Lors de son précédent album « Requiem pour un champion », Bertrand Boulbar nous emmenait dans le San Francisco des années. Cette fois-ci Boulbar à fait le choix de traverser une partie des Etats-Unis en emmenant dans son errance son matériel d’enregistrement. Ce road trip musical solitaire au départ de New-York avec pour destination finale San-Francisco s’appelle Motor Hotel (ROY MUSIC/UNIVERSAL).
Une voix douce rehaussée par des textes ciselés, évocateurs d’ambiances parfois glauques ou empreints de mélancolie, Boulbar nous plonge dans une sorte de rêve. Un songe que nous pourrions faire en suivant sa trace sur les longues highways, les yeux mi-clos, les pieds calés sur le tableau de bord, avachi sur le siège passager d’une Ford Torino.
Par une sorte d’alternance, cet album se décompose entre douceur et légère agitation, Le premier tempo, celui de la douceur, est donné sur « New-York – 6 heures du matin ». Cette douceur reviendra à la charge avec « Motor Hotel » et également sur « Dernier jour à San Francisco ». Le deuxième tempo, plus nerveux, même si celui-ci est encore très polissé, est celui de « Burnsville » et «De paquebots en épave ».
L’errance et la solitude, sont présentes tout au long de cet album mais comme il le dit si bien sur « Help me » : « …Juste suivre la route… », sans autre but précis que d’aller à la rencontre des populations et lieux traversés. Une sorte de fuite en avant inspiratrice.
La délicate et discrète vision de Boulbar peut sembler décalée voire peu édulcorée mais tellement réelle d’un pays aussi immense que diversifié. Une invitation musicale à la découverte d’un pays que l’on ne connaît que pour ses buildings et ses paillettes, un véritable documentaire sociétal. Un superbe projet.
« Sous le ciel de Paris », « Les grands boulevards », « Les feuilles mortes »… et bien d’autres grandes chansons issues de l’incroyable catalogue laissé par Yves Montand ! 20 ans après sa disparition, la musique d’Yves Montand, ancrée dans l’inconscient collectif et notre patrimoine culturel, résonne en toute fraicheur et sincérité, alors que l’on assiste actuellement à une véritable engouement pour le rétro et la guinguette. En interprétant ces grands succès inoubliables, Julien Dassin renouvelle les liens artistiques entretenus pas son grand père et son père, Jules et Joe Dassin avec Yves Montand. Accompagné par Florence Coste, rencontrée lors des représentations de la comédie musicale « Il était une fois Joe Dassin », Julien Dassin rend hommage à Yves Montand !
Montand était un Monsieur, avec un grand M.
Dans les années 50, star de la chanson et du cinéma, politiquement engagé, il a défendu ses idées, mais aussi des hommes.
Jules Dassin, le célèbre cinéaste américain, et père de Joe Dassin, a été l’un d’entre eux.
1951… Le réalisateur est accusé par la commission Mc Carthy d’être un « sympathisant communiste ». Il choisit de s’exiler, avec Béatrice , sa femme, et ses enfants, Julie, Rickie et … Joe.
Quand il arrive en France, Montand devient son premier soutien officiel.
1958… Les autorités américaines refusent à Montand un visa indispensable pour se rendre à New York. Il devient à son tour un proscrit.
Jules Dassin s’apprête à y tourner « La loi ». Le réalisateur l’impose alors dans son film, contre l’avis du producteur.
Parmi les figurants, il y a Joe Dassin, qui enregistre aussi la bande originale. Il s’agit d’un essai qu’il ne compte pas transformer. Il rêve de devenir metteur en scène, comme papa.
Le destin et le public vont en décider autrement.
2012… Julien Dassin, fils de Joe, et petit-fils de Jules, ajoute un lien à cette chaîne de fraternité.
Au fil des représentations de la comédie musicale « Il était une fois Joe Dassin », il partage sa passion pour les classiques de la chanson française, avec Florence Coste, l’une des jeunes interprètes du spectacle. C’est ainsi que leur vient l’idée d’enregistrer en duo, quelques-uns des refrains à succès immortalisés par Yves Montand.
Ils choisissent des titres qui, à leurs jeunes oreilles, demeurent résolument dans l’air du temps et offrent un coin de ciel bleu quand les nuages s’amoncellent dans les cœurs.
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Il y a quelque chose d’intemporel dans l’idée même d’une jeune femme qui chante avec sa guitare. Si Joan Baez et Joni Mitchell en ont créé l’archétype, des générations d’artistes, de Tracy Chapman à Laura Marling, l’ont entretenu. Non seulement Fatoumata Diawara se réapproprie à son tour cette image forte, mais elle la transpose dans une époque nouvelle, dans une autre culture, donnant ainsi une perspective résolument africaine au concept d’auteure-compositrice-interprète.
Avec la fraîcheur de son talent, un son bien à elle et une flopée de belles chansons, Fatoumata Diawara a publié le 1er octobre 2011 chez World Circuit son premier album Fatou. Grande, superbement élégante, au sourire radieux, elle mêle jazz et funk à un folk minimal. À travers une sensibilité pop instinctive, elle réinvente les rythmes rapides et les mélodies blues de son ancestrale tradition wassoulou. Au centre de sa musique, sa voix chaude et touchante, sa guitare rythmique et ses chansons magnifiquement mélodiques racontent avec force une vie bien remplie mais qui fut souvent difficile.
Damon Albarn, Toumani Diabaté, Herbie Hancock et John Paul Jones sont quelques-uns des musiciens les plus connus qui ont succombé au charme musical évident de Fatou, sa présence ayant illuminé les spectacles Africa Express, AfroCubism et le projet Imagine de Hancock.
Ayant grandi au Mali et résidant aujourd’hui à Paris, celle qu’on appelle simplement Fatou a déjà connu, à seulement vingt-neuf ans, toute la gamme des expériences africaines d’aujourd’hui ; elle s’est battue pour accomplir ses ambitions artistiques, elle a vécu les préjudices culturels subis par les femmes. Et puis, elle a rencontré le succès comme actrice avant de réaliser que son destin était dans la musique… Chant langoureux, picking hypnotique inspiré de la harpe wassalou et contrebalancé par un piano Rhodes en sourdine : Kanou en ouverture, donne le diapason de l’album. Bissa souligne par un groove funk discret une vision désabusée sur le droit qu’a une femme de choisir son conjoint, tandis que Boloco transcende par un chant plein d’amour le sujet difficile de l’excision, avec des touches de guitare et de luth ngoni joué par les jeunes musiciens Guimba Kouyate et Moh Kouyate. Le très entraînant Sowa, sur un tapis de percussions, raconte la pratique africaine de faire élever ses enfants par d’autres. Son message est fort : Avant d’envoyer vos enfants à la souffrance, regardezles dans les yeux !
En écoutant ce premier album dont elle a écrit toutes les chansons, leurs arrangements, et où elle assure en plus les choeurs et les percussions, on ressent une chaleur naturelle, une confiance et une spontanéité. C’est l’essence même de Fatou.
Bio
Fatoumata Diawara (tout le monde l’appelle Fatou) est née en 1982 en Côte d’Ivoire de parents maliens. Dès l’enfance, elle danse dans la troupe de son père ; elle rencontre un grand succès en exécutant l’extravagante danse didadi de Wassoulou, le pays de ses ancêtres au Mali occidental. Lors de son adolescence, son caractère indépendant lui fait refuser l’école et ses parents décident de l’envoyer – c’est une tradition africaine – vivre chez une de ses tantes à Bamako. Elle ne reverra pas son père et sa mère pendant près de dix ans.
