Les Liaisons dangereuses, est un roman épistolaire écrit par Pierre Choderlos de Laclos en 1782, lorsque militaire dans l’armée de Louis XVI, il s’ennuyait dans sa triste vie de garnison. Oeuvre littéraire majeure du XVIIIe siècle, Les Liaisons dangereuses narre le duel libertin de deux aristocrates manipulateurs et dépravés du siècle des Lumières, à l’aube de la Révolution Française. Vigoureuse charge contre le libertinage de l’aristocratie française déclinante, cette œuvre fit scandale lors de sa parution et valut des poursuites pénales à son auteur. Elle fait partie du patrimoine de la littérature française pour la justesse de son analyse du sentiment amoureux et de l’art « pervers » de la séduction.
Tous les personnages occupent la même place dans le récit. L’absence de narrateur principal oblige le lecteur à se reconstruire un puzzle et forger peu à peu son opinion sur chacun.
Le monde change sans cesse mais la nature humaine reste toujours identique à elle-même. A l’époque de Choderlos de Laclos, les amoureux échangeaient des lettres pour se séduire, puis le téléphone est arrivé et ils ont cessé de s’écrire….
Aujourd’hui, le développement d’Internet, des SMS et des réseaux sociaux a provoqué un formidable retour de l’écrit dans les relations amoureuses.
C’est à partir de cette nouvelle façon de communiquer de la génération actuelle que John Malkovich a choisi de proposer une mise en scène tout à fait inédite : Sur plateau presque nu, c’est une troupe de jeunes acteurs qui incarnera sous nos yeux les personnages mythiques de Choderlos de Laclos. Portables à la main et tablettes dans le sac, ils vont rejouer les multiples intrigues de l’œuvre « Les liaisons dangereuses ».
Le souhait de John Malkovich a été de choisir des acteurs encore à l’aube de leur carrière professionnelle. Il faut en effet rappeler que les personnages de Choderlos de Laclos ont entre 15 et 30 ans.
Plus de 300 jeunes élèves des Conservatoires et Cours d’art dramatique lui ont été présentés par un casting director : Justine Heynemann. Auditionnés sur plusieurs jours, ceux qui ont été retenus sont autant de révélations artistiques avec lesquelles il faudra désormais compter. La diversité de leurs origines, l’originalité de leur talent et la modernité de leur jeu sans artifice, ont convaincu John Malkovich
Tout en respectant la beauté de la langue française du 18ème siècle, cette nouvelle création de Valmont, Tourvel, Merteuil, Volanges, Danceny ne manquera pas de séduire la génération « Facebook » mais aussi les fidèles de la tradition romanesque. C’est là le défi que John Malkovich a choisi de relever.
Équipe technique:
Théâtre de l’Atelier
LA PIECE
Don Juan s’enfuit des enfers, intrigué par le tour que prennent apparemment les relations hommes-femmes. Ayant perdu son fidèle valet il se retrouve seul. Cette solitude à laquelle il va devoir s’habituer le conduit à porter un regard tour à tour amusé, incrédule et cynique sur une société désabusée qu’il ne peut plus choquer, qui accessoirise l’essentiel et essentialise l’accessoire…
Autour de la pièce Abordant le mythique Don Juan avec humour et distance, Gérard Savoisien, auteur, comédien et metteur en scène, s’interroge sur une question simple : « Que devient-‐on à notre époque où le paraître est roi ? »
Quand le mythique Don Juan….
Une chose est certaine : Don Juan est un mythe. Son histoire résume une tendance de l’esprit humain, la révolte contre l’ordre du monde et la volonté de lui lancer un défi. Comme le dit Gérard Savoisien, «depuis Tirso de Molina, créateur du premier Don Juan Tenorio, en passant par le Dom Juan ou le Festin de Pierre de Molière et le Don Giovanni de Mozart, le personnage a traversé brillamment toutes les époques». Même si le romantique XIXe siècle le remanie profondément conformément aux aspirations de l’époque, au point d’en faire un séducteur séduit, amoureux, idéaliste, voire repentant, il conserve cependant au fil des époques des traits de caractère invariants : -‐ une recherche sans borne du plaisir – un égoïsme cynique une volonté de défi permanent -un matérialisme remettant même en doute les fondements de l’Eglise -une soif de pouvoir entrainant violence, refus de la contrainte…
Don Juan apparaît au fil des époques comme un libertin de pensée et de moeurs qui manipule et abuse grâce à un jeu de séduction exarcerbé dont il profite aisément sans craindre aucune représaille, y compris divine. Fier et orgueilleux, il se place au dessus de tout et est totalement opposé aux devoirs qu’impose la vie sociale.
…est plongé en plein XXIe siècle
Le texte imaginé par Gérard Savoisien a fait revenir un Don Juan au XXIe siècle qui découvre cette époque où sa façon de vivre n’est plus aussi scandaleuse que par le passé. Selon Eric Rouquette, « ce Don Juan qui se donne en spectacle n’a rien perdu de sa clairvoyance et de son désespoir ; il n’est surtout pas naïf et il en fera encore la démonstration en quittant ce monde comme il l’aura voulu, quand il aura cessé de s’amuser (…) sa nature profonde aura encore raison de lui ». C’est un Don Juan résolument moderne mais toujours plein de ses invariants que le public découvre. Pièce pour un homme seul, pour un seul acteur, Don Juan, le retour n’est pas un monologue mais plutôt un dialogue constant avec un public, que plus grand chose n’offusque. Pour Gérard Savoisien, « le personnage se met à nu et va revivre son destin auquel il ne pourra pas éternellement échapper ».
