« Le monde va mal. La France ne va guère mieux. La France est au cœur des tempêtes. Les Français ont peur. Ce livre est né, au fond, de cette inquiétude. » M. R.
Une analyse approfondie et renouvelée des défis auxquels la France et les Français sont confrontés.
Un exercice magistral de réflexion et de proposition sur tous les grands enjeux d’aujourd’hui.
De la crise financière au réchauffement climatique, de la réforme de l’État à la question du temps de travail, du débat sur le nucléaire au rôle mondial de la France, un véritable projet de société.
Un appel à l’intelligence.
L’épilepsie est une maladie neurologique qu’il est important de mieux faire connaître pour que les préjugés qui y sont associés disparaissent. De nombreux individus épileptiques ont été, malgré leur maladie, des figures remarquables de notre Histoire : Socrate, Molière, Newton, Napoléon Bonaparte, Dostoïevski, Flaubert, Van Gogh, Agatha Christie…
Des textes de certains de ces personnages, sélectionnés pour la qualité de leur description du ressenti des crises, sont interprétés par Alain Carré et ponctués au piano par François-René Duchâble de pièces musicales choisies pour leur force émotionnelle et dont le langage s’apparente parfois au caractère paroxystique de l’épilepsie : Beethoven, Moussorgski, de Falla, Schumann, Chopin et Bach.
Une conférence et un reportage sur l’épilepsie complètent le spectacle et apportent des éléments scientifiques actuels pour mieux comprendre cette maladie.
| Titre : Art et épilepsie
Conception et production : Dr Fabienne Picard Comédien : Alain Carré ; Piano : François-René Duchâble Editeur : Editions de l’Astronome Date de parution : fin décembre 2011 ISBN : 978-2-916147-50-5 |
Film : Conférence, spectacle, reportage
Version : FR, EN, DE, IT, ES Durée : 141 minutes Collection : Sur paroles Référence : AST017 Prix : 19 € |
Pour Alessandro Pignocchi, il est impossible de comprendre nos relations aux œuvres d’art sans s’interroger sur les intentions de l’artiste. Les avancées récentes en sciences cognitives suggèrent en effet que chaque aspect de notre expérience d’une œuvre est façonné par les intentions que nous attribuons, pour la plupart inconsciemment, à l’artiste. Nous percevons par exemple, à notre insu, de nombreuses propriétés des œuvres d’art – les traits d’un dessin, certains aspects de la structure des films ou des phrases d’un roman – comme le fruit d’intentions et d’actions que nous aurions nous-mêmes pu produire.
Réflexion pluridisciplinaire, cet ouvrage revisite des thèmes classiques de la philosophie de l’art – le concept d’œuvre, la place de l’auteur, du contexte, le rapport de l’œuvre au temps, le statut du jugement artistique – et élabore une série d’outils de pensée visant à enrichir nos relations aux œuvres d’art.
Alessandro Pignocchi est docteur de l’EHESS en philosophie et en sciences cognitives, membre de l’Institut Jean-Nicod. Il est aussi illustrateur.
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C’EST POUR MIEUX PLACER MES RIDES FISTON Yakoub Abdellatif La brise souffle en continu sur la gare abandonnée. Max, un vieil homme, attend le train. Il se rend à Délice, un village situé sur la côte, là où la mer n’a plus d’eau, cette source de vie. Délice, c’est le terminus. Max est forcé de se débarrasser de la dernière larme, sa fragilité. L’attente, c’est la vie, une sagesse où il faut cuisiner la distance. (…) La naïveté, c’est Sam, le jeune homme prétentieux qui défie Dieu. Il court après quelqu’un, quelque chose ou l’image. Max et Sam sont des tueurs à gages, il n’y a qu’un seul billet. Ils se retrouvent sur ce quai pour détruire. (Coll. Théâtre des cinq continents, 10 euros, 64 p., novembre 2011) ISBN : 978-2-296-55109-1 |
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Entre le XIIe et le XIVe siècle, l’Europe construisit des centaines de cathédrales gothiques. Comment expliquer la soudaine apparition de l’art ogival se substituant à l’art roman ? Que dire de ce bestiaire fabuleux gravé dans la pierre quand on sait combien l’Église se montrait soucieuse du respect de l’orthodoxie? Resituant la construction de Notre-Dame-de-Paris dans cette époque pleine de bruit et de fureur, mais qui vit également l’émergence d’un formidable élan spirituel, l’auteur s’interroge:
L’auteur nous livre ici quelques réponses dérangeantes.