Quelque temps après son arrivée, Fatou se retrouve sur un plateau de cinéma, à s’occuper du bébé de sa tante qui est actrice. Séduit par sa beauté, le metteur en scène lui confie une réplique dans le Pouvoir des femmes. Cela conduit Cheikh Omar Sissoko à lui confier l’un des rôles principaux de son film La genèse en 1999. Elle joue aux côtés du comédien Sotigui Kouyaté qui devient une référence dans sa carrière. À dix-huit ans, Fatou part à Paris pour jouer au théâtre dans Antigone de Sophocle mis en scène par Kouyaté. Après avoir tourné avec la troupe, elle retourne au Mali en 2001 pour le tournage de Sia, film dans lequel elle tient le rôle titre et qui raconte l’histoire d’une figure féminine légendaire d’Afrique occidentale. Il obtient un succès phénoménal dans de nombreux pays ; pour beaucoup de Maliens, de Guinéens, de Sénégalais et de Burkinabés, Fatou EST Sia. Mais malgré les propositions de rôles qui affluent, sa famille souhaite qu’elle se fixe et se marie… Fatou est alors contrainte d’annoncer en direct à la télévision qu’elle abandonne sa carrière d’actrice.
En 2002, le directeur de la compagnie Royal de Luxe vient à Bamako lui offrir un rôle dans son nouveau spectacle. Mais au Mali une femme célibataire n’a pas plus de droits qu’un mineur, et la permission de sa famille qui est requise lui est refusée. Après avoir réfléchi, Fatou décide de s’enfuir et parvient à embarquer dans un avion, évitant de justesse la police qui est lancée à ses trousses par sa famille pour « kidnapping ». Avec Royal de Luxe Fatou joue dans le monde entier. Pendant les répétitions et les moments de calme, elle s’amuse à chantonner en coulisses ; en l’entendant, le directeur la fait bientôt chanter pendant les spectacles. Encouragée par l’accueil du public, elle commence entre les tournées à se produire dans des clubs parisiens. C’est là qu’elle rencontre le musicien et producteur malien Cheikh Tidiane Seck qui la fait revenir au Mali pour faire les choeurs sur les albums qu’il réalise pour Oumou Sangaré (Seya) et Dee Dee Bridgewater (Red Earth). Fatou participe aussi aux tournées. À son retour en France, poussée par Rokia Traoré qui l’encourage aussi à jouer de la guitare, Fatou joue le rôle de Karaba dans la comédie musicale Kirikou et Karaba. Elle raconte en souriant : Une fille malienne avec une guitare acoustique, c’était une chose à la fois merveilleuse et audacieuse. Pourquoi la guitare serait-elle réservée aux hommes ? Fatou apprend donc la six cordes en autodidacte et commence à écrire des chansons. C’est là qu’elle comprend que la musique est sa vraie passion et qu’elle décide de s’y consacrer pleinement. Elle enregistre des maquettes sur lesquelles elle chante et joue tous les instruments. Oumou Sangaré la présente au label World Circuit, l’enregistrement de son premier album peut commencer..
Fatoumata Diawara interview Par Elisabeth Stoudmann. Paris, le 21 janvier 2011
Comment vous rappelez-vous votre enfance en Côte d’Ivoire ? Fatoumata Diawara : Ce fut une période assez mouvementée. Déjà toute petite, mon premier langage c’était la danse. Quand je ne dansais pas, mon père me disait : «qu’est-ce qui se passe, Fatoumata ?». Mais la danse a pris trop de place dans ma vie. Mon père avait une troupe de danse traditionnelle, et j’en étais le leader. Je créais les pas de danse et les adultes m’imitaient. Quand il y avait des manifestations ou que le président faisait une réception, ils me mettaient dans la foule et j’ouvrais les festivités. Puis je dansais toute la nuit. Les gens rigolaient, mais moi j’étais sérieuse. Cette danse s’appelle didadi. Elle est pleine d’énergie. Elle se fait dans la terre, en martelant avec les pieds et dégage beaucoup de poussière. Je ne pensais plus qu’à danser et je ne voulais plus aller à l’école.
Votre mère était-elle aussi impliquée dans cette troupe de danse ? Fatoumata Diawara : Petite, ma mère dansait et chantait. Malheureusement ses parents n’ont pas voulu qu’elle continue. Elle a été mariée à 19 ans. Et comme je suis sa fille aînée (la première de sept enfants), je pense que j’ai fait la révolution à sa place. Elle dansait seulement dans les manifestations et elle dansait très bien. Nous étions une trentaine d’enfants à la maison si l’on compte tous mes demi-frères et demi-soeurs. Mais je suis la seule à avoir choisi de devenir artiste.
Dans quelles circonstances partez-vous seule, adolescente, au Mali ? Fatoumata Diawara : Je suis partie en adoption parce que j’étais devenue trop active et trop libre pour mon âge. Mon besoin de m’exprimer tout le temps prenait des dimensions difficilement contrôlables pour mes parents. Je ressemble beaucoup à la mère de mon père. Pour cette raison, il m’a beaucoup gâtée. Étant enfant, j’avais déjà beaucoup d’attention pour mon père. Mais à la fin, les rôles s’étaient presque inversés. C’était mon fils et il ne me contrôlait plus. Alors mon père et ma mère ont décidé de m’envoyer chez une tante à Bamako. Et comme par hasard, c’était la comédienne de toute la famille Diawara.
Quels sont vos sentiments quand vous quittez vos parents pour aller à Bamako ? Fatoumata Diawara : J’aimais la découverte. J’ai toujours aimé les nouvelles choses, aimé aller de l’avant. Mais je me souviens encore du regard de ma mère qui était très, très triste. Elle savait ce qui se passait, Moi j’étais trop jeune pour me rendre compte que je partais pour longtemps. Je n’ai revu ma mère que quinze ans plus tard. Elle avait perdu deux enfants avant ma naissance. J’étais la troisième. J’étais un peu celle qui lui disait : «la vie est belle, ne pleure pas». Ma présence à côté d’elle était plus forte que ce que je pensais. J’ai compris avec le temps que j’étais bien auprès d’elle…
Votre tante est comédienne et vous amène sur un plateau. Que se passe-t-il alors ? Fatoumata Diawara : En 1996, elle partait en tournage dans le pays Dogon et venait d’accoucher. Je l’accompagnais pour faire la baby-sitter pour son fils. Je ne voulais pas être comédienne. J’aimais danser, j’aimais chanter. Je chante pour moi depuis que je suis toute petite. J’étais sur le plateau tous les jours et je me nourrissais de ce qui se passait. J’étais bien et je pense qu’ils l’ont ressenti. Le dernier jour du tournage le réalisateur dit qu’il aimerait que je sois dans son film parce que je les ai soutenus pendant tout le tournage. Il voulait m’intégrer à la scène finale. En Afrique, la coutume veut que d’autres réalisateurs viennent souvent assister au clap final. Sur ce tournage, ils sont venus à trois. Je ne disais qu’une phrase « Dina où étais-tu allée?», mais ils ont beaucoup aimé. Le film s’appelait «Taafe Fangan» (littéralement «Le pouvoir de la femme »). Le réalisateur était Adama Draboe qui vient de décéder. Paix à son âme. Dans ce film, les femmes sont en pantalon et les hommes en pagne. Ce sont eux qui portaient les enfants au lieu des femmes. Ces images étaient fortes. J’ai pris conscience qu’il est possible qu’un homme aide une femme, qu’une femme s’émancipe. J’étais là par hasard, mais je pense que c’est quelque chose qui m’a servi par la suite.
