L’exposition “Human form” croise deux parcours édifiés autour de la forme humaine, deux regards qui se rejoignent, mais aussi deux démarches à contre-temps qui interpellent et impliquent le spectateur. L’une est celle d’un sujet qui devient regard, quand l’autre, est celle d’un regard qui devient sujet.
Venue du monde de la danse, Frédérique Chauveaux s’est lentement extraite d’un corps pour mettre en espace des corps, aujourd’hui prolongés dans des installations vidéo. Photographe, Michael McCarthy est entré dans l’objectif pour devenir sujet et papier. Sans complaisance, il explore et transgresse technique et support pour retrouver et faire corps.
Frédérique Chauveaux: Danseuse-interprète, chorégraphe, directeur de sa propre compagnie… Frédérique Chauveaux a assumé tous les rôles avec talent, sur les scènes les plus prestigieuses, oeuvrant avec des metteurs en scènes renommés. Lorsqu’en 1998, elle découvre la vidéo, ce nouveau médium devient sa passion; c’est tout naturellement qu’elle en fait le prolongement de ses inlassables expérimentations sur le corps et son mouvement.
Habituée à la scène et au contact direct avec le public, elle abolit d’emblée l’écran distanciateur. Elle introduit la 3ème dimension en vidéo avec ses « installations vidéo« , donnant vie à des objets inanimés, telles, pour la série « Habitations« , cette chemise qui respire ou cette autre qui vole. Car, en filmant comme elle le fait l’objet, en l’animant par divers procédés, puis, en re-projetant sur ce même objet le résultat du mouvement créé, elle obtient un étrange ballet, la quintessence de la chose. En insufflant ainsi vie à l’inerte, elle déstabilise le spectateur et suscite un trouble de la perception qui le fait douter du Vrai et du Faux, jusqu’à le conduire inexorablement à vouloir… toucher, participer.
Les thèmes qu’elle aborde – au coeur de ses préoccupations figurent l’entre-deux amoureux, la sensualité, l’érotisme, le désir, la souffrance…- et sa démarche artistique singulière impliquent le spectateur émotionnellement et physiquement.
Elle expose notamment pour les Nuits blanches en 2009 et 2010. De la société Louis Vuitton, elle reçoit commande en 2010, de l’installation « Bon voyage! », qui est exposée au musée Carnavalet d’octobre 2010 à février 2011.
Michael McCarthy: Diplômé en Histoire et en Photographie de la Tyler School of Art (PA, USA), Michael McCarthy débute sa carrière d’enseignant en photographie et d’artiste en Pennsylvanie (USA); il voyage beaucoup et s’expatrie notamment 4 ans en Italie (Florence, Cortone, Rome) puis 2 ans en Grèce. Il expose à de nombreuses reprises outre-atlantique et en Europe. Il s’installe finalement en France où il vit et enseigne depuis 3 ans.
Familier des techniques les plus pointues de la photographie, ses goûts et sa curiosité expérimentale l’incitent à une exploration de tous les procédés photographiques mis en oeuvre depuis les origines de la photo au milieu du XIX° siècle (photogrammes, sténopés, procédé Van Dyke etc). En 1997, il est chargé au sein de l’Université de Collegeville (PA, USA) de développer un ambitieux programme sur la photographie alternative.
Cette exploration des procédés anciens lui procure des moyens plastiques plus qu’un but en soi’ il s’affranchit en effet de toute cette technique qu’il maîtrise pour créer un univers singulier. Il utilise les instruments du peintre, pinceau et pigments, et re-travaille implacablement son négatif et/ou son épreuve par pratique de chimie, découpage, pliage et lacération…
Dans ses séries « Bodies« , « Anti-portraits » et « Cyan-portraits » présentées dans l’exposition « Human form », son modèle est le corps humain, le sien propre, qu’il fragmente, décompose et découpe par le biais de l’image; son regard introspectif est sans concession. Il entretient un rapport au corps qui est celui d’un sportif accompli et d’une esthétique du relief archéologique et sculptural influencée par son expatriation en Italie et en Grèce.
Galerie Duboys
Après «l’Architecture de l’Absence», l’artiste franco-italo-péruvienne Francesca Piqueras expose pour la troisième fois à la Galerie de l’Europe et propose une série de photographies prises sur les côtes Mauritaniennes.
Esthétique de l’abandon, «L’ Architecture du Silence» met en scène des paysages industriels, afin d’évoquer la rencontre du monde sauvage avec celui de nos sociétés urbaines. À travers une photographie froide mais émouvante, l’artiste plonge le spectateur au cœur de ce paradoxe. Francesca Piqueras est allée dans la baie de Cansado, là où les bateaux sont sabordés sciemment sans règlementation aucune… Zone jonchée d’épaves, qui, une fois découpées par les ferrailleurs, deviennent méconnaissables… « N’en reste qu’un paysage métallique dessiné par des formes inquiétantes, émergeant de l’eau ». Grâce à ses jeux de plans et de lumières, l’artiste construit «un espace visuel silencieux où chacun peut projeter sa propre histoire».
En mouvement entre la France, l’Italie et le Pérou, Francesca Piqueras expose son œuvre depuis 2007. Influencée par le cinéma et l’ambiance de certains films noir et blanc japonais ou russes des années 50, 60, elle utilise la photographie comme support graphique, plastique et visuel, portant un regard personnel et solitaire sur le monde.
Le paysage est au cœur de ses préoccupations artistiques depuis ses premières expositions : «Limites» en 2007 et « Paysages clairs pour des jours sombres » en 2008/2009 à la Galerie de l’Europe , l’hommage à l’Angélus de Millet pour l’exposition à Barbizon en 2010, «Ganges et la vie suit son cours» à la Maison de l’Inde en 2010.
Née à Milan de mère italienne et de père péruvien, tous les deux artistes, Francesca Piqueras est à Paris depuis l’âge de 3 mois, mais toujours en mouvement entre l’Italie et, plus tard, le Pérou.
Elle photographie depuis l’âge de 13 ans, et expose depuis 2007. Elle étudie le cinéma et l’histoire de l’art.
Ses photos sont influencées par le cinéma et l’ambiance de certains films noir et blanc japonais ou russes des années 50, 60.