L’auteur Écrivain, historien, critique d’art et conférencier, Richard Khaitzine est né en 1947 à Paris. Il a publié une trentaine d’essais, relatifs aux religions. Sa Langue des oiseaux est devenu un ouvrage de référence étudié dans plusieurs pays. Il analyse les livres à clé de Villon, Rabelais, Cyrano de Bergerac, Alfred Jarry, Raymond Roussel, Willy, Maurice Leblanc, Gaston Leroux, Georges Perec.
A l’occasion de la sortie de son nouveau livre « Pour en finir avec le Sida » aux éditions Plon, le professeur Jacques Leibowitch dédicaçait l’autre soir son livre à la galerie Siki de Somalie. De nombreuses personnalités étaient présentes comme notamment, Dominique Isserman, Jean Paul Gaultier, Gabrielle Lazure, Maître Verges, Ku Khanh etc…
Le Livre :
« RECTIFICATIF de L’Article du 20 OCTOBRE 2011«
Une éblouissante synthèse sur les recherches récentes qui obligent à rompre avec le « prêt à penser » dont le SIDA est aujourd’hui l’objet.
Face au SIDA, il a fallu parer au plus pressé : venir en aide aux malades, malgré des connaissances partielles sinon partiales ; combattre les préjugés, quitte à verser dans le « politiquement correct ». Maintenant que les trithérapies ont rendu un avenir aux séropositifs, à défaut de les guérir, nous disposons d’un répit pour réévaluer les dogmes trop vite admis. Et c’est peu dire que les recherches actuelles renversent les certitudes. Contrairement à l’opinion courante, le virus du SIDA n’a pas besoin de sang ni de déchirure pour traverser une muqueuse. Si la sodomie, qu’elle soit hétéro ou homosexuelle, accroît le risque de transmission, c’est simplement que le type de globules blancs dans lesquels le virus pénètre pour s’y multiplier est plus abondant dans les parois du rectum. Très peu d’hétérosexuels, finalement, sont séropositifs dans les pays occidentaux. Et s’ils sont beaucoup plus nombreux à l’être au sud de l’Afrique, ce n’est PAS seulement parce que des infections génitales mal soignées favoriseraient la transmission.
L’idée que le SIDA détruit les défenses immunitaires ne suffit pas à expliquer les corps décharnés et prématurément vieillis de ceux qui en sont victimes. Il apparaît que le virus, en modifiant le fonctionnement des cellules, les prive de leurs ressources nutritives qu’il détourne au profit d’agents infectieux. Nous découvrons progressivement pourquoi les hommes circoncis risquent moins d’être contaminés, pourquoi l’hygiène masculine intime pourrait jouer un rôle préventif à côté du « latex anti-sex », pourquoi des précurseurs du HIV sont passés de grand singes à des braconniers entre 1920 et 1940 mais pas avant ni après !
Jacques Leibowitch, médecin, chercheur, enseignant à l’hôpital Raymond-Poincaré et son équipe ont fait progresser la recherche dans trois domaines principaux : ouvrant la piste du « rétrovirus exotique » qui devait conduire à la découverte de l’agent du SIDA (1982-83) ; mesurant les niveaux de reproduction du virus chez les patients avant et sous traitement (1987-89) ; en instaurant les premières trithérapies (1994-96).
POUR EN FINIR AVEC LE SIDA
« HIV le maléfique nous aura soumis, laminé, martyrisé …Puis vinrent les trithérapies effectives (1994-96) ; demain, les quadrithérapies innovantes : 2 à 4 pilules anti VIH par jour, 4 jours, 3 jours ou seulement 2 jours par semaine. Les patients s’enhardissent, font des bébés, Born HIV Free… Quatre jours de traitements par semaine au lieu de 7 = 4 années de médicaments en moins sur 10 ans … »
La préface du Livre :
Face à la menace de mort que le SIDA plaçait au cœur de la sexualité, la peur n’a pas été si mauvaise conseillère : par la mobilisation qu’elle a suscitée, elle a favorisé la découverte de nouveaux traitements qui offrent aux séropositifs un avenir plus long. Mais elle a aussi engendré un « prêt-à-penser politiquement correct » dont nous ne parvenons plus à nous défaire, bien qu’il soit chaque jour davantage contredit par le progrès de nos connaissances.