Vous rentrez à Bamako et vous allez à l’école ? Fatoumata Diawara : Ma tante n’a jamais prévu de m’envoyer à l’école. Je la servais comme une enfant, je l’aidais à porter ses enfants. Parmi les réalisateurs qui sont venus sur le tournage de « Taafe Fangan » il y avait Cheickh Omar Sissokho qui préparait son film «La Genèse». L’année suivante, il a repris contact avec moi pour me proposer le premier rôle dans son film. L’adaptation française de ce film était signée Jean-Louis Sagot-Duvauroux. C’est un homme qui a joué un rôle très très important dans ma vie. Il est écrivain, scénariste. Il vit à Paris. Quand il m’a croisé sur le plateau de Cheick Omar Sissokho, il a décidé que j’irais à l’école. Je jouais alors mon rôle sans connaître le scénario. Je savais un peu lire, mais on est parti du principe que je ne savais pas lire. De toute façon, j’étais trop jeune pour qu’on me donne le scénario entier. J’avais 15 ans et l’histoire est trop compliquée. C’est l’acteur Sotigui Kouyaté, qui jouait le rôle de mon père, qui me faisait répéter chaque soir ma scène du lendemain. Sotigui a aussi été une très forte rencontre, quelqu’un qui m’a beaucoup, beaucoup appris. J’ai découvert toute l’histoire de cette «Genèse» au moment de la première. Le réalisateur était surpris parce que bien que je ne connaisse pas l’histoire dans son entier, j’étais « juste » dans mes scènes. Ce fut le début de ma carrière de comédienne.
Entre temps-vous retournez à l’école ? Fatoumata Diawara : Jean-Louis Sagot-Duvauroux m’a payé pendant un an des cours particuliers pour que je rattrape mon retard Puis j’ai réintégré l’école. Il m’a fait comprendre que si je voulais pouvoir avancer, si je voulais pouvoir accomplir mes ambitions, je devais aller à l’école, apprendre à lire et m’intéresser au monde ! En fait, j’avais juste besoin que l’on m’explique. Je n’étais pas têtue. J’aime savoir. J’aime apprendre. Au final, j’ai fait mon bac.
Mais vous continuez à être actrice en parallèle ? Fatoumata Diawara : J’ai fait la Genèse en 1997, puis Jean-Louis Sagot-Duvauroux m’a proposé le premier rôle dans Antigone de Sophocle. Nous sommes partis avec la troupe Mandinka Théâtre répéter cette création à Paris en 1998. La première a été donnée début 1999.
Quelle est votre impression quand vous arrivez en France ? Fatoumata Diawara J’étais contente. J’avais l’impression de connaître déjà la France, comme si ça faisait partie des choses qui devaient arriver dans ma vie. Cette façon de vivre me plaisait. J’avais seize ans et les autres personnes de la troupe avaient plutôt dans les quarante ans. Durant toute mon enfance, je n’ai jamais eu de compagnons enfants, mais toujours des adultes. Enfant, je préférais rester avec mon père plutôt que jouer avec les autres enfants. Pendant cette période j’étais très proche de Sotigui Kouyaté qui avait alors plus de 50 ans. C’était un autre père en quelque sorte.
Quel effet cela vous fait de jouer dans la pièce classique Antigone alors que vous avez à peine 17 ans ? Fatoumata Diawara : Cela renforce le caractère ! Le théâtre a été mon école, il faisait le lien avec le passé, il parlait des grands thèmes : émancipation des femmes, révolution, éducation. Mais j’avais de la peine à me positionner dans ce monde d’adultes. Sotigui me disait tout le temps : «T’es une grande. Tu peux faire des choses !» C’est quelqu’un qui m’a aidé à avoir confiance, à savoir qui j’étais. Mon rapport avec Sotigui a duré deux ans Je pleurais souvent, Je me sentais trop jeune. J’étais un peu perdue, je me cherchais. Il me consolait et me disait : «Tu es plus forte que ce que tu crois. Ce n’est pas pour rien que tu es là !» Parallèlement, il y avait ce personnage d’Antigone, si fort, un personnage qui a porté toute une histoire. C’est sur ce plateau que j’ai arrêté de pleurer. Sotigui Kouyaté m’a appris que pleurer n’était pas une faiblesse, mais une façon de se nettoyer l’âme, une façon de se renforcer. Ça m’a servi jusqu’à présent. Quand c’est dur, je pleure et je continue. Sotigui m’a appris à grandir. Il m’a appris qu’on ne cesse jamais d’apprendre, que c’était bien d’accepter l’autre comme il est. Et c’est là, un soir en rentrant à l’hôtel que je me suis dit : « c’est le métier que je veux faire toute ma vie !» Jusque-là, les autres qui me choisissaient et là c’est moi qui ai choisi.
Arrivée à Paris, que faites-vous ? Fatoumata Diawara : Je suis tout de suite repartie pour le Vietnam. J’ai débarqué dans cette troupe de théâtre française où personne ne parlait bambara, Je découvrais l’Asie et je devais digérer le choix que je venais de faire. J’avais plein d’émotions, je n’avais pas eu de répit. C’est là que je me suis mise à chanter. Je savais que j’avais fait un choix radical, celui de l’émancipation. Un choix qu’aucune femme artiste de chez nous n’avait fait. J’avais dix-neuf ans, j’avais brûlé les étapes et je ne savais pas ce qui m’attendait dans le futur. Pendant les répétitions, je m’absentais, j’allais dans la cour et je chantais pour faire sortir l’émotion, pour respirer. Comme je chantais fort, tout le monde m’entendait, tout le monde m’écoutait. Et je ne m’en était pas rendue compte. Le metteur en scène a alors décidé de me faire chanter dans le spectacle. Pendant mes six ans au Royal Deluxe, j’ai toujours eu un interlude où je me déguisais et je venais chanter. Ce qui intéressait le metteur en scène, c’était ma voix. Il ne comprenait pas mes textes en bambara. Alors je mettais les mots que je voulais dedans. Pour me soigner, pour me guérir. Mon premier texte parlait de la difficulté d’être jeune en Afrique. J’y disais que la jeunesse est une forme de prison. Et je chantais ça tous les jours, a cappella, dans le spectacle. Cela dit, je continuais à me considérer avant tout comme une comédienne,. Après le spectacle, beaucoup de gens venaient me voir. Ils disaient qu’ils adoraient ce que je faisais et qu’ils revenaient voir le spectacle rien que pour écouter ma voix Ça se passait en Asie, comme en Corée du Sud, en France ou dans chaque ville où Le Royal Deluxe donnait ses spectacles. Avant, je chantais pour moi. Mais quand j’ai vu que le public arrivait à recevoir les petites caresses que je me faisais, je me suis ouverte, j’ai été d’accord de partager cette intimité. J’ai ouvert la porte au public.
À quel moment avez-vous commencé à penser que cela pouvait devenir un métier ? Fatoumata Diawara : Entre les spectacles du Royal Deluxe, on avait parfois un peu de temps. J’ai été engagée par Jean-Louis Sagot-Duvauroux pour une pièce à Paris. Là aussi, je commençais le spectacle par un chant. Un compositeur et producteur malien m’a vu dans le spectacle et m’a demandé de venir chanter en studio dans le cadre d’un projet dont il s’occupait. Je suis donc partie au fin fond de la banlieue parisienne pour poser ma voix. Abdoulaye Traoré, guitariste burkinabé qui vient de sortir le disque Debademba, a entendu ma voix. Il s’est dit «Il faut absolument que je trouve cette fille». Et un jour, il a sonné à ma porte et il m’a dit «Tu ne me connais pas, mais j’ai entendu ta voix et j’ai un morceau où je parle de ma mère et j’aimerais que ce soit toi qui la chante.». Il est rentré et on a tout de suite interprété cette chanson. C’est cette chanson qu’on peut entendre sur l’album Debademba. Quelqu’un a ensuite parlé de moi à Cheickh Tidiane Seck. Cheick est venu me voir dans un petit café, au Barock. Il m’a expliqué ce qu’il faisait et m’a proposé de travailler avec lui. J’avais plus de temps entre les spectacles du Royal Deluxe. Je me suis donc mise à faire les voix sur plusieurs de ses projets. Cheick m’a appris à faire les choeurs. Avant je ne chantais qu’en pleine voix, en leader. Et avec lui j’ai réappris ce que la plupart des chanteuses apprennent en premier lieu.
