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la jeune photographie iranienne à la Silk Road Gallery

Posté le 02 août 2011 à 9:36

 

Première galerie en Iran à se consacrer exclusivement à la photographie, la Silk Road Gallery a ouvert ses portes en décembre 2001. À l’image de la route de la soie, ancienne voie de diffusion des connaissances et d’échanges interculturels entre l’Orient et le bassin méditerranéen, la Silk Road Gallery s’est donné pour mission de faire connaître la jeune photographie iranienne en Occident.

Diverses raisons ont conduit la galerie à faire le choix de se spécialiser dans la photographie contemporaine :

• Médium direct qui communique son message sans détour, la photographie est immédiatement compréhensible pour tous, aussi bien le public iranien que le public occidental

• Contrairement à la peinture iranienne, la photographie en Iran n’est encombrée d’aucune tradition susceptible d’influencer les artistes, ce qui en fait le plus contemporain des médiums dans le pays

• Jamais neutres ou désengagés, ses sujets, qui n’ont de cesse de dénoncer les injustices sociales et politiques, accompagnent les Iraniens sur le chemin de la modernité

• Les photographes iraniens ont désormais trouvé leur propre style, qu’ils utilisent pour transmettre leur engagement avec subtilité. Précurseur dans le domaine de la photographie, la Silk Road Gallery a ainsi soutenu activement la naissance d’un véritable mouvement artistique.

Dès son ouverture, les meilleurs photographes iraniens, que ce soit Bahman Jalali ou Shadi Ghadirian, ont rejoint la galerie, une collaboration qui perdure encore aujourd’hui (Bahman Jalali, bien que décédé en janvier 2010, est toujours représenté par la Silk Road Gallery). En parallèle, toute une jeune génération de photographes travaille avec elle.

Parmi les artistes de la galerie :

  • alizare
  • Sasan Abri
  • Shokoufeh Alidousti
  • Gohar Dashti
  • Arash Fayez
  • Shadi Ghadirian
  • Bahman Jalali
  • Rana Javadi
  • Katayoun Karami
  • Ramyar Manouchehrzadeh
  • Mehdi Monem
  • Ali Nadjian
  • Mehrdad Naraghi
  • Ali & Ramyar
  • Mohsen Rastani
  • Jalal Sepehr
  • Hamila Vakili
  • Ali Zanjani

Loin d’être une institution à but uniquement commercial, la galerie est une sorte de laboratoire, espace où se rencontrent et se mêlent des idées et des expériences. Certaines expositions ayant pris forme ici ont eu un véritable écho.

Par l’intermédiaire de la Silk Road Gallery, des oeuvres de photographes iraniens sont régulièrement vendues à des musées ou institutions à l’étranger. Elle prend également part aux grands événements culturels, comme Photoquai en 2007 et 2009 – édition dont la direction artistique a été confiée à Anahita Ghabaian Etehadieh, directrice de la Silk Road Gallery.

Le dixième anniversaire de la galerie sera marqué par la publication d’un ouvrage sur la photographie contemporaine iranienne, ainsi que par sa participation à Paris Photo qui se tiendra du 10 au 13 novembre au Grand Palais.

Y seront exposés : Gohar Dashti, Arash Fayez, Shadi Ghadirian, Bahman Jalali, Rana Javadi et Katayoun Karami.

Contact :

  • Anahita Ghabaian : + 33 6 60 80 15 17 ghabaian@gmail.com
  • 103 Lavasani st. 19368-39631, Tehran Iran www.silkroadphoto.com

