absorbe ce que l’on tait, failles, ruptures, oublis, blancs… zones inattendues. Il reconnaît en eux certains secrets pressentis qui murmurent le langage du désir, l’étrangeté, les empreintes du corps ou un univers peuplé d’âmes vagabondes là où les lumières et les ombres basculent ensemble.
Meyssonnier participe également à de nombreuses expositions collectives : Paris (Photo4), Lausanne, Bienne, Annecy, Lyon, Royan, Le Mans. En parallèle, il est régulièrement invité à collaborer à des livres d’art (François Burland, Jules Desbois, Gérard Lattier, Michel Sima).
Éditions du Chassel
Galerie MIRABILIA
Parfois, un artiste se plaît à croire que son art peut servir à quelque chose. C’est ainsi que Thierry savait que V. le quittait, pour les Etats-Unis et pour la vie. Thierry a alors commencé le « journal » du voyage de V. Ce que, lui, captait de Paris pendant son absence. Il lui préparait un cadeau unique et universel.
Unique parce qu’il se voulait, au départ, objet de la reconquête amoureuse de V. Parce qu’il choisit d’utiliser l’appareil qu’elle lui a offert. Un appareil tout simple qui, par ses fuites de lumière, fait des images inimitables.
Universel parce que ce journal est aussi conçu comme une œuvre et comme un album photos. Parce que Thierry prend déjà de la distance, au moins autant que V. en s’envolant vers les Amériques. La lumière de Tanger va bientôt succéder à la pénombre parisienne.
Et la distance a fini par l’emporter. De l’histoire personnelle, il ne reste que quelques anecdotes, une V. réduite à une initiale… et beaucoup d’émotions. L’art ne sert à rien. Il ne change pas le cours des choses. Il ressemble à une alchimie entre pensées intimes et histoire partagée, une rencontre entre une esthétique et une société. Marc Gauchée
Le Réalgar éditions
Points de vente :
Artazart
Librairie photographique
Des bulles et des ballons
En quête d’identité Le travail de Kares pourrait se résumer par le mot «identité». L’identité graphique créée, façonnée et donnée à des artistes ou des marques, dans l’industrie de la Musique ou de la Mode ; et l’identité humaine, sincère et intime, photographiée au gré de ses rencontres et voyages.
Dès Septembre 2001, passionné de musique et attiré par le monde de la mode, il se consacre naturellement aux artistes et travaille en freelance, ou pour le compte de l’agence 555Lab, avec des labels indépendants et des maisons de disques. Des logos aux pochettes d’albums, des photos de presse aux photos de concerts, son travail fût de composer des images commerciales fortes pour répondre à des commandes. Huit ans plus tard, il décide de faire une pause et se dirige vers des recherches plus authentiques.
En Juillet 2009, il quitte Paris pour un projet personnel, plus humain et avant tout identitaire : réaliser des portraits de visages oubliés. Il cherche ainsi à dégager des personnalités, à éclairer des sensibilités, et finalement à déchiffrer les visages qui se cachent derrière des cultures parfois méconnues et souvent incomprises. Des clichés qui ouvrent le dialogue et rappellent que derrière chaque pays, chaque coutume, chaque religion, se cachent avant tout des individus.
Un voyage de 2 ans hors des sentiers battus, qui le mène des tribus sédentaires du Sud-Est asiatique aux gitans du Cachemire et du Rajasthan. Plus qu’un voyage, une mise en perspective de la culture tibétaine avec le nomadisme d’Asie centrale ; un dialogue entre sâdhus et chamans ; une découverte spirituelle qui s’étend du Bouddhisme à l’Islam. Ce périple est aussi un regard qui se promène des montagnes du Népal aux steppes mongoles, qui emprunte la route de la soie pour contempler les splendeurs du Moyen-Orient. Des milliers de kilomètres entre Jakarta et Istanbul dans un seul but : collecter les traits et caractères des peuples méconnus d’Asie.
Un livre : 56 000 kilomètres – un continent et des hommes
Pour son premier livre intitulé « 56 000 kilomètres – Un continent et des hommes », Kares donne un visage aux peuples du fin fond de l’Asie. En 5 chapitres: Asie du Sud-Est, Asie du Sud, Asie du Nord, Asie Centrale et Moyen Orient, il tente d’illustrer cette partie du monde à travers plus d’une centaine d’images. Une véritable invitation au voyage, un désir d’évasion où se mêlent portraits, scènes de vie et paysages.