Comment avez-vous rencontré Oumou Sangaré ? Fatoumata Diawara : Au moment des répétions de l’Opéra du Sahel, Cheick Tidiane Seck était à Bamako pour le nouvel album d’Oumou Sangaré. Il est venu me prendre un soir et m’a amenée au studio où j’ai rencontré Oumou. ET elle me dit qu’elle a passé sa dernière tournée dans le car à regarder le film «Sia». Ayant été longtemps absente, beaucoup de rumeurs couraient sur moi au Mali. Oumou pensait que j’avais complètement disparu. Elle était vraiment contente de me rencontrer. Cheick lui a dit que je chantais et je me suis retrouvée à participer à son disque. On a bossé ensemble trois soirs de suite.
Une autre grande rencontre a été celle avec Dee Dee Bridgewater ? Fatoumata Diawara : J’étais rentrée en France pour un spectacle du Royal Deluxe. J’ai démissionné de l’Opéra du Sahel. Cheick Tidiane Seck avait également été l’arrangeur du disque « Red Earth » de Dee Dee Bridgewater. Trois ou quatre chanteuses maliennes avait participé à cet enregistrement. Il cherchait quelqu’un pour la tournée qui pouvait faire sur scène toutes ces parties vocales. Je suis donc partie en tournée avec Dee Dee Bridgewater pendant un an et demi. Ça c’était fort aussi. Oumou et Dee Dee sont les deux femmes que je côtoie et qui me font penser à ma mère. Elles n’ont pas d’ego, et m’ont respectée bien que je sois beaucoup plus jeune qu’elles. Elle me traitent d’égal à égal. Comme si nous avions un parcours commun. C’est en tournée avec Dee Dee que je me suis dit je chanterais toute ma vie. Dee Dee – comme Oumou – donne tout, à chaque représentation. Ça m’impressionnait. Je trouvais ça fabuleux de pouvoir chanter malgré tous les problèmes qu’elle avait pu avoir pendant la journée, malgré la fatigue, malgré un coup de fil contrariant. Le public était conquis parce qu’il sentait qu’elle lui avait donné le peu qui restait, tout ce qu’elle pouvait trouver au fin fond d’elle.
Pendant cette période, vous participez aussi à la comédie musicale Kirikou où vous jouez le rôle de la princesse Karaba ? Fatoumata Diawara : Je me suis de plus en plus impliquée dans la musique. Au Royal Deluxe, ils ont senti que j’évoluais, que je devenais un peu différente. Nous étions très complices avec Jean-louis Courcoult. Sur le dernier spectacle en Islande, il a senti que j’avais d’autres envies, que je voulais chanter. Arrivé à Paris, il m’a dit : «Tu sais que tu es libre, si tu veux chanter, vas-y. De toute façon, la porte te restera toujours ouverte. Tu fais partie de la maison». J’ai donc commencé à écrire mes chansons, Je jouais dans les bars à Paris. Je jouais avec Cheick Tidiane Seck, Oumou Sangaré, Dee Dee Bridgewater. C’est Rokia Traoré qui m’a appelée pour me proposer le job dans Kirikou.
Comment s’est passé l’expérience de Karaba ? Fatoumata Diawara : C’était fort. En jouant Karaba je pleurais tous les soirs. Il y a cette scène à la fin où on lui enlève l’épine dans le dos où elle crie. Ma voix c’est mon âme : quand je suis fâchée ma voix se casse. Quand je vais bien, elle s’ouvre. À quelques jours de la première, je n’arrivais pas à faire ce cri. Je pense que j’avais un peu peur. Je jouais le rôle de la méchante. J’avais peur que les enfants ne m’aiment plus. L’auteur, Michel Ocelot, m’a alors proposé d’enregistrer ma voix et de me faire jouer en playback. J’ai refusé alors même que ma voix n’étais pas revenue. Je ne savais pas pourquoi je disais non, mais je sentais que je devais le faire. J’ai compris plus tard que, à chaque fois que je criais, je me vidais de mon passé. J’ai compris que Karaba n’était pas une sorcière. C’était une femme qui avait une histoire lourde, qui avait souffert, qui avait été battue, violée, qui n’avait pas d’enfants. Une femme qui ne peut plus aimer et qui porte toute ça en elle… Avec ce rôle, j’ai réalisé que personne n’est méchante. C’est ta vie qui fait de toi, ce que tu es. Et j’ai compris tout ça à travers ce cri. Quand je criais, mes larmes coulaient et la salle pleurait en même temps. Les gens croyaient que je jouais, mais moi j’étais sérieuse ! J’étais face à ma vie. Ça se passait ainsi à chaque représentation. Je me suis rendue compte aussi que je n’avais jamais crié dans ma vie. Mon passé, si lourd soit-il, me donnait le droit de rire, mais pas de crier, de le partager pleinement. L’expérience de Karaka a été une libération. Moi, mon psy c’est ma voix. Elle me guérit.
Vous retrouvez Oumou Sangaré lors que vous jouez dans Kirikou? Fatoumata Diawara : Pendant le tournage de Kirikou, je reçois un autre coup de fil de Cheick pour me dire que Oumou cherche une choriste pour sa tournée. J’aime trop Oumou et j’ai dit oui alors même que je tournais encore avec Kirikou. C’était de la folie. Je me rappelle d’une date à Bordeaux où je jouais dans Kirikou à 19 h et avec Oumou à 21 h. Elle est allée voir le spectacle et juste après on est parti jouer. Et les comédiens sont venus voir le concert d’Oumou !
Est-ce que vous pensez que vous allez garder ces deux côtés, le côté artiste et le côté chanteuse ? Fatoumata Diawara : Je dois faire les deux. Au Mali être comédienne n’est pas reconnu comme un métier normal. Au Mali peu de jeunes veulent faire ce métier parce qu’ils voient ce que sont devenues les «anciennes» comédiennes. Elles ne sont pas mariées et n’ont pas d’enfants parce qu’elles sont jugées trop libres. Elles sont presque considérées comme des prostituées. Ou du moins comme faisant un métier qui n’est pas comme les autres. Moi, je veux de prouver que c’est un métier comme les autres, qu’on peut faire de la comédie, être mariée et avoir une vie tout à fait respectable. Ça fait partie de mes devoirs.
Et la musique c’est ? Fatoumata Diawara : Etre actrice, c’est expérimenter, la musique c’est ce que je suis. Ce disque c’est moi. Mon parcours d’actrice m’aide aujourd’hui quand je fais des concerts. Quel que soit le public, je n’ai pas peur. Je me sens à la maison. C’est fantastique d’être passée par là. J’ai brûlé les étapes
Comment situes-tu Oumou Sangaré dans l’histoire de la musique africaine ? Fatoumata Diawara : Elle à mi-chemin entre deux générations. Entre la génération de mes parents et la mienne. Par exemple le fait que je joue de la guitare me change un peu de la tradition Wassoulou. C’est quelque chose qui n’a jamais existé. J’essaie de faire comprendre que ma musique, la musique de Bougouni est accessible à tous. Je cherche le maximum d’ouverture tout en restant authentique, en gardant les mots traditionnels. J’ai fait beaucoup de collaboration, mais je reste Wassoulou. Tu me mets sur du jazz, je vais chanter Wassoulou, tu me mets sur de la techno, je vais chanter Wassoulou.