Ce n’est que dans le mythe et dans la mort que Don Juan se sait le plus vivant.
Le metteur en scène : Eric Rouquette - Prix Jeune Théâtre de l’Académie Française Nominé aux Molières – Meilleur Auteur Lauréat de la Bourse d’Encouragement du Centre National du Livre.
LE MOT DE L’AUTEUR
Depuis Tirso de Molina, créateur du premier Don Juan Tenorio, en passant par le Don Juan ou le Festin de pierre de Molière et le Don Giovanni de Mozart et Da Ponte, le personnage a traversé brillamment toutes les époques. Il est à la fois l’homme à femmes et le génie athée sans scrupule que la morale rejette mais dont les exploits fascinent. Il semble que tout ait été dit sur lui. Alors pourquoi revenir sur un mythe et lui adjoindre de nouvelles aventures ?
Tout simplement parce que les époques changent. Notre société plus permissive n’a pas le même engouement pour le personnage des siècles passés, car les Don Juan pullulent et le mal s’incarne de nos jours plus violemment et plus insidieusement que dans l’abandon le soir des noces de quelques jeunes femmes énamourées. J’ai donc imaginé un Don Juan revenant au XXIè siècle et découvrant, étonné, le changement des moeurs, la libération de la femme dans certains pays, son asservissement dans d’autres, ainsi que l’athéisme grandissant d’un côté et le religieux de l’autre. Je lui ai adjoint un absent, son serviteur, mélange de Sganarelle et de Leporello, qui n’est plus là pour s’offusquer. Don Juan n’a plus ce contrepoint de bon sens, cet allié involontaire qui se répand en le médisant – tout en subissant son indéniable charisme. Or que devient-on à notre époque où le paraître est roi, où la « com » et la « pub » sont plus nécessaires que le savoir, le faire et le savoir-faire ? C’est en effet le faire-savoir qui est devenu le maître mot de toute action, création ou réflexion. Privé de son serviteur qui fait ce travail de relations publiques, Don Juan est perdu. Dans ma pièce, il va passer son temps à le recréer, à le réinventer et va même jusqu’à demander au public de lui faire une contre publicité afin que le mythe continue à perdurer.
Pièce pour un homme seul, c’est-à-dire pièce pour un seul acteur, mais aussi pièce pour un solitaire, le personnage se met à nu et va revivre son destin auquel il ne pourra éternellement échapper. C’est donc un personnage moderne, cynique mais aussi fragile que je vous invite à découvrir dans Don Juan, le retour. Gérard Savoisien
Théâtre Les Déchargeurs
Aude Léger est une grande dame. Elle respire l’amour. Aude Léger est une grande dame amoureuse. Entre deux lits, elle a pensé à un spectacle. Chair de poules, c’est le projet. Parler d’amour dans une cuisine, avec des chansons et un poulet. Aude Léger est multiple. Alors, trois femmes auront la chair de poule. Coup de bol, nous avons pu la rencontrer en plein vol.
INTERVIEW
Auriez-vous la patience de nous dire ce qu’est votre spectacle ?
Oui. Chair de poules est un spectacle avec juste moi, divisée en trois. Ces trois femmes sont toutes seules avec leurs sentiments. Elles les expriment comme elles peuvent. En chantant, en se taisant, en écrivant, en regardant des légumes. Il s’agit d’une rencontre harmonieuse de sons, de textes et de personnages. Un mariage amoureux, en quelque sorte. Et tout ceci, je vous le donne en mille, se déroule dans une cuisine, pour tout un tas de raisons que je vous expliquerai à un autre moment.
Pouvez-vous, s’il vous plaît, nous en dire plus sur ces trois femmes ?
Avec joie. L’une, c’est Aude Léger qui fera pleurer dans les chaumières. Obsessionnelle compulsive, dans le silence de sa cuisine, elle écrit à un homme qui, en une nuit, a renversé son coeur. La deuxième Aude Léger fera rougir sa maman quand elle viendra voir le spectacle. Nymphomane de compétition, elle tente d’oublier l’amour de sa vie en collectionnant les amants, qu’elle reçoit également dans sa cuisine. La troisième femme, c’est Aude Léger qui vient à peine de quitter son appareil dentaire et sa bouteille de Biactol. Une adolescente qui, à l’heure du goûter, nous raconte sa première grande histoire d’amour. Émouvant et cru comme un bon jambon.
Pourquoi parler d’amour dans une cuisine ?
J’aime l’amour et la cuisine. Parler d’amour dans une cuisine, voyez-vous, s’est donc imposé naturellement. J’aime la cuisine pour son côté à la fois intime et quotidien. L’idée – une des idées, car ce spectacle foisonne – est de partir d’une situation qui ressemble fort à un bon vieux cliché (une femme dans une cuisine) et de s’en détourner. Enfin, grâce aux objets qu’elle contient, à ses sons et à ses odeurs, la cuisine me permet de développer trois esthétiques et gestuelles différentes, mais je ne vous en dis pas plus afin de ne pas déflorer le travail de la chorégraphe que j’exploite honteusement.