Elles reflètent dans un premier temps une errance nocturne, le monde urbain, les traces d’urine qui sont également des êtres se détachant du trottoir : une guitare, une femme au pistolet, un joueur de basket… Il s’agit de toute façon de paysages, même urbains : ciels à la limite de l’obscur entre les ombres des immeubles, sculptures de la rue, objets laissés à même le trottoir, trottoirs ouverts dont elle photographie les entrailles : c’est son exposition « Limites », en 2007.
Paysages aussi, quand elle pousse son regard et, quelquefois, le voile à travers des arbres, le soleil derrière, dans un train allant de Milan à Lausanne: en 2008/2009, c’est l’exposition « Paysages clairs pour des jours sombres ».
Quand il s’agit de rendre hommage à l’Angélus de Millet pour l’exposition de Barbizon en 2010, elle saisit l’énergie solitaire et introspective des deux personnages à travers deux arbres calcinés qui se font face dans un paysage sombre.
Elle utilise la photographie comme support graphique, plastique et visuel, portant un regard personnel et solitaire sur le monde.
Galerie de l’Europe
Depuis les débuts de l’art, la représentation de la femme a toujours été une thématique récurrente chez les Artistes. Au début de l’humanité les déesses était représentées sous la forme de petites sculptures aux formes arrondies, symbole de la fertilité et standart de beauté de l’époque.
Dès les débuts de l’art le corps représenté de manière idéalisée, reflétait ainsi une pensée dans une société et une époque donnée. Ce qui ce poursuivra dans les siècles suivants, principalement par la représentation de corps féminins de Déesse et/ou d’allégorie.
Et cela jusqu’à Manet et l’«Olympia», peint en 1863, où il propose une vision différente, avec cette prostituée, couchée sur un lit, qui regarde le spectateur profondément. La représentation du corps féminin n’est alors plus une vision religieuse ou allégorique mais s’inscrit dans une réalité tangible. Cette femme induit une dialectique du regard aux spectateurs qui la contemplent. Ainsi, par le regard il y a une confrontation aux autres et aux mondes, preuve de son désir d’unicité.
Nous pouvons retrouver cette dialectique dans mon travail. En effet, la quasi totalité de mes œuvres entre 2008 et 2010 interrogent le regardeur en le prenant à partie, questionnant son propre voyeurisme.
Bien que mon travail se présente sous la forme de corps nus marchandisés, il se propose de faire contrepoids au caractère intangible du monde de plus en plus saturé d’images ; mais il peut aussi devenir éléments figuratifs permettant un retour à la primauté de l’image.
En plaçant des pochoirs de corps nus dans la rue, je propose une vision de la beauté idéalisée qui vient s’ancrer dans une réalité spatio-temporelle. Placer un corps nu de manière éphémère dans un espace public est un moyen de rendre hommage à ce qui n’est normalement pas exposé à la vue de tous, un moyen de fêter l’individualité dans un lieu publique. L’habitude de cacher la nudité dans une société reflète un déni compulsionnel du caractère naturel et mortel de l’être humain.
« C’est par l’intermédiaire du corps que s’exprime la vie intérieure d’un individu » (Althamer)
Dans mon travail, nous ne sommes pas, comme on voudrait le croire, devant des corps de femmes nus, mais devant des corps transcendés. Le spectateur se retrouve confronté à une nudité qui paraît naïve au premier regard mais qui soulève des questions telles que notre individualité et notre identité face aux autres.
Tout ces modèles érotisés paraissent tous se ressembler dans leur plastique parfaite posant les bases d’une réflexion sur le clonage.
Une première partie de mon travail a été réalisée en noir uniquement, où la lumière et l’ombre offrent une vision morcelée du corps. Les ombres entraînent à passer du corps au signe et de l’absence au concept.
Depuis 2010, j’ai débuté un travail en couleur qui assoit ce questionnement sur le corps et se rapproche de plus en plus de la photographie. Travail dans lequel l’éclat de la beauté suspend parfois le mouvement du désir en le comblant dans les yeux. Et la peinture tente de saisir ce moment extrême, elle essaie de rivaliser avec la nature, non pas par une imitation parfaite de celle-ci, comme l’enseignait le peintre Grec, mais par la création d’un état visuel équivalent à un état réel pareillement efficace.
Pour conclure, je dirai que le sujet féminin est un prétexte pour mettre à jour, à travers ma propre expérience, les beautés et les travers de toute l’humanité. Zalez
Zalez
Le week-end de Pentecôte cette année, pour les amoureux de l’art et du rock, pourrait avoir pour décor, la Ville de Saint-Brieuc et le Art Rock festival qui met en scène et sur scène les arts dans des lieux des plus inattendus. Musique, danse, arts plastiques et multimédia, théâtre, photographie, se confondent dans une synergie parfaite. Lever de rideau sur une programmation séduisante et effrontée à découvrir les 9, 10, 11 et 12 juin à l’occasion d’une 28e édition frénétique et fédératrice. Tandis que Miss.tic pose sa griffe sur les murs de Saint- Brieuc et dans l’ancien Monoprix, les six peintres chanteurs de la compagnie Luc Amoros composent et décomposent leurs fresques éphémères comme autant de fenêtres sur le monde. Une empreinte qui marquera la ville autant que les esprits. Provoquant et subversif, « The Ballad of sexual dependency » bouscule à son tour les pensées. Le milieu punk new-yorkais, immortalisé par la célèbre artiste Nan Goldin dans les années 80, y est mis en musique par le trio surréaliste et savoureusement cynique The Tiger Lillies dans une alchimie palpable. Dans une grâce diaphane, Agnès Obel et Anna Calvi font frémir un public qui s’abandonne à leur musique ensorcelante, autant qu’au charme oriental d’Hindi Zahra.