C’est Oumou qui t’a aidé à créer ces ponts ? Fatoumata Diawara : C’est plutôt Cheick Tidiane Seck. Il s’est beaucoup amusé à me déstabiliser musicalement. Il part en jazz et je dois rester avec la voix dans le pentatonique. Grâce à lui, je ne suis plus surprise ou déstabilisée maintenant. Désormais, je suis convaincue que toutes les musiques se parlent.
Ton style de guitare est aussi du Wassoulou ? Fatoumata Diawara : En fait je joue du kamele n’goni avec la guitare. J’ai joué avec des musiciens incroyables, mais ils ne comprennent pas mon ton. Même avec mes propres musiciens parfois, c’est difficile. Je chante toujours à contretemps. La voix et la musique ne sont pas sur le même chemin. Ce n’est pas voulu, mais apparemment c’est toujours comme ça. Inconsciemment je joue le rythme de mon village. Quand je prends la guitare ça vient. Et c’est pareil pour le chant. Oumou aussi fonctionne comme cela. Elle est née et a vécu à Bamako. Moi je suis née en Côtes d’Ivoire. Ma mère n’a jamais mis les pieds dans le Wassoulou et mon père parle le bambara de Côte d’Ivoire. Y a un accent, une langue légèrement différente dans le Wassoulou. Un dialecte en quelque sorte. À Bamako, on comprend ce que nous disons, mais ce n’est pas dit de la même façon. Oumou ne parle cette langue que quand elle chante. Elle est née à Bamako et elle a été peut-être deux fois dans sa vie dans le Wassoulou. Moi je viens de faire mon deuxième voyage. J’y suis allée pour la première fois en 2008. J’y suis allée parce que je ne comprenait pas pourquoi je parle cette langue uniquement quand je chante. Quand j’écris, tous mes textes me viennent avec une mélodie et dans cette langue. Alors que si je tiens une conversation, je ne peux pas la parler. Dans ce cadre-là, je vais parler un bambara « normal ». C’est un truc instinctif.
Comment est-ce que tu décides de te lancer et de faire un album sous ton nom ? Fatoumata Diawara : Je travaille avec mon groupe depuis plusieurs années. Depuis la période de Kirikou. Beaucoup de gens voulaient travailler avec moi, même des majors. Mais il y avait toujours quelque chose qui me retenait. Je faisais des concerts. Quand j’ai rencontré Nick Gold, je me sentais prête. Au Mali, il y a beaucoup de styles de musique. Chaque région a son style. Aujourd’hui, Oumou est la seule à représenter le Wassoulou. Elle a parlé de moi à Nick peut-être parce qu’elle pense aussi à une sorte de continuité. Et elle m’a fait comprendre que Nick était la meilleure personne pour entretenir cette culture, cette valeur et cette façon de chanter. D’ailleurs quand Oumou a été contactée par Herbie Hancock pour participer au titre « Imagine » sur le CD «The Imagine Project», elle a tout de suite demandé à ce que je participe aussi. Alors qu’on tournait ensemble, on a bossé pendant trois semaines toutes les deux. On travaillait dans le car. Et puis j’ai baissé les bras. Herbie Hancock, ça me faisait un peu peur. Oumou Sangaré a encore travaillé avec Cheick Tidiane Seck. Pendant l’enregistrement, Oumou m’a quand même appelée pour que la rejoigne. J’ai sauté dans un taxi et je l’ai rejointe en studio. On a fait beaucoup de prises. À un moment, je voulais montrer à Oumou une idée de chant et du coup on a dit « on le prend ensemble » et après Oumou le fait, seule. Et finalement, ils ont pris la voix que nous avions faite ensemble. C’est suite à cette session que Nick m’a appelée et m’a fait comprendre qu’il voulait travailler avec moi.
Tu as aussi participé à l’expérience d’Africa Express ? Fatoumata Diawara : J’ai rejoint Africa Express grâce à Nick Gold en 2010. J’aime la liberté de ce projet. On joue ses compositions, mais on part dans autre chose. Il y a beaucoup d’improvisation. Je me souviens d’un échange avec Oxmo Puccino à la Cigale. On est parti dans un délire, une ballade très calme, presque mystique.
Ornette vous souhaite un Joyeux Noël ! A cette occasion, elle a préparé un calendrier de l’Avent en ligne avec chaque jour une surprise à découvrir jusqu’à Noël !
« Il n’y avait plus de poussière d’étoile au supermarché pour qu’on puisse aller faire un tour tous ensemble sur l’Île Qui N’Existe Pas avec la Fée Clochette (bah ceci dit à cause des 35h elle est en congé aux Bahamas, la fée) alors je me suis dit que le plus simple c’était encore de faire un calendrier de l’Avent pour qu’on patiente jusqu’aux fêtes de fin d’année. Ensemble. De la musique, des vidéos, des jeux, des trucs et des machins, je suis allée chercher tous les jours un petit cadeau comme un chocolat qu’on mangerait dès le saut du lit avant de se jeter dehors dans le frissonnant-froid et les jours-tout-courts de l’hiver. Enjoy. » Ornette
Si on lui avait dit qu’un jour, elle sortirait un album en tant que chanteuse, Ornette n’y aurait pas cru. Pianiste brillante, elle était celle qui, jusqu’ici, composait, arrangeait, accompagnait les autres… Et restait un peu dans l’ombre. Sa voix ? Un instrument qu’elle n’osait pas dévoiler parce qu’il n’avait pas été poli par des heures de techniques, mais qui, pour la même raison, lui procurait aussi des sensations les plus intenses. Normal : la voix d’Ornette est un bijou précieux. Aujourd’hui, son premier album, Crazy, petite merveille de pop chaleureuse et sophistiquée, lui permet enfin de briller.
Ornette grandit dans une famille d’artistes, comédiens et chanteurs, mais choisit le piano pour s’approprier un territoire vierge, bien à elle. Au conservatoire, elle enchaîne les cours de solfège, d’harmonie, d’orchestration… Et se passionne peu à peu pour le jazz, ses dissonances et ses improvisations. A 25 ans, c’est donc munie d’un solide bagage qu’elle fait ses premières armes de professionnelle, derrière les claviers d’Alain Bashung, de Doriand ou d’Arthur H (avec qui elle interprète, sur scène, le cultissime La Rivière Sans Retour). Côté personnel, elle fait partie du trio MOP qui sort, en 2004, un album de jazz instrumental salué par la critique, et récidive quatre ans plus tard, version Electric Mop. Quand elle chante sur leur titre Jacqueline, c’est le déclic : « au Conservatoire, je n’avais jamais « travaillé » ma voix, contrairement au piano que j’ai du maîtriser après de nombreuses années d’étude. En chantant, j’ai donc ressenti un plaisir direct, absolument pas cérébral. Je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté. »
Ornette écrit donc ses premiers morceaux en solo. De petites pièces qui allient la mélancolie du blues à l’efficacité de la pop : « j’ai été très surprise de chanter sur des accords très simples, et d’aimer ça. C’était très libérateur de se dire ‘ok, j’ai appris plein de choses, mais maintenant, je vais juste à l’essentiel de la sensation’. » Elle ne confie qu’à une seule personne la tâche délicate d’étoffer ses morceaux sans les alourdir : Emiliano Turi, son complice de toujours sur Mop et Electric Mop, qui devient cette fois le réalisateur de son album. Pari réussi. Crazy est un disque solaire et aérien, où tout est question d’équilibre : des refrains qui accrochent le cerveau, du groove qui fait bouger les hanches, et des mélodies ciselées qui vont droit au cœur, dont le premier single, Crazy, est un superbe exemple. Sans oublier quelques surprises : « j’avais envie que l’album soit assez feutré, mais un peu rugueux. Pas question que ce soit trop propre. » Normal quand, dans son panthéon personnel, on compte Théolonious Monk, Beck, Jack White, Dusty Springfield ou Björk, des artistes qui tous, ont su être à la fois accessibles et audacieux. Résultat : des cuivres qui assombrissent le romantique There’s A Man, l’urgence un peu grave des couplets de The Lion and The Doll, ou le piano brinquebalant de Totta’s Unicorn. Et un album qui rejoint ceux de Feist, Dido, Kate Nash ou The Bird and The Bee, au rang des dignes représentants d’une pop moderne, féminine et racée.
