Il y a des artistes français qui se font plus ou moins rares. Il y en a même qui s’exilent parce que leurs talents sont multiples et que, dans notre charmant pays, les idées préconçues sont légion : un chanteur ne peut pas être un artiste contemporain. CharlElie est l’un d’eux. Cependant, il l’aime son pays et pour la sortie de son album FortRêveur, CharlElie est reparti en tournée après une longue absence de la scène musicale. ArtéMédia était à la Boule Noire pour la première date officielle de sa tournée.
Une longue queue humaine s’étale sur le Boulevard Rochechouart, et attend devant la petite porte d’entrée de la Boule Noire. Force est de constater que le public, en grande partie quarantenaire affiche une nonchalante impatience de rentrer dans la salle, presque autant qu’un public adolescent à l’entrée du Zénith ou de Bercy pour le dernier blondinet à la mode.
La petite salle se remplit très rapidement. Les murs de la scène habituellement noirs sont recouverts de plaques ondulées, un imposant meuble boisé envahit l’espace sur la droite dissimulant le clavier de CharlElie, tandis que des morceaux de bois surgissent érectiles ça et là devant la scène.
Renaud Papillon Paravel, qui fera également bientôt la première partie de Zazie, s’occupe de mettre la salle en condition avec seulement 5 titres. Le public écoute poliment sans grande ferveur, et semble quelque peu surpris par les mélodies poétiques de ce groupe. Le dernier titre, plus dynamique donnera lieu aux applaudissements du public.
C’est enfin le moment pour CharlElie d’entrée en scène avec 4 musiciens. Démarrage en trombe avec un titre vieux de plus de vingt ans « Tu joues toujours ».
Avec CharlElie, concert rime avec histoire c’est donc un savant mélange de nouveaux et anciens titres qui nous est distillé. Le public manifestement habitué, ne s’y perd pas et apprécie, autant que lui respire le bonheur d’être là.
C’est à la fois rock, bluesy, parfois grassy, c’est imprégné de nostalgie et de poésie urbaine et ça plait.
Ce mélange détonant met le public dans une sourde transe, qui, généreux et conquis reprend avec lui la ballade d’août 75.
Ses musiciens sont les complices des doux forfaits de CharlElie. A l’écoute de leur conteur, ils participent à magnifier ces moments qui s’avèrent magiques pour le public. Le guitariste lance des riffs à faire pâlir feu Jimi H, tandis que le bassiste semble oublier sa présence sur scène tellement il est envouté par ses lignes de basse.
Il faudra 4 rappels pour que le public laisse enfin CharlElie savourer sa joie d’avoir conté ses histoires. La Boule Noire aura été illuminée pendant quelques heures.
Pierre Yves Cheguillaume
Altan réunit 5 musiciens accomplis (violon, accordéon, bouzouki, mandoline, guitare) qui forment l’un des groupes de musique traditionnelle irlandaise les plus populaires de tous les temps au même titre que les Clancy Brothers, les Chieftains et les Dubliners. Fondé au milieu des années 80 par Mairéad Ní Mhaonaigh, violoniste et chanteuse à la voix cristalline, et par son mari, le flûtiste Frankie Kennedy (aujourd’hui disparu), le groupe offre des ballades exprimées le plus souvent en gaélique, et des danses vives (jigs et reels) mêlant énergie et authenticité. Porté par la voix magnifique de Mairéad, le groupe joue une musique issue essentiellement du répertoire musical du Donegal et du Nord de l’Irlande d’où ils sont originaires, ainsi que des trésors du patrimoine traditionnel chanté, transmis depuis des générations.
ALTAN :
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On l’avait connue toute hérissée de colère et enflammée du désir de changer le monde. Petite fée blonde au sourire d’enfant têtu, elle a beaucoup chanté ses colères tout au long de ses trois premiers albums Elle n’est pas moins enragée aujourd’hui : « C’est juste un autre éclairage. Cette fois-ci, j’avais envie d’un disque qui fait du bien, une sorte de résistance positive où je propose quelque chose. » Agnès parle ainsi d’un disque « moins féministe et plus féminin », de « l’envie de mettre un peu de sourires dans mes concerts ». On la connaissait moqueuse, ironique, sarcastique. Voici qu’elle ose le sourire, comme avec Mamie les cheveux mauves, personnage mi-Doisneau, mi-Dubout, ou avec Elle et lui, chamaillerie amoureuse swing.