Place au rock grand standing (scène Poulain Corbion) avec la classe imparable du gentleman Bryan Ferry et les costumes impeccables des Suédois The Hives. AaRon représente avec élégance la pop à la française, et Aloe Blacc porte avec brio les couleurs de la soul. Branchés sur 100 000 volts, The Jon Spencer Blues Explosion, Cali, Klaxons électrisent l’ambiance, relayés par The Inspector Cluzo, Solange La Frange, Radio Radio, Boogers pour une série de lives décalés au Forum de la Passerelle. Changement de cap pour Yelle et Yann Tiersen. La première revient avec un album fauve à souhait, pendant que le second privilégie la guitare au violon. Quant à Julian Marley et Staff Benda Bilili, ils perpétuent les traditions avec une ferveur communicative. Parallèlement, les arts multimédias défient les perceptions sensorielles. Alors qu’Enersto Klar et Kit Webster se jouent de la géométrie de l’espace, Adrien M et Kyle Mc Donald confrontent les spectateurs à la métamorphose de leur propre corps. Le public est également pris à parti par les insectes de Squidsoup et de Chris Sugrue. La frontière entre réel et virtuel n’a jamais été aussi perméable… Préambule de cette 28e édition le jeudi 9 juin avec une soirée d’ouverture artistique agitée entre Forum et Grand Théâtre de la Passerelle. Du suffocant « Inject » d’Herman Kolgen au magnétique Ei Wada en passant par le futuriste Hiroaki Umeda, les festivaliers croisent trois artistes hybrides capables de transcender les disciplines dans une tension numérique tangible.Un plateau clôturé par les Islandais Who Knew pour un live volcanique. Musiciens du métro parisien, chefs cuisiniers des Côtes d’Armor, artistes locaux, rencontres littéraires sont également partie prenante de l’affiche du festival Art Rock 2011. Dans le respect de ses valeurs fondamentales, Art Rock fait tomber les masques et dévoile l’infinie connivence des arts.
Art Rock et la Galerie W s’associent pour la première fois en 2010 pour proposer l’exposition de Troy Henriksen dans un lieu historique du centre ville, l’ancien Monoprix. Une expérience renouvelée aujourd’hui autour des pochoirs de Miss.Tic, qui signe l’affiche de cette édition. Dans ses pochoirs, des femmes, des silhouettes de femmes : elle est chacune d’elles. Fragments sur affiches déchirées, morceaux de palissades, pièces mixtes, pochoirs sur tôles et sur toiles… L’artiste installe à Saint-Brieuc, dans l’ancien Monoprix mais aussi dans les rues, des oeuvres uniques pour une exposition vivante, passionnée, poétique et éminemment artistique.
Bryan Ferry, Who Knew, The Raveonettes, AaRON, Boogers, Yann Tiersen, Hindi Zahra, The Legendary Tigerman, Staff Benda Bilili, The Jon Spencer Blues Explosion, The Hives, Yelle, King Charles, Filewile, The Joy Formidable, Bumpkin’ Island, TuNe-YaRdS, Lilly Wood And The Prick, Aloe Blacc, Cali, Is Tropical, The Inspector Cluzo, Agnès Obel, Florent Marchet, Julian Marley, Anna Calvi, Klaxons, Radio Radio, Solange La Frange…
Miss.Tic
L’ICART, école des métiers de la culture et du commerce de l’art donne « carte blanche » à ses étudiants le vendredi 27 mai pour concevoir et mettre en scène, dans les locaux de l’école, la 1ère « Nuit de l’ICART ».
« Les 5 sens » ? Organes de perception travaillée depuis l’enfance, permettront-ils de distinguer des réalités différentes ? Exploration et sensibilité, interrogations et émotions, souvent trompés, ils seront bousculés pour ne laisser échapper qu’un mot d’ordre : LA CRÉATIVITÉ !
Seuls maîtres à bord, c’est donc rue Pierre Charon, que de 19h à 1h du matin, les icartiens ouvriront les portes de l’école aux amateurs, aux visiteurs curieux de découvrir les propositions artistiques de jeunes artistes émergents…
Au programme : Arts plastiques et graphiques, photographie, installation, vidéo, performances, food-art, danse, musique… Pour les étudiants, futurs acteurs de la culture et de marché de l’art, l’heure est aux préparatifs car les rendez-vous seront nombreux cette nuit-là : ateliers fooding, performances, concerts de musiques actuelles, et des retrouvailles attendues… Wenjing Wang, lauréate du Prix ICART 2011, invitera à découvrir ou redécouvrir son travail où l’expérience d’un plongeon dans le noir, le temps d’un instant, pour une méditation poétique à travers la mémoire saturée… un travail sur les photos numériques qui tendent à devenir <archives>.
De la monographie d’un artiste à la communication d’une saison théâtrale en passant par le carton d’invitation à un défilé de mode, plus de 450 pièces issues des collections de la BnF illustrent la grande variété des travaux commandés aux graphistes. L’exposition Graphisme et création contemporaine présentée à la Bibliothèque nationale de France propose un florilège de travaux de graphistes réalisés durant les années 2000 pour tous les domaines de la création contemporaine : arts plastiques, photographie, architecture, théâtre, danse, littérature, musique, mode… L’exposition présente, graphiste par graphiste, un choix de 57 créateurs, toutes générations confondues, travaillant en France. Nombre d’entre eux rappellent volontiers qu’en répondant à des commandes, ils ont forcément un statut différent des artistes qui, eux, développent leur propre projet. Ce qui ne les empêche pas de signer leurs réalisations et d’affirmer, parfois même avec force, leur subjectivité. Citons par exemple Vier5 qui invente une écriture graphique originale pour The billboard book project (Paris), le livre de Jonathan Monk. Ou encore les M/M dont l’intervention dans l’exposition Translation, autour de la collection de Dakis Joannou au Palais de Tokyo, manifestait, de manière spectaculaire, l’entrelacement des univers des graphistes et des artistes. C’est cette rencontre qui est au coeur de l’exposition de la BnF. La confrontation avec les scènes artistiques contemporaines est-elle propice à la création graphique ? Quel rôle donne-t-on au graphiste ? Est-il un technicien ou un interprète ? Ces dernières années ont-elles vu émerger de nouvelles pratiques ? L’exposition pose ces questions et invite, surtout, à porter le regard sur des choix, des partis pris mais aussi des contraintes qui fondent ou infléchissent les « objets graphiques ».
Exposition Graphisme et création contemporaine
Du mardi au samedi 9h > 20h dimanche 13h >19h, lundi 14h > 20h Fermé lundi matin et jours fériés Entrée libre
Commissariat Anne-Marie Sauvage, conservateur, département des Estampes et de la photographie, BnF Sandrine Maillet, bibliothécaire en chef, Réserve des livres rares, BnF
« SOUL CATCHER » photographie de Jacques BENEICH
Du 9 février au 19 mars 2011, la Galerie 1161 s’ouvre aux images trop peu souvent rassemblées du photographe Jacques Beneich. Nombre d’entre elles sont inscrites dans nos mémoires : photos de mode, de charme ou de beauté, photos de célébrités : elles ont toutes la même signature : un talent qui force le naturel à se rendre. On se souvient des ces étranges marquises poudrées comme statufiées par le gel d’une première neige, des jazzmen épinglés dans la sueur et le souffle brûlant de la transe blues. On reverra ces portraits de grands artistes semblant être si proches : Aznavour avec ses vingt ans dans les yeux, Moustaki pieds nus comme un prophète, Darry Cowl si fragile dans sa gaité, Jamal hiératique tel un portrait du Fayoum. On découvrira sans les connaître ces portraits de gens ordinaires qui cessent immédiatement de l’être pour toucher à l’universel : lorsque le propos même de la photo est oublié et que l’image frappante devient celle d’un être surpris dans toute son humanité, parfaitement, véritablement lue et révélée.