Désormais (officiellement) chanteuse, Ornette (prénom choisi en clin d’œil à ses propres racines musicales, et en hommage assumé à celui dont la chanson Lonely Woman est l’une de ses préférées) monte sur scène. Initialement intitulé The Impossible Show, le spectacle qu’elle a présenté en 2010 pendant plus d’un mois au Lucernaire, à Paris, puis baladé des Nuits de Fourvière au Festival International de Jazz de Montréal cette année, multiplie les cascades sans filet : reprises toujours différentes, invités divers et variés (de Arthur H à un orchestre de cuivres), et diffusion en streaming simultanée. « Quand je suis sur scène, c’est comme si je faisais la même impro tous les soirs. Chanter me procure le même plaisir, instinctif et immédiat. »
Bonne nouvelle : en attendant de futurs concerts, son premier album nous fait déjà le même effet.
Ornette – « Crazy »
Durant les 30 premières secondes d’écoute de « He saved the son », premier titre de l’album il m’est apparu l’idée incongrue que Kate Pierson et ses acolytes (B 52’s) avaient commis un nouvel album. Une impression vite dissipée, puisqu’en fait, la mélodie de ce titre, est largement plus puissante et plus racée que celle de leurs ainés.
Ce deuxième album de LadyLike Dragons, se décline en une alternance de titres aux rythmes sauvages et de ballades pop-rock.
La voix poussée de Cindy est maitrisée, les riffs lascifs de Seb me rappellent que les seventies sont toujours aussi lyriques, quand à Yann, rien ne semble altérer la puissance dosée de sa frappe.
Turn Them Into Gold c’est belliqueux et poétique, aussi charmant que ce trio. Tout réside dans le dosage savamment orchestré d’une musique puissamment endiablée.
Certains apprécieront le côté brutal et agressif de, « He saved the son » , « I’m a shoegazer » ou encore de « Turn them into gold » ; d’autres préfèreront le romantisme sous-jacent et plus reposant de « Love and so on » , de « My dad » ou de « Compromises ».
Un album complet et efficace dont la prestation scénique devrait être un vrai régal.
Une pépite encore brute à écouter de toute urgence.
Playlist
01. He saved the son 02. Love and so on 03. I’m a shoegazer 04. My dad 05. Turn them into gold 06. Compromises 07. Magic potion 08. Sun dog trail 09. Your enemy 10. No time to mess around
Concerts :
Vidéo Officielle
Pendant que certains à Nantes préparaient scrupuleusement la rentrée, le groupe nantais IDEM, lui avait anticipé l’automne et finalisait son 8ème album « GOOD SIDE OF THE RAIN » qui sortira le 7 novembre (YOTANKA /DIFFER-ANT DISTRIBUTION)
Un savant mélange d’électro, de dub, rock et Indus, qui rend IDEM inclassable mais que les puristes apprécieront compte-tenu de la qualité musicale habituelle de ce groupe.
Les pulsations puissantes et ciselées laissent parfois place au calme et à la douceur mélodique, un opus donc, en parfaite harmonie avec la période automnale, qu’il vaut mieux écouter au coin du feu dans la pénombre.
Laissez-vous transporter du bon côté de la pluie avec IDEM.
Repéré par Barclay en 1995, Pierpoljak a le goût de la culture reggae et s’entouré très tôt des grands noms du genre tels que Dean Frazer, Leroy « Horsemouth » Wallace, Sticky Thompson, Clive Hunt, producteur reconnu qui a travaillé avec les plus grandes icônes du reggae et qui participe à la production de plusieurs albums du chanteur (Jamaican Ride, Kingston Karma, Je Fais C’Que J’Veux, Je Blesserai Personne) ou encore le guitariste Earl « Chinna » Smith, pilier fidèle de Bob Marley et d’autres légendes du cru.
C’est ainsi que Pierpoljak triomphera d’abord en 1998 avec Kingston Karma et sa flopée de hits. Paru en juin, il devient l’un des grands succès commerciaux de l’année, faisant du single, «Pierpoljak» un grand tube. Quant à «Je sais pas jouer» (juillet 1999), les ventes dépassent le million d’exemplaires vendus. «Je Fais C’que J’veux» (en 2000) lui permet alors d’obtenir une victoire de la musique.
Après une période de convalescence parsemée de voyages en mer sur son voilier et de sorties d’albums (Stim Turban, Je Blesserai Personne incluant des duos avec Elephant Man et Tiken Jah Fakoly, …), Pierpoljak a sorti son dernier album studio «Legendaire Serenade» l’année dernière, marquant un retour aux sources pour le chanteur de reggae le plus populaire en France.
Afin de rendre hommage à cette carrière musicale et à son public, c’est aujourd’hui avec un «Best Of» de ses plus grands succès que Pierpoljak revient dans les bacs.
Bio:
Chanteur français de reggae au passé controversé, Pierpoljak est l’un des rares artistes blancs sérieux à s’être imposé dans ce courant musical sur la scène française. Pierpoljak triomphe d’abord en 1998 avec Kingston Karma et sa flopée de tubes. Je Fais C’que J’veux en 2000 lui permet d’obtenir une victoire de la musique. Après une longue absence, entre sortie d’album et voyage en mer sur son voilier, Pierpoljak a sorti son dernier album studio « Legendaire Serenade » l’année dernière.
Né le 7 septembre 1964 à Paris, Pierre Villemet, qui deviendra plus tard Pierpoljak, grandit à Colombes (92). Adolescent révolté, il fait ses débuts dans la musique dès l’âge de douze ans, en tant que bassiste du groupe punk Samu 92. Quelques années plus tard, il fraie avec les punks de la capitale et la « bande des Halles », surnommé « Pierrot le fou ». Ce groupe anti-fasciste était connu pour ses rixes avec des néo-nazis. De ce passé trouble, qu’il évoque peu, la confusion fera plus tard naître une sorte de « légende » faisant de lui un ex-« bonehead » (skinhead d’extrême droite).Pierpoljak des îles
Mais pour l’heure, Pierre Villemet est un passionné de punk et décide de filer à Londres, berceau de la culture punk. Et c’est ainsi qu’en 1981, alors qu’il vit dans un squat de Stockwell (sud-ouest de Londres), que, grâce à des voisins d’origine jamaïcaine, il découvre les origines du reggae : Desmond Dekker, Prince Buster, Toots & The Maytals. Désormais converti, Villemet se laisse pousser les dreadlocks. Ce qui ne l’empêche pas, par ailleurs, de verser dans la délinquance : voleur de disques régulier, il finit par être condamné, aux alentours de 1982/1983, à trois mois de prison, en Angleterre. De retour en France, il écope de six mois à cause d’un casse qui aurait mal tourné. A sa libération, il décide de prendre le large et de couper les ponts avec le continent européen. Il se fait alors engager, en tant qu’équipier, à bord d’un cargo en partance pour les Caraïbes. Il navigue alors entre les Antilles françaises et la République dominicaine, où sa rencontre avec des rastas locaux lui sera d’un apport spirituel déterminant.