« C’était un challenge : je sais écrire des choses dures, je sais faire mal, mais est-ce que je peux écrire sur le bonheur d’exister ? » Et voici Agnès Bihl signant des chansons d’amour, des tranches de vie heureuse, des portraits drolatiques, des scènes de comédie. Elle a donné pour titre à son album un slogan de Mai 68, Rêve Général(e). Et elle en a appliqué un autre à son travail : elle s’est interdit de s’interdire.
On l’avait connue toute hérissée de colère et enflammée du désir de changer le monde. Petite fée blonde au sourire d’enfant têtu, elle a beaucoup chanté ses colères tout au long de ses trois premiers albums (La Terre est blonde en 2001, Merci Maman, merci Papa en 2005, Demandez le programme en 2007). Elle n’est pas moins enragée aujourd’hui : « C’est juste un autre éclairage. J’avais souvent pointé en criant les stigmates d’un monde malade. Cette fois-ci, mes stylos ne m’y ont pas emmenée. Sur mon disque précédent, j’avais mal aux autres. Cette fois-ci, j’avais envie d’un disque qui fait du bien, une sorte de résistance positive où je propose quelque chose. »
Agnès parle ainsi d’un disque « moins féministe et plus féminin », de « l’envie de mettre un peu de sourires dans mes concerts ». On la connaissait moqueuse, ironique, sarcastique. Voici qu’elle ose le sourire, comme avec Mamie les cheveux mauves, personnage mi-Doisneau, mi-Dubout, ou avec Elle et lui, chamaillerie amoureuse swing. Oui, son univers est « moins glauque, moins dur, plus optimiste » mais tout en continuant à railler la bêtise ordinaire comme dans Quand on voit c’qu’on voit. Elle a un grand sourire radieux : « J’avais envie d’aller mieux. »
Les rencontres y sont pour quelque chose, évidemment. Au commencement, Didier Grebot, réalisateur et compagnon tous terrains de Yves Jamait. Par son entremise, elle rencontre Dorothée Daniel, autre membre de la même équipe, avec qui elle va composer une bonne partie de son disque. Car Agnès signe 6 des musiques: cinq avec Dorothée Daniel (qui a par ailleurs composé seule trois autres chansons) et une avec le pianiste Giovanni Mirabassi. « Il y a toujours eu un rythme dans ce que j’écris, mais j’avais un complexe par rapport à la composition, un complexe que la rencontre avec Dorothée a vraiment permis de casser. Me mettre à la composition m’a vraiment aidé pour l’écriture, m’a amenée à la musicalité des mots. Alors je ne me suis pas cachée derrière les sujets comme si je faisais de la sociologie, je suis allée vers quelque chose de plus sonore, de moins visuel – les allitérations, les rimes… » Et puis aussi le plaisir des jeux de mots, cette fois-ci dans une veine plus Boby Lapointe que Canard enchaîné, qui se délecte au dynamitage des expressions quotidiennes – comme « L’homme est un relou pour l’homme », appelé à devenir un classique.
Cette fenêtre ouverte, Agnès a aussi voulu reprendre quelques-uns des fondamentaux de son métier, notamment en travaillant le chant avec Christiane Legrand, immense aînée aux états de service étourdissants (Double Six, Swingle Singers, Les Demoiselles de Rochefort, Les Parapluies de Cherbourg…). Après un an et demi d’écriture, la Parisienne Agnès Bihl a rejoint Didier Grebot et les musiciens à Cussy-la-Colonne (« cinquante-quatre habitants, pas de café, pas de journaux, pas de tabac ») pour l’enregistrement. Mais c’est à Paris, entre les murs boisés du studio Acousti et sous le regard expérimenté d’Alain Cluzeau (Bénabar, Olivia Ruiz, …), que sont venus tous les amis : Didier Lockwood pour poser son violon sur SDF tango qu’il avait composé, Grand Corps Malade pour enregistrer son duo Je t’aime que moi et Alexis HK pour Habitez-vous chez vos amants. Et aussi l’assemblée qui chante les chœurs sur De bouche à oreilles : Anne Sylvestre, Yves Jamait, Aldebert, Benoit Dorémus, Nicolas Bacchus, Marie Tout Court, Nathalie Miravette, Sarah Olivier, Didier Grebot, Daniel Fernandez, Dorothée Daniel, Hervé Jégousso et quelques petites filles dont Rosalie Mirabassi, l’enfant d’Agnès et Giovanni… Tout ce monde ? « J’ai l’impression d’appartenir à une famille d’artistes qui n’est pas générationnelle. Nous sommes un certain nombre de chanteuses à avoir regardé Candy et Goldorak quand nous étions petites, mais je préfère les connivences et les complicités avec Anne Sylvestre ou Jamait plutôt que le fait d’être codebarrisée trentenaire. »