Non, nous ne sommes pas tous égaux devant le risque d’attraper le virus : certains groupes sont dramatiquement touchés. Non, « l’effondrement des défenses immunitaires » ne suffit pas à entraîner l’apparition du SIDA. Oui, les séropositifs sous traitement bien conduit ne transmettent plus le virus, même lors de rapports sexuels non protégés. Oui, un essai en cours ouvre la voie à un protocole allégé qui permet de réduire la fréquence du traitement à une prise par semaine avec, à la clé, un confort de vie pour les patients et des économies considérables pour nos systèmes de santé.
C’est peu de dire que ce livre, écrit par l’un des meilleurs spécialistes du sujet, renverse nos certitudes et bouleverse nos idées reçues. C’est toutes nos représentations de la pandémie qu’il faut réviser. A quand un « Grenelle du SIDA » ?
Inséparables depuis plus de 80 ans, Tintin et Milou forment un couple aussi héroïque que mythique. Leurs aventures, traduites aujourd’hui dans plus de 80 langues, et portées plusieurs fois à l’écran, attestent de leur popularité. Il était inévitable qu’ils retiennent l’attention de spécialistes de tous bords et que chacun les retourne à son gré sur son propre gril ou sa propre grille.
Les voici prêts pour une « autre psychanalyse ». Une analyse centrée sur Tintin lui-même, son caractère, ses rêves, ses réactions, ses motivations et non sur Hergé, son créateur, comme cela a déjà été fait.
Nous invitant, avec la bonne humeur qui le caractérise, à pratiquer cette analyse avec lui, c’est bien au-delà du cadre confiné d’un cabinet d’analyste et de propos théoriques abscons que nous entraîne ici l’auteur. Avec lui chaque lecteur devient l’analyste de Tintin.
Gérard Guasch
Né en 1945, Gérard Guasch, médecin psychosomaticien et analyste, a déjà « invité » sur son divan Arsène Lupin, un caractère sur le divan (L’Harmattan, 1997). Parmi ses nombreux ouvrages, Vivre l’énergie du Tao (Presses du Châtelet, 2010), Quand le corps parle (Sully, 2007), Aide-toi, ton corps t’aidera (avec Anne-Marie Filliozat, Albin Michel, 2006), Wilhelm Reich, énergie vitale et psychothérapie (Retz, 1998). Il vit entre Paris et Mexico.
Oui, l’œuvre de Walt Disney est une des plus grandes créations culturelles du XXe siècle. Serguei Eisenstein, dès 1940, l’avait reconnu. Mais, si cette grandeur est indéniable, il est permis de s’intéresser à ce qu’elle cache : les intentions politiques, voire psychiques, nourries par Disney en inventant – puis en défigurant – les personnages de Mickey, Donald ou Picsou. Dans son extraordinaire généalogie de l’œuvre de Disney, le critique et historien d’art Pierre Pigot livre les résultats d’une enquête approfondie sur le côté obscur de la Disneylogie.
Depuis la projection du premier épisode de Mickey Mouse, précédant la crise de 1929, jusqu’à la subversion de l’idéologie Disney, via les aventures d’un Picsou réinventé par Don Rosa à l’aube de l’an 2000, c’est ainsi toute une histoire des fantasmes et angoisses du siècle passé qu’il propose. Une histoire où se croisent, dans une danse d’une érudition affolante, outre les personnages de Disney, les fantômes d’Aby Warburg et de Walter Benjamin, de Paul Klee et des créateurs de South Park, de Buster Keaton et d’Adolf Hitler. Ainsi, si les dessins animés sont le miroir de notre innocence rêvée, l’œuvre de Walt Disney a prétendu un jour en incarner le canon. Mais il s’agissait d’un canon trompeur, dissimulant sous les atours de l’innocence la violence d’une tentative de prise d’âme : nous nous demanderons alors ici si cette prise d’âme a réussi ou échoué. Sommes-nous parvenus à nous débarrasser des rêves totalitaires de Disney – ou bien sommes-nous encore sous leur emprise ?
Pierre Pigot est historien d’art et critique littéraire. Depuis 2007, il est membre du collectif de critiques Fric-Frac Club www.fricfracclub.com – collectif fondé sous le patronage du grand écrivain et traducteur Claro). Il y a publié de nombreux articles sur les littératures américaines et françaises contemporaines, sur la théorie littéraire, sur la bande-dessinée, sur le cinéma, et sur Twin Peaks. Il prépare actuellement un ouvrage sur l’esthétique du manga, et un autre sur Gustav Mahler.