Et la scénographie ?
Une grande table en bois bien ancrée dans le sol, contraste avec les autres éléments d’un décor aérien. Des accessoires sont suspendus ça et là, à portée de main, comme pour mieux changer de chair. Une toile de peintre blanche, suspendue elle aussi, sert de support de projection aux mails écrits par l’un des personnages.
Une. Ecriture. Fragmentée ?
J’aime beaucoup le livre de Barthes, Fragments du discours amoureux. Il affirme qu’on ne peut parler de l’amour qu’en fragments, qu’on ne voit le corps qu’en morceaux, par exemple le « J’aime tes fesses » de Godard.
“Tu vois mes pieds dans la glace ? Tu les trouves jolis ? Et mes seins, tu les aimes ? Qu’est-ce que tu préfères, mes seins ou la pointe de mes seins ? Et mes épaules, tu les aimes ? Moi je trouve qu’elles sont pas assez rondes. Et les lasagnes ? Et mon visage ? Tout ? Ma bouche ? Mes yeux ? Mon nez ? Mes oreilles ? Donc, tu m’aimes totalement ?”
Chair de poules, dans le détail et dans la construction globale, est fragmenté. Chaque apparition de chacun des personnages est une pièce de puzzle. On passe de l’un à l’autre successivement et plus on avance, plus le puzzle se construit pour former un portrait de plus en plus précis. Le texte est lui aussi morcelé, dans l’écriture même et dans les ruptures provoquées par les chansons. J’aime aussi les litanies, les répétitions. J’aime aussi les litanies, les répétitions. On répète, on se répète quand on est amoureux, on dit toujours les mêmes choses, avec la même intensité, la même sincérité du moment : chaque fois qu’on parle d’amour, c’est avec « jamais » et « toujours », chante Barbara. C’est principalement cela qui m’intéresse dans l’amour et que je souhaite explorer dans ce spectacle. J’aime aussi les litanies, les répétitions.
Qu’en est-il des chansons ? Du travail musical et sonore ?
Mon manager m’ayant déconseillé le répertoire pourtant très frais du troisième Reich, les trois chansons choisies sont des reprises de chansons d’amour, retravaillées pour s’intégrer de différentes façons dans le récit : soit comme élément de rupture, soit comme prolongement d’un fragment de texte à la manière d’un cadavre exquis, ou comme simple chanson d’amour, sous forme d’extraits ou d’intermèdes. Sur l’une des chansons, un travail de composition a été réalisé à partir de sons d’ustensiles de cuisine et d’aliments comme instruments de musique. Tout est bio, naturellement, pour obtenir une belle rondeur auditive.
Voudriez-vous conclure brillamment ?
L’amour ne peut pas s’écrire sur un coin de feuille, oh, non. L’amour ne peut que vivre sur scène. Alors, du coup, c’est mieux de venir me voir. C’est plus parlant, d’un point de vue de l’émotion. D’autant que je suis carrément gaulée.
La Loge
La nouvelle création de la Cie Vagabond est un spectacle singulier pensé par Marc Adjadj comme une plongée dans l’univers du comique afin d’en tirer sa substance et de mettre en avant les ressorts intimes du rire.
Un homme d’âge mur, théâtral à souhait, une jeune femme cabotine et une jeune fille faussement naïve. Les acteurs se répondent par des pensées d’auteurs. Ils ne dialoguent pas mais se jettent leurs répliques au visage. Celles-ci sont constituées d’aphorismes, de pensées éphémères à la portée transgressive où la narration n’existe pas.
Le procédé permet à cette création de ne pas s’étouffer dans une trame rigide où les rôles sont donnés d’avance. Une dramaturgie qui évolue entre l’absurde et le tragique.