Sa vie et sa carrière s’inscrivent dans ces camaraderies et ces compagnonnages de l’art et du cœur. Elle n’a pas oublié l’énorme coup de pouce de Charles Aznavour lui confiant en 2007 sa première partie au Palais des Congrès et en tournée. Et elle a longtemps peaufiné Je t’aime que moi, texte à deux voix pour et avec Grand Corps Malade : « Aux Méditerranéennes de Leucate, on nous a demandé de chanter Le Soleil a rendez-vous avec la lune de Charles Trenet en duo. Et depuis ce jour-là j’ai voulu un duo avec lui. Et Je t’aime que moi est tellement fait pour lui que, je n’aurais pas pu le proposer à quelqu’un d’autre »
Puisque ses disques sont toujours écrits en pensant aux concerts, elle chantera sur scène tout Rêve général(e), mais aussi une poignée de nouvelles chansons actuellement en chantier. « Je n’ai pas d’explications très compliquées à donner : si je n’écris pas tous les jours, je ne suis pas bien, voilà tout. » Et comme, ces derniers temps, elle écrit des sourires…
(Le Temps des Assassins / L’Autre Distribution)
Sortie le 8 février 2010
Comme faire peur gentiment à un enfant. Comme une mauvaise blague de grands. Comme on est tous des enfants, petits ou grands. Comme on peut pleurer à tout moment. » Bouh ! » Comme un écho au premier album, à Débat de Boue! qui a vu entrer il y a trois ans sur la scène chanson Imbert Imbert, fascinant iroquois au carquois empli de flèches brutes et tendres, perçant nos coeurs, réchauffant nos â¢mes un peu perdues. Avec » Bouh! » Imbert Imbert à étonné et bouleverse encore d’avantage : un album où le jazz et la chanson ont rarement été aussi intensément à l’unisson.
21 et 22 Janvier 28 et 29 Janvier 10 au 13 Février 17 au 20 Février 2010
aux trois baudets (Paris)
Seul sur scène accroché à sa contrebasse comme à la vie, Imbert Imbert est l’humain, urgent, vivant, cru, aimant. Comme une extension naturelle de son corps, madame Imbert Imbert est la maîtresse à son bras. A deux voix, le couple oscille entre poème mélodique et mélodie poétique. Il s’accompagne sur ce projet de Fred Jean à la batterie, un chercheur de sons. Autour d’une batterie à minima viennent se greffer cymbales bidouillées, gongs, objets de récup’, pédales et vieux clavier des années 70. Où comment le chant et la contrebasse de Imbert Imbert sont enveloppés de sonorités psychdéliques ou de rythmiques infernales.
21 et 22 Janvier 2010 :: Les Trois Baudets :: Paris (75) 26 Janvier 2010 :: MJC :: Rodez (12) 27 Janvier 2010 :: L’Auditorium :: Graulhet (81) 28 et 29 Janvier 2010 :: Les Trois Baudets :: Paris (75)) 02 au 05 Février2010 :: Le Bijou :: Toulouse (31) 06 Février 2010 :: La Renaissance :: Mondeville (14) 10 au 13 Février2010 :: Les Trois Baudets :: Paris (75) 17 au 20 Février 2010 :: Les Trois Baudets :: Paris (75) 26 Février 2010 :: Maison des Loisirs et de La Culture :: Gauchy (02) 05 Mars 2010 :: Chai du Teral:: St Jean de V�das (34) 06 Mars 2010 :: Chantons Sous les Pins:: Hastingues (40) 12 Mars 2010 :: Printemps de la Chanson:: Chanu (61) 19 Mars 2010 :: Printemps de la Chanson:: L’Aigle (61) 25 Mars 2010 :: Festival les Enchanteurs:: Courrières (62) 26 Mars 2010 :: Salle des Rancy:: Lyon (69) 27 Mars 2010 :: Salle des Rancy:: Lyon (69) 07 Mai 2010 :: Le Sabot d’Or:: St Gilles (35)
LES TROIS BAUDETS 64 bvd Rochechouart 75018 Paris 01.42.62.33.33 20h30 Tarif 12 E/ 15E
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