Broché: 184 pages Editeur : Presses Universitaires de France – PUF; Édition : 1 (4 mai 2011) Langue : Français ISBN-10: 213059042X ISBN-13: 978-2130590422
Folie et paradis artificiels… où puise la création ? De l’art brut aux années pop : 4e opus présentant la collection conservée à l’hôpital Sainte-Anne à Paris.
Le livre Ce quatrième volume de la série De l’art des fous à l’oeuvre d’art consacrée à la Collection Sainte-Anne fait suite à la présentation générale du fonds (vol. 1) et aux oeuvres de la première moitié du XXe siècle (1900-1939, Du réalisme au fantastique, vol. 2 ; 1939-1950, Une collection venue d’ailleurs, vol. 3).
Intitulé 1950-1970 – Le comble du vide, ce nouveau catalogue raisonné interroge les processus de création qui semblent être pour l’artiste – amateur ou confirmé – tantôt inhérents, tantôt étrangers à lui-même. Le comble du vide redonne une place aux oeuvres de Fikret Moualla, Maurice Blin, Charles Schley… ainsi qu’à celles des « oubliés de 1950 » mises à l’écart pour non-conformité par les tenants de l’art brut ou par ceux qui croyaient en l’existence d’un art psychopathologique, à l’heure de la première exposition internationale du même nom.
Présenter la Collection Sainte-Anne au travers d’une démarche chronologique et documentaire répond à la nécessité de situer les productions qui la constituent dans une double histoire : l’histoire de ces artistes, dont il ne reste parfois que quelques éléments biographiques, et celle de l’histoire de l’art dans laquelle, envers et contre toute idée reçue, ils s’inscrivent. L’auteur
Anne-Marie Dubois est psychiatre praticien hospitalier, responsable de l’unité d’art-thérapie à la clinique des maladies mentales de l’encéphale (CMME), au Centre hospitalier Sainte-Anne, à Paris. Elle est conservateur de la Collection Sainte-Anne et secrétaire générale du Centre d’Étude de l’Expression (CEE).
Vol. 1 Histoire d’une collection
Le premier volume constitue l’introduction à la série des ouvrages consacrés aux oeuvres de la collection de l’hôpital Sainte-Anne. Créée en 1954 par Robert Volmat, elle comporte près de 70 000 pièces. Ce premier volume présente l’histoire de cette collection singulière et une synthèse des discussions qui autour du lien entre création et maladie psychique.
Septembre 2007 ISBN 978-2-846-08216-7 304 p. illustr. coul. Relié cartonné – 22,5 x 29 cm – 39 euro TTC
Vol. 2 1900-1939
Du Réalisme au fantastique Le deuxième volume est consacré aux oeuvres les plus anciennes de la collection, celles dont les auteurs ont vécu au début du XXe siècle. Docteur Paul-Ferdinand Gachet, Émile Gros Brun, Auguste Millet, celle dont on ne connaît que les initiales HAR, Guillaume Pujolle et bien d’autres…
Septembre 2008 ISBN 978-2-846-08217-4 208 p. illustr. coul. Relié cartonné – 22,5 x 29 cm – 39 euro TTC
Vol. 3 – 1939-1950
Une collection venue d’ailleurs L’année 1950 est celle de la Première Exposition internationale d’Art psychopathologique et des nombreux dons qui s’ensuivirent, venus de Brésil, de l’Inde et d’ailleurs. Ce catalogue raisonné aborde une période clé dans l’histoire des mouvements artistiques qui l’ont animée, avec la naissance du concept de l’art brut et celle de la notion d’art psychopathologique.
Août 2009 ISBN : 978-2-846-08218-1 208 p. illustr. coul. Relié cartonné – 22,5 x 29 cm – 39 euro TTC
un livre essentiel pour qui veut comprendre l’art contemporain actuel
Il est encore nettement difficile, aujourd’hui, de se rendre compte de l’importance des créations lettristes face à la multitude des mouvements d’après-guerre. Mais, dans un souci d’historicité, il est nécessaire d’accorder la primauté de tel ou tel mouvement au regard de sa production et de son intérêt théorique. C’est, dans ce schisme intellectuel, que nous allons mesurer les efforts des derniers résistants de l’art.