Note d’intention
Notre monde est de plus en plus à la recherche du « sens ». Ce « collage » d’aphorismes, ce matériau né de la répétition, « modelé » par le mélange de formes, de codes, des conventions du théâtre, des acteurs, des personnages et de leurs mouvements. Pas de pièce, pas d’histoire. La narration libérée de son exigence chronologique, la multitude des sens, la cohérence qui s’impose. Le spectateur est invité ici à privilégier le fait qu’il est plus important de voir et de ressentir que de comprendre. Nous sommes tous marqués par le rationnalisme, la pensée dominante, voire le rire estampillé. Ce spectacle a pour défi le temps réel, son exploration. L’utilisation quasi constante d’images en direct (et enregistrées) projetées sur plusieurs postes de télévision, est installée pour créer une perception décalée. Le rapport au temps est très lié à l’image… « L’ouvrage collagiste » a forcément des significations multiples et agite des traces de vérité. Il oblige à la distanciation, provoque la surprise et l’instant devient la valeur première. Le spectateur fait alors de ce qu’il voit et entend un objet imaginaire, achevé et il décide de rire individuellement. Il entre dans une rêverie vagabonde. Le rire est devenu produit de première nécessité sur scène. La vanne, le bon mot, le stand-up, nous font oublier que le rire est avant tout une éclipse. Il devient impératif de ne pas confondre tous les rires. Absurde, burlesque, le vrai et le faux, le mensonger, l’irréel, le symbolique, le vivant, le mort… L’imaginaire et le réel sont les deux lieux de la vie. Ce spectacle vient d’un désir de mettre de côté le personnage et le narratif. Il faut faire jaillir le sens, privilégier la fulgurance pour donner vie à l’instant. Il n’est pas possible de transmettre l’abstraction, on peut juste transmettre une forme. Bien sûr, ne pas faire confiance au sérieux et au « regard important sur le rire », commencer par se moquer de notre propre travail. Oublier l’académisme et signer une forme libre. Marc Adjadj
La création
La création s’est faite sur le plateau avec la matière née de la répétition. Les comédiens se sont laissés guider sans anticiper sur la forme globale de la pièce et en s’adaptant au fur et à mesure aux nécessités rencontrées. Sur scène, sont positionnées des caméras fixes reliées à des écrans de télévision en avant scène. L’image est présente en direct tout au long du spectacle. Elle offre aux spectateurs différents angles de vues et un rapport différent avec les comédiens. A tour de rôle, les comédiens jouent avec les caméras pour que leurs images soient diffusées en direct pendant que les autres essayeront d’exister sur le plateau. Tous les déplacements sont chorégraphiés et souvent empruntés aux origines du cinéma burlesque en passant de Laurel & Hardy à Jerry Lewis.
Tous les jeudi, vendredi et samedi – Du 12 janvier au 10 mars 2012 à 20h30
Le MAGASIN
Virtuoses de la parole, musiciens sans instruments, ils donnent vie à une poésie audacieuse et joyeuse. L’un la joue romantique désillusionné, l’autre est un salace inoffensif, le troisième un décalé sensible.
Dans un spectacle percutant à la croisée du slam, de l’humour et du café théâtre, ils retracent avec dérision leur parcours dans un univers complètement décalé, inspiré des Monty Python, de Gainsbourg, Baudelaire ou encore Brassens. Influencés de tout et de rien, par des paroliers, des artistes, la vie quotidienne ou encore des moustachus, ils embarquent les spectateurs dans leurs aventures dès les premières rimes. Talentueux, ils savent manier la langue de Molière à la perfection tout en surfant sur une autodérision permanente. La Moustache, ils la portent d’ailleurs comme celle que Marcel Duchamp avait faite à la Joconde, avec une pointe d’ironie.
Le juste milieu entre Jacques Prévert et Herbert Léonard Comédien et improvisateur formé au Conservatoire du XXème arrondissement de Paris sous l’égide de Pascal Parsat. Auteur au sens large du terme, (en 2009 et 2008, dans le cadre d’un concours, il a écrit des formes théâtrales courtes qui ont été sélectionnées et jouées au théâtre du rond-point) il a été amené à écrire autant pour le théâtre et la musique, que pour la poésie. Le comédien trouve enfin dans les scènes slam, un lieu ouvert pour expérimenter son jeu et son écriture.
Le juste milieu entre le Marquis de Sade et Aldo Maccione Poète trash et licencieux, il mélange les mots et les cinq sens pour faire rougir les spectateurs de tout âge. Amoureux de la langue française et de ses jolies formes il s’amuse à confronter la décadence de ses propos à un langage précieux et raffiné. Son péché préféré ? La luxure, qu’il célèbre avec malice et gourmandise dans des textes finement ciselés au sein du Grandiloquent Moustache Poésie Club et du groupe Ed Wood Is Dead.
Le juste milieu entre Stendhal et Pierre Richard Poète et comédien formé au Vélo Volé et à l’atelier de Patrick Bonnel, il représente la France à la coupe du monde de slam 2009, où il termine demi-finaliste. Il joue également avec la compagnie Pans d’Art, avec laquelle il fait notamment du théâtre chez l’habitant et des fausses visites guidées de musées. Maître de l’absurde et de l’autodérision, il réinvite la langue et mélange les références dans des contextes souvent inattendus avec un souci de simplicité et d’authenticité.
Le juste milieu entre Ariane Mnouchkine et Pat Le Guen Comédienne et metteur en scène formée au Cours Jean Laurent Cochet et au Studio Muller, elle est également improvisatrice depuis 12 ans au sein d’Etcetera. Son travail repose sur des éléments forts et fondateurs : une scénographie efficace, une chorégraphie du plateau, un rythme étudié qui tient le spectateur. Elle a étudié la mise en scène à l’université Paris VIII mais également en tant qu’assistante sur des projets très différents comme MACBETH réunissant une équipe de trente-deux personnes dans une traduction originale, ou bien TOYCINE ET COTINEY, spectacle de rue mettant en jeu un duo de clown. Elle collabore à l’écriture et met en scène L’ACTEUR NUCLEAIRE, projet en partenariat avec la compagnie de Claude BUCHVALD, un seul en scène post-apocalyptique qui se jouera en tournée sur la saison 2011 / 2012. En parallèle de ses activités artistiques, elle est professeur de théâtre et d’improvisation, formatrice en entreprise sur les techniques d’acteur et intervient dans le cadre de sensibilisation au handicap.
