Poésie

Les lauréats du Prix Littéraire et du Prix de Poésie de la Vocation 2011

Les lauréats du Prix Littéraire et du Prix de Poésie de la Vocation 2011

Posté le 12 juin 2011 à 10:53

Le Prix Littéraire et le Prix de Poésie de la Vocation 2011 ont été remis sur les terrasses de Publicis le jeudi 9 juin.

DEUX LAUREATS POUR UN SEUL PRIX :

Deux candidats n’ayant pu être départagés par le jury, c’est le prix littéraire de la vocation 2011 qui a été partagé entre Kaouther Adimi « L’envers des autres » paru aux éditions Actes Sud et Pierre Ducrozet « Requiem pour Lola rouge » paru chez Grasset. Le prix est doté de 7700 euros qu’ils se partageront.

Le Prix de poésie a été attribué à l’unanimité à Blandine Merle, 30 ans, pour son recueil « Par obole » qui paraîtra à Cheyne Editeur dans la collection « Vocation » en décembre 2011/ Le prix est doté de 3100 euros.

Kaouther Adimi « L’envers des autres »

Présentation de l’éditeur  : Alger, centre-ville, début du XXIe siècle. Adel et Yasmine, frère et soeur, étaient proches, enfants. Ils ont grandi, changé, ils n’arrivent plus à se parler. Ils s’aiment en silence, entre une mère acrimonieuse et une aînée échouée là avec sa famille, qui peint à longueur de journée comme on s’invente un ailleurs. Au pied de l’immeuble, du haut des balcons et jusque chez eux, on les observe, on commente : ils sont différents, trop beaux et peut-être un peu trop libres, c’est insupportable. Dans une société étriquée par les convenances, dans un pays qu’on quitte plus facilement qu’on ne l’aime, être simplement soi-même est un luxe auquel la jeunesse n’a pas droit… Porté par une construction polyphonique croisant des voix qui ne se rencontrent jamais, L’envers des autres est un roman sensible, violent et lucide, dont la noirceur n’est adoucie que par les naïves rêveries d’une fillette en ballerines de toile.

Biographie de l’auteur : Née en 1986 à Alger, KaoutherAdimi a./air ses études en Algérie avant de venir à Paris, où elle vit depuis deux ans. Ses nouvelles ont été distinguées par le prix du jeune écrivain francophone de Muret (2006 et 2008) et par le prix du Festival inter-national de la littérature et du livre de jeunesse dAlger (2008). L’envers des autres est son premier roman.

  • Broché: 128 pages
  • Editeur : Actes Sud (1 mai 2011)
  • Collection : Domaine Français
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2742797254
  • ISBN-13: 978-2742797257

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Pierre Ducrozet « Requiem pour Lola rouge »

« J’en étais alors à me regarder pousser les cheveux. Le soleil commençait à m’emmerder sérieusement, et la pluie aussi. »

Telle est l’existence du jeune P., qui vit d’expédients et de petites magouilles à Montmartre. Jusqu’au moment où apparaît Lola. Lola brune, Lola aux cheveux courts, Lola à l’œil malicieux. Et Lola paranoïaque. Elle entraîne P. dans une série de voyages fantasmagoriques, de Lisbonne au Viêtnam.

Roman de la fuite et de la contestation – celle de la réalité et des prisons qu’on appelle vies –, Requiem pour Lola rouge révèle un jeune romancier plein de lyrisme et d’ironie, qui entre de la plus brillante des manières dans la littérature française.

Né en 1982, Pierre Ducrozet vit à Barcelone. Il a publié un livre pour enfants. Requiem pour Lola rouge est son premier roman.

  • Broché: 180 pages
  • Editeur : Grasset (1 septembre 2010)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2246773318
  • ISBN-13: 978-2246773313

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Photo by Jean Marc Lebeaupin pour ArtéMédia

Apprenons à lire de Safia Bahmed-Schwartz

Apprenons à lire de Safia Bahmed-Schwartz

Posté le 23 mar 2011 à 3:58

«Apprenons à lire» est un coffret de petits livres de poche écrits, publiés et illustrés par Safia Bahmed-Schwartz. Ces recueils de poésie en prose sont un savant mélange entre le journal intime et le carnet de bord. L’auteur parvient brillamment à nous présenter avec pureté et liberté un environnement, une vie, des sourires, mais aussi des souffrances. C’est avec une aisance déconcertante que le lecteur se retrouve transporté dans un monde à part. Un monde construit par la description d’un squat parisien, par des citations d’Alberto Giacometti, par des références aux cultures religieuses au travers des yeux d’une enfant, par des questionnements. Au biais d’une écriture fragmentée Safia Bahmed-Schwartz parvient pages après pages à nous surprendre et nous captiver. Chaque tome est écrit comme un bimensuel, le tout forme une année de vie, d’écriture et d’émotion. Les pages sont parfois uniquement parsemées de quelques mots, parfois de plusieurs paragraphes qui décrivent une seule et même sensation. Apprenons à lire» comme le titre d’un manuel scolaire. Un coffret de textes pleins de fraicheur et de malice au travers duquel Safia Bahmed-Schwartz nous offre très modestement, l’opportunité de réapprendre à voir le monde qui nous entoure.