A l’opposé des formats de beauté imposés par l’Occident, il a tenté à travers cet ouvrage et ces photos d’en retranscrire un autre, peut-être moins sophistiqué, sûrement plus naturel. Le parti pris était de ne montrer que ceux dont on ne parle pas, ou pas assez, que l’on stigmatise ou que l’on oublie.
« 56 000 kilomètres – un continent et des hommes »
Cet ouvrage a pour ambition d’explorer les matières dans ce qu’elles ont de plus beau et de plus original. Précieuse, une matière peut l’être à de nombreux égards, par sa rareté, sa noblesse, sa pureté. Dans les mains d’un artisan, artiste et créateur, il arrive qu’elle devienne exceptionnelle. C’est à cette rencontre que nous convie l’auteur.
Avec plus de 600 photographies, ce livre compose une source inédite d’inspiration, comme autant d’invitations à découvrir des matériaux méconnus, des ateliers d’art, des créateurs passionnés. Ces images, en grande partie des gros plans, cherchent à capturer l’essence esthétique des matières, à mettre en lumière la beauté d’un détail, leur éclat.
The purpose of this work is to explore materials in their most beautiful and most original state. A material can be precious in many ways, in its rareness, nobility and purity for example. But in the hands of a craftsman, artist or creator, a material can become simply breathtaking. This is where the author bids us to follow.
With more than 600 photographs, this book is an astounding source of inspiration that invites us to discover unfamiliar materials, art workshops and passionate creators. Many of these pictures are taken in close up, capturing the sheer essential beauty of a material by revealing the splendour of a detail or its inner radiance.
Combien de Mme Bovary, d’Ariane et de Solal ou de Jules et Jim nous ont-ils raconté une autre façon d’aimer ? Combien de personnages de romans nous ont-ils enseigné les règles de la séduction ou soufflé les pardoxes du désir ?
Tous ces personnages de fiction se font inlassablement le vecteur de nos émotions et de nos sentiments, ce qu’analyse avec finesse Catherine Sauvat à travers l’étude de très beaux textes littéraires. Le désir, l’attente, la jalousie, l’offrande, le badinage, la rupture, l’embrasement… Quarante-cinq mots-clés qui sont autant de thématiques autour du sentiment amoureux. Un ouvrage précieux, raffiné, superbement illustré par les subtiles photographies de LiLiROZE, qui transcende l’intimité comme un tableau qui revient ou ressurgit au fil des siècles. Un très bel objet de désir.
Catherine Sauvat
Journaliste et écrivain, Catherine Sauvat est née à Paris en 1957. Elle a notamment publié une biographie de Robert Walser chez Plon, les Chroniques viennoises et Chroniques berlinoises au Livre de Poche, Ville d’eaux et d’Europe, Stephan Zweig et Vienne aux Éditions du Chêne, ainsi que Venise, Visions d’églises et de palais chez Hermé. Elle a également remporté avec Pierre Beuchot le Grand Prix de la Recherche au Festival international du Film d’Art et d’Essai en 1997, grâce à un documentaire sur Robert Walser pour la série « Écrivains du XXe siècle ».
LiliRoze
LiliRoze est née à Genève en 1972. Sa passion pour la photo débute très jeune, animée par la découverte des images de son père, mais c’est seulement après une licence en économétrie qu’elle décide de s’y consacrer entièrement. Elle s’installe à Paris et sort diplômée de L’ENS Louis Lumière en 1997. Elle assiste à ses débuts de nombreux photographes. LiliRoze nourrit son travail de ses voyages, des couleurs, des ombres et des hommes qu’elle croise au hasard d’un regard ou d’une rencontre inopinée. A la lumière descendante, à la chambre de son appareil, proche de la confidence, elle transcende l’intimité comme un tableau qui revient, ou ressurgit au fil des siècles. Lauréate en 2006 du premier prix Leica des indépendances, elle travaille aujourd’hui comme photographe indépendante et poursuit sa recherche personnelle.