Date 2012
François Morel est Monsieur Jourdain dans le Bourgeois Gentilhomme, comédie ballet de Molière et Lully qui rassemble 27 artistes sur la scène du Théâtre de la Porte Saint-Martin du 12 janvier au 27 mai 2012.
L’histoire : Monsieur Jourdain, riche bourgeois, se rend ridicule en voulant imiter les manières de la noblesse. Il décide de commander un nouvel habit plus conforme à sa nouvelle condition et se lance dans l’apprentissage des armes, de la danse, de la musique et de la philosophie, autant de choses qui lui paraissent indispensables à sa condition de gentilhomme. Mis en scène par Catherine Hiegel, ancienne pensionnaire de la Comédie Française, Le Bourgeois Gentilhomme est le rendez-vous théâtral à ne pas rater en 2012 !
Génial inventeur d’une comédie d’un nouveau genre, Molière avec « Le bourgeois gentilhomme », signe la plus accomplie des douze comédies-ballets qu’il écrira. Le thème commandé par le Roi qui souhaitait se moquer du peu de cas qu’un émissaire de « La Grande Porte » avait témoigné devant le faste de la Cour, est une turquerie. Et c’est merveilleux de voir comment Molière, malgré le poids de cette contrainte, fait jaillir autour de Monsieur Jourdain, la plus acérée, la plus franche et la plus libre de ses comédies.
Quoi de plus éternel qu’un homme qui cherche à paraître un autre, à s’élever de sa condition, quitte à renier sa naissance et son milieu et ce bourgeois qui se rêve gentilhomme, est loin d’être un genre en voie de disparition.
« Le choix de François Morel dans le rôle titre, s’est imposé à moi comme une évidence. Sa force comique, toujours authentique et vraie, ses capacités de naïveté et d’étonnement, se glisseront à merveille dans l’étoffe de Monsieur Jourdain ! J’ai composé, autour de lui, une grande famille d’acteurs, de musiciens, danseurs et chanteurs ; ils seront plus de vingt complices à entraîner au bout de ses rêves et de sa folie, ce balourd enfantin qui se voulait un autre. » Catherine Hiegel
Théâtre de la Porte Saint-Martin
Représentations :
Salle d’attente « Qu’est-ce qu’on va faire avec un monde pareil… qui veut ça… qui veut ça… quelques-uns veulent ça… »
Après Factory 2 et Persona Marylin, Krystian Lupa entame une nouvelle exploration, avec comme point de départ Catégorie 3.1 de Lars Norén, auscultation quasi ethnographique des marges sociales. Le titre désigne la case réservée aux cas sociaux dans les formulaires de l’administration suédoise. Dans la pièce, alcooliques, drogués, prostitués, psychotiques, SDF, chômeurs peuplent Sergelstorg, une place du centre de Stockholm. Les personnages, en panne d’existence et d’histoire, baignent dans une réalité qui, à la manière d’un acide, les dépersonnalise et fait de la scène le lieu où ils viennent se dissoudre. Ou peut-être se sauver ? C’est la question que veut poser Lupa entouré, pour sa première création en français, de jeunes actrices et acteurs issus d’écoles d’art dramatique francophones. Comme à son habitude, l’improvisation sera au centre du travail : il s’agira pour les acteurs de réinventer leurs rôles en écrivant des monologues intérieurs inspirés par les personnages de Norén, d’explorer les forces de l’irrationnel et du subconscient, et de donner vie sur scène à une réalité pétrie de leurs imaginaires.
Spectacle déconseillé aux moins de 16 ans, certaines scènes peuvent heurter.
Dans la marge
Cela fait plusieurs années que je m’intéresse de près à des textes qui traitent de ces personnes en marge de la société, ces individus qui sont de façon quotidienne, méprisés voire rejetés par autrui. Le principal problème ici, et ce pourquoi le sujet me touche autant, est que leur condition de vie n’attire que trop peu l’attention. Et se sentant rarement concernée, la population considère ces gens comme un véritable problème social.
Ce que je constate également dans l’attitude de ces marginaux, c’est que ceux qui osent parler d’eux, de leur condition, ne veulent pas appartenir à cette catégorie de population; tandis que ceux qui sont véritablement touchés, dans le sens de “blessés”, par le problème cessent d’en parler. En réalité, ils ont forcément beaucoup de choses à dire et à partager.