Safia Bahmed-Schwartz est née en 1986 à Strasbourg (France).

Dès l’âge de 5 ans, son quotidien prend un premier tournant culturel lorsqu’elle emménage à New York avec ses parents. Elle suit un parcours scolaire dans une école française, où dès lors, la littérature prend une place majeure dans sa vie. Dans ce nouveau cadre, Safia découvre l’art et le cinéma, chose qui fera naître en elle l’ambition évidente d’évoluer dans ce domaine.

Ses parents décèdent tragiquement dans l’incendie de leur appartement, elle a alors 17 ans.

Elle revient vivre en France, à Strasbourg, chez ses grands-parents, et est acceptée à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs. Malgré son intéressante production plastique, c’est avec un projet d’autobiographie imaginaire qu’elle sort diplômée à l’âge de 22 ans.

Son destin l’amène cependant à reprendre la route des Etats-Unis, en Californie cette fois-ci, où son inspiration et sa culture se renforceront grâce à la découverte de nouvelles villes et de nouveaux visages. Elle vit quelques temps chez un couple d’artistes à Los Angeles, où elle commencera l’élaboration des livres «Apprenons à lire». Ce sont les conversations avec ses amis artistes, et l’envie de partager ses pensées, tant autour de sa vie que de ce qui l’entoure, qui la motivent. En parallèle, elle dessine tous les jours dans de petits carnets noirs et achève aujourd’hui avec ceux-ci un recueil symbolisant une autre partie de sa création artistique.

A 23 ans, de retour à Paris, Safia crée la maison d’édition BAHMED&SCHWARTZ en hommage à ses parents. Elle expose ses différentes oeuvres à New York, Milan, Londres et Berlin. Elle envisage maintenant de publier de nouvelles oeuvres personnelles, ainsi que des ouvrages produits par ses différentes rencontres, tant écrivains qu’artistes.

Au sujet de la biographie :

Voici le texte que nous a envoyé Safia Bahmed-Schwartz afin de répondre à ses détracteurs. La biographie présente dans cet article  n’est ni vrai, ni fausse, tout en tentant de cultiver un personnage artistique, elle tend à se placer dans la lignée de ses contemporains afin de conserver une part d’anonymat.

« Michel Houellebecq avait déclaré sa mère morte dans une interview, cette dernière était alors bien vivante. Michel Houellebecqu a pourtant remporté le plus prestigieux des prix littéraires français, le prix Goncourt, pour lequel il était régulièrement cité depuis dix ans.

Joseph Beuys était pilote lorsqu’il s’écrasa en Crimée. Ce moment a été pour lui celui de l’instauration de sa légende personnelle : Beuys raconta que, recueilli par des nomades tatares qui l’avaient nourri de miel, il était revenu à la vie, recouvert de graisse et enroulé dans des couvertures de feutre. Ces éléments qui lui auraient sauvé la vie deviendront récurrents dans sa production artistique.

Booba né Élie Yaffa dans les Hauts-de-Seine d’un père d’origine sénégalaise et d’une mère Franco-marocaine confirme dans une interview qu’il est de confession musulmane et dément être de confession juive. Cela semble démenti par les paroles d’une de ses chansons Gun In My Hand en collaboration avec Akon, « Paraît que je prends de la coke, paraît que je suis en prison, paraît que je suis juif »

Certains mentent pour se créer une mythologie personnelle, avec une vraie portée artistique, et d’autres pour régler des comptes ou se cacher d’erreurs commises.

La question est donc de savoir pourquoi on ment, ou plutôt pourquoi on croit les mensonges. »

Extraits:

«Jas, je t’aime» «Tous à Grenoble» «Salle pute» «Nick Nicolin» «Voleuze d’enfant» «Fuck Sarko» «Grosse Soirée» «Vive Courbis» Cette ville, c’était facebook à l’échelle 1.