Jacques Beneich photographie d’instinct, poussé par l’urgence de rencontrer. Sans a priori, sans procédé, sans artifice : comme un enfant impatient il ne cherche rien, il découvre. Pas de cérémonial durant ses séances de shooting : la Vie n’est pas tenue à distance parce que c’est elle qu’il invite. Il y a du bruit, des allées et venues, de la musique autour d’un modèle parfois un peu déconcerté : Jacques lui-même joue, raconte, éclate de rire : jusqu’à l’instant même où l’objectif est oublié et c’est l’instant sublime où quelque chose de très fort suspend la marche du temps : un masque est tombé et un visage se découvre , fixé à jamais dans son rayonnement le plus vrai par la grâce d’un regard incroyablement intelligent.
Jacques Beneich le plus souvent se passe des décors, des effets spéciaux et de tout exotisme ou maniérisme : il va à l’essentiel en plan serré. Il est le photographe de la peau, géographe du visage, topographe du corps en repos. Son modèle est son voyage, sa joyeuse exploration et son seul viatique est la lumière. Les jeux de l’ombre et de la lumière servent à la fois de décors, de vêtements, de maquillage : il en maîtrise tous les pigments, toutes les densités et orchestre leur inlassable pavane laissant sa part au hasard pour les surprises aléatoires du jeu d’un kaléidoscope.
Jacques Beneich ou l’Epiphanie d’un regard : celle d’un très grand portraitiste. Porté par sa propre joie, son amour de l’autre surpasse toute technicité par une improvisation très savante : la photo trouve son plan parfait en quelques minutes, et d’un seul coup, en un subtil et frappant renversement, c’est le portrait achevé qui vous regarde jusqu’aux tréfonds de vous-même. Regardez attentivement les photos si éclectiques de Jacques Beneich : ECCE HOMO…
Pour sa cinquième édition, SHOW OFF 2010 renforce sa lisibilité et son offre et SHOW OFF devient la foire du SOLO SHOW. SHOW OFF se tiendra du 21 au 24 octobre 2010, pendant la semaine de l’Art contemporain à Paris sous l’égide de la FIAC, SHOW OFF s’ installera dans une tente lumineuse et élégante, en plein Paris, aux pieds du Grand Palais sur le Port des Champs Elysées. Peinture, photographie, dessin, sculpture, vidéo, installation, édition… tous les medias seront présentés dans un format unique favorable aux artistes.
Cette cinquième édition marque le retour de la scène internationale à SHOW OFF avec une forte présence de galeries étrangères et d’artistes du monde entier. Un pôle de galeries anglaises se forme à SHOW OFF.
La galerie Danielle Arnaud présentera les dernières mises en scène d’animaux et de plantes de Tessa Farmer. Dans la section Emergence dédiée aux jeunes galeries, Room London présentera les installations du jeune artiste anglais Gordon Cheung et la Ladiray gallery, qui ouvrira un espace à Londres à l’automne prochain, exposera un ensemble de dessins de l’artiste français Vincent Bizien.
Les Pays-Bas et la Suisse sont aussi présentes avec des galeries phares. Flatland Gallery, fidèle à SHOW OFF depuis la première édition, reviendra cette année avec des photographies de Jaap Scheeren. La Gist Galerie, proposera un projet intitulé « Slow City » conçu par le duo Thomas Elshuis et Erik Sep. La galerie genevoise Analix Forever, elle aussi fidèle, présentera les installations de l’artiste italien David Casini.
Un grand nombre des artistes présentés par les galeries françaises sont étrangers. Ainsi Gilles Peyroulet & Cie, nouvelle venue à SHOW OFF, présentera les photographies de Fouad Elkoury (artiste vivant entre Paris, Beyrouth et Istanbul), Laurence Esnol Gallery avec l’artiste américain H. Craig Hanna, la galerie Vanessa Quang avec l’artiste chilienne Voluspa Jarpa, la galerie Catherine et André Hug avec la photographe allemande Stéfanie Schneider ou encore Russiantearoom avec l’artiste russe Dmitry Sokolenko.
Un partenariat qui se veut durable entre SHOW OFF et MENASART FAIR. Cette dernière se tiendra pour la première fois à Beyrouth du 13 au 14 juillet. Deux marchés, deux visions, une volonté commune de promouvoir une scène artistique émergente et un format semblable autour du SOLO SHOW.
SHOW OFF s’affirme comme un événement international au travers des galeries et des artistes qu’elle accueille et des échanges qu’elle institue.
• Ouvert du 21 au 24 octobre 2010 de midi à 20h • Vernissage presse le 20 octobre 2010 de midi à 18h • Vernissage public le 20 octobre 2010 de 18h à 22h • Port des Champs Elysées, Pont Alexandre III Paris 8e
Le site : http://showoffparis.fr/
Autopsie : démarche mystique qui, selon les grecs, permettait de contempler les dieux et de participer à leur puissance. Une autopsie, c’est aussi une façon de se pencher sur le détail, de distinguer et d’extraire les parties d’un tout, et ce faisant, de retrouver la capacité de voir. Benjamin Dubourg exploite dans son travail l’une des qualités intrinsèques de la photographie qui est de transformer son sujet en signe, voire en symbole. A sa manière, et selon ses propres fascinations, il ré-enchante le monde, révèle les manifestations d’une réalité supérieure, ce que Breton appelait le merveilleux banal. Au centre de sa démarche, il y a la marche, la déambulation intuitive, la captation au fil de la vie. Mais une captation recadrée, architecturée par l’ombre, le contraste des matières qui affleurent sous le glacis photographique, et l’émergence de la couleur – quand couleur, il y a. L’expression photographique de Benjamin Dubourg entre en résonnance avec un travail d’écriture poétique. Dans un de ses textes, il écrit : je resterai terrien. Comme si cela n’allait pas de soi, comme s’il fallait en avoir le projet, comme s’il existait un autre état possible de l’être. Comme si, en somme, le doute était permis. Et, quel meilleur support que celui de la photographie – qui de nos jours encore a valeur de document – pour interroger l’ordre du réel, du concret, du terre-à-terre.