Ut poesis pictura à la Galerie Taiss

Posté le 28 fév 2011 à 6:10

Ut poesis pictura

Katâyoun Rouhi – Kambiz Sabri

du 11 mars au 7 mai 2011

Une femme et un homme, tous deux nés en Iran dans les années 60, exposent leurs peintures et sculptures à la galerie Taïss. Leur enfance est marquée par la chute de la monarchie du Shah en 1979 et l’établissement par l’Ayatollah Khomeiny de la république islamique. Époque trouble durant laquelle un régime conservateur remplace un régime dictatorial. Katâyoun Rouhi a quitté son pays natal à 19 ans pour partir étudier à l’École des Beaux Arts de Paris, sur les pas des grands maîtres. Sa série des Arbres exposée à la galerie a remporté un vif succès lors des dernières ventes aux enchères Sotheby’s à Doha en décembre dernier. Son livre « L’ontologie du lieu », une interrogation sur l’acte de création, vient de paraître aux éditions L’Harmattan. Kambiz Sabri a choisi de rester à Téhéran où il agit en tant que sculpteur, designer et professeur. Il participe à de nombreuses expositions et biennales et a coordonné le pavillon iranien à la 51e Biennale de Venise. La Galerie Taïss accueille ces deux artistes pour une confrontation de leurs oeuvres. Au premier abord, peu de choses les rapprochent. Pourtant, lorsque le regard pénètre leurs oeuvres, les symboles apparaissent et se dévoilent alors une quête semblable : celle du savoir. Kambiz Sabri regarde le monde avec détachement pour mieux le connaître et le comprendre. Les mouvements des matelas sculptés qui accueillent des individus groupés ou solitaires, symbolisent ces vallées que l’homme, selon la philosophie Soufi, doit traverser pour accéder à la vérité et ainsi découvrir son moi profond. Les peintures de Katâyoun Rouhi représentent cette quête de soi qui passe par l’introspection et nécessite de vivre en osmose avec la nature. Tout deux parlent de manière symbolique. Tous deux ont le même objectif, la plénitude.

Les peintures de Katâyoun Rouhi représentent une jeune fille face à un arbre ou s’avançant dans une allée en direction d’une lumière lointaine. Un poème persan composé par l’artiste recouvre les figures. Rédigé à l’envers, il ne peut être lu.

La signification se dissimule derrière le signe comme pour signifier l’importance des propos sous-jacents, de l’allégorie. « Pendant la répression, la poésie permettait de dire beaucoup de chose », précise l’artiste. La figure de l’enfant, mélange de la fille de l’artiste et d’elle même enfant, est représentée de dos, permettant ainsi de s’y identifier.

Elle devient alors une figure générique, atemporelle. L’arbre symbolise lui aussi la quête d’identité. Est-ce l’arbre de la vie, l’arbre du savoir, l’arbre généalogique, l’arbre cosmique ? « Tout le monde peut y voir ce qu’il veut. Mais dans la poésie persane, il est un point de repère. Et dans mon enfance, on s’orientait dans la nature à partir des arbres qui ponctuaient le paysage ».

La facture classique de ses peintures se confronte à une représentation surréaliste. L’artiste peint son inconscient. Et à l’image des calligraphies persanes, la perspective a disparu. La nature, l’écriture, l’humain, le fond monochrome, la ligne blanche et la jeune fille sont traités sur la même échelle, comme pour représenter l’unité recherchée. En répétant depuis quatre ans le même poème, en dessinant depuis quatre ans ces mêmes figures, l’artiste accentue la dimension spirituelle de cette série par l’aspect incantatoire dans la forme et dans l’idée.

Face aux peintures de Katâyoun Rouhi qui invitent à l’introspection, les sculptures de Kambiz Sabri ouvrent sur le monde. Des dizaines d’individus se dressent sur un matelas démesurément grand. Certains sont en groupe, d’autres solitaires, tous paraissent semblables. Mais plus le regard se rapproche, plus les différences se révèlent. Dans ce groupe uniforme se distingue des attitudes. La majorité d’entre eux est immobilisée dans l’attente d’une action qui n’arrive pas. D’autres s’avancent pour agir. Ces oeuvres sont à appréhender telles des métaphores du monde actuel. Elles jouent sur les contradictions. Elles invitent aux allers-retours entre le proche et le lointain, entre la vision de la masse et celle du particulier, entre l’espoir d’un monde harmonieux contrecarré par le désir de domination d’un groupuscule dissimulé hors de la représentation. Ces mêmes oppositions se retrouvent dans la réalisation. Les formes stylisées se confrontent à des représentations précises, le symbolique au réalisme.

Se dessine alors une deuxième grille de lecture, plus violente, plus critique. La fragilité de la matière moelleuse s’est faite pierre. La légèreté apparente se fait juge. Une tension est évidente. « Je rêve du jour où les guerres et les conflits laisseront place à des fêtes lumineuses et joyeuses, où l’expression collective deviendra sacrée. » Kambiz Sabri imagine cette béatitude, contrecarrée par les conflits engagés pour dominer, par ce désir de s’affaler tel un empereur romain profitant de délices tout en envoyant son armée à la mort. « La philosophie iranienne est basée sur l’apparent et le caché. Ce que tu vois doit renvoyer à quelque chose d’invisible qu’il faut révéler », explique Katâyoun Rouhi. Les créations de ces deux artistes sont empruntes de cette culture. Leurs propos se dissimulent derrière la forme. À chacun d’entre nous de soulever le voile.