« Quand on sera tous morts, Dieu se passera les films de nos vies en cassettes VHS sur son magnétoscope pour savoir si oui ou non on peut aller au paradis. »

« Le prince charmant n’existe que sur le logo Ralph Lauren. »

« Je me frictionne les yeux fermés, les bras, le dos, ensuite les seins et le ventre, puis les cuisses, les fesses et pour finir les mollets et les pieds. Le tout dans une atmosphère embuée, l’eau brûlante coule à flots, et de la même manière que la mousse sur mon corps, les idées prennent forme. D’ailleurs c’est sous la douche que j’ai écrit ce recueil. »

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à « l’Homme qui marche » d’Alberto Giacometti par André et Juliette Darle

à « l’Homme qui marche » d’Alberto Giacometti par André et Juliette Darle

Posté le 26 fév 2010 à 11:15

à « l’Homme qui marche » d’Alberto Giacometti

à Laurent Terzieff, qui aura gardé souvenir de la rue François Guibert (*),aujourd’hui disparue.

Un soir dans l’atelier de Jean Carton, rue François Guibert, Alberto Giacometti s’exclama : « Mais toi, tu sculptes des géants! » Il n’en était certes rien, mais cela répondait sans doute à l’état d’esprit d’Alberto, à ses interrogations,à ses angoisses démesurées. Ces années-là, alors que la jeunesse et la création comme jamais semblaient habiter leur image, des amis s’en allèrent.

Roger Vailland et Tristan Tzara, entre autres, quittèrent trop tôt ce monde et un matin Alberto Giacometti téléphona partout où Juliette pouvait se trouver, il désirait nous rencontrer. Ce qu’il nous dit, le soir venu, dans ce bar de la rue d’Alésia où il avait ses habitudes, ne manqua pas de surprendre. Calmement, il nous fit le récit de ses voyages, de ses relations avec les médecins, de la façon dont il venait d’apprendre le nom du mal inquiétant qui allait l’emporter. Et Giacometti bifurqua aussitôt sur le travail en cours à l’atelier… En sortant tous les trois dans la nuit et le vent de ces quartiers du sud, mêmeles lumières et les rumeurs de la ville nous semblèrent différentes. Une certaine fragilité de la vie pénétrait nos consciences. C’est bien autrement sans doute qu’allait continuer la chanson.

André Darle

(*) Le sculpteur Jean Terzief et le peintre Krémégne avaient également leur atelier rue François Guibert.

Pablo Picasso avec à sa droite André Verdet et le journaliste Pierre Barlatier Photo : © André Darle – Le Temps des Poètes

ASCÈSE à Alberto Giacometti

Regard perdu sous les siècles Le grès rouge des colonnes plonge en mer à l’infini

Si lourds le vide l’absence l’inertie d’argiles mortes

L’obstination minérale vers la traversée du temps et de l’espace désert

Hautes figures en marche contre leur ombre portée

Contre un vent dur qui dénude la fibre d’une ossature la sécheresse du souffle

Juliette Darle

Poème extrait de « Figures d’avant l’aube », dessins de Sarah Wiame, préface de Suzanne
Ravis (Editions Céphéides)

Photo : André Villers

Juliette Darle

Juliette et André Darle vivent et travaillent le verbe et la poésie à Paris dans le 20 ème Arrt

Juliette Darle

Itinéraire d’une non-conformiste

Poète reconnue d’emblée, comme on dit, par quelques-uns des plus grands. Ecrivain, amie des peintres. Auteur d’une vingtaine de livres.

Après un long silence éditorial, Juliette Darle reprend en 1998 une publication régulière avec FIGURES D’AVANT L’AUBE, des poèmes qui remettaient à l’honneur le vers heptasyllabe et offraient une stèle à des amis disparus (SILVIA MONFORT, ALBERTO GIACOMETTI, FERNAND LÉGER, JEAN LURÇAT, BRASSAÏ…)

En dépit de l’étrange phénomène qui fait sans doute du monde de la poésie le dernier bastion de la misogynie, elle publiera prochainement LES PORTES DU TEMPS, un long poème pour saluer le troisième millénaire, avec à nouveau l’heptasyllabe régnant.

Initiatrice (avec André Darle) du Mouvement de la poésie murale, elle anime un Festival annuel de poésie, la remise du PRIX TRISTAN TZARA (fondé à l’initiative d’André Darle) et, pendant toute une époque, LE TEMPS DES POÈTES, un magazine d’information et de création.