3E RUE GALERIE WWW.3EMERUEGALERIE.COM 3EMERUEGALERIE@ORANGE.FR CONTACT : AUDREY KOULINSKY-COURROY +33 (0) 612 495 660
MARSEILLE (8e) – Le Corbusier, 280 bd Michelet Ouvert du mercredi au samedi 10H-13H /15H30-19H30 Open from Wednesday to Saturday 10am-1pm / 3:30-7:30pm
PARIS (3e) – 164 rue Saint Martin (à 100m de Beaubourg) Ouvert tous les samedis 11H-19H Open every Saturday 11am-7pm
Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872, musée Marmottan-Monet. Credit: Musee Marmottan, Paris, France / Giraudon / The Bridgeman Art Library Nationality / copyright status: French / out of copyright Monet, Impression, soleil levant, 1872, musée Marmottan-Monet.
De juin à septembre 2010, plus de 200 événements culturels et animations pour vivre l’Impressionnisme au présent
Normandie Impressionniste est un événement culturel, touristique et éducatif, né à l’initiative de la Communauté de l’Agglomération rouennaise et de six autres grandes collectivités normandes : les Régions de Haute et de Basse Normandie, les Départements de la Seine Maritime et de l’Eure, et les Villes de Rouen et de Caen.
Le festival Normandie Impressionniste mettra l’Impressionnisme à l’honneur sur tout le territoire haut et bas-normand. D’une ampleur inédite en France, cet événement pluridisciplinaire sera l’occasion pour le public de découvrir le patrimoine exceptionnel et toute la créativité de la terre natale du mouvement Impressionniste.
Le festival dévoilera l’impressionnisme sous toutes ses formes. Peinture, art contemporain, musique, cinéma, théâtre, danse, photographie, vidéo, littérature, conférences, son et lumière, déjeuners sur l’herbe, guinguettes… le festival Normandie Impressionniste proposera une programmation diversifiée, ouverte à tous et à toutes les formes d’expression artistique.
La peinture sera bien sûr à l’honneur. Tête de proue du festival, l’exposition très attendue « Une ville pour l’Impressionnisme, Monet, Pissarro, Gauguin à Rouen » proposée par le musée des Beaux-Arts de Rouen présentera un ensemble exceptionnel d’œuvres en provenance de collections publiques et privées du monde entier, dont plusieurs pièces maîtresses encore jamais montrées en France. D’autres hauts lieux culturels du territoire normand illustreront la diversité du thème de l’Impressionnisme à travers ses origines, ses lieux emblématiques ou ses pratiques : la Seine au musée des Impressionnismes de Giverny, l’estampe Impressionniste au musée des Beaux-Arts de Caen, Jongkind et Boudin au musée de Honfleur, Degas au musée André Malraux du Havre, Millet au musée Thomas Henry de Cherbourg, Renoir et Pissarro au Château-musée de Dieppe, Corot au musée de Saint-Lô, L’Ecole de Rouen au musée de Vernon, Riesener au Musée de Lisieux… Le Fonds ‘Peindre en Normandie’ exposera une sélection de ses oeuvres à Honfleur et Grand Quevilly.
Les autres formes d’expression créative, jusqu’aux plus actuelles, seront également bien représentées : musique (concerts autour de Debussy, Ravel, Satie…), photographie (exposition de Maxence Rifflet au Point du Jour à Cherbourg et au Pôle Image de Haute-Normandie à Rouen, commandes à de grands photographes), art contemporain (hommage au déjeuner sur l’herbe au Frac Haute-Normandie, installations à l’Abbaye de Jumièges), art vidéo (à l’Hôtel du Département de Seine-Maritime…), cinéma (archives Gaumont-Pathé), théâtre (dialogue entre Monet et Clémenceau), danse ou encore spectacle vivant.
De nombreux projets éducatifs seront menés en concertation et en étroite collaboration avec les établissements d’enseignement de tous niveaux sur tout le territoire normand. Ateliers artistiques, visites, cours d’histoire de l’art, les projets se multiplieront pour faire découvrir aux élèves ce grand mouvement pictural, les inviter à se l’approprier et à le réinterpréter. Le festival Normandie impressionniste est enfin un événement festif et convivial, ouvert à tous. Clins d’œil au goût des peintres Impressionnistes pour les paysages normands : projections sur des monuments, spectacles pyrotechniques, croisières et traversées sur la Seine, déjeuners sur l’herbe, guinguettes, itinéraires Impressionnistes et bien d’autres activités en plein air viendront compléter l’offre du festival, en lui conférant une dimension touristique, populaire et festive.
Commissaire général du festival Normandie Impressionniste, auteur de La Normandie, berceau de l’Impressionnisme (Ouest-France). Chacun le sait : l’Impressionnisme tire son nom d’un tableau de Monet, Impression, soleil levant, peint au Havre en 1872. Cette toile reflète à merveille une manière de peindre qui cherche à saisir l’instant éphémère, qui privilégie la couleur par rapport à la forme et qui laisse l’oeil du spectateur recomposer ce que la touche fragmentée du peintre avait dissocié. En choisissant ce tableau pour cible de ses railleries et en qualifiant d’Impressionnistes les adeptes de cette manière de peindre, le critique satirique Louis Leroy n’imaginait pas à quel point il était perspicace : ce faisant, à la fois il révélait la naissance d’un courant pictural en quête de lumière, de plein air et d’impressions fugitives et il témoignait de l’origine géographique de ce mouvement. L’Impressionnisme a paru surgir à Paris, en 1863, au Salon des Refusés (lequel réunissait les refoulés du Salon officiel). En réalité, cette révolution picturale, l’une des plus importantes de l’histoire de l’art, a émergé lentement, par transformations successives d’un genre pictural nouveau, le « paysage » en plein air, qui s’est affirmé en Normandie à partir des années 1820.