Cette étude couvre une période assez large de l’histoire du Lettrisme (plus de soixante ans) et confronte leur système de pensée aux autres groupuscules qui ont traversé l’histoire. Situationnisme, Fluxus, Art conceptuel, Nouveau Réalisme, Happenings, et même Dada, seront observés avec la plus grande minutie afin de déceler les failles mais aussi les rapprochements de leurs réflexions avec le groupe lettriste. Lettrisme. Le bouleversement des Arts est LE FRUIT DE TROIS ANS D’UNE IMPORTANTE ÉTUDE CONSACRÉE AU MOUVEMENT D’ART LE PLUS RÉVOLUTIONNAIRE ET PAMPHLÉTAIRE DE NOTRE ÉPOQUE.
Ce livre bouscule, reste ouvert aux polémiques, propose des interrogations vives et une remise en cause préalable de notre savoir par ces données indispensables et restées obscures depuis bien trop longtemps.
« Le fameux texte Introduction à l’esthétique imaginaire d’Isou est, en fonction de son contenu et son ancienneté, un des manifestes les plus révolutionnaires et systématiques qu’ait connu l’art dans cette deuxième partie du siècle. Ce texte, écrit en 1956, soit plus de quatorze ans avant la venue de l’Art conceptuel, redéfinit l’art comme un domaine culturel qui doit évoluer vers une virtualité sans mobile extérieur. L’art s’astreint de matériaux pour s’immiscer dans un imaginaire infini, dépassant les restrictions formelles du Dadaïsme, du Surréalisme et des autres formes artistiques. Isou, dans ce texte, nous donne les solutions pour se libérer de l’approche concrète de l’art : “Le calcul de l’infini lettrique nous permet de reculer sans cesse les limites acquises du phonème et de nous placer résolument sur le plan virtuel.” »
Beaucoup de connaisseurs, d’artistes et même d’amateurs pensent que le Lettrisme, conformément à ce que laisse entendre son étymologie, est un mouvement artistique consistant à renoncer à l’usage des mots pour s’attacher à la poétique des sons, des onomatopées, à la musique des lettres. Or, cette définition est très réductrice. Si cette avant-garde a, effectivement, vu dans le phonème un moyen de clore le chemin parcouru par les Surréalistes, Breton en tête, cette phase n’a duré que très peu de temps. Le Lettrisme, force d’innovation extraordinaire dans la vie intellectuelle des années 50 et 60, s’est très vite étendu à tous les domaines, tentant même de créer d’autres systèmes de valeurs…
ISIDORE ISOU, d’origine roumaine (il naît en 1925 à Botosanie), arrive en 1945 à Paris, capitale des Arts, dans l’intention de faire connaître ses découvertes qu’il juge essentielles au monde littéraire. C’est à cette époque qu’il rencontre Jean Paulhan, Gaston Gallimard, Jean Cocteau et André Gide qui s’écria un jour : « Je suis lettriste ». LE LETTRISME est de fait un MOUVEMENT LIBÉRATEUR ET ÉMANCIPATEUR, INITIÉ PAR ISOU, DÉMONTANT UN À UN TOUS LES PRINCIPES DOGMATIQUES AGENCÉS PAR LE PROMOTEUR DU SURRÉALISME, ANDRÉ BRETON.
Le combat des chefs naît aux alentours des années 50. Isou fréquente Breton et le somme d’entrer dans le Lettrisme mais celui-ci n’accepte pas les nouveaux préceptes du jeune révolutionnaire : déconstruire la poésie à mots pour une poésie à lettres, former un nouvel agencement de signes nommé hypergraphique et promouvoir une nouvelle idéologie politique et économique. Le vieux souverain voit d’un mauvais oeil l’arrivée du jeune prince, tout aussi totalitaire dans ses choix que l’était Breton lui-même. Isou fonde son école, multiplie les théories et s’entoure de jeunes disciples désireux de bouleverser la société. Le scandale lettriste agite le monde intellectuel de Saint-Germain-des-Prés au travers de manifestations aux propos virulents, provocateurs, introduisant de plein fouet le Lettrisme dans le monde de l’Art et des Lettres.
GABRIEL POMERAND, MAURICE LEMAÎTRE, FRANÇOIS DUFRÊNE iront seconder le nouveau pape de l’esthétique dans sa volonté farouche de transgresser les vieilles valeurs normatives au profit de son système de pensée.