Qu’un lieu présente en permanence l’oeuvre des poètes et de leurs complices peintres, photographes et autres, un lieu d’expression et de rencontres, tel est l’actuel chantier de Juliette et d’André Darle. Un projet d’envergure, celui du CENTRE FRANCOPHONE DE POÉSIE MURALE.

Salués par un BLAISE CENDRARS, un PAUL ÉLUARD ou un LOUIS ARAGON (Excusez du peu!), publiés à la même époque par EDMOND JABÈS au Caire, les premiers poèmes de Juliette Darle parurent chez Seghers et aux Editions André Silvaire.

Aragon les avait tout d’abord présentés dans l’hebdomadaire littéraire qu’il dirigeait, dans plusieurs revues, dans l’un de ses propres livres.

(Si Louis Aragon contribua à révéler de nombreux jeunes écrivains, Jacques Roubaud, Philippe Sollers ou Mathieu Bénézet par exemple, Juliette Darle aura été en poésie l’une des rares voix féminines à retenir son attention).

Par ailleurs, sous l’égide d’un peintre brésilien, VINCENT MONTEIRO, un jury de poètes (LUC BÉRIMONT, PIERRE SEGHERS, EDMOND HUMEAU, GUILLEVIC, GEORGES-EMMANUEL CLANCIER …) décernait à Juliette Darle le Prix du Salon de poésie réservé à un jeune poète.

Avec PIGNADAS ( «Un grand poème», écrit LOUIS ARAGON), Juliette Darle donne à lire 3000 alexandrins avec les déferlements, les passions et les peines dune région de pins et de malheur, dans ces landes de Gascogne où lépopée soudain renaissait en poésie.

Cest une forme et un ton bien différents qui sexpriment dans la suite écrite à partir des fresques de PABLO PICASSO.

Mais avec INTERMEZZO ou LES CHANTEURS DE CHARME, elle retrouve lalexandrin, manie l’ironie (une rareté dans la poésie féminine) et de son chant semble sourdre un romantisme amer.

Après un tel départ, il y eut d’autres découvertes, des chemins qui se croisent. Juliette Darle rencontre PAUL ÉLUARD et PABLO PICASSO. Dans l’atmosphère étrange et changeante des ateliers et des nuits de Montparnasse, elle dialogue avec ALBERTO GIACOMETTI, elle publie ses entretiens avec FERNAND LÉGER, elle découvre des oeuvres très singulières et des artistes encore peu connus.

Un monde s’ouvre à la jeune provinciale venue à Paris pour étudier en Sorbonne et préparer son départ pour les Indes. Elle écrit, interroge, témoigne et publie dialogues et récits. Par exemple LÉONARD ET LA MACHINE VOLANTE (dont l’édition devait atteindre les grands tirages) ou divers livres de prose, préfacés parfois par des aînés inattendus et prestigieux: ALFRED KASTLER (Prix NOBEL de physique), JULIEN CAIN (directeur de la Bibliothèque Nationale), LOUIS LEPRINCE-RINGUET, d’autres encore, pas forcément disparus.

Le passage à Paris de BERTOLT BRECHT lui laissera une impression poignante et drôle. Ce qui la conduira à une réflexion nouvelle sur la création poétique et la détermina peut-être à accepter l’offre de se joindre à une troupe théâtrale. Qui avait programmé pour un mois une pièce de Brecht. Mais Juliette Darle orchestra une telle campagne de presse que l’oeuvre de Brecht demeura plus de six mois à l’affiche du théâtre Marigny.

Avec ROGER PIGAUT, SERGE REGGIANI et JACQUES RISPAL, ses complices d’alors, elle présente ensuite un spectacle de poésie sur diverses scènes de Paris et de banlieue.

Sur le thème du racisme, elle écrit «LE CHANT DES HOMMES», un spectacle interprété au Théâtre RÉCAMIER, avec LOLEH BELLON, ROGER BLIN, JEAN MERCURE, JEAN NEGRONI, LAURENT TERZIEFF, BACHIR TOURÉ, JEAN WIENER, FRANCIS LEMARQUE, HÉLÉNE MARTIN…

Le Prix du Salon de Poésie 1964 est remis à un jeune poête (Juliette Darle) et à un ainé (Claude Sernet). Agence Universal Photo

Originaire de la Marche limousine (et l’on sait que cette province donna naissance à BERNARD DE VENTADOUR), Juliette Darle a toujours eu l’attirance du poème dit, du chant bien sûr, et celle aussi de ces vers que l’on découvre sur les murs.