Fol Amour, Exposition des photographies de Liliroze
du 24 au 30 Octobre 2011 à l’Espace Beaurepaire, de 11H30 à 19H30.
Espace Beaurepaire
A l ’occasion du cinquantenaire de la mort de Blaise Cendrars (1887- 1961), voici un objet unique, le fac-similé du « premier livre simultané ». L’histoire d’un adolescent qui se hisse à bord d’un poème illuminé par les sept couleurs de l’arc-en-ciel, en partance pour le multiple voyage de sa mémoire vers l’âge d’homme. Le lecteur embarque avec lui dans son transsibérien pour suivre son devenir à travers les tourments terrestres et les interrogations de l’âme. Blaise Cendrars adresse cette invitation à chaque lecteur : À toi, « ce livre qui touche à tout mon être ».
L’introduction de Miriam Cendrars évoque la réception mouvementée de l’oeuvre originale, témoin d’un turbulent renouveau des arts. Après la vision « simultanée » des paroles de Cendrars dans leur particulière typographie, alliées aux couleurs qu’elles inspirent à Sonia Delaunay (1913), on lira la version de 1919, également reproduite ici, qui, « dédiée aux musiciens », appelle à tendre l’oreille aux sonorités, aux cadences et aux vibrations de la voix intérieure du poète.
Coffret contenant les fac-similés du « Premier Livre simultané » signé Blaise Cendrars et Sonia Dalaunay et du prospectus original annonçant la parution de l’ouvrage en 1913, ainsi qu’un livret de 88 pages composé d’une introduction de Miriam Cendrars et du texte de Cendrars.
Introduction de Miriam Cendrars
Fille de Blaise Cendrars, elle-même écrivain et journaliste, Miriam Cendrars s’emploie à garder vivant le souvenir de l’oeuvre et de la personnalité de son père, mort en 1961. Elle a publié entre autres Blaise Cendrars. La vie, le verbe, l’écriture (Denoël).
Le premier livre simultané reproduit dans sa forme d’origine (32,4 x 17,8 cm)
Entouré de mythes et de fictions, l’oeuvre peint de Léonard de Vinci demeure inépuisable par la richesse de son invention et l’habileté que le peintre y a déployée, de ses premières contributions, dans l’atelier de Verrocchio, à ses dernières oeuvres françaises. Mais ces trésors ne peuvent être redécouverts qu’en revenant aux oeuvres elles-mêmes, au plus près de leur surface, de leur matière.
Ce livre publié dans la collection « 100% » permet pour la première fois de découvrir une trentaine d’oeuvres d’un des plus grands peintres de la Renaissance italienne de les regarder en très gros plan grâce à la reproduction des détails imprimés en taille réelle.
Présentés par ordre chronologique, les chefs-d’oeuvre des grands maîtres de l’Histoire de l’Art peuvent ainsi être explorés par le lecteur tel qu’il pourrait les contempler sur les cimaises d’un musée ou d’une église.
Le texte concis et didactique de l’historien d’Art, Jan Blanc, permet également de resituer les oeuvres dans leur contexte. Il donne les clés essentielles afin de pouvoir lire le tableau et fait état des dernières recherches.
Les illustrations sont également accompagnées d’extraits de textes critiques du peintre lui-même ou de textes éclairants les oeuvres, ainsi que d’encadrés qui mettent en avant un point spécifique de l’oeuvre : repentirs, autographes, inscription ou peinture au verso, influences.
L’auteur : Professeur d’histoire de l’art de la période moderne (XVIe-XVIIIe s.) à l’Université de Genève, Jan BLANC a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur la peinture flamande, hollandaise et anglaise du XVIIe et du XVIIIe siècle. Il a également publié plusieurs études consacrées aux théories artistiques de la Renaissance et de l’âge classique, en France, aux Pays-Bas et en Italie.
Pour information :
Une grande exposition des peintures de Léonard de Vinci « Leonardo da Vinci: Painter at the Court of Milan » aura lieu à la National Gallery (Londres) du 9 novembre 2011 au 5 février 2012. En savoir + : www.nationalgallery.org.uk/
Voir aussi sur ArtéMédia : http://www.artemedia-agence-presse.com/2011/08/12/leonard-de-vinci-peintre-a-la-cour-de-milan/
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