L’Impressionnisme, qui est l’expression même de la peinture claire, n’est pas sorti, comme on le dit souvent, de la sombre forêt de Barbizon, où se retrouvaient les peintres naturalistes. Quel paradoxe ce serait ! Cette peinture du moment fugitif est née sous les ciels capricieux de la Normandie, le long de ses rivages lumineux et de ses vallées verdoyantes. La naissance de l’Impressionnisme en terre normande peut sembler, à première vue, découler d’une série de hasards. Citons, parmi ces « heureux hasards » et par ordre d’apparition à l’écran :
Géricault, le héraut du Romantisme. Il naît à Rouen en 1798 et c’est là qu’il découvre l’anatomie des chevaux, qui occupent une place si importante dans son oeuvre ;
Corot, le chef de file de l’Ecole de la nature, fait ses études à Rouen et il découvre les lumières de la Normandie bien avant celles de l’Italie ;
depuis son enfance, Delacroix passe ses vacances au château de Valmont, près de Fécamp, avec son cousin Riesener. Il peint les falaises d’Etretat trente ans avant Courbet et Monet et il est le premier, dans La mer vue des hauteurs de Dieppe, à expérimenter la touche en virgule et la couleur juxtaposée des Impressionnistes ;
Huet, qui est un ami intime de Delacroix, se veut « fils de Rouen ». Il conduit la peinture du Romantisme jusqu’aux débuts de l’Impressionnisme ;
Millet est originaire de Gruchy, un hameau côtier du nord Cotentin. Marié à une Cherbourgeoise, il vit fort bien des portraits de la bourgeoisie locale lorsqu’une histoire sentimentale l’oblige à s’enfuir au Havre, où il rencontre Boudin ;
Courbet vient peindre sur la côte normande dès les années 1840. Il tombe amoureux d’une Dieppoise et leur longue liaison lui donne l’habitude d’y revenir souvent ;
Daubigny, succombe, lui, au charme d’une Cauchoise et vient s’installer à Villerville, un « trou à moules » près d’Honfleur ;
Boudin tient un commerce d’encadreur au Havre. Il expose des tableaux de Jongkind, de Millet et des célébrités de l’époque – Isabey, Troyon, Couture – qui l’initient à la peinture. Revenant à Honfleur, dont il est natif, il a pour voisin Baudelaire, un poète et critique d’art génial qui s’enthousiasme pour ses Ciels au pastel ;
Monet habite Le Havre depuis l’âge de cinq ans. Il y fait la connaissance de Boudin puis de Jongkind, qui l’emmènent peindre sur le motif. Ils seront, reconnaîtra-t-il, ses seuls vrais professeurs ;
Degas découvre tout jeune le Haras du Pin et il peint ses premières courses de chevaux à l’hippodrome d’Argentan, dans l’Orne ;
accueilli au château de Wargemont par les Bérard, Renoir retrouve à Dieppe ses amis Blanche, Monet, Eva Gonzalès et Pissarro, ainsi que Durand-Ruel, leur marchand à tous ; Berthe Morisot passe ses vacances à Houlgate, où elle reçoit les bons conseils de Riesener et de Degas ;
Lépine peint ses premières toiles à Caen, sa ville natale ;
Seurat passe ses vacances à Grandcamp et à Port-en-Bessin et il entraîne Signac et Angrand, son ami rouennais, sur la voie du Pointillisme ;
Anquetin, natif d’Etrépagny, dans l’Eure, y invente le Cloisonnisme et exerce une influence, totalement ignorée, sur Van Gogh et sur Gauguin ;
Dufy, Friesz et Braque apprennent ensemble à peindre à l’Ecole des Beaux-Arts du Havre… Une telle accumulation de hasards ne peut évidemment s’expliquer que par des causes profondes. Pourquoi cette marée qui, par vagues successives, a déferlé sur la Normandie pendant plus d’un siècle ? Pourquoi le flambeau est-il passé, de main en main, de ville en ville, de plage en plage, des Romantiques à l’Ecole de la nature, des Réalistes aux Pré-Impressionnistes, des Impressionnistes aux Post-Impressionnistes ? Si la Normandie est restée si longtemps le champ de manoeuvre préféré de tous les créateurs, de tous les précurseurs en art, et souvent aussi en idées politiques, cela tient à de solides raisons.
La Normandie possède une longue tradition picturale, illustrée dès le XVIIe siècle par un peintre aussi célèbre que Poussin, natif des Andelys, et par deux dynasties de maîtres peintres : les Jouvenet, qui tiennent atelier à Rouen, et les Restout, qui officient à Caen. À la veille de la Révolution, l’école de dessin de Rouen compte trois cents élèves, parmi lesquels les paysagistes Houel et Eschard et le graveur Le Mire, illustrateur des Fables de La Fontaine.
La richesse architecturale de la Normandie la porte à prendre la tête du mouvement de réhabilitation du patrimoine médiéval qui s’opère au début du XIXe siècle. Les plus grands artistes (Géricault, Isabey, Bonington, Hubert Robert) sont mobilisés par un érudit, le baron Taylor, pour lithographier tous les trésors de la région, afin d’alimenter le premier volume des Voyages pittoresques et romantiques dans l’Ancienne France, qu’il publie en 1820. La défense du patrimoine devient bientôt une spécialité de la province,qui crée la première « Société des antiquaires » et invente les termes architecturaux « roman » et « gothique flamboyant ».
La Normandie bénéficie de l’émergence, à la même époque, du paysage en plein air, un genre pictural nouveau, mis à l’honneur par les Anglais (Constable, Turner) et qui va peu à peu s’imposer comme le genre majeur. Grâce à ses 600 kilomètres de côtes rocheuses et sablonneuses, à son alternance de plateaux et de vallées, à ses paysages maritimes et fluviaux, à ses cités médiévales et à ses campagnes de rêve, la Normandie offre aux paysagistes et aux marinistes une infinité de motifs à peindre. À quoi s’ajoutent deux éléments essentiels pour des peintres épris de lumière et d’impressions fugitives : l’omniprésence de l’eau – qu’elle tombe en averses, déferle en vagues ou coule dans la vallée de la Seine – et la mobilité des ciels, constamment changeants sous l’effet des vents et des marées.