Chateau des Stuarts à Aubigny-sur-Nere

TROUBADOURE DE L‘AN 2000

Comme toute création originale, la poésie murale devançait son époque. Juliette Darle en avait eu l’intuition, et cela devait l’éloigner un temps du circuit classique du livre. Aussi refusait-elle la publication, même quand un responsable des éditions BELFOND lui redemandait chaque année «un livre» pour sa collection. (De cela il reste des traces, des lettres, ou plus curieusement des dédicaces …)

Ses poèmes apparurent dans des dizaines de «poésies murales» conçues par des peintres, des photographes, des sculpteurs…

Elle publie des livres de bibliophilie, dont «STERNE DES SOLITUDES», avec des sérigraphies de PATRICE POUPERON (Éditions des BIBLIOPHILES DE FRANCE), conservé dans les Collections du Musée Condé, au Château de Chantilly et «ARBRE HAUTE MÉMOIRE» avec dessins et collages de SARAH WIAME (CÉPHÉIDES), livre acquis par la BIBLIOTHÈQUE LITTÉRAIRE JACQUES DOUCET.

En compagnie de poètes ses amis, Juliette Darle sillonne la France, impose partout le poème sur les murs. Cela commence à BREST, au Palais des Arts et de la Culture. Elle ira ensuite à la Maison de la Culture de NEVERS, au Château de SAINT-OUEN, au Musée de MEAUX, à RUEIL-MALMAISON, à MENTON, au Château de FOUGÈRES, à BURES SUR YVETTE, ORLÉANS, LA COURNEUVE, ORSAY, LE PECQ, BOURGES (Palais Jacques-Coeur et Musée du Berry), à MASSY, MAISONS-ALFORT, MANTES-LA-JOLIE, à l’ÉCOLE NORMALE D’AUTEUIL, à BONNEUIL SUR MARNE, MITRY-MORY et trente autres villes. Puis, chaque printemps, au CHÂTEAU DES STUARTS à AUBIGNY-SUR-NÈRE. Dits ou chantés, les poèmes de Juliette DARLE firent irruption dans les spectacles qu’elle présenta à l’espace PIERRE CARDIN (avec CATHERINE SELLERS), aux Galeries Nationales du Grand Palais (avec MADELEINE OZERAY), dans la grande salle (archicomble) du MUSÉE DE L’HOMME (Palais de Chaillot), dans des bibliothèques de la ville de Paris.

Cette expérience de la scène la conduirait ensuite dans des cabarets du Quartier latin. Pendant plusieurs saisons d’hiver avec un chanteur à la guitare (ALAIN BUCI), elle impose le poème et retrouve ainsi une tradition oubliée depuis LE CHAT NOIR.

Avec PIERRE EMMANUEL, GUILLEVIC, TRISTAN TZARA, PIERRE SEGHERS et quelques autres, Juliette Darle participe à l’adaptation française des poèmes d’ATILA JOSEPH (Editions Seghers).

Deux étés consécutifs, Juliette Darle et le chanteur à la guitare parcoururent la Provence. Alain Buci chantait les textes de la poète, celle-ci disait ses poèmes dans un décor projeté du peintre LADISLAS KIJNO, avec des images d’ANDRÉ VILLERS, l’ami de Pablo Picasso devenu l’un des grands photographes d’aujourd’hui.

Là, sur la place du village, parfois devant des foules considérables comme à TRANS-EN-PROVENCE, ailleurs dans des chapelles (à ANTIBES par exemple, au-dessus de la plage de la Garoupe où la poète gardait souvenir d’être allée avec Picasso et d’autres amis), dans les salles des fêtes, les Maisons de Jeunes ou les théâtres, Juliette Darle intervenait devant des publics rassemblés à VALLAURIS, à DRAP, à CALLIAN et à BLAUSASC, à LORGUES, MONTAUROUX, SALON DE PROVENCE, à BEDOIN ou MORMOIRON…

Sur la Place de SEILLANS, non loin de l’atelier de Max Ernst, le mistral fut de la partie. CHRISTINE OCKRENT et BERNARD KOUCHNER étaient parmi les spectateurs, alors que des rafales de vent déversaient les pots de fleurs sur les premiers rangs.

Au stand du «Temps des Poêtes» : Gaston Miron, Juliette Darle, André Darle. (Salon du Livre, au Grand-Palais) Photo : Claude Bouquin

Dans les dernières années du siècle, certains suivirent les traces de Rimbaud. D’autres retrouvaient les chemins des troubadours. Surgissait alors un public dont on soupçonnait à peine l’existence.

Et de très loin reprise, la chanson continuait.

Juliette Darle et Aragon Photo : © Claude Bouquin – Le Temps des Poètes

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Courriel : Juliette Darle
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