Au-delà de l’attitude, je me suis également beaucoup attardé sur la thématique du langage. La manière dont ces personnes, que l’on peut considérer comme “des personnalités abîmées”, interprètent leur ressenti ainsi que la manière dont ils s’expriment au quotidien. En effet, il arrive fréquemment que le langage ne soit pas en phase avec notre âme. Ce moment fragile que nous rencontrons lorsque les choses que nous souhaitons exprimer deviennent difficiles à retranscrire. En résumé, nous pouvons dire que la langue a un rôle d’annihilateur. Il a tendance à anéantir ce que l’on ressent. À partir du moment où l’on a transformé nos pensées, nos ressentis, nos blessures par le biais de la parole, tout change. Tout est question de frontière entre le dedans et le dehors, le concret et l’abstrait, le connu et l’inconnu, le langage et la pensée. Il me semble que ces individus complètement désintégrés, qui sont comme rejetés par notre culture ont, dans leur propre intérieur, des messages forts à nous transmettre. À nous de prendre le temps d’écouter et de comprendre leurs messages, quelle que soit la forme de transmission. Interview de Krystian Lupa par Jean-Luc Marchina, extrait, mars 2011
Librement inspiré de « Catégorie 3.1″ de Lars Norén texte, scénographie, lumière et mise en scène Krystian Lupa avec Anthony Boullonnois, Audrey Cavelius, Claire Deutsch, Thibaut Evrard, Pierre-François Garel, Adeline Guillot, David Houri, Aurore Jecker, Charlotte Krenz, Lucas Partensky, Guillaume Ravoire, Lola Riccaboni, Mélodie Richard, Alexandre Ruby, Matthieu Sampeur
Grand Théâtre
Rencontre avec Krystian Lupa le lundi 9 janvier à 20h30
Le metteur en scène de Factory 2 revient à La Colline pour présenter sa nouvelle création, Salle d’attente, pour laquelle il a travaillé avec de jeunes comédiens suisses et français. Ce sera l’occasion de partager avec lui sa vision d’un théâtre d’art, où la radicalité de la mise en scène se nourrit de l’engagement total des comédiens. entrée libre sur réservation au 01 44 62 52 00
OEDIPE, 1718-2012
La découverte d’OEdipe, commande de la ville de Ferney-Voltaire, nous a aussitôt enthousiasmés : la vigueur de l’écriture, la nervosité de l’intrigue, la montée implacable de la tension, la thématique brûlante de la pièce, tout concourait à la modernité du propos. Cette tragédie, jamais montée depuis 1852, alors qu’elle avait connu un véritable triomphe à sa création, fut pourtant la plus jouée au XVIIIe siècle. Elle rendit célèbre, du jour au lendemain, un dramaturge de vingt-quatre ans qui prit à cette occasion le pseudonyme de… Voltaire.
UN CONTE TRAGIQUE POUR AUJOURD’HUI
Vieillards, femmes, enfants, que leur malheur accable, Tous sont intéressés à le trouver coupable. Vous entendez d’ici leurs cris séditieux ; Ils demandent son sang de la part de nos dieux.
OEdipe est, en premier lieu, une fable sur la crise : la tragédie de Voltaire parle en ce sens, pleinement, de notre temps. Confronté à une situation extrême, qu’il s’agisse de la peste plutôt que du sida, de la guerre ou de la crise économique, le groupe réagit toujours de la même façon : par l’exclusion et la recherche de boucs émissaires. Le lynchage n’est jamais loin. Dans la lecture que nous faisons de la pièce, plusieurs fils apparaissent donc, tout aussi riches de sens et de couleurs en 2009 ou 2010 qu’en 1718, date de la création d’OEdipe : tandis que le grand prêtre incarne l’arrogance d’un clergé qui, s’interposant entre des humains crédules et des dieux sanguinaires, tend à régenter la société civile, la quête d’identité qui pousse OEdipe à élucider le mystère de ses origines acquiert aujourd’hui, avec les nouvelles techniques de fécondation ou le recours de plus en plus fréquent à l’adoption, une force nouvelle : « Je crains de me connaître, et ne puis m’ignorer… »
UN VOLTAIRE INATTENDU
Impitoyables dieux, mes crimes sont les vôtres, Et vous m’en punissez !…
Je me suis attaché avant tout à mettre en relief la fable, axée, d’une scène à l’autre, sur une montée du suspense et une révélation progressive de la vérité — aveuglante : lorsqu’il apprend, avec effroi, qu’il est, malgré lui, coupable de meurtre, d’abord, puis de parricide et d’inceste, OEdipe choisit de se crever les yeux avec l’épée qui a tué son père, tandis que Jocaste, son épouse et sa mère, se poignarde… Nous sommes à mille lieues, ici, du code de bienséance dont, plus tard, récusant l’héritage de Shakespeare et Corneille, Voltaire se réclamera. Nous avons choisi de ne pas nous focaliser sur la lecture psychanalytique, suffisamment évidente aujourd’hui, pour retrouver la fraîcheur, la naïveté, mais aussi la crudité, du mythe originel. Dans la révolte d’OEdipe contre les dieux, nous retrouvons celle de Job, de Caïn ou de Prométhée, mais peut-être aussi, tout simplement, une métaphore de l’humaine condition. Enfin, tout en respectant le langage de l’alexandrin, dont aucun pied ne sera tronçonné (il marchera, dansera (il marchera, dansera et bondira sur ses douze pattes aux ressources merveilleuses), nous avons voulu l’apprivoiser, le parler, l’assimiler pour lui redonner vie dans le chant de nos muscles, de nos nerfs et de nos artères — afin qu’il acquière l’évidence d’un langage poétique contemporain..