Le goût des peintres pour le paysage est en résonance avec la mode des bains de mer, lancée par l’aristocratie de la Restauration et de la Monarchie de Juillet. Le succès de la balnéothérapie va faire la célébrité des stations de Dieppe, d’Etretat ou de Trouville avant de faire celle de Deauville, de Sainte-Adresse et de Cabourg. La présence sur la côte normande d’une « élégante société » fait aussi le bonheur des peintres, tels Courbet ou Boudin, qui savent lui offrir un miroir flatteur. L’attirance des peintres pour la Normandie tient aussi à sa proximité de Paris, déterminante à une époque où l’on voyage encore en diligence ou en bateau à vapeur. Cela vaut pour les « horsains », qui viennent l’été en Normandie peindre sur le motif, comme pour les Normands, qui montent l’hiver à la capitale fréquenter les ateliers et exposer au Salon. Cet atout va s’accentuer, à partir du milieu du siècle, avec l’ouverture des lignes de chemin de fer reliant Paris à Rouen, à Dieppe, au Havre et à Deauville. D’autant plus qu’au même moment, l’invention de la peinture en tube et du chevalet pliant allège l’attirail du peintre et accroît sa mobilité.
À toutes ces raisons, qui expliquent que l’Impressionnisme ait pris sa source en Normandie, il faut en ajouter une dernière, qui est de première importance : le rapprochement franco-anglais. Après les guerres napoléoniennes et le blocus continental, qui avaient séparé la France et l’Angleterre, la Normandie devient le lieu de rencontre et d’échanges privilégiés entre les avant-gardes artistiques des deux pays, prélude à l’Entente cordiale conclue entre Louis-Philippe et la reine Victoria. Le génial Turner effectue six grands voyages en Normandie, écumant toute la région, du Tréport jusqu’au Mont Saint-Michel et du Havre jusqu’à Vernon. Il en ramène des aquarelles éblouissantes, qui lui servent pour ses grandes compositions à l’huile. Il est imité par des peintres aussi novateurs que Bonington, Prout ou Cotman. Traversant la Manche en sens inverse, Géricault passe un an à Londres, expose triomphalement son Radeau de la Méduse, découvre l’oeuvre de Constable, encourage ses amis Delacroix, Isabey et Huet à faire le voyage de Londres, bientôt préféré à celui de Rome. Les échanges franco-anglais ne vont plus cesser, faisant se rencontrer sur la côte normande Bonington et Delacroix, Whistler et Courbet, Sickert et Degas…
Et si, en 1892, Monet entreprend sa série des Cathédrales de Rouen, peintes de face, sans les facilités de la perspective, c’est sans doute pour surpasser Turner qui, soixante ans plus tôt, a peint de biais le mastodonte gothique. Surpasser le génial sujet de Sa Majesté, voilà qui a dû stimuler l’ardeur du patriarche de Giverny qui prétendait – non sans quelque raison ! – au titre de plus grand peintre du siècle.
Texte à paraître dans le Guide du Routard Normandie Impressionniste, publié par Hachette en avril 2010.
Claude Monet Portail de la cathédrale de Rouen, temps gris 1892, huile sur toile Musée des Beaux-Arts de Rouen
Jacques-Sylvain Klein, vice-Président du Conseil scientifique et Commissaire général du festival Économiste et historien d’art, Jacques-Sylvain Klein est l’auteur de La Normandie, berceaude l’Impressionnisme, de La Maison Sublime : l’école rabbinique et le royaume juif de Rouen et de L’effervescence rouennaise au siècle naissant. Il assure le commissariat général du festival, assisté d’une équipe dirigée par Annick Bouillot, chef de projet.
Jacques-Sylvain Klein Vice-président du Conseil scientifique et Commissaire général du festival
Exceptionnellement dense et diversifiée, la première programmation du festival Normandie Impressionniste est l’occasion unique de plonger aux sources de l’un des plus importants courants artistiques de l’histoire de l’art pour mieux en apprécier la force créative et inspiratrice. Elle est le reflet du dynamisme et de la richesse de l’un des plus beaux territoires de France.
Depuis plusieurs mois, à travers toute la Normandie, toutes les énergies se mobilisent autour de la première édition de Normandie Impressionniste. Un grand nombre d’acteurs culturels, institutionnels, économiques, touristiques et éducatifs contribuent à élaborer une programmation dense, exigeante mais accessible, offerte au plus large public venu de France et de l’étranger.
Au programme culturel : un événement phare et très attendu au musée des Beaux-Arts de Rouen, de nombreuses expositions dans les musées normands ainsi qu’une multitude de manifestations culturelles dans les lieux emblématiques de l’Impressionnisme, sur l’ensemble de la Haute et Basse-Normandie. Toutes les formes artistiques sont au rendez-vous pour célébrer ce mouvement, source d’inspiration : peinture, arts décoratifs, art contemporain, vidéo, photographie, cinéma, musique, théâtre, spectacle vivant… Normandie Impressionniste sera aussi un grand événement populaire, festif et touristique : déjeuners sur l’herbe, guinguettes, bals, ballades, croisières, projections nocturnes, ateliers de plein air jalonneront le festival durant quatre mois, dans toute la Normandie.
En voici un petit inventaire, non exhaustif, département par département.