La poésie lettriste se propage partout, la lettre devient la particule ultime marquant une nouvelle étape dans l’évolution de la littérature et dénonçant les mots à combinaisons aléatoires provoqués par l’absurdité dadaïste et les rêves surréalistes. 1949 est l’année où Isou fonde un système économique soumettant l’idée de forces révolutionnaires issues de la jeunesse (les écrits du Soulèvement de la Jeunesse annonceront les évènements de 1968. Guy Debord se joindra dès 1951 à ce désir renouvelé de lutter contre le pouvoir en place).
Isou est un créateur hors norme. Il est successivement écrivain (il sort chez Gallimard Introduction à une nouvelle poésie et à une nouvelle musique), peintre de l’hypergraphie (la multiplicité des toiles en atteste), poète, metteur en scène (il crée la pièce La Marche des jongleurs), philosophe (il est l’auteur de la Créatique, vaste écrit de plus de 1500 pages utilisé comme méthode de création intégrale), théoricien de l’économie, de la psychologie et de l’érotologie poussant ses thèses au-delà de Bataille et de Sade. Il se tourne en 1951 vers le cinéma avec le très célèbre Traité de bave et d’éternité que la plupart des cinéastes de la Nouvelle Vague ont pu voir. Homme d’esprit universel, il ne cessera jamais de créer et d’agir pour activer ce qui restera LE DERNIER GRAND MOUVEMENT D’AVANT-GARDE APRÈS LE SURRÉALISME.
Dans le domaine esthétique, plusieurs révolutions verront le jour : celles de transformer l’outillage de l’art (n’importe quel élément peut se conformer à l’acte de création grâce à ce qu’il nomme la méca-esthétique en 1952). Puis, en 1956, il fonde L’ESTHÉTIQUE IMAGINAIRE, FULGURANCE DANS L’HISTOIRE DES ARTS, QUI VA DÉTERMINER DES DONNÉES CONCEPTUELLES ISSUES DE LA SEULE IMAGINATION DES ARTISTES ET DES AUTEURS. Cette notion dépasse de loin les inventions les plus folles de la plupart des artistes conceptuels américains arrivés dans les années 1960 (à l’instar des protagonistes de la célèbre exposition de Berne, Quand les attitudes deviennent forme, en 1969, dont le slogan proclamait « Live in your head »).
L’ART, GRÂCE À ISOU, DEVIENT DONC IMAGINAIRE. Isou propose, en 1960, la notion du cadre supertemporel qu’il détermine comme un « cadre de production destiné à attirer des collaborateurs en nombre illimité et infini ». L’interprète de l’oeuvre d’art pourra ainsi proposer à divers individus de prolonger celle-ci dans le temps. « L’oeuvre supertemporelle commence à vivre à partir de la signature » dira Isou. LE CHAMP ARTISTIQUE S’ÉLARGIT ET DÉVOILERA, PAR LÀ-MÊME, SA DIMENSION INFINIE ET RÉUNIFICATRICE. Les découvertes surprenantes d’Isidore Isou vont, à l’époque, briser le carcan du genre surréaliste en démultipliant les expressions de l’art, à tel point QU’AUJOURD’HUI ENCORE SES INNOVATIONS RÉSONNENT DUREMENT AU COEUR DES COMBATS QUE LIVRE L’ART CONTEMPORAIN.
Travaillant dans une agence d’événementiel spécialisée dans la culture, il poursuit, parallèlement à ses activités professionnelles, des recherches sur les avant-gardes artistiques, dont il est spécialiste.
Pour lui, le Lettrisme est un mouvement d’avant-garde visionnaire. Pas au sens d’une vision fantasmée et fantasque, mais au sens où il est un anticipateur de concepts dépassant les réalisations les plus tardives. Et ce, dans tous les domaines. Pour Guillaume Robin, il est important de montrer, alors que peu d’entre nous le savent – et c’est ce qu’il souhaite faire en publiant ce livre –, combien le Lettrisme a pu apporter à la vie intellectuelle des années 50 et 60 et, surtout, combien il peut encore nous apporter. Il est actuellement en préparation d’un second essai sur les peintres oubliés.
Lettrisme. Le bouleversement des arts de Guillaume Robin
ISBN : 9782705670955
Collection « Savoir Lettres » dirigée par Arthur Cohen et Patrick Née
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