UN ONIRISME CONTEMPORAIN
Ces climats sont remplis du céleste courroux ; Et la mort dévorante habite parmi nous. Thèbes, depuis longtemps aux horreurs consacrée, Du reste des vivants semble être séparée… Une image m’est d’emblée apparue, au début de la pièce : celle d’un voyageur qui, desperado ou samouraï, échoue dans un no man’s land crépusculaire ; un pays, Thèbes, où règne la peste, où grouillent les rats, où retentissent les clameurs des mourants ; un monde qui évoque à la fois le western (où l’étranger devient l’incarnation, pour la cité, de l’Ennemi) et l’horreur ou la science-fiction ; un lieu apocalyptique qui, aujourd’hui, pourrait être la bande de Gaza ou l’île d’Haïti dévastée par un tremblement de terre… Quant aux anathèmes du grand prêtre, ils renvoient aux prêches de tous les bellicistes religieux. Ces images, en suscitant un imaginaire d’aujourd’hui, nous défont aussi des couches de préjugés accumulés sur les pièces de Voltaire — et nous donnent à voir une tragédie incroyablement vivante, nerveuse, accessible.
UNE SCÉNOGRAPHIE ENGLOBANTE
Avec Charlotte Villermet, la scénographe, nous avons envisagé un espace global qui, intemporel et onirique, abolisse la séparation entre la scène et la salle. Un lieu unique, éruptif, couleur de cendre et de lave. La matière du sol, constituée d’un latex cousu, recousu, semble faite d’une accumulation de pansements sur un corps blessé, meurtri, couturé de cicatrices : il faut qu’une impression de danger, de contagion rampante, en émane. À jardin, une petite éminence derrière laquelle apparaissent au lointain les personnages, d’où certains, même, s’adressent au peuple de Thèbes. Au centre, descendant des cintres, comme si elle avait éventré le plafond, une branche d’arbre foudroyé, torturé, qui, en se relevant, modifie l’espace au fil du spectacle. Quant aux costumes, ils évoquent à la fois le monde contemporain, le western et la science-fiction : des matières naturelles, mais élimées ; des tons gris, où contraste le rouge incestueux de la robe de Jocaste.
UN CHOEUR DE SPECTATEURS
Le choeur, dans OEdipe, n’est pas incarné par les acteurs, mais par le public lui-même : avec Andrea Cohen, metteuse en ondes et compositrice de musique électro-acoustique, nous avons imaginé une mise en espace des voix du choeur qui, émanant de la salle ellemême, intègre les spectateurs dans le dispositif scénographique et les confronte à la violence de leurs propres pulsions. Jean-Claude SEGUIN
Avec
Regarder :
Artiste complice de la maison des métallos, la metteuse en scène Marie-Pierre Bésanger s’attache depuis toujours à imaginer un théâtre ancré dans le territoire, à l’écoute des aventures singulières du quotidien.
Pour cette nouvelle création, sur une proposition de la direction de la Maison des métallos, elle s’est ainsi immergée pendant dix-huit mois dans Belleville ; dix-huit mois d’écoute, de collectage, d’errance et de rencontres.
à ses côtés : ses compagnons du Bottom Théâtre mais aussi les Empêcheurs de tourner en rond, rencontrés au gré de ses pérégrinations, des Bellevillois issus souvent de parcours d’exil (Afghan, Algérien ou Burkinabais), de déplacement.
Ensemble, ils ont silloné un territoire à la rencontre d’habitants, travailleurs (libraire, artistes, prêtre, animateur, conseillère emploi, fleuriste, postier…), militants associatifs ou simples passants, à la découverte de commerces, de lieux de vie, de soins, d’écoute ou de partage (Foyer Sonacotra Fontaine au Roi, Foyer logement Paris rue du Faubourg du Temple, Centre social le Picoulet, Café social Ayyem Zamem, Centre d’Accueil Médicalisé et de Réinsertion Economique et Sociale, Centre de soins de l’Association Primo Levi, Novemploi…).
Marie-Pierre Bésanger et ses complices auront rencontré et échangé avec plus d’une cinquantaine de personnes.
« Dépossédé, riche de riens, qui engage à l’ouverture » Marie-Pierre Bésanger
Des Histoires
En s’inspirant de la ville multitude, et aussi des parcours réels de personnes en quête de lieu, Marie-Pierre Bésanger a imaginé un spectacle fondé sur la rencontre de deux personnages.
Il y a Elle (Lyse), travailleuse sociale, engagée dans l’action militante, qui choisit Belleville pour donner un sens à sa vie. Il y a Lui (Mario), déplacé, qui cherche une terre d’accueil, des papiers, une place. Sur le plateau, il y a l’histoire de leur rencontre. Il y a aussi trois hommes (Ibrahime, Hamid et Aziz), trois témoins, empêcheurs de tourner en rond, qui agissent, commentent, traversent, modifient, parlent ou chantent, donnent à l’histoire leur part de vérité. Portant leurs propres histoires, ils traversent la fiction, la confrontent avec leurs réalités. Des trajectoires sans cesse déviées, dans ce quartier de Paris, le hasard toujours à l’oeuvre.