Théodore GERICAULT, William TURNER, Richard-Parkes BONINGTON, John Steel COTMAN, Samuel PROUT, Paul HUET, Jean-Baptiste COROT, Jules NOEL, Constant TROYON, Adolphe CALS, Charles LAPOSTOLET, Stanislas LEPINE, Albert LEBOURG, Claude MONET, Johan Barthold JONGKIND, Antoine GUILLEMET, Charles PECRUS, Léon-Jules LEMAITRE, Charles ANGRAND, Joseph DELATTRE, Charles FRECHON, Paul GAUGUIN, Gustave CAILLEBOTTE, Eugène MURER, Camille PISSARRO, Auguste RENOIR, Alfred SISLEY, Robert PINCHON, Maurice LOUVRIER
William TURNER, Richard-Parkes BONINGTON, John Steel COTMAN, Jean-Baptiste COROT, Eugène DELACROIX, Eugène ISABEY, Charles LAPOSTOLET, Eva GONZALES, Adolphe CALS, Albert LEBOURG, Jacques-Emile BLANCHE, Auguste RENOIR, Claude MONET, Antoine GUILLEMET, Eugène MANET, Walter SICKERT, James Abboth WHISTLER, Camille PISSARRO, Eugène BOUDIN, Paul HELLEU
William TURNER, Eugène ISABEY, Jules NOEL, Paul HUET, Johan Barthold JONGKIND, Auguste RENOIR
William TURNER, Jean-Baptiste COROT
Jean-Baptiste COROT
Jean-Baptiste COROT, Eugène DELACROIX, Eugène ISABEY, Eugène LEPOITTEVIN, Gustave COURBET, Claude MONET, Eugène BOUDIN, Johan Barthold JONGKIND
Jean-Baptiste COROT, Eugène ISABEY, Claude MONET, Camille COROT
Théodore GERICAULT, Richard-Parkes BONINGTON, William TURNER, Camille COROT, Jean-François MILLET, Jules NOEL, Johan Barthold JONGKIND, Eugène BOUDIN, Charles PECRUS, Claude MONET, Antoine GUILLEMET, Frédéric BAZILLE, Stanislas LEPINE, Henri-Edmond CROSS, Auguste RENOIR, Camille PISSARRO
Eugène DELACROIX, Léon RIESENER
Eugène DELACROIX, Claude MONET, Camille PISSARRO
William TURNER, Constant TROYON
Auguste RENOIR, Claude MONET
Auguste RENOIR
Joseph DELATTRE
Théodule RIBOT
Eugène ISABEY, Jules NOEL, Berthe MORISOT, Claude MONET
Théodore ISABEY, Johann-Bartold JONGKIND, Adolphe CALS
Claude MONET, Eugène DELACROIX, Eugène BOUDIN, Camille PISSARO, Berthe MORISOT
Alfred SISLEY
Alfred SISLEY, Albert LEBOURG
Charles ANGRAND
Eugène ISABEY
Richard-Parkes BONINGTON
William TURNER, Constant TROYON, Eugène BOUDIN
William TURNER
Albert LEBOURG
Paul HUET
Auguste RENOIR
William TURNER, Paul HUET
Jean-Baptiste COROT
Théodule RIBOT
Louis-Alexandre DUBOURG
Albert LEBOURG
Claude MONET, Paul-Emile PISSARRO
Paul-Emile PISSARRO
Richard-Parkes BONINGTON, Camille COROT, Camille PISSARRO, Paul-Emile PISSARRO
William TURNER, John Steel COTMAN, Théodore ROUSSEAU
Richard Parkes BONINGTON, William TURNER, Claude MONET
Richard Parkes BONINGTON
Louis ANQUETIN
Albert LEBOURG
William TURNER
William TURNER, Richard-Parkes BONNINGTON
William TURNER, Richard-Parkes BONINGTON, Xavier LEPRINCE, Paul HUET, Charles MOZIN, Jean-Baptiste COROT, Eugène ISABEY, Constant TROYON, Johan Barthold JONGKIND, Gustave COURBET, Louis-Alexandre DUBOURG, Eugène BOUDIN, Frédéric BAZILLE, Charles-François d’AUBIGNY, Adolphe-Félix CALS, Charles PECRUS, Emile RENOUF, Henry-Michel LEVY, Charles LAPOSTOLET, Eva GONZALES, Gustave MOREAU, Georges SEURAT
Richard-Parkes BONNINGTON, Jean-Baptiste COROT, Paul HUET, Eugène BOUDIN, Stanislas LEPINE
Richard-Parkes BONINGTON, Camille COROT, Charles MOZIN, Paul HUET, Théodule RIBOT, Eugène ISABEY, Constant TROYON, Gustave COURBET, Charles PECRUS, Henry-Michel LEVY
Eugène BOUDIN, Gustave COURBET, James Abboth WHISTLER
Paul HUET, Léon RIESENER
Paul HUET
Paul HUET
Paul HUET, Camille COROT, Charles-François d’AUBIGNY, Félix CALS, Charles LAPOSTOLET, Antoine GUILLEMET
Edgar DEGAS
Henry-Michel LEVY
Constant TROYON
Paul-Emile PISSARO
Richard-Parkes BONINGTON, Stanislas LEPINE
Georges SEURAT
Constant TROYON
Eva GONZALES
Eugène ISABEY, Jean-François MILLET, Berthe MORISOT
Jean-Baptiste COROT, Samuel PROUT
Jean-François MILLET
Camille COROT, Théodore ROUSSEAU, Charles-François d’AUBIGNY, Paul HUET
John Steel COTMAN, Paul HUET, Jean-Baptiste COROT
John Steel COTMAN, Camille COROT, Théodore ROUSSEAU
Jean-Baptiste COROT
John-Steel COTMAN, Jean-Baptiste COROT
Edgar DEGAS
VERNISSAGE le Jeudi 18/02 à 19h30
Flateurville accueille dans sa salle d’exposition Chris Carolina.
Chris Carolina explore les notions complexes de morale, de désir, d’esthétisme,de plaisirs et de bien être. Cette série développe les rapports ambigus d’attirance et/ou dégoût de ces femmes pour leur propre corps et tout particulièrement pour ce qu’on leur a appris le plus à cacher; Leur Laissant libre court de jouer avec leur nudité.
week end visite sur rdv
Nicolas Laurent: 06 67 46 58 08
plus d’infos sur:
Chris Carolina
Peintre et photographe de mode, son oeuvre est un mélange de genre et de style, entre abstrait et figuratif. En quête de pureté, d’amour et de sincérité, il place la Femme est au centre de ses réflexions, au centre de ses créations et de sa motivation. Il en résulte une peinture vivante, esthétique et harmonieuse, fruit d’une passion débordante.
Chris Carolina
Painter and fashion photographer , his work is a mix of type and style, between abstract and figurative art. In search of purity, love and sincerity, it puts the Woman in the middle of his toughts, in the center of his creations and in his motivation. It results from it a living painting, esthetic and harmonious, fruit of an exuberant passion.
Adresse:
24 cour des petites écuries,
Paris 10éme
HK présentation:
Hk art est une jeune agence artistique, basée sur Paris. En collaboration avec la société de production cinématographique HK corp ( http://www.hkcorp.fr/index.php?page=artistes). L’art contemporain est le centre nerveux de nos motivations artistiques. HK art agency est né du désir de ses responsables de développer et de promouvoir les travaux d’artistes en devenir. Le choix des ses artistes reposent sur des coups de cœur, sur le professionnalisme et la passion qui les animent.
De part leur vision sincère et individuelle, les artistes de HK sont à la fois témoins et acteurs de notre monde en constante évolution. A travers leurs œuvres, ils appréhendent avec justesse notre époque, ils évoluent dans cette société en pleine mutation, usant des techniques de leurs prédécesseurs et de nouveaux matériaux, afin de dépeindre l’environnement dans lequel nous évoluons. Un environnement à la fois magique et lugubre, sensuel et dérangeant où le spleen côtoie le désir et la plénitude.
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