C’est en 1988 qu’il revient à Paris, où il participe aux soirées reggae et commence à se faire une réputation dans l’underground, sous le pseudonyme de Peter Breda. Quelque temps plus tard en 1994, deux de ses titres, « Pani Danger » et « Little Man » se retrouvent sur la compilation reggae Earthquake, au côté de ceux de Tonton David, Saï Saï ou Ricky et Ramsès. La compilation n’a qu’une audience limitée, mais lui vaut d’être repéré par le label Barclay, pour lequel il signe en 1995. Installé depuis 1991 avec sa femme à Doué-Dormecy, dans la Nièvre (une chanson du premier album fait d’ailleurs référence au département : « La Sensi de la Vreu », la Vreu étant la Nièvre en verlan raccourci), il enregistre la matière de ce qui sera son premier album. Celui-ci sort en octobre 1996, ayant pour titre le nom de scène qu’il vient de se choisir : Pierpoljak. L’année suivante, paraît Jamaican Ride, mini-album de remixes et de duos, sur lequel figure « La Music », dans une version revue par le grand producteur de reggae Clive Hunt (qui a travaillé avec les plus grands noms du genre). Ces deux premiers disques sont réédités en un double album, qui sort cette même année 1997, sous le titre Tracks and Dubplates. Le premier disque, Pierpoljak est réintulé A La Campagne ; le second En Jamaïca, lequel ajoute, aux huit titres de Jamaican Ride, sept titres inédits. Il commence à trouver son public et sa carrière s’apprête à décoller. En décembre, il participe aux Transmusicales de Rennes.
En janvier 1998, il part enregistrer à Kingston (Jamaïque) son deuxième album, dans les studios de Tuff Gong, le label des Wailers. De nouveau produit par Clive Hunt, il profite de sa Présence sur la terre du reggae pour s’entourer de la crème des musiciens jamaïcains : le guitariste Earl « Chinna » Smith (pilier fidèle de Bob Marley et d’autres légendes du cru), le batteur Leroy « Horsemouth » Wallace (Burning Spear, Ijahman, Max Romeo) ou encore le percussionniste Uziah « Sticky » Thompson (Gladiators, Gainsbourg). L’album prend pour nom Kingston Karma, titre en forme de clin d’?il à la chanson « Instant Karma » de John Lennon, qu’il reprend à sa sauce. Paru en juin, il devient l’un des grands succès commerciaux de l’année, faisant du single, « Pierpoljak » un grand tube. Quant à « Je sais pas jouer » (juillet 1999), les ventes dépassent le million d’exemplaires vendus. Pierpoljak se lance dans une grande tournée en 1998 : il est alors au sommet de sa popularité.
Devenu une vedette, il devient l’invité récurrent de tous les talks-shows et autres émissions de divertissement de la télévision. Traînant sa grande carcasse à dreadlocks et t-shirt jamaïcain, l’artiste comprend vite qu’il est surtout invité pour jouer le rôle du gentil garçon un peu déphasé, résolument « cool » et amateur de certaines substances. Il se lasse assez rapidement de cette image et de ces invitations à répétition, d’autant que la question de son passé skinhead devient de plus en plus récurrente : en 2002, le rappeur MC Jean Gab’1 lui en fait le reproche dans sa chanson brûlot « J’t'emmerde ». A ces accusations, Pierpoljak répondra avec le titre « Poisson pas né » .
Entre-temps, l’artiste met en oeuvre la compilation Plus de Coeur Soleil (2000) afin de promouvoir la scène reggae-ragga française : on y retrouve quelques jeunes premiers, ainsi que des plus chevronnés, comme Daddy Yod, Supa John ou Daddy Mory (ancien Raggasonic).
Les mois passant, on le voit de moins en moins sur les plateaux de télévision : l’artiste préfère compter sur le bouche à oreille et les concerts pour vendre ses albums. A nouveau produit par Clive Hunt, Je Fais C’Que J’Veux paraît en décembre 2000 il est récompensé par un double disque d’or et lui vaut une Victoire de la Musique en 2001. La soirée de remise du prix sera d’ailleurs l’une de ses dernières apparitions télévisées. Une maladie l’oblige en outre à prendre un peu de champ avec sa carrière.
Exilé volontaire en Jamaïque, il entre dans une période de convalescence dont il ne sortira qu’en 2003, à l’occasion de la sortie de Stim Turban, paru en septembre, album composé et enregistré à Kingston avec un groupe qui donne son nom à l’album. Après près de trois ans d’absence due à la maladie, Pierpoljak revient – délesté de ses dreadlocks – avec pas moins de trois albums. Le premier, Je Blesserai Personne (mars 2006), invite Elephant Man et Tiken Jah Fakoly et renoue avec l’équipe de Clive Hunt. Les deux autres, Chéper (fin 2006) et Tuff Gong Blues – album inédit enregistré en 2002 et crédité au nom de Pékah, sortent quasiment sans promotion et sont vendus directement auprès du public lors des concerts et sur son site internet.
En 2007, Pierpoljak participe au disque Il Est Cinq Heures, Kingston S’éveille, compilation de tubes français revus en version reggae, avec « J’ai encore rêvé d’elle » du groupe Il Etait Une Fois. Puis à l’album du Japonais et Parisien d’adoption Tomoya pour une reprise du classique « Nuages » de Django Reinhardt.
Légendaire Sérénade en 2010 constitue un retour aux sources pour le chanteur de reggae le plus populaire en France.
PIERPOLJAK EN CONCERT
Voici l’occasion de découvrir une vraie légende, et de prendre une leçon d’histoire. Ablaye Thiossane, originaire du Sénégal, commence sa carrière de musicien chanteur en 1952. Il puise son inspiration dans les disques afro cubains de son père, puis à la radio où il découvre Tino Rossi et Duke Ellington. Le titre « Talene Lampe Yi » sera retenu en 1996 comme hymne radiophonique du festival des arts africains (Festival des Arts nègres, organisé par L.Sedar Senghor, à Dakar). C’est le début de sa reconnaissance. Il faudra attendre 70 ans pour profiter de son premier album, « Thiossane » qui sort chez Discograph le 03 octobre. Ablaye Thiossane s’est également consacré toute sa vie à sa carrière de peintre-plasticien qui l’a mené à travers le monde pour différentes expositions. Aujourd’hui, accompagné de grands musiciens africains dont certains anciens de l’Orchestra Baobab, plusieurs générations de chanteurs dont Khar Mbaye Madiaga, la doyenne des cantatrices sénégalaises, il nous fait un véritable cadeau avec cet album qui regorge de merveilles musicales intemporelles.
C’est un homme très modeste, timide à première vue. Chevelure blanche, moustache et barbe bien soignées, démarche calme. L’homme fait partie des témoins du premier Festival mondial des arts nègres (FESMAN) qui s’est tenu en 1966, sous le magistère de Léopold Sédar Senghor. Né le 3 février 1936 à Sam, dans le département de Tivaoune à Thiès, Ablaye Ndiaye Thiossane comme l’appellent. ses proches, est un ancien élève de l’École Nationale des Arts, section de recherches des arts plastiques et dramatiques. Son père Lamine Ndiaye, passionné du dessin l’a beaucoup influencé.