LE TEXTE
Le texte de Cependant Tout Arrive se compose de deux corps principaux. L’un, d’essence clairement dramatique, développe la rencontre des deux protagonistes, «Elle» et «Lui», au gré d’une suite de situations. Fictionnel, il s’inscrit dans un cadre apparemment réaliste, fait appel à des repères explicitement liés à l’univers de Belleville. Le silence y tient une place de choix, autour des mots, territoire du mystère et des charges telluriques qui sous-tendent l’amour de cette rencontre. L’autre, d’essence narrative, poétique, musicale, fragmentaire, traverse et bouleverse le fil de l’histoire. Il est porté par les empêcheurs de tourner en rond. Dans sa forme scénique, ces monologues sont dissociés, scindés, recomposés chaque soir au gré des improvisations.
Elle poursuit des études en sciences sociales et rencontre le théâtre comme comédienne au sein d’une compagnie installée à Tulle. Au cours des années 80, elle migre vers Paris pour se former auprès d’Elsa Volliaston, Pierre Santini, François Cervantes…
De retour en Corrèze, elle mène un travail de pratique théâtrale pendant plusieurs années avec des personnes handicapées mentales. C’est là qu’elle développe un goût certain pour l’imprévisible, le fragile, l’instant… et pose les fondations artistiques qui la conduiront à la mise en scène. En 1999, elle fonde avec Philippe Ponty le Bottom Théâtre implanté à Tulle. Depuis décembre 2009, elle est artiste complice à la Maison des métallos.
EQuIpE ARTISTIQuE
Rencontre avec Marie-Pierre Bésanger
Photographies de Sylvestre Nonique-Desvergnes. Sylvestre Nonique-Desvergnes a accompagné le travail d’immersion de Marie-Pierre Bésanger et du Bottom Théâtre pendant dix-huit mois. Une sélection d’une vingtaine de photos expose les traces de ce voyage au coeur de Belleville. Du 30 novembre au 11 décembre – Hall de la maison des métallos. Accès libre
SpECTACLE EN TOuRNéE SAISON 2012-13
Maison des métallos 94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 75011
L’histoire : Depuis le jour où Sandy leur a annoncé qu’elle allait se marier, les cinq demoiselles d’honneur ont su que la cérémonie serait maudite ! Prisonnières de cette vie qu’elles ont » choisie » et des dilemmes auxquels elles doivent faire face, ces cinq femmes, engoncées dans leur robe acidulée, virevoltent sans cesse entre légèreté et cruauté, drôlerie et émotion. Par le scénariste du film culte American beauty et des séries Six feet under et True blood ! Alan Ball, auteur anticonformiste, nous livre une réflexion sur l’amour au-delà des préférences sexuelles et de magnifiques portraits de femmes. Un huis clos féminin qui oscille entre puritanisme et sexualité débridée, sur un ton souvent osé et désinvolte avec les travers et l’hypocrisie de la middle classe américaine !
NOTE D’INTENTION
À première vue, le cliché semble nous présenter cinq demoiselles d’honneur qui trouvent refuge dans la chambre de l’une d’entre elles pour déblatérer sur la mariée qu’elles n’apprécient pas vraiment.
De quoi peuvent donc bien parler ces cinq filles ? Du grand amour naturellement, des espoirs qu’on avait, de ceux qu’on n’a plus, de l’engagement, de la place du couple, des regrets de la trentaine, des rêves de la vingtaine, du passé, du futur et de cette maudite réception à laquelle aucune n’a vraiment envie d’assister.
Mais au lieu de tomber dans la comédie romantique bon chic bon genre, Alan Ball va briser les tabous et viser l’anticonformisme. Dans cette culture américaine parfois considérée en pleine dénégation, il laisse la parole aux femmes par le biais de personnages colorés, parfois désespérés et cinglants.
J’ai donc voulu axer mon travail autour d’un bon équilibre entre la comédie et le drame. Si le public oscille entre rires et émotions, mon objectif aura été atteint. J’ai souhaité rendre ces cinq demoiselles d’honneur touchantes, chacune à sa manière, car elles se savent jugées par la société, du moins, par celle qui compose la réception du mariage, et ressentent le besoin de s’isoler dans une chambre où elles pourront… enfin… respirer. L’auteur nous confie de nombreux éléments sur leur passé, leur psychologie et je me suis délecté à souligner leur évolution tout au long de la pièce.
J’ai creusé la propre profondeur de chacun des personnages afin de ne pas accorder plus d’importance à un rôle plutôt qu’à un autre, dans ce drame sérieusement drôle et contemporain, malgré ses 18 ans ! Car avant de devenir le scénariste d’American beauty, de Six feet under et de True blood, Alan Ball écrivait pour le théâtre. On y retrouvait déjà son style subtil, ironique et tonique avec des personnages à plusieurs facettes, virevoltant sans cesse entre légèreté et cynisme, drôlerie et émotion.
Cinq filles couleur pêche nous décrit une middle class américaine avec ses travers et son hypocrisie. L’auteur nous y livre une réflexion sur l’amour au-delà des préférences sexuelles et de magnifiques portraits de femmes qui s’interrogent sur leur avenir. Prisonnières de cette vie qu’elles ont « choisie » et des dilemmes auxquels elles doivent faire face, ces femmes en quête de bonheur sont engoncées dans une société faite de conventions et souvent vide de sens. Benjamin Castaneda
Du 9 Novembre au 14 Décembre 2011 :
Du 8 Janvier au 28 Février 2012
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