Aude de Bourbon Parme

  • Commissaire Madame Farnaz BAHMANYAR

Galerie Taiss

14, rue Debelleyme 75003 Paris, France. T. +33 (0)1 42 71 18 85 www.taissgalerie.com – taiss@taissgalerie.com Du mardi au samedi de 11 à 19 h et sur rendez-vous. métro Saint-Sébastien-Froissard

Dédicace au 61 de la collection « Voyage au pays des… »

Posté le 20 juin 2010 à 9:40

Le 61 accueille, le mercredi 23 juin 2010 de 18h30 à 20h, la collection « Voyage au pays des… » (Editions Cartouche).

Trois livres sont présentés et dédicacés par leurs auteurs.

« Voyage au pays des Gorani » (Balkans), de Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin Au Kosovo, il y a, certes, des Albanais et des Serbes, mais pas seulement… Dans les hautes montagnes qui s’étendent au Sud de Prizren, entre Kosovo, Albanie et Macédoine, vivent aussi des Gorani. Ce petit peuple de montagnards slaves musulmans parle un dialecte de la famille macédo-bulgare. Les alpages, qui ne tiennent nullement compte des frontières étatiques, sont leur royaume mais, depuis des générations déjà, les Gorani partent à travers le monde pour chercher fortune. Les pâtisseries qu’ils tiennent, de Vienne à Istanbul, sont parfois justement réputées.

Oubliés par la « grande histoire », les Gorani sont fiers de leur identité et entendent bien le faire savoir !

Voici une tâche que les deux auteurs, journalistes gyrovagues arpentant les chemins des Balkans depuis des années, s’étaient jurés, depuis longtemps, de mener à bien.

Jean-Arnault Dérens est agrégé d’histoire et journaliste, rédacteur en chef du « Courrier des Balkans ».

Géographe de formation, Laurent Geslin est journaliste et photographe.

« Voyage au pays des Baloutches » (Iran), de Stéphane A. Dugoignon

Ce bref récit au rythme haletant, à l’issue décalée, vous projettera à la pointe sud-est de l’Iran, aux frontières du Pakistan et de l’Afghanistan, région peu accessible de nos jours. Là, au carrefour délaissé des mondes persan, arabe, indien et africain, grands inventeurs de religions, vous errerez de déserts de basalte en palmeraies ombreuses, de mosquées style Bollywood en barques de pêcheurs de requin. En tentant d’échapper à la sollicitude des sectes d’imitateurs du Prophète, pour trouver refuge, peut-être, chez les adorateurs de l’Esprit des Eaux, à moins de préférer le commerce des réseaux de contrebandiers. Et ce, dans le contexte d’un face-à-face séculaire, de plus en plus tendu, entre Baloutches et Persans, nomades et sédentaires, sunnites et chiites, blancs et noirs – couleurs respectives de leurs vêtements rituels –, les uns comme les autres prêts à toutes les extrémités, aux ultimes fautes de goût, dans le seul but que l’on parle d’eux. Ce qui, sur l’essentiel, finit par les rapprocher un peu.

Chargé de recherches au CNRS, professeur associé à l’université d’Amsterdam, Stéphane A. Dudoignon est historien, orientaliste, voyageur et photographe.

« Voyage au pays des Baloutches » (Iran), de Stéphane A. Dugoignon

« Nous vivons dans un immense camp de concentration à ciel ouvert ! » Armée de cette déclaration de la célèbre dissidente ouïghoure Rebiya Kadeer, Sylvie Lasserre, munie d’un simple visa touriste, se rend au Turkestan chinois, le pays des Ouïghours, minorité turcophone et musulmane vivant à l’ouest de la Chine. D’Almaty, au Kazakhstan, à Urumqi en passant par Ghulja, puis d’Urumqi à Kashgar et Turpan, elle parcourt près de 6 000 kilomètres en train, en taxi collectif, en triporteur pour se heurter… à un mur de silence.

Un constat : la colonisation han a progressé à une allure impressionnante jusques aux confins de l’Asie centrale. Pékin a instauré un régime de terreur en guise de politique régionale, les espions sont partout. Les rêves d’indépendance ne sont jamais très loin, mais nulle part on ne le dit. Dans les rues, l’auteur est frappé par la tristesse des visages, d’habitude si gais en Asie centrale. La culture millénaire de ce peuple est gravement menacée de disparition et ne laissera bientôt place qu’à un folklore fossilisé pour touristes.

Sylvie Lasserre est reporter, éditeur et photographe, spécialiste de l’Asie centrale et du monde turc. Elle est membre de la Société asiatique, directrice-fondatrice de la Maison d’Asie centrale, et auteur du blog www.surlesroutesdasiecentrale.com

Le 61

3, rue de l’Oise – 75019 Paris

01.42.05.09.17

61paris@gmail.com

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