Ablaye Ndiaye Thiossane a fondé en 1964 l’orchestre « Thiossane club », après avoir servi dans plusieurs groupes : le Royal band de Thiès et l’Orchestre national du Sénégal. C’est en 1966, qu’il se voit affecté à la Manufacture nationale des tapisseries de Thiès comme peintre cartonnier. Aujourd’hui, ses Suvres émerveillent les visiteurs à la manufacture des arts décoratifs de la capitale du rail. Pour les témoins du premier Festival mondial des arts nègres de 1966 à Dakar, la nostalgie de sa belle voix revient sûrement à l’esprit. Son fameux morceau d’ouverture « Taallén lamp yi » est resté gravé dans les annales du patrimoine musical sénégalais. C’est dans le quartier Médina Fall, qu’il a établi sa galerie où des toiles somptueuses peuvent être découvertes.
Thiès, ville du Sénégal, est située à 70 km de Dakar, dans la région du Cayor. Cette région est le fief des Damels (Rois) dont le plus illustre, Lat Dior, opposa une résistance farouche à la colonisation. Thiossane signifie « tout ce qui se rapporte à la tradition », thématique que l’on retrouve dans ses chansons, qui tournent également autour de faits historiques. Chanteur, peintre et dramaturge, Ablaye Ndiaye est un artiste pluridisciplinaire autodidacte qui, dans les années 60 a fréquenté les sections lyriques et plastiques de l’école des arts du Sénégal pour y parfaire ses connaissances artistiques. Ses premières chansons sont passées à la radio dès les années 50. En dépit de cette notoriété, il n’a jamais publié d’album. C’est seulement aujourd’hui, à 74 ans, qu’il franchit (enfin) cette étape. Enfant, Ablaye Ndiaye Thiossane a été bercé par des airs traditionnels maternels qui ont inspiré toute sa carrière musicale. Entre 1949 et 1950, son père mélomane écoutait le Septeto Habanero, ce qui développa chez lui un amour pour la musique afro-cubaine. Il a découvert par la suite les chansons de Tino Rossi, Harry Belafonte, le jazz, la musique orientale de Farid El Atrach et les grands succès de la musique africaine du Grand Kallé. Ablaye Ndiaye s’est aussi inspiré des contes africains. Ces fables millénaires sont racontées aux enfants autour de feux de bois lors de veillées au clair de lune.
Ablaye Ndiaye Thiossane a acquis sa grande renommée en 1966 lors du premier Festival des Arts Nègres de Dakar où le président Léopold Sédar Senghor convia la diaspora noire. Ablaye Ndiaye y croisa Duke Ellington qui l’invita à chanter avec son orchestre de jazz. Il n’ira pas à ce rendez-vous prestigieux à cause d’une programmation artistique qui le retenait à l’autre bout de la ville : « Je ne savais pas que j’avais devant moi un grand nom du Jazz » déclara-t-il par la suite. Lors de ce festival, sa chanson ‘Talene Lampe Yi’ fut retenue comme hymne radiophonique de l’évènement. Ablaye Thiossane a exercé le métier de peintre-cartonnier à la manufacture des tapisseries de Thiès. Ses œuvres ont été reproduites en tapisseries célèbres dont l’une sera exposée au siège de l’ONU. « J’ai appris la peinture tout seul par amour du dessin, bien que mon père fût aussi peintre ; c’est en reproduisant les affiches des films programmés devant les salles de cinéma que j’ai appris à dessiner, l’Ecole des Arts n’a été qu’un complément de formation en arts plastiques ». Dans les années 70, l’une de ses œuvres était en tête des ventes au Sénégal.
Grâce au conseil de Medoune Diallo du groupe Africando et à la persévérance d’Alain Josse, producteur délégué de Syllart Production, un groupe de musiciens talentueux a été constitué pour l’élaboration du projet. Afin d’obtenir un champ d’écoute plus large, le producteur Ibrahima Sylla fit appel à 5 chanteurs de générations différentes de la musique sénégalaise, créant ainsi une nouvelle symbiose musicale : Khar Mbaye Madiaga, Balla Sidibé, Medoune Diallo, Souleymane Faye, Doudou Seck et Assane Mboup (lead vocal de l’Orchestra Baobab).
Arrangements : François Bréant, qui a travaillé sur « Soro » de Salif Keita (Mali), « Orientissimo » de Thione Seck (Sénégal), « Sinikan » de Sékouba Bambino (Guinée), »Titati » de Bako Dagnon (Mali)…
Après avoir reçu un bel écho de la part des professionnels de la musique dans les régions Nord et Bretagne pour son premier EP paru en avril 2009, Candide cette année nous présente son premier album de 12 titres intitulé « Et si…« . Candide est loin d’être un grand naïf ! Candide de par la qualité de ces textes et de son son apporte à la chanson française, un bon petit coup de frais et de bien être, bien agréable en ce milieu de printemps. Ce premier album, signé avec Les Airs à Vif (Pony Pony Run Run, Archimède, Thomas VDB…) devrait donc être le premier d’une longue série !!!! prometteuse. Candide sera notamment sur scène à la Flèche d’Or le 23 juin, en compagnie de Zaza Fournier, pour la soirée Serge. ArtéMédia est allé pour vous à la rencontre de Candide pour lui poser quelques petites questions sur sa vie d’artiste.
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Quel pourcentage du public repart d’un concert des Voleurs de Swing avec le sourire ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 99,5% selon les organisateurs, un peu moins selon la police mais peu importe !
Archet enflammé, guitare explosive et contrebasse débridée, la cavale des voleurs de swing laisse des traces! On dénombre une foule grandissante contaminée par la Tziganite aigüe, lors de leur dernière tournée « l’ Invasion Syldave », avec pas moins de 150 concerts, 34908 km, 4170 litres de gasoil, 2 camions, 127 canettes de boisson énergétique et 873 litres de sueur !
Les Voleurs de Swing ratissent la France du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est et l’afflux de demandes de naturalisations Syldaves dans les ambassades internationales pousse les autorités à admettre l’existence de ce micro-état : la Syldavie, où règne l’anarchie.
Le Tzigane survolté est alors catalogué de musique subversive utilisée à des fins de propagande. Poursuivis par les renseignements généraux, l’échappée des Voleurs se termine en octobre 2010. Condamnés aux travaux forcés dans une fonderie Sibérienne, cela aurait pu sceller leur sort …
Chaleur étouffante, vapeurs nauséabondes, bruits assourdissants, cependant l’expérience de la scène leur permet de tenir. Malgré cet entrainement Vladimir tombe sous le joug des tortionnaires, mais un homme va débloquer la situation. Youri, Golgoth des Carpates s’allie aux deux survivants pour s’extirper de l’enfer. Les voleurs de swing ne sont pas morts !
Écartés de la réalité pendant plusieurs semaines, les Voleurs de Swing n’en gardent pas moins les pieds sur Terre. Face à la crise mondiale, ils décident pour leur retour d’investir dans l’immobilier… mobile ! Ainsi sera bâti l’Hôtel Molotov, aux chambres plus mystérieuses les unes que les autres, théâtre de scènes improbables.
C’est ainsi en multi-instrumentistes qu’ils nous reviennent avec une base : violon, guitare, contrebasse et chants, ajoutant à leur butin, clarinette, piano, flûte et batterie. Ce nouvel opus s’articule autour de sonorités tziganes survoltés et de chansons franco-syldaves. On retrouve avec plaisir le savant mélange de valse, swing, hip hop boosté d’une énergie punk et de transe balkanique furieusement communicative.
Un nouvel album certes, mais c’est aussi un nouveau spectacle mis en espace et en lumière au gré des ambiances et des instrumentations, car c’est sur scène que le langage des Voleurs de Swing est le plus expressif. A vos agendas, la tournée approche !
Un cocktail détonnant aux vertus euphorisantes à consommer sans aucune modération dont l’abus serait même bénéfique pour la santé. Source : Ministère de la santé Syldave.
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